Pentecost XVIII

OKTOBERFEST

October 4th, 2020

Exodus 20:1-20 Philippians 3:4-14 Matthew 21:33-46

When I celebrated communion for the first time in St. Esprit on this Sunday in 1994, little did I know that all these years later I would still be here at the same altar celebrating an Oktoberfest! During the course of those years, the world, New York City and our own little parish have lived through some dramatic events and undergone some profound transformations. We are currently living through one of those moments right now. I am glad I am able to be with you on this journey, and I hope to be with you for a long while to come. There was a generation of people in Alsace Lorraine, born in the 1860s and living through the Second World War who changed nationality from French to German and vice-versa five times without ever moving house. They must have had to adapt themselves to those new conditions while remaining true to themselves. As St. Esprit has changed in the last two decades, we have been obliged to re-examine ourselves and find new ways to serve God in our community while remaining true to the Gospel. We might well have changed as we have grown, but our central message stays the same: to welcome the exile and stranger, to find Christ in each person, and to worship God together. Our current challenges don’t make these things any easier, but they bring with them new possibilities that we are only just starting to explore.

When we celebrated an Oktoberfest for the first time nineteen years ago, I knew next to nothing about what the Oktoberfest was about. I had a general impression of foaming beer steins and mountains of sausages, all consumed to the sound of an oompah band playing polka music. After doing a little reading about the festival, I was delighted to discover that it all started with the marriage of Prince Louis of Bavaria and the Princess Theresa Saxe-Hildburghausen. Their nuptials in October 1810 were so successful that they became a yearly event on the Theresienwiese – a place of open fields just outside the city of Munich. It is also the time of year when the great grape harvest festivals are held in Alsace Lorraine.

Because the Oktoberfest coincides with the annual harvest, the celebrations are joined to acts of thanksgiving for the bounty of nature. The marriage theme is particularly appropriate in that context. The Bible tells us that we are to live in a symbiotic relationship with nature – a relationship that is akin to a marriage. God is like the person who gives the bride away at a wedding ceremony. He confides nature to human beings as a sacred trust: not as an article to be exploited or sold. We make promises to be faithful and supportive in that relationship. We are beginning to realize that if the marriage of humanity to nature breaks down, we should expect terrible things to happen in its wake.

One of the reasons why we celebrate an Oktoberfest in a French-speaking church is to remind ourselves of the tolerant spirit of the German nations five hundred years ago. Had it not been for the independent German states of the Rhineland, it is unlikely that many people who founded this little church would have lived to see America. The tragic events of the twentieth century have obscured the fact that for most of the history of Europe, Germany enjoyed the reputation of being among its most tolerant nations. In our election year in the United States, the lessons of European history couldn’t be more relevant. The First World War teaches us that the desire for empire and world supremacy is incompatible with a tolerant spirit. The exercise of our democracy today has seldom been more important. What we often take for granted can so easily be taken away. Those who know nothing of the history of the middle years of the last century are often surprised to learn that France, Germany and England were – in living memory – engaged in a bitterly destructive war, which left the cities of Coventry and Dresden in ruins. An occasion such as this gives us a good opportunity to examine our complacency; not just in our political engagement, but also in our spiritual lives.

If our planet is once again going to resemble God’s vineyard, it is time for us to cease exploiting nature, and to learn to live in peace with those with whom we share our world. This little church is one part of God’s vineyard. As we labor in it together in such a difficult season, let us remember to whom it belongs. Let us also remember at what price it was bought; we are gathered to bring to mind Christ’s love for us on the cross. Finally, let us also pray that the peace we find with each other – diverse as we are – will be an example of what that peace could look like in our world.

NJM

 

Le dix-huitième dimanche de la Pentecôte – Oktoberfest

La première fois que j’ai célébré la communion ce même dimanche en mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatorze, j’étais loin de savoir que tant d’années plus tard je me tiendrais ici, à ce même autel : et encore moins en train de célébrer Oktoberfest ! Au cours de ces années, le monde, la ville de New-York, et notre petite paroisse ont connu des événements dramatiques, ainsi que des transformations profondes. Nous vivons en ce moment dans l’une de ces périodes de transformation. Je suis heureux de pouvoir vous accompagner pendant cette période, et j’espère passer de nombreuses années encore avec vous. Certains Alsaciens et Lorrains, nés dans les années mille-huit-cent-soixante et ayant vécu la Seconde Guerre Mondiale, ont changé de nationalité cinq fois, français puis allemands et vice-versa, sans jamais ne déménager. Ils ont dû s’adapter à ces nouvelles conditions tout en conservant leur intégrité. Tout comme Saint-Esprit a changé dans les deux dernières décennies, et nous avons toujours été obligés de nous réexaminer et de trouver de nouvelles façons de servir Dieu dans notre communauté tout en restant fidèles aux Évangiles. Nous avons surement changé tout autant que nous avons grandi, mais notre message général reste le même : accueillir l’exilé et l’étranger, trouver le Christ en chacun, et prier Dieu ensemble. Nos défis actuels ne rendent pas les choses plus faciles, mais ils apportent avec eux de nouvelles possibilités que nous ne venons à peine de commencer à explorer.

Lorsque nous avons célébré Oktoberfest pour la première fois il y a dix-neuf ans, je ne connaissais presque rien de cette fête. J’avais une idée générale, une image qui consistait en choppes de bière mousseuse avec des montagnes de saucisses ingurgitées au rythme de la polka des groupes à flonflon. Mais après quelques recherches sur le festival, j’ai découvert qu’il prenait sa source dans le mariage du Prince Louis De Bavière et de la Princesse Thérèse De Saxe-Hildburghausen. Leurs noces en Octobre mille-huit-cent-dix ont connu un tel succès qu’elles sont devenues un évènement annuel sur la Theresienwiese – une vaste place juste en dehors de Munich. C’est aussi le moment de l’année où la grande fête des vendanges se tient en Alsace-Lorraine.

Parce qu’Oktoberfest coïncide avec la fête de la vendange, ces célébrations sont liées et nous permettent de nous rassembler afin d’exprimer notre gratitude envers les grâces de la nature. Le thème du mariage est particulièrement approprié dans ce contexte. La Bible nous dit que nous devons vivre en symbiose avec la nature – une relation apparentée au mariage. Dieu serait la personne qui accompagne la mariée jusqu’à l’autel le jour de son mariage. Il confit la nature aux êtres humains dans une confiance sacrée : et non comme un article qui peut être exploité ou vendu. Nous faisons des promesses de fidélité et de soutient dans cette relation. Nous commençons à réaliser que si le mariage entre l’homme et la nature se brisait, lors de sa veillé, nous nous attendrions à ce que des choses terribles arrivent.

L’une des raisons pour lesquelles nous célébrons Oktoberfest dans une église francophone est de nous rappeler de l’esprit de tolérance de l’Allemagne d’il y a cinq-cents ans. Si l’état indépendant de la Rhénanie n’avait pas existé, il serait peu probable que la plupart des gens qui ont fondé cette petite église aient vécu et vu les États-Unis. Les évènements tragiques du vingtième siècle ont obscurci le fait que pour la plus grande partie de l’histoire d’Europe, l’Allemagne était réputée comme l’une de ses plus tolérantes nations. Lors de cette année d’élections aux États-Unis, les leçons de l’histoire européenne ne pourrait pas être plus à propos. La Première Guerre mondiale nous apprend que les désirs empiristes et d’être une suprématie mondiale sont incompatibles avec un esprit de tolérance. L’exercice de notre démocratie aujourd’hui n’a jamais été aussi important. Ce que nous considérons souvent comme acquis peut si facilement nous être retiré. Ceux qui ne connaissent rien de l’histoire du milieu du vingtième siècle sont surpris d’apprendre que la France, l’Allemagne, et l’Angleterre étaient – de mémoire d’homme – engagées dans une guerre amèrement destructive, qui a laissé les villes de Coventry et de Dresde en ruines. Une occasion comme celle-ci nous donne une bonne opportunité d’examiner notre complaisance ; non seulement dans notre engagement politique, mais aussi dans nos vies spirituelles.

Si notre planète devait ressembler encore un jour au vignoble de Dieu, il est temps pour nous de cesser d’exploiter la nature, et d’apprendre à vivre en paix avec ceux avec qui nous partageons le monde. Cette petite église est une partie du vignoble de Dieu. Alors que nous la labourons ensemble lors d’une saison si difficile, souvenons-nous à qui elle appartient. Souvenons-nous aussi de son prix ; nous sommes rassemblés pour rappeler l’amour du Christ pour nous sur la croix. Enfin, prions pour que la paix que nous trouvons en chacun de nous – différente comme nous sommes – soit un exemple de l’aspect que la paix pourrait avoir dans le monde.

NJM Ver. FR : FS

Sermon Pentecost XVII

Pentecost XVII / AGM

September 27, 2020

Exodus 17:1-7 Philippians 2:1-13 Matthew 21:23-32

 

Today, we are marking an extraordinary time with an extraordinary General Meeting of the church, postponed from our normal date on the first Sunday in May. Extraordinary times call for extraordinary leadership, and it’s with sorrow that one of the reasons we’re holding this annual general meeting now is to elect a warden to fill the vacancy left by the death of our beloved Marjorie in June. One of the things that has been a source of comfort to us during this pandemic is the fact that the Bible is no stranger to extraordinary times. It owes its very existence to seeming tragedy and defeat – from the Babylonian invasion of Judah to Jesus’ death on the cross. In our morning and evening prayers, in our Sunday services, Taizé services and mid-day services we have recited psalms that were written and sung in situations very like our own.

 

In our reading from the Book of Exodus we hear about an extraordinary leader for an extraordinary time. When we think of the book of Exodus, we probably call to mind the extraordinary scenes of the burning bush, the ten plagues, the dramatic crossing of the Red Sea and the giving of the ten commandments on Mount Sinai. The number ten appears yet again in the book: the Ten Trials (or temptations) that the Hebrew people went through in the wilderness. These stories are not half so vivid as the plagues or the flashing fires of Mount Sinai. They involve a lot of moaning and complaining. There is no food to eat. There is no water to drink. The land is dangerous. The Promised Land is nothing like we imagined it. Moses’ wife is a black woman and not a proper Hebrew.

 

Perhaps people are not so interested in these stories because nobody likes to hear people complain: even if their complaints are justified. The Hebrews seem to be ungrateful and whiny; incapable of trusting God, even though God has miraculously delivered them from slavery. Surely it should be obvious that he won’t let them perish in the wilderness after going to so much trouble with the plagues and the parting of the Red Sea? But perhaps we shouldn’t judge them too harshly. After all, there was no food to eat or water to drink. You can understand why they would bring these facts to the attention of their leader. Throughout most of history, commentators on these passages have criticized the Hebrews for their disrespect. It was simply not done to undermine your elders and betters. Those in authority knew best. They were placed there by God; and if you criticized them, you were criticizing God himself. The same dynamic prevailed in churches. The Pope, the Priest or the Minister was placed on a pedestal. His voice (and it was always a he) was the voice of authority, and woe betide anyone who questioned it. Fortunately, times have changed. Our leaders are frequently criticized; whether they like it or not!

 

St. Esprit used to be like every other church in the past. The Rector was accountable to the Bishop, and the Vestry was accountable to the Rector. People might complain, but power was not theirs to share. Transition to a new way of doing things is never easy. The story of the Hebrew’s wilderness wanderings shows us how difficult it can be. The passage of a people from oppressive and degrading slavery to full dignity as autonomous and empowered children of God will take far more than forty years in the wilderness. Freedom comes at a price. The problem with the Hebrew’s complaints was not the fact that they stated they were hungry and thirsty. It was the fact that they told God and Moses that they would rather be fat slaves than thin and thirsty free people. They want to go back to Egypt. Their moaning is childish. They prefer to give responsibility to someone else so that they can moan if things go wrong.

 

Today is our Annual General Meeting, one of the Sundays in the church’s year when we review our work together and recommit ourselves to participate in the church’s activities in the year ahead; whatever that year may bring. Over the past few years, St. Esprit has grown enormously. At a time when we can’t meet together physically in person, that might not be so obvious. But God has not been idle in this trying time. We might be in a sort of wilderness, but this wilderness is precisely the place where the Hebrews learned about belonging and dignity. The same can be true for us. Our Annual General Meeting is about belonging and dignity. Our church is full of talented and enthusiastic people who are ready to assume responsibility and by so doing help both the church and themselves to grow.

 

The growth might occasionally be painful. It will involve letting go of our selfish dependence. It will involve forgiveness. It will involve transparency and accountability. It will involve the kindness and mutual love of which Paul speaks when he tells the Philippians to behave like Christ, who emptied himself of his divine glory and took the form of a servant. Most of all, let’s not forget where we came from. We were all purchased at a price: freedom does not come cheaply. In an abbey near Charlotte NC, a large piece of granite has been converted into a baptismal font. In the past, it served as an auction block for slaves. The inscription at its base reads: “Upon this rock, men once were sold into slavery. Now upon this rock, through the waters of Baptism, men become free children of God.” We are all slowly learning how to be free. In the midst of the challenges we face, let us not lose sight of what this freedom is for: God calls us to share his joy, and participate in the extraordinary transformation of this world through his sacrificial love.

NJM

 

Le dix-septième dimanche après la Pentecôte – Réunion annuelle            le 27 septembre 2020

 

Aujourd’hui, nous marquons un moment extraordinaire ; cette Assemblée générale extraordinaire de l’église reportée de notre date normale qui est le premier dimanche de mai. Les périodes extraordinaires exigent des dirigeants extraordinaires, et c’est avec tristesse que l’une des raisons pour lesquelles nous tenons cette assemblée générale annuelle est afin d’élire un gardien pour occuper le poste resté vacant depuis le décès de notre bien-aimée Marjorie en juin. L’une des choses qui nous ont réconfortés pendant cette pandémie est le fait que la Bible n’est pas étrangère aux périodes extraordinaires. Elle doit son existence même à une série d’apparentes tragédies et défaites – de l’invasion babylonienne de la Judée à la mort de Jésus sur la croix. Dans nos prières du matin et du soir, dans nos offices du dimanche, prières de Taizé et office du milieu du jour midi, nous avons récité des psaumes qui ont été écrits et chantés dans des situations très semblables à la nôtre.

 

Dans notre lecture du livre de l’Exode nous entendons parler d’un dirigeant extraordinaire dans une période extraordinaire. Lorsque l’on pense au livre de l’Exode, on se souvient probablement des scènes extraordinaires du buisson ardent, des dix plaies, la traversée dramatique de la mer Rouge et le don des dix commandements sur le mont Sinaï. Le nombre dix apparaît encore dans le livre : les dix épreuves (ou tentations) que le peuple hébreu a dû surmonter dans le désert. Ces histoires ne sont pas aussi frappantes que les plaies ou les feux vifs du mont Sinaï. Il s’agit surtout de plaintes et de pleurnicheries. Il n’y a pas à manger. Il n’y a pas à boire. La terre est dangereuse. La Terre Promise n’est pas du coup comme on l’imaginait. La femme de Moise est noire et elle n’est pas de la bonne tribu.

 

Peut-être que le gens ne sont pas tellement intéressés par ces histoires parce que personne n’aime entendre les gens se plaindre : et ce même si leurs plaintes sont justifiées. Les hébreux semblent ingrats et pleurnichards ; incapables de faire confiance à Dieu, bien que Dieu les ait miraculeusement délivrés de l’esclavage. Surement, cela devait être évident qu’Il ne les laisserait pas périr dans le désert après avoir pris la peine de jeter les plaies et séparer la mer Rouge ? Mais peut-être que nous ne devrions pas les juger si hâtivement. Après tout, il n’y avait ni à manger ni à boire. Vous pouvez comprendre pourquoi ils ont fait remarquer ces faits à leur dirigeant. À travers la plupart de l’histoire, les commentateurs sur ces passages ont critiqué les hébreux pour leur manque de respect. Cela ne se faisait pas de saper l’autorité de ceux qui étaient plus âgés et au-dessus de vous. Ceux qui sont au pouvoir sont les plus avisés. Dieu les y avait placé ; et si vous les critiquiez, vous critiquiez directement Dieu. Cette même dynamique prévalait dans les églises. Le Pape, le prêtre ou le Ministre était placé sur un piédestal. Sa voix (et c’était toujours celle d’un homme) était la voix de l’autorité, et malheur à celui qui la remettait en cause. Heureusement, les temps ont changé. Nos dirigeants sont souvent critiqués ; qu’ils aiment cela ou non !

 

Saint-Esprit était comme toutes les autres églises dans le passé. Le Recteur rendait des comptes à l’Évêque, et le Consistoire rendait des comptes au Recteur. Les gens pouvaient se plaindre, mais le pouvoir n’était pas partagé avec eux. La transition vers une nouvelle façon de faire les choses n’est jamais chose facile. L’histoire des hébreux errants dans le désert nous montre à quel point cela peut être difficile. Le passage pour un peuple d’un esclavage oppressant et dégradant à une dignité pleine en tant qu’enfants de Dieu autonomes et indépendants prendra bien plus que quarante ans dans le désert. La liberté à un prix. Le problème avec les plaintes des hébreux n’était pas le fait qu’ils faisaient remarquer qu’ils avaient faim et soif. C’était le fait qu’ils disaient à Dieu et Moise qu’ils préféraient être des gros esclaves plutôt que des êtres libres maigres qui avaient faim et soif. Ils veulent retourner en Égypte. Leurs pleurnicheries sont enfantines. Ils préfèrent reléguer la responsabilité à quelqu’un d’autre afin de pouvoir pleurnicher si les choses tournent mal.

 

Aujourd’hui est notre réunion annuelle, l’un des dimanches dans le calendrier de l’église ou nous revoyons ensemble notre travail et nous réengageons à participer aux activités de l’église dans l’année à venir ; quoi que cette année apporte. Durant les dernières années, Saint-Esprit a connu une énorme expansion. En ce moment, où nous ne pouvons pas nous rencontrer face à face cela peut paraître moins évident. Mais Dieu n’a pas été fainéant durant cette période éprouvante. Il se peut que nous soyons dans une sorte de désert figuré, mais ce désert est précisément l’endroit où les hébreux ont appris ce qu’est l’appartenance et la dignité. Il peut en être de même pour nous. L’appartenance et la dignité définissent notre réunion annuelle. Notre église est pleine de gens talentueux et enthousiastes qui sont prêts à assumer la responsabilité, et en le faisant ils aident l’église ainsi qu’eux-mêmes à croître.

 

La croissance peut parfois être douloureuse. Elle impliquera que l’on laisse derrière nous nos dépendances égoïstes. Elle impliquera le pardon. Elle impliquera la transparence et la responsabilité. Elle impliquera la bonté et l’amour réciproque dont Paul parle quand il dit aux Philippiens de se conduire comme le Christ, qui s’est dépouillé de sa gloire divine et a pris la forme d’un servant. Plus que tout, n’oublions pas d’où nous venons. Nous avons tous été achetés à un prix : la liberté n’est pas bon marché. Dans une abbaye près de Charlotte en Caroline du Nord, une pierre en granit a été convertie en un font baptismal. Dans le passé, cette pierre servait aux enchères sur le marché aux esclaves. L’inscription sur la base est la suivante : « Sur ce rocher, les hommes étaient autrefois vendus en esclavage. Or, sur ce rocher, à travers les eaux du baptême, les hommes deviennent des enfants libres de Dieu. » Tous, nous apprenons doucement à être libres. Au milieu des défis auxquels nous faisons face, ne perdons pas de vue le but de cette liberté : Dieu nous appelle à partager sa joie, et à participer à la transformation extraordinaire de ce monde à travers l’amour sacrificiel.

NJM Ver. FS

Sermon – Pentecost XVI

Pentecost XVI – Rentrée Sunday
September 20, 2020
Exodus 16:2-15
Philippians 1:21-30
Matthew 20:1-16

I suppose of all of Jesus’ parables, the parable of the laborers in the vineyard is one of the most appropriate for today: Rentrée Sunday of our French classes, and the Sunday before our Annual General Meeting. It is also an appropriate reading for late September, the traditional height of the vendange season in France. The vendange season in the Levant is usually somewhat earlier, so those who heard Jesus’ story probably imagined it taking place in the heat of the months of July and early August. In this parable, a farmer notices that his grapes are ready for picking, and he goes to the marketplace of the village to hire day laborers for the task. As the day goes on, he realizes (not just once but twice) that he doesn’t have enough workers to finish the task. At the end of the day he pays everyone the same amount, whether they’ve worked ten hours or two. He doesn’t cheat anyone. The wage he pays to those who have worked the longest is the wage those workers thought fair at the start of the day. It’s just that those who have worked longer feel cheated when they compare themselves to others.

The parable is disturbing at a number of levels. We are so used to associating hard work with reward that we are scandalized by the behavior of the landowner who pays his workers seemingly without reference to the hours they have put in. We are so used to comparing ourselves to others that we feel indignant on behalf of the people who worked a longer time for exactly the same pay – especially since they worked through the heat of the day. The concluding statement, “The last will be first and the first will be last” is the final barb in this little story. And what of the landowner himself? Not only is his pay-scale eccentric, he appears to be a rather incompetent farmer. Surely, he knew how many grapes there were to harvest? Why did he twice miscalculate the number of workers he needed to do the job? Were the first people he hired simply lazy and didn’t work fast enough? Were there more grapes to be harvested than he first believed? The parable does exactly what Jesus intended it to do; it confounds our expectations. It makes us think.

People have interpreted the parable in a number of ways through the ages. It is possible that the congregations for which Matthew’s Gospel was written were composed of both Jews and converted Gentiles. The laborers who worked the longest were perhaps interpreted as the Jewish converts who believed that their ancestors had labored in the vineyard for longer than the recently converted Gentiles. They had also suffered longer ‘in the heat of the day’ through persecution or exile. The parable was supposed to lay this sort of envious comparison to rest. Jew or Gentile, we are all working in the same vineyard, and God’s love is not measured in terms of ‘more’ or ‘less’. Others see the parable as referring to God’s grace, shown to us in the love of Christ. God does not reward us according to the amount of time we have put in. Someone who has followed Jesus all their lives is loved just as much as someone who made that decision only a few moments ago. God has no favorites; and neither should we. The economy of God’s love does not operate in the same way as the world’s economy. God’s love is absolute – it gives all and forever – it is not measured in hours or by merit.

So what does the parable have to say about our Rentrée Sunday? Our vineyard is certainly very full, perhaps even more full than we realize; especially at the moment when the physical church looks empty, but our attendance online is even larger. I’m not just talking about our French classes and the laborers who have so generously agreed to work with our students. I’m talking about our worship and the many activities of the church. Remember the pre-Covid days when I opened the church for cleaning and decorating at Christmas and Eastertide, or when I arranged the back garden for our summer receptions? I’ve cheered the first arrivals with the enthusiasm of a fresh day. At the end of those occasions when the decorations have to come down and the bottles are empty, the helpers who came later are appreciated and loved just as much as those who were here from the start. Early or late, your contribution brings in the harvest, and you make this community what it is. Secondly, it is never a good idea to compare ourselves to others. There are no ‘more’ or ‘less’ valuable people in the church, and if we start to compare ourselves with others, we will only be disappointed. The ‘visible’ staff in the church during our services are no more loved or more valuable than those of you who are joining us electronically. The building is closed, but the grapes still need harvesting! I’ve now been ordained for thirty years, and I’m sometimes tempted to cast a jealous eye on the enthusiasm and seemingly boundless energy of those who are just starting out on this road. Why can’t God give me a bit of their stamina? Comparisons are invidious, and lead to resentment and bad feelings. Finally, what is our salary? The salary received is being in God’s presence, with all the peace, the hope and the love that this entails. There are no second prizes when it comes to God’s love. There is no silver or bronze medal awarded. When that final harvest is gathered in, we will understand the boundless and inexhaustible generosity of God’s love. There is no room for resentment when our satisfaction and fulfilment is complete, when our fears are no more and our desire to love and to be loved is reciprocated by the one who gave all for us; our savior Jesus Christ.

NJM

 

Le seizième dimanche de la Pentecôte – Le dimanche de la rentrée
Le 20 septembre 2020 – Exode 16:2-15 Philippiens 1:21-30 Matthieu 20:1-16

J’imagine que, de toutes les paraboles de Jésus, celle des ouvriers de la vigne est l’une des plus appropriée pour ce jour : le dimanche de la rentrée des classes de français, et le dimanche qui précède notre assemblée générale. C’est aussi une lecture appropriée pour la fin septembre, l’apogée de la saison des vendanges en France. Les vendanges dans le Levant (Proche-Orient) se déroulent d’habitude un peu plus tôt, donc ceux qui ont entendu l’histoire de Jésus l’ont probablement imaginée se déroulant dans la chaleur des mois de juillet et d’août. Dans cette parabole, un maître de maison se rend compte que son raisin est prêt à être cueilli, et il se rend à la place du marché du village afin de louer des ouvriers pour accomplir cette tâche. Au fur et à mesure du jour, il se rend compte (non seulement une fois, mais deux fois) qu’il n’a pas assez d’ouvriers pour finir le travail. À la fin de la journée, il paie tout le monde la même somme, qu’ils aient travaillé dix heures, ou deux heures. Il ne trompe personne. Ce qu’il a payé aux ouvriers qui ont travaillé le plus longtemps est le salaire qu’ils avaient considéré juste au début du jour. Il se trouve seulement que ceux qui ont travaillé le plus longtemps se sentent lésés lorsqu’ils se comparent aux autres ouvriers.

Cette parabole est troublante à plusieurs niveaux. Nous sommes tellement habitués à associer le travail acharné avec la récompense, que nous sommes scandalisés par le comportement du maître de maison qui paie de toute évidence ses ouvriers sans prêter attention au nombre d’heures qu’ils ont passé à travailler. Nous sommes tellement habitués à nous comparer aux autres que nous sommes indignés pour ceux qui ont travaillé plus longtemps et reçu le même salaire – en particulier lorsqu’ils ont enduré la fatigue et la chaleur du jour. La phrase de conclusion, “les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers” est la dernière pique de cette petite histoire. Et qu’en est-il du maître de maison ? Non seulement son échelle de paiement est excentrique, mais il semble aussi qu’il ne soit pas très compétent à sa tâche. Il devait certainement connaître la quantité de raisin à récolter ? Pourquoi s’est-il trompé deux fois quant au nombre d’ouvriers dont il aurait besoin pour ce travail ? Est-ce que les premiers ouvriers qu’il avait employés étaient fainéants et ne travaillaient simplement pas assez vite ? Y avait-il plus de raisin à récolter qu’il ne l’avait imaginé au départ ? La parabole accomplit exactement ce que Jésus voulait qu’elle accomplisse ; elle contrecarre nos prévisions. Elle nous fait penser.

Cette parabole a été interprétée de différentes façons à travers les âges. Il est possible que la congrégation pour laquelle l’Évangile de Matthieu a été écrit ait été composée de Juifs et de Gentils. Les ouvriers qui ont travaillé le plus longtemps étaient peut-être compris comme les Juifs convertis qui croyaient que leurs ancêtres avaient travaillé à la vigne plus longtemps que les Gentils récemment convertis. Ils avaient aussi souffert plus longtemps ‘la fatigue du jour et la chaleur’ à travers la persécution ou l’exile. La parabole était supposée enterrer ces comparaisons jalouses. Juifs ou Gentils, nous travaillons tous à la même vigne, et l’amour de Dieu ne se mesure pas en termes de ‘plus’ ou ‘moins’. D’autres voient la parabole comme une référence à la grâce de Dieu, qui nous est montrée dans l’amour du Christ. Dieu ne nous récompense pas sur une échelle de temps. Quelqu’un qui a suivi Jésus toute sa vie est aimé autant que quelqu’un qui a pris cette décision il y a seulement quelques instants. Dieu n’a pas de favori ; et de la même façon, nous ne devrions pas en avoir. L’économie de l’amour de Dieu n’opère pas de la même façon que l’économie du monde. L’amour de Dieu est absolu – il donne tout et pour toujours – il n’est pas mesuré en heures ou au mérite.

Alors, quel est le rapport entre la parabole et le dimanche de la rentrée ? Notre vigne est certainement très abondante, peut-être même plus abondante que l’on ne peut s’en rendre compte ; surtout en ce moment, alors que le bâtiment de l’église semble vide mais votre présence en ligne est encore plus grande. Je ne parle pas seulement des classes de Français et des volontaires qui ont si généreusement accepté de travailler avec nos étudiants. Je parle de notre pratique religieuse et des nombreuses activités au sein de l’église. Souvenez-vous lorsque j’ouvrais l’église pour son nettoyage et sa décoration à la période de noël ou de Pâques, ou lorsque j’arrangeais l’arrière-cour pour nos réceptions estivales, j’y accueillais les premiers arrivants avec l’enthousiasme d’un jour nouveau. À la fin de ces occasions, lorsque les décorations devaient être retirées, et les bouteilles étaient vides, ceux qui étaient arrivés plus tard et nous aidaient étaient appréciés et aimés tout autant que ceux qui étaient là dès le début. Tôt ou tard, votre contribution amène la vendange, et vous faites de cette communauté ce qu’elle est. Ensuite, ce n’est jamais une bonne idée de se comparer aux autres. Il n’y a pas de gens ‘plus’ ou ‘moins’ importants dans l’église, et si nous commençons à nous comparer les uns les autres, nous serons déçus. Ceux que vous ‘voyez’ dans l’église durant nos offices ne sont pas plus aimés ou plus indispensables que ceux d’entre vous qui nous rejoignent virtuellement. Le bâtiment est fermé, mais le raisin devra être récolté ! Cela fait maintenant trente ans que je suis prêtre, et je suis tenté de temps en temps de regarder avec jalousie l’enthousiasme et l’énergie apparemment sans limite de ceux qui viennent de se lancer sur ce chemin. Pourquoi est-ce que Dieu ne peut pas me donner un peu de leur endurance ? Les comparaisons sont injustes, et elles mènent au ressentiment et mettent mal à l’aise. Enfin, quel est votre salaire ? Le salaire reçu est la présence de Dieu, accompagnée de toute la paix, l’espoir et l’amour que celle-ci entraîne. Il n’y a pas de deuxième prix dans l’amour de Dieu. Il n’y a ni médaille d’argent, ni médaille de bronze. Quand cette dernière récolte se déroulera, nous comprendrons la générosité sans limite et inépuisable de l’amour de Dieu. Il n’y a aucune place pour le ressentiment quand notre satisfaction et notre épanouissement sont complets, quand nos peurs n’existent plus et notre désir d’aimer et d’être aimés sont donnés en retour par celui qui a tout donné pour nous ; notre sauveur Jésus Christ.

NJM Ver. FR : FS

Sermon – Pentecost XV

PENTECOST XV
September 13th, 2020    
Exodus 14:19-30    Romans 14:1-12   Matthew 18:21-35

It was a Friday afternoon in late October when I made my first official visit to a Mosque as the Bishop of London’s Consultant on interfaith dialogue. Even though a friend had invited me to join the study group at the little mosque in the East End of London, I still felt a little nervous about the afternoon ahead. I hoped that I would not commit a faux-pas, or say something ignorant or silly. I was welcomed with real hospitality, and we sat down to pray and to read together. On leaving, I was presented with a copy of the Qu’ran as a gift, which the donor carefully wrapped in paper before I was allowed to carry it outside. We stood in the small hallway of the mosque, with its rack for shoes attached to the wall. I soon realized that I could not tie my shoe-laces and hold on to the Qur’an at the same time. What was I to do? For one dreadful moment, I contemplated resting my gift in the shoe rack. Here was the opportunity for that dreadful faux-pas that I was so anxious not to make. After a moment’s hesitation, I passed the gift back to its donor while I put on my shoes.

It is all too easy to insult or offend others without realizing what has happened. We might be uneducated about their traditions, or unsure of how such traditions are to be honored. Sometimes our ignorance is deliberate, sometimes our good intentions to respect those who differ from us is undermined by our arrogance or our pride. Sometimes our own cultural presuppositions blind us completely to the sensibilities of others.

This is what had happened to the Church in Rome, to which Paul addresses his letter. The church was arguing over customs and habits that had been exaggerated into places of fundamental and deep division. There were two specific areas which were causing problems.

  1. Were former Pagans, now converted to Christianity, allowed to take holidays on Pagan feast days? Some said: “Yes! Why not?” Taking a day of rest on a pagan feast day does not automatically honor the god in whose name the holiday is granted. Others took a harder line, believing that such a practice indicated that no real conversion had taken place.
  2. Were Christians permitted to eat meat that had not been slaughtered in conformity with the Jewish dietary laws? Were they allowed to eat meat that had been sacrificed to idols? Those who said “Yes” argued that if these gods did not exist anyway, what harm could be done by eating meat laid before a lifeless statue? Those who said “No” insisted that eating such meat showed respect to those who had sacrificed it.

The divisions over those two seemingly trivial questions had become so bitter that the unity of the Roman church was threatened. Outward practices had become the defining mark of the inward beliefs one was taken to hold. Paul sternly warns church members against criticizing one another. He is more concerned to see that the majority and the minority live together as brothers and sisters in the church than he is to persuade the minority to change their mind. Where God does not judge or condemn, neither group should pass judgment on the other. Paul insists that both groups are only servants in God’s household. Fellow servants have no right to judge one another. They are supposed to abide by the decision of their master, who is the final arbiter on any question. Paul tells us that God has already approved of those in both groups, and there should therefore be no cause for division.

What does any of this have to do with us? What are the issues in our day that correspond to those which threatened to divide the Church in Rome? Our opinions on abortion, contraception, divorce, human sexuality, pacifism, nationalism, the merits of vegetarianism or abstention from alcohol, our adherence (within the bounds of Christian charity) to one or another political party (especially in an election year), should not be issues that divide us. There are already too many Christians willing to judge their brothers and sisters over these very questions; and by so doing they jeopardize the love that should characterize the body of Christ. By all means, we are permitted to disagree on these matters, but the final arbiter is God alone. We are only his servants, and if God has accepted us, who are we to exclude our fellow Christians from the church?

No doubt the debate over some of these issues – particularly the justification for wars or the role of immigration in America or the nature of Patriotism – will become more heated as time passes. But the anniversary of the events of September 11, 2001 which we observed last Friday, serves to remind us of what happens when one group of human beings loses respect for another. We must listen carefully to each other. We must educate ourselves in the ways in which we differ from others, without losing an ounce of respect for them. We must not be too quick to take offense at another’s faux-pas. Above all, we should learn the hard lesson that Jesus taught us in today’s gospel. The judgment you pass on others will be the judgment that God passes on you. Learn to forgive, as you yourself have been forgiven.

NJM

 

Le quinzième dimanche de la pentecôte                                                   Dimanche 13 septembre 2020

J’ai visité une mosquée de façon officielle pour la première fois en tant que consultant sur le dialogue œcuménique pour l’évêque de Londres un vendredi après-midi. Bien qu’un ami m’ait invité à rejoindre son groupe d’étude à la petite mosquée de la frontière est de Londres, j’étais un peu nerveux quant à l’après-midi à venir. J’espérais ne pas commettre de faux-pas, ou dire quelque chose d’ignorant ou de stupide. J’y ai été reçu avec une vraie hospitalité, et nous nous sommes assis pour prier et lire ensemble. Au moment de partir, j’ai reçu une copie du Coran en cadeau, et celui qui me l’a offert l’a emballé avec soin dans du papier avant que je ne puisse l’emporter dehors avec moi. Nous étions dans le petit couloir de la mosquée, avec ses étagères aux murs pour y déposer nos chaussures. Je me suis vite rendu compte que je ne pouvais pas faire mes lacets et tenir le Coran en même temps. Que devais-je faire ? Pendant une seconde épouvantable, j’ai imaginé poser mon cadeau sur l’étagère à chaussures. C’était là l’opportunité de faire ce faux-pas que j’appréhendais avec anxiété. Après une légère hésitation, j’ai tendu le cadeau à la personne qui me l’avait offert pour que je puisse mettre mes chaussures.

C’est bien trop facile d’insulter ou d’offenser les autres sans s’en rendre compte. Il se peut que nous ne connaissions pas leurs traditions, ou que nous ne soyons pas certains de comment ces traditions doivent être honorées. Parfois, notre ignorance peut être délibérée, parfois nos bonnes intentions et notre volonté de respecter ceux qui sont différents de nous sont ébranlées par notre arrogance ou notre fierté. Parfois, nos propres préjugés culturels nous aveuglent complètement face aux sensibilités des autres.

C’est ce qu’il s’est passé dans l’Église de Rome, à qui Paul a adressé son Épitre. L’Église se disputait sans cesse à propos des coutumes et des habitudes qui avait créé par leur mise en place exagérée des divisions profondes et fondamentales. Il y avait spécifiquement deux sujets qui créaient des problèmes :

  1. Est-ce que les anciens païens maintenant chrétiens pouvaient se reposer les jours de fêtes païennes ? Certains disaient : « Oui ! Pourquoi pas ? » Se reposer le jour d’une fête païenne n’honore pas forcement le Dieu pour qui ce jour est désigné. D’autres étaient plus durs. Ils croyaient qu’une telle pratique indiquait que la conversion n’avait pas vraiment pris racine.
  2. Est-ce que les chrétiens pouvaient manger de la viande qui n’avait pas été abattue conformément aux lois alimentaires juives ? Pouvaient-ils manger de la viande qui avait été sacrifiée pour des idoles ? Ceux qui disaient « oui » expliquaient que si ces dieux n’existaient pas, il n’y avait aucun mal à manger de la viande sacrifiée devant une statue sans vie. Ceux qui disaient « non » insistaient que manger une telle viande démontrait un respect pour ceux qui l’avait sacrifiée.

Les divisions sur ces questions qui nous semblent triviales étaient devenues si amères que l’unité de l’Église de Rome était menacée. Les pratiques externes étaient devenues le signe définissant des croyances internes que l’on attribuait à quelqu’un. Paul met sévèrement en garde ceux qui critiquent les autres. Il est plus important pour lui que la majorité et la minorité vivent comme des frères et sœurs plutôt que de convaincre la minorité de changer d’avis. Là où Dieu ne juge pas et ne condamne pas, aucun des groupes ne devrait juger l’autre. Paul insiste que les deux groupes ne sont que des serviteurs dans la maison de Dieu. Les serviteurs n’ont aucun droit de juger les autres serviteurs. Ils sont censés suivre la décision de leur maître, qui est le seul à pouvoir définitivement être l’arbitre de toutes les questions. Paul nous dit que Dieu a déjà approuvé les membres de ces deux groupes, et il ne devrait donc pas y avoir de raison d’être divisés.

Quel est le rapport avec nous ? Quels sont les problèmes d’aujourd’hui qui correspondent à ceux qui menaçaient de diviser l’Église de Rome ? Nos opinions sur l’avortement, la contraception, le divorce, la sexualité, le pacifisme, le nationalisme, les mérites d’un régime végétarien ou sans alcool, notre adhérence (dans les limites de la charité chrétienne) à un parti politique ou à un autre (surtout lors d’une année d’élections), ne devraient pas être des problèmes qui nous divisent. Il y a déjà trop de chrétiens prêts à juger leurs frères et sœurs sur ces questions ; et en faisant cela, ils mettent en jeu l’amour qui devrait caractériser le corps du Christ. Évidemment, nous avons le droit de ne pas être d’accord sur ces sujets, mais Dieu seul est l’arbitre final. Nous ne sommes que ses servants, et si Dieu nous a accepté, qui sommes-nous pour exclure nos frères chrétiens de l’Église ?

Il n’y a aucun doute que le débat sur ces points – particulièrement la justification des guerres ou le rôle de l’immigration aux États-Unis ou la nature du patriotisme – deviendra de plus en plus animé au fur du temps. Mais l’anniversaire des événements du 11 septembre que nous avons commémoré ce vendredi, peut nous rappeler ce qu’il se passe lorsqu’un groupe d’humains perd son respect pour un autre. Nous devons tous nous écouter attentivement. Nous devons nous éduquer sur ce qui nous différencie des autres, sans perdre un gramme de respect pour eux. Nous ne devons pas nous offenser trop vite du faux-pas d’un autre. Au-dessus de tout, nous devrions apprendre la leçon difficile que Jésus nous a enseignée dans la lecture de l’Évangile d’aujourd’hui. Le jugement que vous porterez sur les autres sera le jugement que Dieu portera sur vous. Apprenez à pardonner, comme vous-mêmes avez été pardonnés.

NJM – Ver. Fr. FS

Sermon Pentecost XIV

Fourteenth Sunday after Pentecost
September 6, 2020
Exodus 12:1-14
Romans 13:8-14
Matthew 18:15-20

When people who are unfamiliar with Christian communities hear the word “Church”, they respond in many different ways. I’ve heard some people saying “The church – they may start out nicely, but don’t worry, they’ll get to you in the end – all they really want is money.” Others think of churches as completely dull – always the same thing, always the same old platitudes. “Its people are sort of boring – not just the services, but the people as well.” Others say that the Church is a crutch for weak people. Still others accuse church people of hypocrisy. “They go to church on Sunday, and then you should see what they get up to in the week!” And then there are those who think that you can be a perfectly good Christian without being associated with a church at all. Still others say, “The church and its teachings are absurd. Twenty first century people can’t believe that stuff anymore.” And finally, there is the saddest response of all: “I have been hurt by the church. When I needed them, they weren’t there to help me. Priests are just pompous prigs who always think they are right.”

Our reading contains one of only two references to the church in the gospel of Matthew. The idea is simple; if you are having a problem with someone in the church, go and talk to them face to face. If the problem persists, talk to three or four wise people in the congregation. Only if that doesn’t work, talk to the whole congregation. Keep praying, and rely on Christ to teach you the love and forgiveness that Jesus himself exercised, even towards his own enemies.

The church should always be focused on Christ and not on itself. Unfortunately, that is very seldom the case. Churches are often more sold on the notion of ‘success’ than they are on the teachings of Christ. People are always on the lookout for a “successful” church. Successful churches are always growing bigger and better, with lots of programs, interesting people, talented leadership and excellent music. Christ’s invitation to us to love people and to suffer with them throughout the world is forgotten in a welter of programs and activities. People all too often are looking for a church that “meets their needs.”

Unfortunately, if you idealize the leader of a church you will always be disappointed. They will never be able to love you and care for you in the way that you want. And if you’re mesmerized by a particular church ‘program’, I can guarantee that, over time, you will lose interest in it. That is the way it is with all congregations. The purpose of the church is not to provide a stage for a leader, or to administer successful programs. The purpose of the church is to introduce people to the love of God. Of course, ministers and programs can play a crucial part in this introduction – but they are not an end in themselves. I have to say that in an American context, programs, surveys, strategies, mission statements and planning documents can finish up by being an end in themselves. We run the risk of leaving the Holy Spirit with nothing to do apart from to flow through the carefully constructed channels we’ve laid down in advance. We’d all love to control the Covid virus and its impact on our community life. More surveys! More policy statements! More technologies and strategies! These things are crucial, but they are not replacements for listening carefully and prayerfully to where the Spirit may be leading us.

As we read the Gospel story today, we will see that the second most important thing that churches can do is to help each other in the midst of our imperfections and difficulties. At their best, churches – just like families – can help us to grow up and become more mature people. There is almost nothing worse in the world than religious people who think they are holier or better or less sinful than other people. The church is supposed to be a clinic that helps to treat and heal our imperfect souls. It is supposed to be a community of loving people who are concerned about each other; not a forum in which we can boast about our own goodness or piety.

We all want to be wanted, especially at a time when many of us feel marginalized or put to one side until ‘the epidemic is over’. We want to be loved. We want people to treat us as friends. The church is a fellowship in which those sorts of relationships should be possible. A researcher into parish life once found out that if a new person who comes to a church learns the names of seven people in the congregation and becomes friendly with them, it is 99% certain that they will stay. If no one greets them or knows their name, there is almost a 100% certainty that they will leave. Curiously enough, as a church grows larger, it must grow smaller. I know this is hard at the moment, but there are signs of hope in the community that has been so faithfully participating in our daily prayers and weekly Eucharists.

As we approach another Rentrée, we need to remind ourselves of these things. The purpose of a church is to welcome strangers who come through its doors. We have a busy season approaching; but if we keep our eyes on the love that Christ had for those he met, we will remain true to the task that God has given to us all at St. Esprit. Get to know some new people. Leave a message on our Youtube channel. Jesus said, “Where ever two or three are gathered in my name, there am I in the midst of them.” As our new season begins, let us commit ourselves anew to that vision, and love as Christ loved us.

NJM

 

Le quatorzième dimanche après la pentecôte                                               le 6 septembre 2020

Lorsque des personnes qui ne sont pas familières avec des communautés chrétiennes entendent le mot « Église », elles répondent de différentes manières. J’ai entendu des gens dire : « à l’’église – ils peuvent avoir l’air gentils au début, mais ne vous inquiétez pas, ils finiront par vous avoir – tout ce qu’ils veulent vraiment, c’est de l’argent. » D’autres pensent que les églises sont complètement ennuyeuses – c’est toujours la même chose, toujours les mêmes vieilles platitudes. « Les gens y sont plutôt ennuyeux – les offices oui, d’un côté, mais aussi les gens. » D’autres disent que l’Église est une béquille pour les faibles. D’autres encore accusent ses membres d’hypocrisie. « Ils vont à l’église le dimanche, et ensuite, si vous voyiez ce qu’ils faisaient pendant la semaine ! » Et puis il y a ceux qui pensent que vous pouvez être un parfait chrétien sans être associé du tout à une église. D’autres encore disent : « L’Église et ses enseignements sont absurdes. Les gens du XXIe siècle ne peuvent plus croire à ce genre de choses. » Et finalement, il y a la réponse la plus triste de toutes : « J’ai été blessé par l’église. Quand j’avais besoin d’elle, elle n’était pas là pour m’aider. Les prêtres ne sont que des moralistes pompeux qui pensent toujours avoir raison. »

Notre lecture contient l’une des deux seules références à l’église dans l’évangile de Matthieu. L’idée est simple ; si vous avez un problème avec quelqu’un à l’église, allez lui parler face à face. Si le problème persiste, parlez avec trois ou quatre sages de la congrégation. Seulement si cela ne fonctionne pas, parlez à toute la congrégation. Continuez à prier et comptez sur le Christ pour vous enseigner l’amour et le pardon que Jésus lui-même a exercés, même envers ses propres ennemis.

L’église devrait toujours se concentrer sur le Christ et non sur elle-même. Malheureusement, c’est très rarement le cas. Les églises se vendent plus souvent sur la notion de « succès » que sur les enseignements du Christ. Les gens sont toujours à la recherche d’une église qui a du « succès ». Les églises qui réussissent continuent de grandir et de s’améliorer, avec beaucoup de programmes, des gens intéressants, des dirigeants talentueux et une excellente musique. L’invitation que le Christ nous fait d’aimer les gens et de souffrir avec eux à travers le monde est oubliée dans une foule de programmes et d’activités. Les gens recherchent trop souvent une église qui « répond à leurs besoins ».

Malheureusement, si vous idéalisez le dirigeant d’une église, vous serez toujours déçu. Ils ne pourront jamais vous aimer et prendre soin de vous comme vous le souhaitez. Et si vous êtes fasciné par un « programme » d’église en particulier, je peux vous garantir qu’avec le temps, vous perdrez tout intérêt pour celui-ci. C’est comme ça pour toutes les congrégations. Le but de l’église n’est pas de fournir une scène pour un dirigeant, ou d’offrir des programmes réussis. Le but de l’église est d’introduire les gens à l’amour de Dieu. Bien entendu, les ministres et les programmes peuvent jouer un rôle crucial dans cette introduction – mais ils ne sont pas une fin en soi. Je dois dire que dans un contexte américain, les programmes, les enquêtes, les stratégies, les énoncés de mission et les documents de planification peuvent finir par être une fin en soi. Nous courons le risque de ne laisser au Saint-Esprit rien d’autre à faire que de circuler à travers les voies soigneusement construites que nous avons établies à l’avance. Nous aimerions tous contrôler le Covid et son impact sur notre vie communautaire. Plus de sondages ! Plus de déclarations politiques ! Plus de technologies et de stratégies ! Ces choses sont cruciales, mais elles ne remplacent pas une attention dans l’écoute et la prière de l’endroit où l’Esprit pourrait nous conduire.

En lisant l’histoire de l’Évangile d’aujourd’hui, nous entendons que la deuxième chose la plus importante que les Églises peuvent faire est de s’entraider au milieu de nos imperfections et de nos difficultés. Au mieux, les églises – tout comme les familles – peuvent nous aider à grandir et à devenir des personnes plus mûres. Il n’y a presque rien de pire dans le monde que les religieux qui pensent être plus saints ou meilleurs ou pécher moins que les autres. L’église est censée être une clinique qui aide à traiter et à guérir nos âmes imparfaites. Elle est censé être une communauté de personnes aimantes qui se soucient les unes des autres ; pas un forum dans lequel nous pouvons nous vanter de notre propre bonté ou piété.

Nous voulons tous être désirés, en particulier à un moment où beaucoup d’entre nous se sentent marginalisés ou mis de côté jusqu’à ce que « l’épidémie soit terminée ». Nous voulons être aimés. Nous voulons que les gens nous traitent comme des amis. L’Église est une communauté dans laquelle ce genre de relations devrait être possible. Un chercheur sur la vie paroissiale a découvert un jour que si une nouvelle personne qui vient dans une église apprend le nom de sept personnes dans la congrégation et se lie d’amitié avec elles, il est certain à 99% qu’elle restera. Si personne ne les accueille ou ne connaît leur nom, il y a presque 100% de chances qu’ils partiront. Curieusement, à mesure qu’une église grandit, elle doit devenir plus petite. Je sais que c’est difficile en ce moment, mais il y a des signes d’espérance dans la communauté qui a participée si fidèlement à nos prières quotidiennes et à nos eucharisties hebdomadaires.

À l’approche d’une autre Rentrée, nous devons nous souvenir de ces choses. Le but d’une église est d’accueillir les étrangers qui franchissent ses portes. Nous avons une saison chargée qui approche ; mais si nous gardons les yeux sur l’amour que le Christ avait pour ceux qu’il a rencontrés, nous resterons fidèles à la tâche que Dieu nous a confiée à Saint-Esprit. Apprenez à connaître de nouvelles personnes. Laissez un message sur notre chaîne YouTube. Jésus a dit : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Alors que notre nouvelle saison commence, engageons-nous à nouveau dans cette vision et aimons comme le Christ nous a aimés.

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – Pentecost XIII

Thirteenth Sunday after Pentecost
August 30, 2020

Exodus 3:1-15
Romans 12:9-21
Matthew 16:21-28

Many botanists have identified the burning bush through which God spoke to Moses as a plant called Rubus sanctus, a small thorny bush that grows near desert wadis and survives on very little water. It grows to about sixty centimeters (two feet). Its flower resembles a small red rose. Its fruit resembles a raspberry, and ripens to black in the fall. Its chief curiosity is the fact that you can thrust your hand into the middle of the thorny bush without harm, but once you try to remove your hand, it will be pierced with a thousand little curved needles. The burning bush in Exodus has inspired botanists, writers, theologians and artists through the centuries. Many gardeners use a plant named after the Burning Bush, a Euonymus, to make hedges in their gardens. It is prized for its brilliant red leaves which last all through the winter.

Why does God appear to Moses in a bush that burns without being consumed? There are several traditional answers to this question. It perhaps refers to the fact that God is everlasting, self-sustaining energy. Like the fire in the bush, God relies on nothing for his existence or his perpetuation. Perhaps the fire in the bush is a metaphor for the Children of Israel. God manifests himself in a way that evokes their persecution in Egypt. They are severely tried, but they are not destroyed. Perhaps the burning bush refers to the Church: from the outside it looks like the most insignificant of bushes – a cramped little weed that grows in the desert. Yet within, it burns with the glorious fire of God’s love.

These mediations on the nature of the Burning Bush, however interesting and instructive, do not lead us to the heart of what Moses sees and hears in the desert. God is calling Moses for the first time, and telling him what he has to do. The call has a pattern to it: a pattern that is repeated time and time again in the Hebrew Scriptures. I believe this pattern tells us a great deal about how God works in and through us, and how he is trying to make his voice heard in today’s world. As we look at the pattern, let us try to apply it to our own circumstances.

  • God calls Moses in the midst of his daily activities. He is looking after a flock of animals that does not even belong to him. There is an irony here: God will soon call Moses to look after another Flock – his chosen people – that also does not belong to him. It may come as a surprise to know that Moses is a man on the run. He killed an Egyptian and fled the country to escape the wrath of the Pharaoh. God issues his call to a murderer – not a desert mystic lost in contemplation of the divine.
  • God begins the conversation. He commands Moses to remove his sandals. Most people believe this to refer to the fact that Moses is in the presence of God, and humility is required. But there is a hidden meaning here. Before entering a house or a tent in the Middle East, it was required of the visitor to remove their sandals. God is inviting Moses closer. The removal of his sandals is an invitation to intimacy as much as a requirement to show respect.
  • God commissions Moses. The form of this call is so familiar to us that it has lost some of its potency. God effectively says: “I have heard my people’s cry. Now you go and do something about it.” God does not go on about vocational development or the psychological profile of a good minister. The story tells us that there is work to be done, and that God asks Moses to do it. God focuses on the what of the call, rather than the why.
  • Moses objects. He tells God that he is not up to the task – a very natural reaction given the gravity of the charge and the force and power of the personalities involved. It is important to note that God’s call always involves a dialogue. That is why God chastises Jonah. Instead of talking to God about his reservations, Jonah took the next boat out of Israel. He simply ran away when God invited him to a conversation.
  • God reassures Moses. Moses certainly needed God’s reassurance. After all, God is asking him to return to the very country where he is wanted for murder. God tells Moses that he will not be alone. God will accompany him when he throws down his challenge to the new Pharaoh.

Finally, Moses asks the question that is hardest to answer. “Who are you?” Perhaps he needed reassurance – or further proof for the skeptic Israelites in Egypt. You will notice that God does and does not answer Moses’ question. He refers to what he has done in the past, through Abraham, Isaac, Jacob and Joseph, but He does not give himself a name. He merely says ’ehyeh ’asher ’ehyeh I am who I am. In the ancient world, the knowledge of what something or someone was called gave you power over the object or person. God is not to be tamed. He is who he is. No definition can tie him down, you must find out who he is by entering into dialogue with him.

I hope this account of Moses’ call will inspire you to try that dialogue for yourselves. It is not an activity that is reserved for the especially “spiritual”. God speaks to us all – even a wanted felon. There are jobs to be done: in our church, our city and our world. It is up to us to respond to that need in whatever way we can. God has promised to do the rest.

NJM

 

Le treizième dimanche après la Pentecôte                                                             le 30 août 2020

De nombreux botanistes ont identifié le buisson ardent que Dieu a utilisé pour parler à Moïse comme une plante appelée Rubus sanctus, un petit buisson épineux qui pousse près des oueds du désert et survit sur très peu d’eau. Il atteint environ soixante centimètres (deux pieds). Sa fleur ressemble à une petite rose rouge. Son fruit ressemble à une framboise et devient noir lorsqu’il mûrit en l’automne. Sa principale curiosité est le fait que vous pouvez insérer votre main dans le buisson épineux sans vous faire aucun mal, mais si vous essayez d’en retirer votre main, elle sera percée par des milliers de petites aiguilles courbées. Le buisson ardent du livre de l’Exode a inspiré les botanistes, les écrivains, les théologiens et les artistes à travers les siècles. De nombreux jardiniers utilisent l’Euonymus, un arbuste qui tire son nom du buisson ardent, pour faire des haies dans leurs jardins. Il est prisé pour ses feuilles rouges et brillantes qui durent tout l’hiver.

Pourquoi Dieu apparaît-il à Moïse dans un buisson qui brûle sans se consumer ? Il existe plusieurs réponses traditionnelles à cette question. Cela fait peut-être référence au fait que Dieu est une énergie éternelle et autosuffisante. Comme le feu dans la brousse, Dieu n’a besoin de rien pour son existence ou sa perpétuation. Peut-être que le feu dans la brousse est une métaphore pour les enfants d’Israël. Dieu se manifeste d’une manière qui évoque leur persécution en Egypte. Ils sont sévèrement mis à l’épreuve, mais ils ne sont pas détruits. Peut-être que le buisson ardent fait référence à l’Église : de l’extérieur, il ressemble au plus insignifiant des buissons – un petit arbute à l’étroit qui pousse dans le désert. Pourtant, à l’intérieur, il brûle du feu glorieux de l’amour de Dieu.

Ces médiations sur la nature du buisson ardent, aussi intéressantes et instructives soient-elles, ne nous mènent pas au cœur de ce que Moïse voit et entend dans le désert. Dieu appelle Moïse pour la première fois et lui dit ce qu’il doit faire. L’appel suit un modèle : un modèle qui est répété maintes et maintes fois dans les Écritures hébraïques. Je crois que ce modèle nous en dit long sur la manière dont Dieu agit en nous et à travers nous, et comment il essaie de faire entendre sa voix dans le monde d’aujourd’hui. En observant ce modèle, essayons de l’appliquer à nos propres circonstances.

  • Dieu appelle Moïse au milieu de ses activités quotidiennes. Il s’occupe d’un troupeau d’animaux qui ne lui appartient même pas. Il y a une ironie ici : Dieu appellera bientôt Moïse à s’occuper d’un autre troupeau – son peuple élu – qui ne lui appartient pas non plus. Cela peut être surprenant de savoir que Moïse est un homme en fuite. Il a tué un égyptien et a fui le pays pour échapper à la colère du pharaon. Dieu lance son appel à un meurtrier – pas à un mystique du désert perdu dans la contemplation du divin.
  • Dieu entame le dialogue. Il ordonne à Moïse d’enlever ses sandales. La plupart des gens croient que cela fait référence au fait que Moïse est en présence de Dieu et que l’humilité est requise. Mais il y a ici une signification cachée. Avant d’entrer dans une maison ou une tente au Moyen-Orient, il était demandé au visiteur d’enlever leurs sandales. Dieu invite Moïse à se rapprocher. Le retrait de ses sandales est une invitation à l’intimité autant qu’une exigence de respect.
  • Dieu engage Moïse. La forme de cet appel nous est si familière qu’il a perdu une partie de sa puissance. Dieu dit effectivement : « J’ai entendu le cri de mon peuple. Maintenant, c’est toi qui vas aller t’en occuper ». Dieu ne s’étend pas sur le développement vocationnel ou le profil psychologique d’un bon ministre. L’histoire nous dit qu’il y a quelque chose à faire et que Dieu demande à Moïse qu’il le fasse. Dieu se concentre sur le quoi de l’appel, plutôt que sur le pourquoi.
  • Moïse s’y oppose. Il dit à Dieu qu’il n’est pas à la hauteur de la tâche – une réaction très naturelle étant donné la gravité de la charge et la force et la puissance des personnalités impliquées. Il est important de noter que l’appel de Dieu implique toujours un dialogue. C’est pour cette raison que Dieu a puni Jonas. Au lieu de parler à Dieu de ses réserves, il a pris le premier bateau hors d’Israël. Il s’est simplement enfui lorsque Dieu l’a invité à une conversation.
  • Dieu rassure Moïse. Moïse avait certainement besoin du réconfort de Dieu. Après tout, Dieu lui demande de retourner dans le pays même où il est recherché pour meurtre. Dieu dit à Moïse qu’il ne sera pas seul. Dieu l’accompagnera lorsqu’il lancera son défi au nouveau Pharaon.

Enfin, Moïse pose la question à laquelle il est le plus difficile de répondre. « Qui es-tu ? » Peut-être avait-il besoin d’être rassuré – ou d’une preuve supplémentaire pour les Israélites sceptiques en Egypte. Vous remarquerez que Dieu répond et ne répond pas à la question de Moïse. Il se réfère à ce qu’il a fait dans le passé, à travers Abraham, Isaac, Jacob et Joseph, mais il ne se donne pas de nom. Il dit simplement ‘ehyeh ‘asher ‘ehyeh, je suis qui je suis. Dans le monde antique, la connaissance du nom de que quelque chose ou de quelqu’un vous donnait un pouvoir sur l’objet ou la personne. Dieu ne peut pas être apprivoisé. Il est qui Il est. Aucune définition ne peut le restreindre, vous devez apprendre qui Il est en dialoguant avec lui.

J’espère que ce récit de l’appel de Moïse vous inspirera à tenter ce dialogue par vous-mêmes. Ce n’est pas une activité réservée aux plus « spirituels ». Dieu nous parle à tous – même à un criminel recherché. Il y a du travail à faire : dans notre église, notre ville et notre monde. Il nous appartient de répondre à ce besoin de toutes les manières possibles. Dieu a promis de faire le reste.

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – Pentecost XII

Twelfth Sunday after Pentecost

August 23, 2020

Exodus 1:8 – 2:10 Romans 12:1-8 Matthew 16:13-20

Modern Western society seems to have an obsession with the concept of time. Our personal computers have to be precisely calibrated in order to function properly. Modern watches keep accurate time down to the millisecond. Almost every gadget in our apartments has a built-in clock – from video machines to microwave ovens and air conditioners. Modern science has calibrated the passing of time with astonishing accuracy, using crystals which emit particles precisely once per second, or using the regular rhythms of a pulsar situated billions of miles away in space. Time is clearly something that can be measured in precise units and divided into a succession of precise moments. Without that ability to measure the passing of time with precision, modern science would not exist.

While Scientists are generally agreeing on how to measure the passage of time, Philosophers could not be more divided on the issue. For them, time has more to do with emotions and feelings than with the emissions of a tiny crystal. Modern French philosophers even assure us that there is no such thing as the “now moment”. It is certainly true that we are conscious of the passing of time, even though our bodies or our minds don’t measure the passage of time with the fanatical accuracy of a digital watch or a professional scientist. We are apt to measure the passage of time with our emotions. In the widest sense, we are aware of the passing of the decades and of the years. More immediately, we are aware that another summer is almost over, and it is almost time for us to start new things and new projects. More immediately still, we are aware of the passing of the hours and the minutes. We have appointments to be kept and places to be. Zoom and YouTube wait for no one!

Our emotions and our minds tell us that we are living in time, but we are not entirely comfortable with it. Time’s length seems very dependent on how we are feeling. We are apt to say, “How time flies!” or, “It seems like only yesterday!” or, “It’s an eternity since I saw you last!” Some moments seem to last forever, while others go by all too quickly. The traditional Christian interpretation of this phenomenon is that time was created after the Fall: that is to say time is not the normal or natural condition for humanity to exist in. We are like fish trying to live out of water. We notice time because it is an unnatural or strange element for us; unlike the air we breathe or the water we drink. We have difficulty in understanding time because we were created for eternity. That idea sometimes induces panic because we see eternity as the endless succession of hours and minutes. But the biblical view of eternity is very different. Eternity has nothing to do with the quantity of time, but with its quality. Most of us see time in terms of past, present and future; what was, what is, and what will be. But God holds all these three together at once – in one moment. Paul was striving to say this in the epistle to the Romans: “From him and through him and to him are all things. To him be glory forever! Amen.” (Romans 11:36) The liturgy reminds us of this every time we celebrate Holy Communion. It is the mystery of faith: “Christ has died. Christ is risen. Christ will come again.” We are invited by Christ into an eternal and beautiful present, filled only by love.

Nothing is permanent unless divine. The rest is smoke. Everything around us changes, our families, our friends, our jobs, our homes, the cities we live in. One day, even Covid 19 will be a distant memory; though at the moment it feels as if time is going as slowly as it possibly could as day succeeds to day. In the midst of all this, we are called to take comfort in the eternal moment in which we already live. Nothing is lost, because if it is lovely, it exists forever in God. Our external circumstances are only a vehicle for God’s justice and love to be made manifest. We must seize the moment in which we live as if it were our last – that is the only way in which to taste its divinity. We must take comfort in the fact that we were created for eternity, that one great moment in which we will know as we are known, and understand as we are understood. “For all things will be well, and all manner of things shall be well.” (Mother Julian of Norwich).

NJM

 

 

Le douzième dimanche après la Pentecôte                                         le 23 août 2020

La société occidentale moderne semble être obsédée par le concept du temps. Nos ordinateurs personnels doivent être calibrés avec précision pour fonctionner correctement. Les montres modernes affichent l’heure exacte à la milliseconde. Presque tous les gadgets de nos appartements disposent d’une horloge intégrée – des appareils vidéo aux fours à micro-ondes en passant par les climatiseurs. La science moderne a calibré le passage du temps avec une précision étonnante, en utilisant des cristaux qui émettent des particules précisément une fois par seconde, ou en utilisant les rythmes réguliers d’un pulsar situé à des milliards de kilomètres dans l’espace. Le temps est clairement quelque chose qui peut être mesuré en unités précises et divisé en une succession de moments précis. Sans cette capacité à mesurer le temps qui passe avec précision, la science moderne n’existerait pas.

Alors que les scientifiques sont généralement d’accord sur la façon de mesurer le passage du temps, les philosophes ne pourraient être plus divisés sur la question. Pour eux, le temps a plus à voir avec les émotions et les sentiments qu’avec les émissions d’un minuscule cristal. Les philosophes français modernes nous assurent même que le « moment présent » n’existe pas. Il est certainement vrai que nous sommes conscients du temps qui passe, même si notre corps ou notre esprit ne mesure pas le passage du temps avec la précision fanatique d’une montre numérique ou d’un scientifique professionnel. Nous sommes susceptibles de mesurer le passage du temps avec nos émotions. Au sens le plus large, nous sommes conscients du passage des décennies et des années. D’une façon plus immédiate, nous sommes conscients qu’un autre été est presque terminé et qu’il est presque temps pour nous de commencer de nouvelles choses et de nouveaux projets. De façon encore plus immédiate encore, nous sommes conscients du passage des heures et des minutes. Nous avons des rendez-vous à tenir et des lieux où nous devons être. Zoom et YouTube n’attendent pas !

Nos émotions et nos esprits nous disent que nous vivons dans le temps, mais nous ne sommes pas tout à fait à l’aise avec cela. La durée du temps semble très dépendante de la façon dont nous nous sentons. Nous avons tendance à dire : « Comme le temps passe vite ! » ou, « C’est comme si c’était hier ! » ou, « ça fait une éternité que je ne vous ai pas vu ! » Certains moments semblent durer éternellement, tandis que d’autres passent trop vite. L’interprétation chrétienne traditionnelle de ce phénomène est que le temps a été créé après la Chute : c’est-à-dire que le temps n’est pas la condition normale ou naturelle dans laquelle l’humanité devrait exister. Nous sommes comme des poissons essayant de vivre hors de l’eau. Nous remarquons le temps parce que c’est un élément contre nature ou étrange pour nous ; contrairement à l’air que nous respirons ou à l’eau que nous buvons. Nous avons du mal à comprendre le temps parce que nous avons été créés pour l’éternité. Cette idée induit parfois la panique car nous voyons l’éternité comme une succession interminable d’heures et de minutes. Mais la vision biblique de l’éternité est très différente. L’éternité n’a rien à voir avec la quantité de temps, mais avec sa qualité. La plupart d’entre nous voyons le temps en termes de passé, présent et futur ; ce qui était, ce qui est, et ce qui sera. Mais Dieu contient ces trois éléments à la fois – en un instant. Paul s’efforçait de dire ceci dans l’épître aux Romains : « C’est de lui, par lui et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles ! Amen ! » (Romains 11:36) La liturgie nous le rappelle chaque fois que nous célébrons la Sainte Communion. C’est le mystère de la Foi » « Christ est mort, Christ est ressuscité, Christ reviendra. » Nous sommes invités par le Christ dans un présent éternel et beau, rempli uniquement d’amour.

Rien n’est permanent à moins que cela soit divin. Le reste est de la fumée. Tout autour de nous change, nos familles, nos amis, nos emplois, nos maisons, les villes dans lesquelles nous vivons. Un jour, même le Covid 19 sera un lointain souvenir ; bien qu’en ce moment on ait l’impression que le temps passe aussi lentement qu’il le peut, au fur et à mesure que les jours se succèdent. Au milieu de tout cela, nous sommes appelés à trouver du réconfort dans le moment éternel dans lequel nous vivons déjà. Rien n’est perdu, car si c’est beau, cela existe pour toujours en Dieu. Nos circonstances extérieures ne sont qu’un véhicule pour que la justice et l’amour de Dieu se manifestent. Nous devons saisir le moment dans lequel nous vivons comme si c’était notre dernier – c’est la seule manière de goûter à sa divinité. Nous devons être réconfortés par le fait que nous avons été créés pour l’éternité, ce grand moment dans lequel nous saurons de la façon dont nous sommes connus et que nous comprendrons de la façon dont nous sommes compris. « Tout finira bien. Toutes choses, quelle qu’elles soient, finiront bien. » (Julienne de Norwich).

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – Pentecost XI

Eleventh Sunday after Pentecost
August 16, 20220
Genesis 45:1-15 Romans 11:1-2a, 29-32 Matthew 15:(10-20),21-28

In our Gospel reading, we hear of the only occasion in which Jesus fails to respond to someone who calls to him for help. He simply remains silent when a foreign woman appeals to him to heal her sick daughter. The story contains further disagreeable surprises. Firstly, the woman is called a “Canaanite”: a calculated insult on the part of Matthew the Gospel writer. He does this to recall the stories of the Canaanites of the Old Testament, who were frequently charged by the prophets and history writers with idol worship and the sacrifice of their children. Her public cries to Jesus for help are a source of embarrassment to the disciples, who ask Jesus to send her away. Jesus adds his own insult to the disagreeable scene. The woman falls on her knees before Jesus in an attitude of profound humility to plead with him anew. While she is in this position, Jesus calls the Canaanite woman ‘a dog’.  The woman accepts Jesus’ insult, and, still on her knees, pleads for any crumbs which she, an unworthy dog, could eat as they fall from the masters’ table.  Only then does Jesus respond to her with a compliment: “O woman, great is your faith!” Jesus finishes by granting her request, and her daughter is healed.

It would be a mistake to interpret this story as a typical example of an exclusionist Jewish rabbi rejecting an impure foreign woman. One can say this in favor of the inclusion of such a strange story in the Bible: this realistic incident brings us face to face with the misunderstandings, the rejection and the violence that exists in all the world’s religions.  A few years ago, I read a book entitled: At the entrance to the Garden of Eden by Yossi Klein Halevi. It is the story of the Jewish author’s attempt to establish a climate of hope between Jews, Christians and Muslims in the Holy Land.  The subject is a terribly sensitive one. Perhaps nowhere on earth are tensions between the world’s three monotheisms as extreme as in modern day Israel and Palestine. The author speaks frankly about the Jews’ fear of Christians and Muslims. He talks about his fear of the Christian cross. He recounts conversations in which Christians show their hatred of Islam. He speaks of his personal involvement in a violent episode in the Gaza strip that revealed to him the depth of hatred that Muslim Arabs feel towards the Jews. He is painfully frank about the role that Religion has played in the past and continues to play in the present in fostering violence and perpetuating ignorance and fear.  But it is also clear that he loves those who, like himself, find in religion a potential source of real peace and security. He tells the story of a French woman called Gabrielle, born to a Protestant family in Northern France, who becomes a nun and now lives with the community of the Beatitudes; a monastic community which is struggling to foster peace between Christianity and Judaism.  Halevi doesn’t offer a recipe for peace between religions, but makes the point that true peace begins where argument ceases, and we join each other in worship – especially the worship of the mystics of the three traditions. He believes that the slow increment of prayers for peace and small acts to further understanding, (perhaps over centuries), will eventually lead to reconciliation. Just as centuries of Jewish prayers to return to the Holy Land were only answered late in the twentieth century after the Holocaust.

This is the story in miniature of today’s Gospel. Jesus seems to have a change of heart when the woman’s persistence finally brings her to the edge of desperation. It is very appropriate that the miracle that Jesus performs is one of healing; and healing from the ill effects of an evil spirit.  Nowhere is that sort of healing more necessary than between the communities of the world divided by religion, race or culture.  St. Esprit is the world in miniature. We attempt to live in a community which is capable of showing others what Jesus’ love can do to our broken world.  There is much that we do not say to each other; many histories that we do not share. Perhaps we are afraid of being misunderstood. Perhaps we are afraid of provoking a terrible argument. If this is the case, today’s reading should give us hope. Jesus is capable of resolving those tensions, because – shockingly enough – he resolved them in himself. He broke away from the perceptions of others bequeathed to him by his culture, and recognized the faith of someone whom he had been taught to think of as ‘other’. Even through these difficult times, when we can’t meet face to face to tell our stories and see them reflected back to us in the eyes of our fellow parishioners, Jesus is always at hand. We will have new stories to tell when we emerge from this time of isolation to a time of renewed fellowship. In the meantime, Jesus knows what happens when we heal those places in our lives where prejudice and fear have kept us from recognizing his face in the face of our neighbor.

NJM

Le onzième dimanche après la Pentecôte                                                      le 16 aout 2020

Dans notre lecture de l’Évangile, nous entendons parler de la seule fois où Jésus ne répond pas à quelqu’un qui l’appelle à l’aide. Il reste simplement silencieux lorsqu’une étrangère lui demande de guérir sa fille malade. L’histoire contient d’autre surprises déplaisantes. Premièrement, la femme est appelée « la cananéenne » : une insulte calculée de la part de l’auteur de l’Évangile de Matthieu. Il fait ceci afin de rappeler les histoires sur les cananéens de la Bible hébraïque qui étaient souvent accusés par les prophètes et les historiens d’adorer des idoles et de sacrifier leurs enfants. Son cri à l’aide public adressé à Jésus est une source d’embarras pour les disciples qui demandent à Jésus de la chasser. Jésus ajoute sa propre insulte dans cette scène déplaisante. La femme tombe à genoux devant Jésus dans une attitude d’humilité profonde afin de le supplier encore. Alors qu’elle est dans cette position, Jésus traite la femme cananéenne de ‘chien’. La femme accepte l’insulte de Jésus, et, toujours à genoux, le supplie de lui donner n’importe quelles miettes qu’elle, un chien sans aucune valeur, pourrait manger alors qu’elles tombent de la table du maître. Seulement à ce moment, Jésus lui répond en la complimentant : « Femme, ta foi est grande. » Jésus finit par lui accorder ce qu’elle demande. Et sa fille est guérie.

Ce serait une erreur d’interpréter cette histoire comme un exemple typique où un rabbin élitiste exclue une étrangère impure. On pourrait dire cela à propos de l’inclusion d’un passage si étrange dans la Bible : cet incident réaliste nous met face aux mécompréhensions, aux rejets et à la violence qui existent dans les religions du monde. Il y a quelques années, j’ai lu un livre qui s’appelle : At The Entrance to the Garden of Eden par Yossi Klein Halevi. C’est l’histoire de l’auteur juif qui essaie d’établir un climat d’espérance entre juifs, chrétiens et musulmans en Terre Sainte. Le sujet est terriblement sensible. Il n’y a peut-être nulle part ailleurs sur notre terre où les tensions entre les trois monothéismes du monde sont aussi extrêmes qu’en Israël et en Palestine aujourd’hui. L’auteur parle franchement des peurs des juifs quant aux chrétiens et aux musulmans. Il parle de sa peur de la croix chrétienne. Il raconte des conversations avec des chrétiens où ceux-ci montraient leur haine de l’Islam. Il parle de sa propre expérience dans un épisode violent à Gaza qui lui a révélé la profondeur de la haine que les arabes musulmans ressentaient envers les juifs. Il est douloureusement franc à propos du rôle que la religion a joué dans le passé et continue de jouer aujourd’hui dans la promotion de la violence et la perpétuation de l’ignorance et la peur. Mais il est aussi clair qu’il aime ceux qui, comme lui, trouve dans la religion une source potentielle de vraie paix et sécurité. Il raconte l’histoire d’une française qui s’appelle Gabrielle, née dans une famille protestante dans le nord de la France, qui est devenue nonne et vie maintenant avec la communauté des béatitudes ; une communauté monastique qui lutte pour encourager la paix entre la chrétienté et le judaïsme. Halevi n’offre pas une recette pour apporter la paix entre les religions, mais il remarque pertinemment que la vraie paix commence là où les querelles cessent – et que nous nous rejoignons dans l’adoration – et surtout celle des mystiques des trois traditions. Il croit que la légère augmentation des prières pour la paix et de petites actions afin d’augmenter la compréhension, (peut-être sur plusieurs siècles), pourra enfin mener à la réconciliation. Tout comme des siècles de prières juives pour un retour vers la Terre Sainte ne reçurent une réponse qu’à la fin du vingtième siècle après l’holocauste.

C’est cette histoire que nous observons en miniature dans notre Évangile aujourd’hui. Jésus semble changer d’avis lorsque la persistance de la femme semble la mener aux confins de la désespérance. Le fait que le miracle de Jésus soit un miracle de guérison est très à propos ; et que cette guérison soit des effets nocifs d’un esprit maléfique. Ce type de guérison n’est nulle part plus nécessaire qu’entre les communautés du monde divisée par les religions, les races et la culture. St. Esprit est une miniature du monde. Nous essayons de vivre dans une communauté qui est capable de montrer aux autres ce que l’amour de Jésus peut accomplir dans notre monde brisé. Il y a beaucoup de choses que nous ne nous disons pas ; beaucoup d’histoires que nous ne partageons pas. Peut-être avons-nous peur d’être mécompris. Peut-être avons-nous peur de provoquer de terribles querelles. Si tel est le cas, la lecture d’aujourd’hui devrait nous donner de l’espérance. Jésus est capable de résoudre ces tensions, parce que – aussi choquant que cela soit – il les a résolues en lui. Il s’est détaché des perceptions des autres qui lui avaient été léguées par sa culture, et il a reconnu la Foi de quelqu’un qu’on lui avait appris à considérer comme ‘l’autre’. Même à travers ces temps difficiles, alors que nous ne pouvons pas nous voir face à face pour nous raconter nos histoires et les voir se réfléchir dans les yeux de nos frères et sœurs paroissiens, Jésus est toujours à notre portée. Nous aurons de nouvelles histoires à nous raconter lorsque nous émergerons de ce temps d’isolement pour un moment de camaraderie renouvelée. En attendant, Jésus sait ce qu’il se passe quand nous guérissons ces endroits dans nos vies où les préjugés et la peur nous ont empêché de reconnaitre son visage dans le visage de nos voisins.

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – Pentecost X

Pentecost X
August 9, 2020
Genesis 37:1-28 Romans 10:5-15  Matthew 14:22-33

Before the tunnel from England to France was built, the quickest route by car or train was to take the boat or the hovercraft from Dover to Calais. This gave rise to many jokes in England, such as “Fog in Channel. Continent cut off.” According to this very nationalist way of thinking, England could never be cut off from anything important. They thought they had everything they needed on their own island. I remember making many journeys on that boat. You never knew what the weather was going to be like, and the crossings could be very rough indeed. It is only about twenty-two miles across, and Jesus could have walked the distance in a comfortable five or six hours or so – even (according to our Gospel reading), in stormy weather.

Unlike the Channel, the sea of Galilee is shallow, but it is set in the midst of hills. Mountain lakes are subject to sudden squalls and storms, and that seems to be what has happened in our Gospel story. Matthew tells us that the situation is made worse for the disciples by the fact that it is three o’clock in the morning. Jesus appears like a phantom across the waters, and tries to reassure the disciples that it is really him in flesh and blood. The only disciple to doubt Jesus is Peter, who asks Jesus to prove his identity by allowing him to walk towards Jesus over the waves. Peter was a fisherman, and we know from other passages in the bible that he was a fairly good swimmer (in John 21 he jumps into the water to swim towards the resurrected Jesus who was standing on the shore of lake Tiberias),  but walking on the water is quite a different matter. He tries, but begins to sink, and Jesus has to rescue him.

Was it a good or a bad thing that Peter attempted this feat? Conventional wisdom applauds Peter’s attempt and takes the following lessons from the story: If you go out in the storm, Jesus will give you strength. Faced with difficulties, cry out to Jesus and he will give you a helping hand. Better to try, and then to sink than to remain cowering in the boat! But a closer look at the story shows us that Peter’s motives for stepping out of the boat and into the water were rather suspect. The other disciples took Jesus at his word when he said, “It is I. Do not be afraid!” Only Peter asks Jesus to prove his identity by letting him perform a similar miracle of walking on the water. Before praising Peter’s courage, we should look a bit closer at his motives.

If you are going to place yourself in a difficult position in order to prove yourself or to put God to the test, you must keep your eyes on what is important. Jesus is the only person who counts here; not Peter. Over the past few months, we have been trying our best to make sense of what Jesus might be saying to us in the midst of the storm of the Covid crisis. We’ve tried to respond with the best of ourselves – to offer what strengths or talents that we have to alleviate our own suffering or the suffering of others. In itself, this is a great thing. We’ve discovered talents and a resilience that we didn’t think we had. But as the months have gone on, I’ve felt increasingly that the best thing that we can do – the best prayer we can make – is to say with Peter, “Lord, save me!” Our talents can take us only so far. The summer months are the time when those preparing for ordination like Joris are placed in parishes, hospitals or social programs to obtain experience. These assignments are difficult, and occasionally they can be traumatic. I remember my own experience in an eye-hospital, trying to speak to people of all ages who had recently lost their sight. I made no progress at all until I realized that the point of my being there was not to put me or God to the test. I still have to remind myself that I can do nothing in my own strength. Like Peter, I have to cry out, “Lord, save me!” As his ‘supervisor’, I have to thank Joris for his example and his reminder to me of this fact!

As soon as Jesus’ grace begins to work in our lives, our human talents and skills become less reliable tools for success. As soon as we say, “Yes, I’m good at that. I can rely on it” God puts us into situations where we are forced to admit that the skills we thought were ours are not as fabulous or useful as we hoped. Peter was afraid, even though he was used to the sea and a good swimmer. It’s as if his confidence, courage and strength left him, so that grace could take their place. Grace doesn’t operate best in situations that are entirely flooded by our ego. Grace floods our lives when we learn to say with Peter, “Lord! Save me!” Outward and inward calm come from Jesus, and not from ourselves. Jesus tells the disciples not to be afraid – to assure themselves of his calming presence. When he gets into the boat, the wind dies down.  Peter didn’t really fail. His prayer and cry for help lead to his worshiping Jesus as the Son of God when he climbed back to safety in the boat – the first time this happens in the Gospel of Matthew. Had he never left the boat, this prayer would have remained unsaid, and he never would have learned to turn to Christ in his desperation.  The same goes for us. In risking success, we risk failure, when we seek wisdom, we shouldn’t be afraid to expose our ignorance.  In risking love, we risk heartbreak.  Like Peter, we should never be afraid to say “Lord, save me!”, because it is through that cry that we will discover the grace that will carry us through every storm that life might bring.

NJM

 

Le dixième dimanche après la Pentecôte                                                                  le 9 août 2020

Avant que l’Eurotunnel ne soit construit (le tunnel qui relie l’Angleterre à la France), la route la plus rapide en train ou en voiture était de prendre le ferry ou l’hovercraft de Dover à Calais. Cette situation a créé de nombreuses blagues comme « Fog in channel. Continent cut off. » Selon cette façon très nationaliste de penser, l’Angleterre ne pourrait jamais être coupée de quoi que ce soit de bien important. Ces personnes pensaient qu’elles avaient tout ce dont elles avaient besoin sur leur île. Je me souviens avoir souvent pris ce ferry. Vous ne saviez jamais quel serait le temps, et la traversé pouvait être bien rude. Celle-ci n’est que de 35 kilomètres, et Jésus aurait pu faire cette distance à pieds en à peu près cinq ou six heures – et ce même (selon notre lecture de l’Évangile) si le temps était houleux.

Contrairement à la Manche, la mer de Galilée est peu profonde, mais elle se trouve au milieu de collines. Les lacs de montagne sont sujets à des bourrasques et orages soudains, et il semble que c’est ce qu’il s’est passé dans notre histoire de l’Évangile. Matthieu nous dit que la situation des disciples est empirée par le fait qu’il est 3 heures du matin. Jésus apparaît comme un fantôme au-dessus de l’eau et tente de les rassurer en leur disant qu’il s’agit bien de lui, en chair et en sang. Le seul disciple qui doute de Jésus est Pierre, qui lui demande de prouver son identité en le faisant marcher vers lui au-dessus des vagues. Pierre était pêcheur, et nous savons d’autres passages de la Bible que c’était plutôt un bon nageur (dans le 21ème chapitre de l’Évangile de Jean il se jette à l’eau pour nager vers Jésus ressuscité qui se tenait sur les bords du lac Tibériade), mais marcher sur l’eau est une toute autre affaire. Il essaie, mais il commence à couler, et Jésus doit lui venir à la rescousse.

Est-ce que cette tentative d’exploit par Pierre était une bonne ou une mauvaise chose ? Les croyances conventionnelles applaudissent cette tentative et en tire la leçon suivante : si vous sortez dans la tempête, Jésus vous donnera de la force. Lorsque vous faites face à des difficultés, écriez-vous vers Jésus et il vous tendra la main en aide. Il vaut mieux essayer et couler plutôt que de rester recroquevillé dans la barque ! Mais en lisant cette histoire de plus près on peut apercevoir que les motivations qui ont poussé Pierre à sortir de la barque sont plutôt suspectes. Les autres disciples ont cru Jésus sur parole quand il a dit « C’est moi. N’ayez pas peur ! » Seulement Pierre demande à Jésus de prouver son identité en le laissant accomplir ce même miracle et de faire qu’il puisse marcher sur l’eau. Avant d’encenser le courage de Pierre, on devrait se pencher un peu plus sur ses motivations.

Si vous allez vous mettre dans une position délicate afin de vous prouver quelque chose ou de tester Dieu, vous devriez garder les yeux sur ce qui est important. Jésus est la seule personne qui compte ici ; ce n’est pas Pierre. Durant les derniers mois, nous avons fait de notre mieux pour comprendre ce que Jésus peut nous dire au milieu de cette tempête qu’est la crise du Covid. Nous avons tenté de répondre en donnant de notre meilleur – en offrant les forces ou les talents que nous possédons afin de soulager notre souffrance ainsi que celle des autres. En soi, c’est une très grande chose. Nous avons découvert des talents et des ressorts que nous ne pensions pas posséder. Mais au fur et à mesure des mois, j’ai de plus en plus ressenti que la meilleure chose que nous puissions faire – la meilleure prière que nous puissions adresser – est de dire avec Pierre, « Seigneur, sauve-moi ! » La distance que nos talents nous permettent de parcourir est limitée. Les mois d’été sont le moment où ceux qui se préparent pour l’ordination comme Joris sont placés dans des paroisses, des hôpitaux ou des programmes sociaux afin d’obtenir de l’expérience. Ces missions sont difficiles, et dans certaines occasions traumatisantes. Je me souviens de ma propre expérience dans un hôpital ophtalmique, où j’essayais de parler à des personnes, jeunes comme âgées, qui avaient récemment perdu la vue. Je ne faisais aucun progrès jusqu’à ce que je réalise que la raison de ma présence là-bas n’était pas de tester mes limites ou de tester Dieu. Aujourd’hui encore je dois me rappeler que je ne peux rien faire de ma seule force. Comme Pierre, je dois m’écrier « Seigneur, sauve-moi ! » En tant que ‘superviseur’ de Joris, je dois le remercier de me rappeler cela et de s’en faire l’exemple.

Dès que la grâce de Jésus commence à œuvrer dans nos vies, nos compétences et talents humains deviennent des outils sur lesquels nous pouvons moins compter pour réussir. Dès que nous disons, « Oui, je suis doué pour ça. Je peux en dépendre », Dieu nous met face à des situations où nous devons admettre que les capacités que nous pensions êtres les nôtres ne sont pas aussi fabuleuses ou utiles que nous l’espérions. Pierre a eu peur, bien qu’il fût habitué à la mer et savait bien nager. C’est comme si son assurance, son courage et sa force l’avait quitté pour que la grâce les remplace. La grâce n’opère pas au mieux dans des situations qui sont entièrement inondées par notre égo. La grâce inonde nos vies lorsque nous apprenons à dire avec Pierre, « Seigneur, sauve-moi ! » Le calme externe et interne vient de Jésus, et non de nous-mêmes. Jésus dit aux disciples de ne pas avoir peur – pour les assurer de sa présence calmante. Lorsqu’il monte sur la barque, le vent cesse. Pierre n’a pas vraiment échoué. Sa prière et son cri à l’aide l’ont mené à adorer Jésus comme le Fils de Dieu lorsqu’il s’est retrouvé en sureté sur la barque – la première fois que cela se produit dans l’Évangile de Matthieu. S’il n’avait jamais quitté la barque, cette prière serait restée inexprimée, et il n’aurait jamais appris à se tourner vers le Christ dans sa désespérance. Il en est de même pour nous. En prenant le risque du succès, nous risquons l’échec, lorsque nous cherchons la sagesse, nous ne devrions pas avoir peur d’exposer notre ignorance. En prenant le risque de l’amour, nous nous exposons au risque d’avoir le cœur brisé. Comme Pierre, nous ne devrions jamais avoir peur de dire « Seigneur, sauve-moi ! », parce que c’est à travers ce cri à l’aide que nous découvrirons la grâce qui nous portera à travers toutes les tempêtes que la vie pourra mettre face à nous.

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – Pentecost IX

Pentecost IX
August 2, 2020
Genesis 32 :22-31   Romans 9 :1-5   Matthew 14 :13-21
NEW FLAVORS

I suppose like many of you, I often eat alone. This custom began when I left my parents’ house, when I first had my own accommodation. Even if I was house sharing and living in a sort of community as I was in Boston, I used to eat most often by myself. It isn’t really fun eating on your own. Like many people – as was the case for me a few nights ago – I easily end up on my cellphone, looking at something or reading something at random. I suppose it’s a way of avoiding thinking about this odd moment. Distracting yourself ends up helping you to forget that you are actually in the process of eating; and yet this is one of the most sacred acts of our life and of our Christian faith.

In our current situation with this wretched virus, we can’t really eat together, as is our normal habit. We can also choose to think about this or not – to carry on as if nothing has happened (close our eyes during communion for example!) or take this strange situation to heart – just as strange as the angel who wrestled with Jacob. Our backs are against the wall, and some of us are hungry, just like the people in the crowd who followed Jesus into the desert. Our first reaction is to want to come back to St. Esprit – our spiritual home where we were used to eating ‘heavenly food’, (and also more succulent fare!) In this way we are similar to the first disciples, who were probably hungry themselves when they used the pretext of the hungry crowd to make a suggestion to Jesus about what he might do: “This is a deserted place, and it’s already late. Send the crowd home so that they can go into the villages to buy something to eat.” Our situation is somewhat reversed, but I think it’s very similar. We can believe that being as we are, in our separate apartments, we are far away from our Christian community and far away from Jesus; in those ‘villages’ that the text speaks about…. But this would be speaking in purely literal terms. St. Esprit before the pandemic looks more like ‘the villages’ where you can buy the food that you want – far more than our present desert with Jesus. We want to return to St. Esprit, we want to find ourselves among the people we love, take the bread and wine – to see each other and touch each other….. and rediscover the church of God that we believe we know, and that we currently imagine as scattered and thrown off balance because of this pandemic. We have a clear idea of where God can feed us – the Saint Esprit of yesterday – and we want to tell him that he has to bring us back together. Fortunately, God knows what we need better than we do. God reminds us that it is precisely in the desert that the church can be found: – when He finds Himself there with us.

Jesus’ reply surprises us, just as it surprised the apostles. “They don’t need to leave. Give them something to eat yourselves!” In the desert where we find ourselves, far away from the larders where we used to habitually find our physical and spiritual food, Christ challenges us, just like the Angel challenged Jacob. Christ says to us: “Do you really believe that if you are here with me, I’m unable to give you food – despite the place and the conditions in which we find ourselves? Do you think that the desert-like sanctuary of this church on a Sunday morning, the loneliness of your room or the crowded subway where you are at the moment can stop me from giving you something to eat?”

In the disciples’ response, we can hear our own responses. Just as with their ‘five loaves and two fishes’, we ask ourselves how on earth we can feed ourselves with such meagre fare. How on earth can a sorry little camera, a few microphones, a computer screen or cellphone, pixels and electronic signals that make up this image suffice to feed and satisfy us? They really are small things. They are not even alive. They couldn’t even feed a single person, let alone a whole church!

If we don’t commit these sorry little things to God in prayer – just like Jesus did at the moment of his miracle – absolutely nothing else could bring us out of this spiritual dearth. As long as we refuse the spiritual resources that God is offering us right now, we will remain hungry. This situation asks of us a lot of humility, compassion and tenderness towards ourselves and towards our brothers and sisters. In this desert, how can I receive my food from Jesus Christ in an unexpected way? What miracles can he perform to feed me at the moment, in ways that I could never have thought of if things hadn’t changed? What Christ is giving us to eat in these times transfigures and multiplies that which we used to think of as his food and as our Christian lives. I’m obviously thinking of the Eucharist, but also of the whole of our personal and community life. This new flavor can – if we accept his grace – restore the life that Christ offered us to share, in his memory. What to do then, so that, despite the desert where I find myself, I can be nourished by the faith of Jesus Christ? What can I do, so that just like the apostles, I can give my brothers and sisters something to eat?

I believe that Jesus Christ is performing very specific miracles at the moment in our church. As he did for the first disciples, he is still guiding and feeding us. It’s up to you if you prefer to return to the ‘village’ of St. Esprit that you knew, to eat the bread of our tears, or to taste the miraculous flavor of the bread and the fish multiplied by his love and his grace. During the nearly four hundred years of its existence, I don’t feel as if I’m exaggerating when I say that our church has never offered so many prayers and public services in a week. In the course of these meals in the desert, we can share Christ’s spiritual food. Over nearly four hundred years, we have never been so faithful in these weekly services – despite or thanks to on-line broadcasting. Participation in our prayers has increased, and like the desert picnickers that Jesus fed, the leftovers that we will collect after this pandemic will continue to nourish the church. Whatever the circumstances may be, we will never eat alone, and we will always have something to eat. Because we have entered into the Church through baptism by faith, it is there that we are sustained by the word of God and the sacraments. Together, we will always find something to eat there: Jesus himself. By prayer and meditation, in our services, we taste that we are intimately connected to each other. We are intimately connected to Christ who is our food and our life.

When I ate alone in a deserted church office, I remembered you. I put my cellphone to one side. I decided – just like you can do during the online Eucharist, to accept that moment for what it is – a meal in the desert. In the solitude of the office, with Fred’s little plants as my only company, the Lord gave me a chance to eat with all those who eat alone. Gentle Lord, thank you for always allowing us to share food with those who are hungry for your presence, and for setting the tables in our Father’s many homes!

JFAB Trans. NJM

 

Sermon Dimanche 2 août 2020 – De nouvelles saveurs / New Flavors

Comme beaucoup d’entre vous je crois, je mange souvent tout seul. J’en ai pris l’habitude en quittant la maison de mes parents, au moment où j’ai commencé à avoir mon propre logement. Même si j’étais en collocation, que je vivais pour ainsi dire dans une forme de communauté, comme quand j’étais à Boston, je mangeais le plus souvent tout seul. Ce n’est pas forcément très drôle de manger seul. Comme beaucoup — et c’est encore arrivé l’autre soir — je finis facilement sur mon téléphone à regarder ou écouter quelque chose de random. Je crois que c’est une manière d’éviter de penser à ce moment étrange. En se divertissant on finit même par faire oublier qu’on est justement en train de manger, ce qui est pourtant une des actions les plus sacrés de notre vie et de notre foi chrétienne.

Dans la situation où nous sommes aujourd’hui avec ce fichu virus, nous ne pouvons pas manger ensemble comme nous en avions l’habitude. Nous pouvons aussi choisir d’y penser ou non, de faire comme si de rien n’était (fermer les yeux pendant la communion par exemple !), ou bien de prendre à bras le corps cette étrange situation, aussi étrange que l’ange qui vient lutter avec Jacob. Nous sommes aux abois et certain d’entre nous ont faim, comme la foule qui est avec Jésus dans le désert. Notre première réaction est naturellement de vouloir revenir à St. Esprit, notre maison spirituelle où nous avions l’habitude de trouver à manger des “aliments spirituels”, mais aussi succulents ! Nous sommes en cela similaires aux premiers disciples qui, ayant sûrement aussi creux, sous le prétexte que la foule a faim, suggèrent à Jésus ce qu’il doit faire : “Cet endroit est désert, et l’heure est déjà avancée ; renvoie la foule, afin qu’elle aille dans les villages pour s’acheter des vivres.” Notre situation est un peu inversée mais je crois qu’elle est très similaire. On peut croire que dans nos maisons, éloignés de notre communauté chrétienne nous sommes loin de Jésus, dans les « villages » dont parle le texte… mais ce serait lire bien littéralement. Le Saint-Esprit d’avant la pandémie ressemble davantage pour nous aujourd’hui à « ces villages » où l’on peut acheter la nourriture voulue plutôt qu’à notre désert présent avec Jésus. Nous voulons revenir à St. Esprit, nous voulons nous retrouver les personnes que nous aimons, communier au pain et au vin, nous voir, nous toucher… Nous voulons retrouver l’église de Dieu passée et qu’on imagine maintenant éparpillée et en déroute à cause de cette pandémie. Nous avons notre idée de l’endroit où Dieu pourrait nous nourrir – le Saint-Esprit d’antan – et nous voulons lui dire où il faut qu’il nous renvoie. Heureusement, Dieu sait mieux que nous ce qu’il nous faut. Dieu nous rappelle que c’est justement au désert que se trouve l’Eglise, quand il s’y trouve avec nous.

La réponse de Jésus nous surprend, comme elle a surpris les apôtres. « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donner leur vous-mêmes à manger ! »

Dans le désert où nous sommes, loin des garde-mangers où nous trouvions d’habitude notre nourriture physique et spirituelle, Christ nous défie comme l’Ange défie Jacob. Christ nous dit : « Croyez-vous vraiment que, si vous y êtes avec moi, je ne pourrai pas vous nourrir quels que soient l’endroit ou les conditions dans lesquelles vous êtes ? Croyez-vous que le désert que sont cette église ce matin, la solitude de la chambre ou de la foule du métro où vous êtes avec moi en ce moment peut m’empêcher de vous nourrir ? »

Dans la réponse des disciples, nous pouvons entendre nos réponses du moment. Comme eux avec leurs “cinq pains et deux poissons” on se demande bien comment on peut se restaurer dans ces conditions ! comment est-ce qu’une pauvre caméra, quelques micros, un écran d’ordinateur ou de téléphone, les pixels et les signaux électriques qui font cette vidéo suffiront-il à nous nourrir ? C’est bien peu, ce n’est même pas vivant, ça ne nourrirait pas un seul homme, alors une église tout entière !

Si nous ne confions pas, par la prière, ces pauvres moyens à Dieu, comme Jésus l’a fait au moment du miracle, rien ne pourra nous tirer de cette disette spirituelle. Tant que nous refusons les ressources spirituelles que Dieu nous offre en ce moment précis, nous aurons faim. Cette situation nous demande beaucoup d’humilité, de compassion et de tendresse pour nous-mêmes et pour nos frères et sœurs.  Comment est-ce que je peux, dans ce désert, recevoir ma nourriture de Jésus-Christ ? Par quels miracles peut-il me nourrir en ce moment de façons que je n’aurais jamais pu imaginer si rien n’avait changé ? Ce que Christ nous donne à manger ces temps-ci transfigure et multiplie ce que nous pensions être sa nourriture et notre vie de chrétiens. Je pense bien sûr à l’Eucharistie, mais aussi à l’ensemble de nos vies personnelles et communautaire. Cette nouvelle saveur peut, si nous en acceptons la grâce, restaurer la vie que Christ nous a offert en partage, en sa mémoire. Que faire donc pour que, malgré le désert où je suis, je sois nourri par la foi de Jésus-Christ ? Que faire pour donner à manger à mes frères et sœurs, comme les apôtres l’on fait ?

Je crois que Jésus Christ fait des miracles particuliers en ce moment dans notre église. Comme les premiers disciples il nous guide et nourrit. C’est à vous de voir si vous préférez rentrer au « village » du St. Esprit que vous connaissiez pour manger le pain du regret ou bien goûter si vous préférez à la saveur miraculeuse des pains et des poissons multipliés par son amour. En presque quatre-cents ans d’existence, je ne crois pas m’avancer en disant que notre église n’a jamais offert par semaine autant de prières et de services publics. Au cours de ces repas au désert nous pouvons communier à ses aliments spirituels. En presque quatre-cents ans d’existence, malgré ou grâce à la diffusion en ligne, nous n’avons jamais été si assidus à ces services. La participation à nos prières a été multipliée et, comme les pique-niqueurs du désert que Christ a nourri, les restes que nous ramasseront après cette pandémie pourront continuer à nourrir l’Église.

Quelles que soit les circonstances, nous ne mangeons jamais seul et nous aurons toujours quelque chose à manger. Car nous sommes entrés dans l’Église par le baptême et la foi, nous y sommes maintenus par la Parole de Dieu et ses sacrements. Nous y trouverons toujours quelque chose à manger ensemble, Christ lui-même. Si vous avons besoin de quelque chose, n’hésitons pas à le demander au Christ et à son corps qu’est l’Église en prière. Par la prière et la méditation, dans nos services, nous goûtons que nous sommes intimement liés les uns aux autres. Intimement liés au Christ qui est notre nourriture et notre vie.

Quand je mangeais seul dans le bureau déserté de l’Eglise, je me suis souvenu de vous. J’ai laissé de côté mon téléphone. J’ai décidé, comme vous pouvez le faire pendant l’Eucharistie, d’accepter ce moment pour ce qu’il est, un repas dans le désert. Dans la solitude du bureau, avec pour seule compagnie les petites plantes de Fred, le Seigneur m’a donné de communier avec tous les mangeurs solitaires. Doux Seigneur, merci de nous donner toujours en partage le repas de celles et ceux qui ont faim de ta présence, et de dresser des tables pour nous dans les nombreuses maisons de notre Père !

JFAB