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Présentation de Jésus au Temple                                                            le 4 février 2024

Je ne sais pas pour vous, mais quand je commence à me demander si je respecte la volonté de Dieu dans mes actions quotidiennes, je tombe facilement dans un puits sans fond. J’aime prendre des bains par exemple. Est-ce que mes bains détruisent la planète ? Et quand j’achète un produit sur Amazon qui a évidemment été fabriqué à l’autre bout du monde, peut-être par des enfants ou des personnes exploitées, et qui a traversé les océans sur des barges où les marins ne voient pas la terre pendant des mois et tombent en dépression, est-ce que je suis coupable ? Est-ce que j’ai manqué à la volonté de Dieu personnellement ? Nous sommes tous humains et pécheurs oui, et nous allons confesser nos péchés tous ensemble dans un moment, mais cela ne veut pas dire qu’il faut accepter toutes nos actions néfastes en se disant « de toute façon je n’ai pas le choix, le monde est comme ça ». D’un autre côté, il ne faut pas chercher bien loin pour trouver aujourd’hui des gens pour nous dire que nous ne respectons pas une loi de Dieu ou une autre (bien que ce soit bien pire quand nous sommes nos propres juges). Certains choisissent parfois une loi de l’Ancien Testament ou une autre, tout en omettant celles qui ne leur conviennent pas, parce que ces lois qu’ils ont choisies s’alignent avec le message politique qu’ils veulent imposer. D’autres se plaisent à simplement dire qu’il faut « suivre les 10 commandements » ; pourtant sur les dix, il y a deux commandements qui sont presque toujours enfreints, même par les Chrétiens. Il est difficile aujourd’hui de trouver quelqu’un qui respecte le repos dans l’adoration du Sabbat quand on peut aller faire ses courses ou commander un repas livré à domicile n’importe quand. Après tout, ne pas respecter le repos des autres c’est aussi ne pas respecter le repos du Sabbat. Puis il y a bien sûr l’interdiction de désirer quelque chose qui appartient à notre prochain. Le manquement à ces deux commandements sont les rouages constamment huilés de la machine rouillée qu’est notre société de consommation. La vérité c’est que dans notre monde d’aujourd’hui, où tous nos péchés communs et individuels s’imbriquent et s’entremêlent dans un effet boule de neige magistral et inarrêtable, il est de plus en plus difficile de savoir ce que Dieu aimerait que nous fassions individuellement.

L’enfant Jésus lui, est né dans la loi. Un monde bien plus simple quand il s’agissait de savoir ce qu’il fallait et ne fallait pas faire. Qu’on soit d’accord ou non, presque tout était écrit et pensé et les dirigeants religieux pouvaient vous dire ce que vous faisiez de mal et comment vous en racheter. Marie, quarante jours après avoir donné naissance à Jésus, devait venir au Temple pour être purifiée, et la paire de tourterelles ou les deux jeunes colombes mentionnées dans notre évangile étaient le prix de cette purification. Dans la tradition catholique, on dit que Marie, sainte et mère de Dieu, était pure et qu’elle n’avait pas besoin de cette purification. La raison de ce rite dans notre évangile est qu’elle nous démontre son humilité par son obéissance à la loi. Toujours en se dévouant à la loi, elle présente en même temps l’enfant Jésus au Temple. Dans la loi juive, il était dit que tout enfant premier né âgé d’un mois appartenait à Dieu et qu’il devait être racheté par ses parents. Ce rite est d’ailleurs toujours pratiqué dans certaines sectes juives traditionalistes et il faut payer 5 sicles d’argent à un Cohen, un descendant de la famille sacerdotale d’Aaron.

Nous entendons ensuite parler du vieil homme Siméon et de la prophétesse Anne qui tout deux reconnaissent le Christ dans l’enfant Jésus. L’Esprit saint avait appris à Siméon qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ envoyé par le Seigneur. Siméon a cru, et il a attendu dans l’espérance. Quand il voit l’enfant Jésus, il le reconnaît comme « la lumière qui se révèle aux nations ». Peu après son témoignage de foi (le cantique de Siméon ou Nunc dimittis que nous utilisons souvent lors de la prière du soir), Siméon fait une révélation troublante à Marie. Il arrivera quelque chose à son fils, son premier né qu’elle tient avec amour dans ses bras, et cet évènement lui causera une peine si forte qu’elle sera semblable à la lame d’une épée lui transperçant l’âme. Je ne sais pas pour vous, mais si j’étais Marie, je dirais « non merci » et je partirai loin, très loin, avec mon fils. Pourtant, encore une fois, Marie accepte ce destin et fait montre de sa foi. On nous dit que les parents de Jésus une fois le rite terminé sont simplement rentrés chez eux avec lui en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

Jésus est né dans la loi, d’une mère sainte, humble et dévouée à Dieu et à cette loi qu’Il a donnée à Moïse pour le peuple juif. Jésus, dans sa mort et résurrection, son agapè, a accompli la loi. Nous ne sommes pas aujourd’hui tenus de suivre la loi, mais nous sommes toujours encouragés à agir d’une façon qui plaît à Dieu dans la foi. Puisque la vie a été d’abord promise aux juifs s’ils observent la loi, et puisque Dieu a envoyé son Fils pour racheter l’humanité, le salut n’est possible que par lui, ce qui veut dire que Dieu a voulu que le salut soit atteint par la foi en Christ. Aujourd’hui nous avons eu la chance d’être encouragés par trois grands témoignages de foi. Marie, la première, humble et pure. Siméon ensuite, poète et patient. Puis enfin Anne, sage et joyeuse. Alors, même s’il devient toujours de plus en plus dur de savoir si nous contribuons à l’empierrement du cœur de notre monde par nos petites vilaines actions quotidiennes, n’oubliez pas que la lumière qui se révèle aux nations réchauffe nos cœurs par son exemple car il nous a enseigné que celui qui aime son prochain a pleinement accompli la loi.

Frédéric Spitz

 

Presentation of Jesus
February 4th, 2024
Malachie 3:1-4 Hebreux 2:14-18 Luc 2:22-40

I don’t know about you, but when I start asking myself if I’m respecting God’s will in my daily actions, I easily fall into a bottomless pit. I like to take baths, for example. Are my baths destroying the planet? And when I buy a product on Amazon that has obviously been manufactured on the other side of the world, perhaps by children or exploited people, and has crossed the oceans on barges where the sailors don’t see land for months and fall into depression, am I guilty? Have I personally failed to do God’s will? We’re all human and sinful, yes, and we’ll be confessing our sins all together in a moment, but that doesn’t mean we have to accept all our nefarious actions by telling ourselves “whatever, I have no choice, that’s just how to world goes ‘round”. On the other hand, you don’t have to look very far to find people nowadays telling us that we’re not respecting one of God’s law or another (although it’s much worse when we’re our own judges). Some people sometimes choose one Old Testament law or another, while omitting those that don’t suit them, because the laws they’ve chosen align with the political message they want to impose. Others like to simply say that we must “follow the 10 commandments”; yet, out of the ten, there are two commandments that are almost always broken, even by Christians. Today, it’s hard to find anyone who respects rest in worship on the Sabbath when you can go shopping or order delivery anytime. After all, not respecting the rest of another is also not respecting the Sabbatical rest. Then, of course, there’s the commandment not to covet something that belongs to our neighbor. Breaking these two commandments are the constantly oiled cogs in the rusty machine that is our consumer society. The truth is that in today’s world, where all our common and individual sins are intertwined and interwoven in a masterful and unstoppable snowball effect, it’s increasingly difficult to know what God would have us do individually.

The infant Jesus, on the other hand, was born into the law. A much simpler world when it came to knowing what to do and what not to do. Whether you agreed with it or not, almost everything was written down and thought out, and religious leaders could tell you what you were doing wrong and how to redeem yourself. Mary, forty days after giving birth to Jesus, had to come to the Temple to be purified, and the pair of turtledoves or two young doves mentioned in our Gospel were the price for this purification. In Catholic tradition, Mary, the holy mother of God, is said to have been pure and not in need of purification. The reason for this rite in our Gospel is that she demonstrates her humility by her obedience to the law. Again, devoted to the law, she also presents the infant Jesus at the Temple. Under Jewish law, every month-old first-born child belonged to God, and had to be redeemed by his parents. This rite is still practiced in certain traditionalist Jewish sects, and it requires the payment of 5 shekels of silver to a Cohen, a descendant of the priestly family of Aaron.

We then hear about the old man Simeon and the prophetess Anna, who both recognize Christ in the infant Jesus. The Holy Spirit had taught Simeon that he would not die until he had seen the Christ sent by the Lord. Simeon believed, and he waited in hope. When he saw the infant Jesus, he recognized him as “the light that reveals itself to the nations”. Shortly after his testimony of faith (Simeon’s canticle, or Nunc dimittis, which we often use at Evening Prayer), Simeon makes a disturbing revelation to Mary. Something will happen to her son, her first-born, whom she holds lovingly in her arms, and this event will cause her such intense grief that it will be like the blade of a sword piercing her soul. I don’t know about you, but if I were Marie, I’d say, “no thanks”, and go far, far away with my son. Yet, once again, Mary accepts this fate and shows her faith. We’re told that once the rite was over, Jesus’ parents simply returned home with him to Galilee, to their town of Nazareth.

Jesus was born into the law, of a holy mother, humble and devoted to God and to the law He gave to Moses for the Jewish people. Jesus, in his death and resurrection, his agape, fulfilled the law. Today we are not required to follow the law, but we are always encouraged to act in a way that pleases God in faith. Since life was first promised to the Jews if they kept the law, and since God sent his Son to redeem mankind, salvation is only possible through him, which means that God wanted salvation to be achieved through faith in Christ. Today we have been encouraged by three great testimonies of faith. Mary, the first, pure in humility. Then Simeon, a patient poet. And finally, Anne, a joyful wisewoman. So, even if it’s getting harder and harder to know whether we’re contributing to the hardening of our world’s heart by our little, ugly daily actions, don’t forget that the light that reveals itself to the nations warms our hearts by his example, for he has taught us that he who loves his neighbor has fully fulfilled the law.

Frédéric Spitz