Sermon – Thanksgiving 2020

Thanksgiving celebration
November 22, 2020

When you read the Bible, it is very hard to avoid the fact that it was written for a society that was far closer to the earth and its seasons than we are. The Old Testament is full of references to harvests and vines, to sheep and to cattle. The Parables of Jesus draw richly on such agrarian images to make their point. God is envisioned as a farmer and a shepherd, but only very rarely as a businessman or a ruler. At one time it was very fashionable to update those stories and make Jesus into an urban Hells Angels or a Punk Rocker. I remember a version of the Parable of the Talents in which God was turned into the Chief Executive Officer of a multinational company. It must be said that those translations were never very successful, and fortunately the trend now seems to have passed.

All through the Bible, we hear references to the harvest, in which God is seen as the farmer who one day will bring in the sheaves, or separate the sheep from the goats. God’s farm is the world and its souls. All of the earth belongs to God, and we are the harvest that is being nurtured into growth. Now, if this is really the case, we have to say that God does not seem to be making a very good job of it. We’re living through a pandemic. The world is full of stories of war, of suffering and of natural disaster. The rich and the powerful all too often triumph over the poor and the vulnerable. The harvest that God is nurturing seems to be in a very sorry shape.

Traditionally, Christians have explained this state of affairs in one of three ways.

  • Firstly, that it is not God’s fault. The fault lies with the devil, who has entered the harvest field and sown chaos and confusion. In this version of the story, God is powerless to do anything about it. The devil has almost free rein, and his power on earth is similar to God’s. There is very little support for this theory in the Bible. The devil is rarely mentioned in its pages, and when he is, God must grant him permission before he sets out to destroy or harm God’s world.
  • Secondly, that the fault lies with us. God has voluntarily tied his own hands. He has given over the harvest of the world to his workers – you and me – who have the free will to act on our own desires. In this explanation of the disorder of the harvest field, God is the owner of the world, but not its farmer. We will one day be judged for the mess we have made of the trust that the true owner of the world has placed in us.
  • Thirdly, there are Christians who consider the chaos of the harvest field to be part of a bigger plan. God’s idea of a good harvest is not ours. We think that happiness lies in universal prosperity and comfort. Everyone should have a three-bedroom home, health insurance, a sports utility vehicle, a dishwasher and two holidays a year; at least those are the secular ideals that we have been trained to admire and pursue. But the world is not simply a pleasure garden to be consumed without any thought but for our own satisfaction. The world is a place where we learn to love. We suffer from the chaos of the world but we also recognize its inherent beauty. It was a beauty that flowed out from God in creation; a beauty expressed through God’s relationship with that creation, and a beauty inhabited by God in the incarnation of Jesus. In this world, our potential to see that beauty and express it through love of God, each other and the universe that God has made has as yet to be fully realized.

Which of these three explanations you prefer is up to you. I prefer the third option, which seems to me to be a more positive and loving way of coping with suffering than either of the first two. Perhaps you have your own theories of why the world is in such a mess which includes elements of all three of these positions.

I suppose that our answer to this question is going to depend on where we look for it. This year, it has been easy for us to lament our condition and mourn the people and the things that we have lost. Their names will always be in our prayers. But today, even if just for a moment, let’s fix our gaze on those things for which we’re thankful. They may be quite small and quite simple. They may be things or people that we have taken for granted. By shifting our gaze and looking around us with eyes of gratitude, we might see things in people or in situations that we’ve not seen before.

The heart of the Christian faith is its insistence that God is faithful to all created things. We believe that God has not abandoned us, but has sent a Savior to bring redemption and healing to everyone and all things – the earth included. Jesus is the fulfillment of the covenant that God made with Abraham for the salvation of all peoples, and the covenant that God made with Noah to spare all of creation. Today, we celebrate the fact that creation is orientated towards the future liberation of all of God’s children, when, in the new heaven and the new earth, pandemics, death, mourning, sadness and pain shall be no more.

NJM

 

Célébration du jour de l’Action de grâce                                                  le 22 novembre 2020

 

Quand vous lisez la bible, il est difficile de ne pas remarquer qu’elle a été écrite pour une société bien plus connectée à la terre et ses saisons que la nôtre. L’Ancien Testament est rempli de références aux moissons et à la vigne, aux moutons et au bétail. Les paraboles de Jésus tirent beaucoup de ce type de références agraires pour marquer leur point. Dieu est imaginé en fermier ou en berger, mais très rarement en homme d’affaire ou en dirigeant. À une époque il a été très à la mode de mettre à jour ces histoires et de transformer Jésus en membre des Hells Angels ou bien d’un groupe de punk rock. Je me souviens d’une version de la parabole des Talents dans laquelle Dieu était transformé en PDG d’une compagnie internationale. Il faut quand même noter que ces traductions n’ont jamais vraiment connu de succès, et cette tendance semble être heureusement maintenant passé.

À travers la Bible, nous entendons parler de la moisson durant laquelle Dieu est imaginé comme le fermier qui un jour récoltera les gerbes de blé, ou séparera les moutons des chèvres. La ferme de Dieu est le monde et ses âmes. Toute la terre appartient à Dieu, et nous sommes la moisson qui est encouragée à se développer. Alors, si tel est vraiment le cas, on devra admettre que Dieu ne semble pas faire un très bon travail. Nous sommes au beau milieu d’une pandémie. Le monde est rempli de récits de guerres, de souffrances et de désastres naturels. Les riches et les puissants bien trop souvent triomphent des pauvres et des vulnérables. La moisson que Dieu cultive semble être en piteux état.

Traditionnellement, les chrétiens ont expliqué cette situation de trois façons.

  • Premièrement, ce ne serait pas la faute de Dieu. La faute revient au diable qui est entré dans le champ et a semé le chaos et la confusion. Dans cette version de l’histoire, Dieu n’a pas le pouvoir de changer les choses. Le diable a presque libre cours, et ses pouvoirs sur terre sont similaires à ceux de Dieu. Il n’y a presque rien qui supporte cette théorie dans la Bible. Le diable n’y est que très peu mentionné dans ses pages. Et quand c’est le cas, Dieu doit lui accorder sa permission avant qu’il ne puisse se mettre à détruire ou faire du mal au monde de Dieu.
  • Deuxièmement, ce serait de notre faute. Dieu s’est lié les mains volontairement. Il a délégué la moisson à ces ouvriers – vous et moi – qui ont le libre arbitre pour agir de nos propres désirs. Dans cette explication du désordre du champ de la moisson, Dieu est le propriétaire du monde, mais Il n’en est pas son cultivateur. Nous serons jugés un jour sur le désordre que nous avons causé dans la confiance que le vrai propriétaire du monde a placé en nous.
  • Troisièmement, il y a des chrétiens qui considèrent que le chaos du champ de la moisson fait partie d’un plan plus élaboré. Ce que Dieu considère une bonne récolte est différent de notre conception. Nous pensons que le bonheur réside dans la prospérité universelle et le confort. Tout le monde devrait avoir une maison avec deux chambres, une assurance santé, un quatre-quatre, un lave-vaisselle et partir en vacances deux fois par an ; du moins ce sont les idéaux séculaires que nous avons appris à admirer et pourchasser. Mais le monde n’est pas un simple jardin des plaisirs qui existe pour être consommé sans penser et pour notre satisfaction personnelle. Le monde est un endroit où l’on apprend à aimer. Nous souffrons du chaos du monde mais nous reconnaissons aussi sa beauté intrinsèque. C’est une beauté qui a tiré sa source de Dieu dans la création ; une beauté exprimée à travers la relation de Dieu avec cette création, et une beauté habitée par Dieu dans l’incarnation de Jésus. Dans ce monde, notre potentiel à voir cette beauté et à l’exprimer à travers l’amour de Dieu, des uns les autres et de l’univers que Dieu a fait reste encore une chose qui reste à réaliser.

Laquelle de ces trois explications vous préférez dépends de vous. Je préfère la troisième, qui me semble une façon plus positive et aimante de surmonter la souffrance que la première ou la deuxième. Peut-être que vous avez vos propres théories sur la raison pour laquelle le monde est dans un état si déplorable qui incluent des éléments de ces trois explications.

Il me semble que notre réponse à cette question dépendra de l’endroit où nous la cherchons. Cette année, il a été facile pour nous de nous lamenter sur notre condition et de pleurer les personnes et les choses que nous avons perdues. Leurs noms seront toujours dans nos prières. Mais aujourd’hui, même si ce n’est que pour un moment, tournons nos regards vers ces choses pour lesquelles nous sommes reconnaissants. Elles peuvent être toutes petites et toutes simples. Il peut s’agir de choses ou de gens que nous avons considérés comme acquis. En tournant nos regards et en regardant autour de nous avec les yeux de la reconnaissance, nous pourrions voir des choses dans les gens ou les situations que nous n’avions jamais vu avant.

Le cœur de la foi chrétienne est son insistance que Dieu est fidèle à toute chose créée. Nous croyons que Dieu ne nous a pas abandonné, mais qu’Il a envoyé un Sauveur pour apporter la rédemption et la guérison à tous et toute chose – la terre inclue. Jésus est l’accomplissement de l’alliance que Dieu a fait avec Abraham pour le salut de tous les peuples, et l’alliance que Dieu a fait avec Noah pour épargner l’ensemble de la création. Aujourd’hui, nous célébrons le fait que la création est orientée vers la libération future de tous les enfants de Dieu, quand, dans le nouveau paradis et la nouvelle terre, les pandémies, la mort, les pleurs, la tristesse et la souffrance ne seront plus.

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – Pentecost XXIV

Pentecost XXIV
November 15th, 2020
Judges 4:1-7  1 Thessalonians 5:1:11 Matthew 22:14-30

In last week’s reading from Matthew’s Gospel, Jesus compared Christians to a group of teenage girls who had been asked to be bridesmaids, and then compared God to a groom who couldn’t even turn up on time to his own wedding. This week, Jesus compares God to an absentee landlord who extorts money out of his employees, and then compares Christians to the extortionist’s henchmen. It is no wonder that we find these parables difficult; and a quick look through sermons on them throughout the ages reassures us that we are not alone in our difficulties. Some preachers have claimed that Jesus is telling these parables to illustrate that the current world order is unsustainable. The people entrusted with the master’s money couldn’t win – they were either told to participate in the corrupt system of money-making at the time, or be cursed as do-nothing losers. Other preachers have claimed that this parable is a perfect illustration of the Protestant work ethic; work hard with what God has given you, or else….. Still others say that Jesus is telling us that we possess nothing good of our own – we are miserable sinners. Such riches as we have, we have received from God alone, and it is up to us to make the most of those riches in the time we have left to us. Some Christians have suggested that Jesus is condemning the religious leaders of his day, the Scribes and Pharisees who, like the third man in the story, simply hoard the Word of God for themselves instead of sharing its riches with others.

I’m not sure I find any of these interpretations very helpful. Every time I read the parable, I can’t help but compare myself to the man who buried his treasure, and I feel sorry for him. I even sense his humiliation as his little sum of money was given to the richest of the three men. If this parable is really about the rich getting richer and the poor getting poorer, I don’t need it. I only need to turn on my radio or log onto the internet to find much better examples of that phenomenon than the one we are offered in Matthew chapter 25. So how can we salvage this parable, and draw some sort of constructive lesson from it? Is it only about the last judgment and the impending apocalypse, or is there something else in it that will help me to live a better, more fulfilled and Christ-like life now?

One talent was worth about $1,200,000; an unimaginable sum to the people who were listening to this parable. Jesus is speaking in hyperbole, he is deliberately exaggerating to make a point. He is not talking about actual amounts conceivable to his hearers; nor is he telling them to imitate the most successful of the three men involved. The money is a symbol of something else. I believe that the ‘something else’ is the amount of trust that God has placed in us. God risks everything he is, and everything he has by coming to live amongst us as a human being. He doesn’t bury himself away in the courts of heaven. Because of the love he bears for us, and because of the risks which that love necessarily entails, he is born as one of us and dies an all too human death on the cross.

Jesus is urging us to risk everything on love. If we live as if our time, our kindness, our patience, our desire for relationship and friendship; even love itself are all in short supply, we will guard all those things jealously. There will be no return on what God has so generously given us. It is not difficult to find people in our world who think that it is too dangerous to be open with others. People who think that it is too dangerous to forgive. People who think that it is too dangerous to love or to be loved in return. We have an in-born tendency to fear disappointment. We are too afraid to take risks. We would rather be safe and stagnant than run the risk of exposing ourselves to failure. Perhaps this is one of the reasons I can sympathize with the third man in this parable. I think that Jesus is urging us to look at our lives and realize that they are filled with the abundance of God’s love, rather than crippled by fear of scarcity. It is often true that the people with the smallest financial resources in the world are the most keenly aware of God’s generosity, and are therefore more apt to share what little they have. Jesus draws attention to the woman who gave her one little penny to the temple, and tells his disciples that she is more generous than those who give grudgingly from their abundance.

Finally, what about St. Esprit? We have just put together a budget for next year, 2021. It is going to be financially difficult. We are very lucky because previous generations who were in charge of looking after the church used their resources wisely. Generous members gave or bequeathed their income to a mission in which they believed. Your participation and support will be central to what we are able to do in the financial year to come. But beyond our pledge campaigns, our properties and our investments, we are a community of talents. We take risks. We receive and we give freely in the name of the one who gave everything to us. St. Esprit is not a place of stagnation where our resources are buried or where we can hide away and comfort each other in our fears, even during a pandemic. We are here to remind each other that even if we have buried our talents, we are loved by someone who risked everything for us, who knew the darkness of failure and yet overcame death itself. It’s never too late to risk ourselves in return.

NJM

 

Le vingt-quatrième dimanche de la Pentecôte                                                 Le 15 novembre 2020

Dans la lecture de l’Évangile de Matthieu de la semaine dernière, Jésus comparait les Chrétiens à un groupe de jeunes filles à qui il avait été demandé d’être demoiselles d’honneur. Il comparait ensuite Dieu à un marié qui n’était même pas capable d’être à l’heure à son propre mariage. Cette semaine, Jésus compare Dieu à un propriétaire absent qui extorque de l’argent à ses employés. Il compare ensuite les Chrétiens aux hommes de main de cet extorqueur. Ce n’est pas surprenant que nous trouvions ces paraboles difficiles ; et une recherche rapide parmi les sermons sur celles-ci à travers les âges nous réconforte dans le fait que nous ne sommes pas les seuls à avoir ce problème. Certains prêcheurs ont déclaré que Jésus utilisait ces paraboles afin d’illustrer l’aspect non viable de l’ordre mondial d’aujourd’hui. Ceux à qui le maître a confié son argent ne pouvaient pas gagner – il leur avait été donné le choix entre participer au système lucratif corrompu de l’époque, ou être maudits en tant que ratés qui ne font rien. D’autres prêcheurs ont déclaré que cette parabole est une illustration parfaite du dévouement au travail des Protestants ; travaillez durement avec ce que Dieu vous a donné ou gare à vous… Pourtant, d’autres disent que Jésus nous dit que nous ne possédons rien de bon intrinsèquement – nous sommes de misérables pécheurs. Quelles que soient les richesses que nous possédons, nous les avons reçues de Dieu seulement, et c’est notre devoir de faire fructifier ces richesses autant que nous le pouvons durant le temps qu’il nous reste. Certains Chrétiens ont suggéré que Jésus condamne les dirigeants religieux de son temps, les scribes et les pharisiens qui, tout comme le troisième homme de l’histoire, amassent personnellement la Parole de Dieu au lieu d’en partager ses richesses avec les autres.

Je ne suis pas sûr que, de ces interprétations, je puisse en trouver une qui soit utile. Chaque fois que je lis cette parabole, je ne peux pas m’empêcher de me comparer à l’homme qui a enterré son trésor, et j’éprouve de la compassion pour lui. Je peux même ressentir son humiliation alors que sa petite somme d’argent est remise au plus riche des trois. Si cette parabole traite réellement des riches devenant plus riches, et des pauvres devenant plus pauvres, je n’en ai pas besoin. J’ai seulement besoin d’allumer la radio ou de me connecter à internet pour trouver de bien meilleurs exemples de ce phénomène que celui que Matthieu 25 nous offre. Alors, comment peut-on récupérer cette parabole et en tirer une sorte de leçon constructive ? Est-ce seulement à propos du jugement dernier et de l’apocalypse imminente, ou y-a-t-il quelque chose d’autre qui m’aidera à vivre une vie meilleure maintenant, plus remplie, et qui ressemble plus à celle du Christ ?

Un talent équivalait à un million deux-cent-mille dollars à peu de choses près ; une somme incommensurable pour les gens qui entendaient cette parabole. Jésus parle en hyperbole, il exagère délibérément afin de rendre sa parabole plus pertinente. Il ne parle pas de sommes réellement concevables pour ses auditeurs ; il ne leur dit pas non plus d’imiter celui qui des trois hommes en question a eu le plus de succès. L’argent symbolise quelque chose d’autre. Je pense que ce ‘quelque chose’ est la somme de la confiance que Dieu a placé en nous. Dieu risque tout ce qu’il est, et tout ce qu’il a en venant vivre parmi nous en tant qu’être humain. Il ne s’immerge pas au loin dans les parvis du paradis. À cause de l’amour qu’il nous porte, et à cause des risques que cet amour entraîne nécessairement, il est né parmi nous et meurt d’une mort que trop humaine sur la croix.

Jésus nous incite à prendre le risque de tout miser sur l’amour. Notre temps, notre compassion, notre patience, nos désirs de relations et d’amitiés ; et même l’amour en soit ; quand nous vivons comme si ces choses n’existent qu’en quantités limitées, nous protégeons ces choses avec jalousie. Il n’y aura pas de retour sur ce que Dieu a investi en nous. Ce n’est pas difficile de trouver des gens dans le monde qui pensent qu’il est trop dangereux d’être ouverts aux autres. Des gens qui pensent qu’il est trop dangereux de pardonner. Des gens qui pensent qu’il est trop dangereux d’aimer ou en échange d’être aimé. Nous avons une tendance innée à avoir peur d’être déçus. Nous avons peur de prendre des risques. Nous préférons être prudents et stagner, plutôt que de courir le risque de nous exposer à l’échec. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je peux sympathiser avec le troisième homme de cette parabole. Je pense que Jésus nous incite à contempler nos vies et à réaliser qu’elles sont remplies de l’abondance de l’amour de Dieu, plutôt qu’estropiées par la peur de la pénurie. Il est souvent vrai que les gens ayant les plus faibles ressources dans le monde sont ceux qui sont profondément les plus attentifs à la générosité de Dieu, et de ce fait sont ceux qui sont les plus enclins à partager le peu qu’ils possèdent. Jésus attire l’attention vers la femme qui lui a donné un quart de sou au temple, et dit à ses disciples qu’elle est plus généreuse que ceux qui donnent à contrecœur une partie de leur abondance.

Enfin, quel est le rapport avec Saint-Esprit ? Nous venons tout juste de préparer un budget pour l’année 2021. Cette année va être financièrement difficile. Nous avons beaucoup de chance parce que les générations qui étaient en charge de s’occuper de l’Église avant nous ont utilisé leurs ressources avec parcimonie. Des membres généreux ont donné ou légué leurs biens à une mission en laquelle ils croyaient. Votre participation et votre support sera central dans ce que nous serons capables d’accomplir dans l’année fiscale à venir. Mais au-delà des campagnes de dons, nos propriétés et nos investissements, nous sommes une communauté de talents. Nous prenons des risques. Nous recevons et nous donnons librement au nom de celui qui nous a tout donné. Saint-Esprit n’est pas un endroit stagnant où les ressources sont enterrées et où nous pouvons nous tapir et nous réconforter dans nos propres peurs, même pendant une pandémie. Nous sommes ici pour nous rappeler les uns les autres que même si nous avons enterré nos talents, nous sommes aimés par quelqu’un qui a tout risqué pour nous, celui qui connaissait l’obscurité de l’échec et pourtant a vaincu la mort. Il n’est jamais trop tard pour risquer de nous-mêmes en échange.

NJM Ver. FR : FS

Sermon – All Saints

All Saints
1 November 2020

Revelation 7: 9-17
1 John 3: 1-3
Matthew 5: 1-12

This year we are lucky in one thing at least: All Saints Day coincides with a Sunday, so we are able to celebrate it on the day assigned to it in the calendar. In the late twentieth century, something called ‘All Saints Sunday’ was introduced, acknowledging that it was such an important festival that it could be transferred to a Sunday: a day normally reserved only for Christ-centered celebrations. As the years have gone by, I have grown to like the feast of All Saints more and more. Perhaps this is because I have understood it better the longer I have been a minister; but maybe it’s just because I’m older. I have more and more people to remember with love and affection on this day. All Saints is a feast that conjures up many memories. We remember those whom we have loved and see no longer. We also commemorate the saints of the past; those who are part of the communal memory of all those who call themselves Christians.

But it is not intended to be a day when we simply launch into a roll call of past heroes. The Church has sometimes used it for that purpose, reading out lists of the Apostles, martyrs, the saints of the Middle Ages and the Reformation, the great missionaries of the nineteenth century and finishing up with the men and women of faith and conviction in the twentieth century. Today, we remember all these people as children of God; regardless of their status, their class, their nationality or their ethnicity. On All Saints Day, we see ourselves as members of a divine society that is unlimited by the constraints of time or place. Paul calls every single Christian a ‘saint’ in his letters, and so we might also remember the special people in our lives today; a friend, a teacher, a doctor, a mentor or a person who has helped us to better understand our kinship in a God of Love. I know that today some members of our beloved fellowship are very much alive in our memories: Rush, Marjorie, Herndon and Hugo among them.

Is it our service today simply an occasion to say ‘thank you’ to God for such people? I think this is a crucial part of the feast of All Saints, but it is by no means the only reason that we commemorate this day. I have already mentioned the fact that All Saints Day gives us a sense of our connection with the past and with each other. The Bible speaks of the Communion of Saints. In our communion service, we join our voices with those whom we remember who now rejoice to see God face to face. As we gather together at the altar, those things that separate us are laid aside; we are part of the eternal present from which God sees the world. We don’t yet know such closeness to God, and so we also remember the saints or the Christians of the past because they present us with a challenge. How do we bear witness in our own day to the God that they served? How do we bring the word of God to a world where greed, fear and violence seem to have the last word? Examples from the past may help us to better serve God in the present. But they also give us insights into how to draw closer to a God who can sometimes feel very distant indeed; especially in times of uncertainty or even times of outright persecution. How did the holy people of the past deal with their own dark circumstances and their own doubts and fears? How did they cope with suffering or persecution? What would they do in our current situation?

Halloween and All Saints Day are closely associated with each other. Sometimes the traditions of Halloween threaten to overshadow the beauty and the fragility of our memories of those whom we have loved and lost. But perhaps it is better to see it this way. Halloween evokes the dark side of our natures, and even saints have their dark side. Not all of them were likeable – in fact some of them were difficult, stubborn, arrogant or just plain strange. Halloween is an ambiguous celebration; just as ambiguous as some of those saints. There is a struggle between light and darkness, and sometimes that struggle takes place in deep and invisible places; in those places in ourselves that we least understand. The move from Halloween to All Saints Day reminds us that many a saint’s story has begun with darkness, despair or persecution. Those saints, just like us, have had to pass through those places in order to find God.

The Book of Common Prayer says that All Saints Day stands for “the unity of Christians of all ages, countries and races in Christ, and the perfection of that unity in heaven.” The pandemic has been an isolating experience for many of us. All Saints reminds us that we are never alone: neither in our despairs or in our joys. The saints who have gone before us are cheering us on. They can see the battle from above. Marjorie and Rush and the others we have loved and lost are telling us “Take courage! You’re not alone. Love has the final victory. Join with us in the victory song!”

Our community here at Saint Esprit is privileged to have had such people among us. We all have a story to tell, and All Saints Day reassures us that each one of those stories forms a part of the Great Story of the liberation of all humankind. One day we will come to a place where sorrow and mourning will be no more. In the meantime, we read Matthew’s Beatitudes and see in them echoes of our own frailty and uncertainty. But Jesus calls us blessed: blessed are those who mourn, for they have had something precious to lose. Blessed are those who dare to risk loss, only they can possibly know love. May your memories today bring you not only comfort, but also the strength to continue to bear witness to the triumph of our God of Love, whatever the future may bring.

NJM

La Toussaint
Dimanche 1er novembre 2020

Cette année, il y a au moins une chose pour laquelle nous pouvons nous considérer chanceux : la Toussaint tombe un dimanche ! Nous pouvons donc la célébrer le jour-même, en accord avec le calendrier. C’est à la fin du XXe siècle que le « Dimanche de la Toussaint » a été introduit, reconnaissant qu’il s’agissait d’une fête si importante qu’elle ne pouvait se dérouler qu’un dimanche : un jour normalement réservé uniquement aux célébrations qui tournent autour du Christ. Au fur et à mesure des années, j’ai appris à apprécier de plus en plus cette fête. Peut-être que c’est parce que je la comprends de mieux en mieux grâce à mes années de prêtrise ; ou peut-être que c’est juste parce que je suis plus vieux. Il y a de plus en plus de gens dont je me souviens avec amour et affection en ce jour. La Toussaint est principalement une fête qui nous rappelle énormément de souvenirs. Nous nous souvenons de ceux que nous avons aimés et ne voyons plus. Nous commémorons aussi les Saints du passé ; ceux qui font partie de la mémoire commune de tous ceux qui se considèrent Chrétiens.

Mais ce n’est pas censé être un jour où nous nous lançons simplement dans une lecture de listes des héros du passé. L’Église a parfois utilisé ce jour pour cela, pour lire la liste des Apôtres, des Martyrs, des Saints du Moyen-Âge et de la Réforme, des grands missionnaires du XIXe siècle, pour enfin finir avec les hommes et les femmes de la Foi et de la conviction du XXe siècle. Aujourd’hui, nous nous souvenons de tous ces gens comme les enfants de Dieu ; quels que soient leur statut, leur classe sociale, leur nationalité ou leur ethnicité. Le jour de la Toussaint, nous nous imaginons comme les membres d’une société divine qui ne connait aucune limite temporelle ou géographique. Paul appelle chaque Chrétien un ‘Saint’ dans ses lettres, donc nous pouvons aussi nous souvenir des gens spéciaux de notre vie ; un ami, un enseignant, un docteur, un conseiller ou une personne qui nous a aidé à mieux comprendre notre parenté avec un Dieu d’amour. Je sais qu’aujourd’hui, certains membres de notre bien-aimée fraternité sont bien vivants dans nos mémoires : Rush, Marjorie, Herndon et Hugo parmi eux.

Est-ce que notre office aujourd’hui est simplement une occasion d’adresser un ‘merci’ à Dieu pour ces gens ? Je pense que c’est une partie cruciale de la fête de la Toussaint, mais ce n’est en aucun cas la seule raison de commémorer ce jour. J’ai déjà mentionné le fait que le jour de la Toussaint nous aide à ressentir notre lien avec le passé et les autres. La Bible parle de la Communion des Saints. Dans notre office de la Sainte Communion, nous joignons nos voix à celles de ceux dont nous nous souvenons et qui maintenant se réjouissent de voir Dieu face à face. Alors que nous nous rassemblons devant l’Autel, ces choses qui nous séparent sont mises de côté ; nous faisons partie du présent éternel d’où Dieu voit le monde. Nous ne connaissons pas encore une telle proximité avec Dieu, alors nous nous souvenons aussi des Saints ou des Chrétiens du passé parce qu’ils nous offrent un défi. Comment pouvons-nous nous faire aujourd’hui les témoins du Dieu qu’ils servaient ? Comment pouvons-nous transmettre la parole de Dieu à un monde où l’avarice, la peur et la violence semblent avoir le dernier mot ? Les exemples du passé peuvent nous aider à mieux servir Dieu dans le présent. Mais ils nous offrent aussi un aperçu de la façon dont nous pouvons nous rapprocher d’un Dieu qui parfois semble en effet vraiment lointain ; surtout lors de moments d’incertitudes ou même purement et simplement de persécutions. Comment est-ce que les gens saints du passé supportaient leurs sombres circonstances et leurs doutes et leurs peurs ? Comment est-ce qu’ils surmontaient leurs souffrances ou leurs persécutions ? Que feraient-ils dans notre situation actuelle ?

Les fêtes d’Halloween et de la Toussaint sont souvent associées. Parfois, les traditions d’Halloween menacent d’éclipser la beauté et la fragilité des souvenirs de ceux que nous avons aimés et perdus. Mais peut-être qu’il vaut mieux voir les choses ainsi : Halloween est une célébration ambiguë ; toute aussi ambiguë que certains de ces Saints. Il y a une lutte entre la lumière et l’obscurité, et parfois cette lutte se déroule dans des endroits lointains et invisibles ; ces endroits en nous que nous comprenons le moins. Le passage d’Halloween à la Toussaint nous rappelle que beaucoup d’histoires de Saints ont commencé dans l’obscurité, la désespérance ou la persécution. Ces Saints, tout comme nous, ont dû traverser ces endroits afin de trouver Dieu.

Le Livre de la prière commune dit que la Toussaint représente « l’unité des chrétiens de tous âges, pays et races en Christ, et la perfection de cette unité dans le ciel ». La pandémie a été une expérience isolante pour beaucoup d’entre nous. Tous les Saints nous rappellent que nous ne sommes jamais seuls : ni dans notre désespérance, ni dans notre joie. Les Saints qui nous ont précédés nous encouragent. Ils peuvent voir le combat d’en haut. Marjorie et Rush et les autres que nous avons aimés et perdus nous disent : « Prenez courage ! Vous n’êtes pas seul. L’amour aura la victoire finale. Rejoignez avec nous le chant de la victoire ! »

Nous avons eu ici dans notre communauté à Saint-Esprit le privilège d’avoir ce type de personnes parmi nous. Nous avons tous une histoire à raconter, et le jour de la Toussaint nous rassure que chacune de ces histoires forme une partie de la grande histoire de la libération de l’humanité. Un jour nous irons dans un endroit où le chagrin et le deuil n’existeront plus. En attendant, nous lisons les béatitudes de Matthieu et nous y voyons des échos de notre propre fragilité et incertitude. Mais Jésus dit que nous sommes bénis : bénis ceux qui sont en deuil, car ils ont eu quelque chose de précieux à perdre. Bénis ceux qui osent risquer de perdre, seulement eux peuvent connaître l’amour. Que vos souvenirs aujourd’hui ne vous apportent non seulement le réconfort, mais aussi la force de continuer à témoigner du triomphe de notre Dieu d’amour, quoi que le futur apporte.

NJM V. FR. FS

Pentecost XXI – Sermon by Lynnaia Main

Pentecost XXI
A recipe for Saint Esprit’s essential workers

We have all appreciated our essential workers in this pandemic: grocery cashiers, delivery people, governors and mayors, teachers, factory workers, subway and bus conductors, health workers. Whether in charge or just doing their jobs, their sacrifice, dedication, humility and truth-telling have awed people worldwide. And they have responded – applauding, singing, bell-ringing, sign-making, donating.

Saint Esprit has its essential workers, too. Each of us has lived our own version of crazy since March. As one of your wardens, I want to give a special thank you to our team that saw us through the dark early days: Nigel+, Fred, Joris, Cynthia, Aya, Wendy and JB. We give thanks to God for their sacrifice. Some of us have been less visible on YouTube but just as visible to God and faithful to Saint Esprit: our members, students, visitors and Vestry. Some have been ill with COVID-19. Some have been liberated into the arms of Jesus. And some have been staying home, voluntarily or involuntarily. We may be at high risk for COVID, or we’ve lost our job, or our work or school has moved online. I’m in this “at home” category. My work offices are closed, I’m Zooming day and night from my living room. My work clothes languish and my leggings are getting a workout.

Whether our “essential work” has been out and about, on screen or off, we surely understand that same feeling of exile as the Israelites who Moses guided across the desert. We may find ourselves crying out in distress, like Moses in today’s Psalm: “How long, oh Lord?” What did we do wrong? Why did God let this happen to us?

Exiled we may be, but off duty we are not. Whether stuck at home or stuck at Saint Esprit, we are not, actually, stuck. We are not waiting around for God to deliver us from this thing. Even when we’re sick of wearing our pajamas all day long, have called all our friends and family, walked all over our local neighborhood, watched every single Saint Esprit Youtube video and climbed our apartment stairs a million times. No, even then, we are not stuck.

As Christians, we are called to be ever active in this world, sharing the Gospel no matter our condition, access or state of being. God gives us a recipe for doing this in today’s lessons: take the examples of three role models, stir in a Christian call to action and add a dash of encouragement.

Let’s start with the first ingredient, our three role models. In our Old Testament and Psalm, Moses is God’s chosen one, faithfully walking with God and leading the Israelites through the desert to the promised land. In our Epistle, Paul and his fellow missionaries write to their converts in Thessalonica to encourage them, long after the missionaries had left their work of listening, teaching and serving. And finally, in our Gospel, Jesus is teaching the Pharisees.

Now, let’s stir in our call to action. It is clearest in Matthew: Jesus says, “‘You shall love the Lord your God with all your heart, and with all your soul, and with all your mind.’…and….‘You shall love your neighbor as yourself’ (Matt 22: 37-40).” Note that there are no strings attached. Jesus does not say “when the authorities allow you” or “if you are feeling strong and healthy” or “since you can travel” or “while you are at church” or “if it’s a sunny day, go out and love your neighbor, but if it’s snowing, you can stay inside, turn on the television and eat some bon bons”. No, his message is more consistent than the weather. As Paul writes elsewhere, “Be prepared in season and out of season” (2 Timothy 4:2). There’s a little flavor in this call to action. Paul exhorts us to be gentle, “like a nurse tenderly caring for her own children” (1 Thess 2:7).

Finally, God’s recipe calls for a dash of encouragement. Our leaders suffer hardship and persecution, even unto death on the cross. Moses despairs over the longsuffering people. Paul recounts great opposition, deceit and trickery. Jesus will be persecuted by the Pharisees. None of them met a “good end”. But God gave them the promised land and leaves us with a glimpse. We are not called to succeed or arrive for God, we are simply called to love God and our neighbor, faithfully.

Here is an example of how this faithfulness can bear fruit. I have been learning how people of faith bear witness to God’s love and action in the public square. Some of these people were involved in dreaming of a new table around which all people could gather to discuss and resolve the most pressing issues and conflicts facing our world. They drew up plans in a Charter that birthed the United Nations, 75 years ago this weekend. Thanks to some recent archival research, we discovered that Episcopalians were not only there for the founding of the UN, but also among the dreamers who envisioned this global table. Among them was Eleanor Roosevelt – Episcopalian, First Lady of the United States and the first woman on the U.S. delegation to the UN. She chaired the drafting committee of the Universal Declaration of Human Rights of 1948, a foundational document which, along with subsequent international legal instruments, lays the groundwork for protecting the human rights of all people: men, women, children, people of color, refugees and migrants, LGBTQI people, people living under repressive regimes and more.

But we know that this early faithful action to protect human rights is not finished in our time. Racism, xenophobia, homophobia, overconsumption, corruption and many other evils threaten people in our era just as much as the enslavement that the Israelites endured and the harsh rulers that tormented Jesus, Paul and the disciples. How easily that fruit can be lost without our caring action in Christ’s name, the mysterious work of the Holy Spirit and God’s blessing.

We are all essential workers. Our call to Christian action and to share the Gospel is now. Let us work hard, and strive to be gentle. No pandemic, no upheaval, no loss of position, no change of government should stop us. God has shared the recipe and turned on the oven. The Holy Spirit is the yeast helping us to rise. We are serving up the gospel Good News from a brand new cookbook. Our table is set, the guests are here and Jesus invites us to eat. Let’s give thanks for God’s manna and share this dishy Good News. Amen.

LRM

 

Le 21ème dimanche après la Pentecôte
Le 25 octobre 2020

Une recette pour les travailleurs essentiels de Saint-Esprit

Nous sommes tous reconnaissants pour nos travailleurs essentiels pendant cette pandémie : les caissiers de supermarchés, les livreurs, les gouverneurs et les maires, les enseignants, les ouvriers d’usine, les conducteurs de métros et de bus, les membres des services de santé. Qu’ils soient en charge ou simplement en train de faire leur travail, leur sacrifice, leur dévouement, leur humilité et leur honnêteté ont impressionné les gens du monde entier. Et ils ont répondu – en applaudissant, en chantant, en faisant resonner des cloches, en faisant des affiches, des dons.

Saint-Esprit a aussi ses travailleurs essentiels. Chacun de nous a vécu sa propre version de la folie depuis mars. En tant que l’un de vos gardiens, je tiens à remercier tout particulièrement notre équipe qui nous ont guidés à travers des débuts sombres : Nigel +, Fred, Joris, Cynthia, Aya, Wendy et JB. Nous rendons grâce à Dieu pour leur sacrifice. Certains d’entre nous ont été moins visibles sur YouTube mais tout aussi visibles par Dieu et fidèles à Saint-Esprit : nos membres, nos étudiants, nos visiteurs et notre consistoire. Certains ont été malades du COVID-19. Certains ont été libérés dans les bras de Jésus. Et certains sont restés chez eux, volontairement ou involontairement. Nous pouvons être des personnes à risque élevé, ou nous avons perdu notre emploi, ou notre travail ou école se sont installés en ligne. Je suis dans cette catégorie « chez moi ». Mes bureaux sont fermés, je suis sur Zoom jour et nuit depuis mon salon. Mes vêtements de travail languissent et mes leggings font de l’exercice.

Que notre « travail essentiel » ait été en déplacement, sur un écran ou dehors, nous comprenons sûrement ce même sentiment d’exil ressenti par les Israélites que Moïse a guidés à travers le désert. Nous pouvons nous surprendre à crier de détresse, comme Moïse dans le psaume d’aujourd’hui : « Eternel ! Jusqu’à quand ? » Qu’avons-nous fait de mal ? Pourquoi Dieu a-t-il laissé cela nous arriver ?

Nous sommes peut-être exilés, mais nous ne sommes pas au repos. Que ce soit coincés à la maison ou coincés à Saint-Esprit, nous ne sommes pas, en fait, coincés. Nous n’attendons pas que Dieu nous délivre de cette chose. Même lorsque nous en avons marre de porter notre pyjama toute la journée, que nous avons appelé tous nos amis et notre famille, que nous avons parcouru notre quartier de fond en comble, que nous avons regardé chaque vidéo de Saint-Esprit sur YouTube et monté les escaliers de notre appartement un million de fois. Non, même là, nous ne sommes pas coincés.

En tant que chrétiens, nous sommes appelés à être toujours actifs dans ce monde, à partager l’Évangile peu importe notre condition, nos accès ou notre état d’être. Dieu nous donne une recette pour faire cela dans les leçons d’aujourd’hui : prenez l’exemple des trois modèles, incorporez l’appel chrétien à l’action et saupoudrez un peu d’encouragement.

Commençons par le premier ingrédient, nos trois modèles. Dans notre Ancien Testament et Psaume, Moïse est l’élu de Dieu, marchant fidèlement avec Dieu et conduisant les Israélites à travers le désert vers la terre promise. Dans notre épître, Paul et ses compagnons missionnaires écrivent à leurs convertis à Thessalonique pour les encourager, longtemps après que les missionnaires aient abandonné leur travail d’écoute, d’enseignement et de service. Et enfin, dans notre Évangile, Jésus enseigne aux pharisiens.

Maintenant, passons à notre appel à l’action. C’est plus clair dans Matthieu : Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. » … Et…. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matt 22:37-40). » Notez qu’il n’y a aucune condition attachée. Jésus ne dit pas « quand les autorités vous le permettent » ou « si vous vous sentez fort et en bonne santé » ou « puisque vous pouvez voyager » ou « pendant que vous êtes à l’église » ou « si c’est une journée ensoleillée, sortez et aimez votre prochain, mais s’il neige, vous pouvez rester à l’intérieur, allumer la télévision et manger des bonbons ». Non, son message est plus cohérent que la météo. Comme Paul l’écrit ailleurs, « insiste en toute occasion, qu’elle soit favorable ou non » (2 Timothée 4:2). Il y a un peu de saveur dans cet appel à l’action. Paul nous exhorte à être doux, « comme une mère qui prend soin des enfants qu’elle nourrit. » (1 Th 2:7).

Enfin, la recette de Dieu demande une pincée d’encouragements. Nos dirigeants souffrent de difficultés et de persécutions, même jusqu’à la mort sur la croix. Moïse se désespère des éprouvés. Paul décrit des grandes oppositions, tromperies et supercheries. Jésus sera persécuté par les pharisiens. Aucun d’entre eux n’a connu une « bonne fin ». Mais Dieu leur a donné la terre promise et nous laisse un aperçu. Nous ne sommes pas appelés à réussir ou à parvenir pour Dieu, nous sommes simplement appelés à aimer Dieu et notre prochain, fidèlement.

Voici un exemple de la manière dont cette fidélité peut porter ses fruits. Je suis en train d’apprendre comment les croyants témoignaient de l’amour et de l’action de Dieu sur la place publique. Certaines de ces avaient un rêve, celui d’une nouvelle table autour de laquelle tout le monde pourrait se réunir pour discuter et résoudre les problèmes et conflits les plus urgents auxquels notre monde est confronté. Ils ont élaboré des plans dans une charte qui a donné naissance aux Nations Unies il y a 75 ans ce week-end. Grâce à de récentes recherches dans les archives, nous avons découvert que les épiscopaliens n’étaient pas seulement là pour la fondation de l’ONU, mais faisaient aussi partie de ces rêveurs qui ont imaginé cette table mondiale. Parmi eux se trouvait Eléonore Roosevelt – épiscopalienne, première dame des États-Unis et première femme de la délégation américaine à l’ONU. Elle a présidé le comité de rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, un document fondamental qui, avec les instruments juridiques internationaux ultérieurs, pose les bases de la protection des droits humains de tous : les hommes, les femmes, les enfants, les personnes de couleur, les réfugiés et les migrants, les personnes LGBTQI, les personnes vivant sous des régimes répressifs, et plus encore.

Mais nous savons que cette première action fidèle pour protéger les droits de l’homme n’est pas terminée à notre époque. Le racisme, la xénophobie, l’homophobie, la surconsommation, la corruption et bien d’autres maux menacent les gens de notre époque tout autant que l’esclavage enduré par les Israélites, et les dirigeants durs qui ont tourmenté Jésus, Paul et les disciples. Avec quelle facilité ce fruit peut-il être perdu sans notre action bienveillante au nom du Christ, l’œuvre mystérieuse du Saint-Esprit et la bénédiction de Dieu.

Nous sommes tous des travailleurs essentiels. Notre appel à l’action chrétienne et à partager l’Évangile est maintenant. Travaillons dur et efforçons-nous d’être doux. Aucune pandémie, aucun bouleversement, aucune perte de position, aucun changement de gouvernement ne doit nous arrêter. Dieu a partagé la recette et a allumé le four. Le Saint-Esprit est la levure qui nous aide à nous lever. Nous servons la Bonne Nouvelle de l’Évangile à partir d’un tout nouveau livre de cuisine. Notre table est préparée, les invités sont là et Jésus nous invite à manger. Rendons grâce pour la manne de Dieu et partageons cette Bonne Nouvelle appétissante. Amen.

LRM Ver. Fr. FS

Sermon – Pentecost XX

20th Sunday after Pentecost
October 18, 2020
Exodus 33:12-23 I Thessalonians 1:1-10 Matthew 22:15-22

Are you the sort of person who has a good memory for names, or the sort of person who has a good memory for faces? I’m not sure why the world is divided into these two types; perhaps it’s because some people have a visual memory, and others are better with words. There are all sorts of tricks to help those who have a poor memory for names. We are told to repeat the name a few times in our first conversation with someone to whom we have been introduced. We are told to attach an object or a piece of clothing to the person in our memory in order to associate an object with their name the next time we meet them. Sometimes people resort to working methodically through all the letters of the alphabet; a tricky thing to do if you have to think of someone’s name very quickly. Sometimes these tricks work, but more often than not, they don’t.

Names and faces play a vital role in the Bible, because they are the vehicles of human or divine identity. People’s names often reveal a lot about their origins, their ministry or their personality. Peter, “The Rock”, is one such example. When Moses asks God to tell him His name, God says only “I am what I am” – “YHWH”, but the name also sounds like “The One who is or who will be with you”. Knowing someone’s name gave you great power over them. In the Apocalypse of John (the Book of Revelation), John tells us that our real names – the names that God knows us by – are written in the Book of Life, and they will only be revealed to us on the Day of Judgment.

The Bible is also full of references to faces. The Psalmist often expresses a desire to go to the temple in order to “seek God’s face”. Some Old Testament historians have taken this statement literally – that there was a statue of Yahweh in the temple in Jerusalem. Archaeological digs in Israel have revealed that the temples were full of little clay masks with holes for eyes. It appears that candles were lit behind these masks. The flickering eyes were supposed to stand for the prayerful presence of the worshipper in the temple even after he had left. The Hebrew word “panim” means face, but it can also mean ‘presence’. “My Face will be with you” means “I will be with you”. In the New Testament, the Greek word prosopon means face, but can also mean ‘identity’ or ‘personality’. In both Hebrew and Greek, the word ‘face’ can stand for many things. The most important example of the use of the concept of the ‘face’ is the declaration that the face of Christ is the face of God himself. Christ’s face reveals the God who is with us. Jesus shows the identity and a personality to the God who could not be fully seen or known.

There are several words for “face” in the French language. As well as le visage, we have la face, la figure, la tête, and even the curious word le regard. This last word is particularly difficult to translate into other languages. I suppose it means ‘the way someone looks at you’. We can say that someone has an open regard, a kind regard, a beautiful or ugly regard. It is a particularly pertinent word for us at the moment as we are wearing masks. We often have to rely on someone’s regard when all we can see is their eyes. There is something in the way we catch someone’s eye or look at someone that opens a window onto their soul. We can testify to the intimacy of this moment by the fact that as soon as we become conscious of looking someone in the eye in the course of a conversation, we become terribly self-conscious. The face of the other; their regard is a way of their being fully present with us, body, mind and soul. That is an encounter that has to take place at a far more sub-conscious level; at the place where intimacy is possible and the secret of our ‘true’ selves comes close to being revealed. It is hard when we can’t look each other in the eye. As I gaze into the camera lens, I often think of this, and try to imagine that I am looking into the eyes of one of you whom I know is listening, worshiping and praying with us.

So why was Moses not permitted to see God’s face? God’s ‘regard’ would have been so penetrating that Moses would have been entirely overwhelmed. Moses is strong enough only to look at God as He walks away. Perhaps we are experiencing something like this at the moment. We are in a difficult situation, and we are asking ourselves, “Where is God when I need Him most? Where is God’s regard?” In the midst of our troubles, in the emptiness of depression or in our moments of isolation, God can seem very far away. And yet when such moments are over, we look back and we realize that God was there all the time; we are able to see Him only when He is walking away. The disciples experienced this after the Resurrection – the women in the garden mistook Jesus for the gardener. The disciples on the road to Emmaus recognized Jesus only when he broke bread, at the very moment that Jesus disappeared from their sight. God’s regard is still upon us, wherever we may be participating in today’s liturgy. God has promised to be with us, and in Christ He has made himself known as the One who gives himself entirely to us. Let’s continue to seek His face together.

NJM

Le vingtième dimanche après la Pentecôte
le 18 octobre 2020

Êtes-vous le genre de personne qui se souvient bien des noms, ou le genre de personne qui se souvient bien des visages ? Je ne sais pas pourquoi le monde est divisé en ces deux types ; c’est peut-être parce que certaines personnes ont une mémoire visuelle, et d’autres sont plus à l’aise avec les mots. Il existe toutes sortes d’astuces pour aider ceux qui ont une mauvaise mémoire des noms. On nous dit de répéter le nom plusieurs fois lors de notre première conversation avec quelqu’un que l’on nous a présenté. On nous dit d’attacher un objet ou un vêtement à la personne dans notre mémoire afin d’associer un objet à son nom la prochaine fois que nous la rencontrons. Parfois, les gens ont recours à un travail méthodique avec toutes les lettres de l’alphabet ; une chose délicate à faire si vous devez penser au nom de quelqu’un très rapidement. Parfois, ces astuces fonctionnent, mais le plus souvent, elles ne fonctionnent pas.

Les noms et les visages jouent un rôle vital dans la Bible, car ils sont les véhicules de l’identité humaine ou divine. Les noms des gens révèlent souvent beaucoup de choses sur leurs origines, leur ministère ou leur personnalité. Pierre, « Le roc », en est un exemple. Quand Moïse demande à Dieu de lui dire son nom, Dieu dit seulement « Je suis ce que je suis » – « YHWH », mais le nom sonne aussi comme « Celui qui est ou qui sera avec toi ». Connaître le nom de quelqu’un vous a donné un grand pouvoir sur eux. Dans l’Apocalypse de Jean (le Livre de la Révelation), Jean nous dit que nos vrais noms – les noms par lesquels Dieu nous connaît – sont écrits dans le Livre de la Vie, et ils ne nous seront révélés que le Jour du Jugement.

La Bible regorge également de références aux visages. Le psalmiste exprime souvent le désir d’aller au temple pour « chercher le visage de Dieu ». Certains historiens de l’Ancien Testament ont pris cette déclaration à la lettre – il y aurait eu une statue de Yahweh dans le temple de Jérusalem. Des fouilles archéologiques en Israël ont révélé que les temples étaient remplis de petits masques d’argile avec des trous pour les yeux. Il semble que des bougies aient été allumées derrière ces masques. Les yeux vacillants étaient censés représenter la présence priante de l’adorateur dans le temple même après son départ. Le mot hébreu « panim » signifie visage, mais il peut aussi signifier « présence ». « Mon visage sera avec vous » signifie « Je serai avec vous ». Dans le Nouveau Testament, le mot grec prosopon signifie visage, mais peut aussi signifier « identité » ou « personnalité ». En hébreu et en grec, le mot « visage » peut signifier beaucoup de choses. L’exemple le plus important de l’utilisation du concept de « visage » est la déclaration que le visage du Christ est le visage de Dieu lui-même. Le visage du Christ révèle le Dieu qui est avec nous. Jésus montre une identité et une personnalité d’un Dieu qui ne peut être pleinement vu ou connu.

Il existe plusieurs mots pour « visage » en français. En plus du visage, nous avons la face, la figure, la tête et même le curieux mot, le regard. Ce dernier mot est particulièrement difficile à traduire dans d’autres langues. Je suppose que cela signifie « la façon dont quelqu’un vous regarde ». Nous pouvons dire que quelqu’un a un regard ouvert, un regard gentil, un regard beau ou laid. C’est un mot particulièrement pertinent pour nous en ce moment car nous portons des masques. Nous devons souvent nous fier au regard de quelqu’un car tout ce que nous pouvons voir, ce sont ses yeux. Il y a quelque chose dans la façon dont nous attirons l’œil ou le regard de quelqu’un qui ouvre une fenêtre sur son âme. On peut témoigner de l’intimité de ce moment par le fait que dès que l’on prend conscience du fait que nous regardons quelqu’un dans les yeux au cours d’une conversation, on devient terriblement gêné. Le visage de l’autre ; son regard est une manière d’être pleinement présent avec nous, corps, esprit et âme. C’est une rencontre qui doit avoir lieu à un niveau beaucoup plus subconscient ; à l’endroit où l’intimité est possible et où le secret de notre « vrai » moi est proche d’être révélé. C’est difficile quand on ne peut pas se regarder dans les yeux. En regardant dans l’objectif de la caméra, j’y pense souvent et j’essaie d’imaginer que je regarde dans les yeux de l’un d’entre vous dont je sais qu’il écoute, adore et prie avec nous.

Alors pourquoi Moïse n’a-t-il pas été autorisé à voir le visage de Dieu ? La « considération » de Dieu aurait été si pénétrante que Moïse aurait été entièrement submergé. Moïse est assez fort seulement pour regarder Dieu alors qu’il s’éloigne. Peut-être vivons-nous quelque chose comme ça en ce moment. Nous sommes dans une situation difficile et nous nous demandons : « Où est Dieu lorsque j’ai le plus besoin de lui ? Où est la considération de Dieu ? » Au milieu de nos troubles, dans le vide de la dépression ou dans nos moments d’isolement, Dieu peut sembler très loin. Et pourtant, lorsque ces moments sont passés, nous regardons en arrière et nous nous rendons compte que Dieu était là tout le temps ; nous ne pouvons le voir que lorsqu’il s’éloigne. Les disciples en ont fait l’expérience après la résurrection – les femmes du jardin ont pris Jésus pour le jardinier. Les disciples sur le chemin d’Emmaüs n’ont reconnu Jésus que lorsqu’il a rompu le pain, au moment même où Jésus a disparu de leur vue. L’attention de Dieu est toujours sur nous, où que nous puissions participer à la liturgie d’aujourd’hui. Dieu a promis d’être avec nous, et en Christ il s’est fait connaître comme celui qui se donne entièrement à nous. Continuons à chercher ensemble son visage.

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – Pentecost XIX

Pentecost XIX
October 11th, 2020
Exodus 32:1-14 Philippians 4:1-9 Matthew 22:1-14

What a confusing parable we heard from Matthew’s Gospel! Here are the two things that bother me the most. Firstly, the king sends his slaves to issue the invitation to the high-born citizens of the realm. When they turn him down – sometimes violently – the king sends soldiers to kill them. I’m glad that my RSVP regrets haven’t been treated with the same severity in the past. Secondly, at first sight, the conclusion of the story doesn’t fit well with the rest of it. The parable claims that many people were invited, and in fact, many people came – the marriage hall was full. Only one person was turned away, because he wasn’t wearing the right clothes. We are expecting Jesus to finish with the statement, “Many are called, and only one is turned away; most will have the pleasure of enjoying the wedding feast.” But instead, Jesus says “Many are called, but few are chosen.”

How can we make sense of these two curious and troubling elements in the parable? The context of the parable in Matthew’s Gospel gives us a clue. The closer Jesus gets to Jerusalem, his comments about the Jewish religious authorities of his day become more and more harsh. Here is an example: “Woe to you scribes and Pharisees, hypocrites! You traverse sea and land to make a single convert, and when he becomes a convert, you make him twice as much of a child of hell as yourselves! (Mat. 23) When we read the parable in this context, Jesus seems to be saying that the initial invitees to God’s banquet (the chosen people of God) have been passed over because of their stubbornness and their mistreatment of His messengers. Their rejected invitations have been passed on to the riff-raff, who are invited when the chosen people fail to show up. While this explanation gives us some historical context, it doesn’t lessen the harshness of judgment that we find in the parable. We are the riff-raff. We are the ones who have been invited to the wedding feast when all the other invitees have told the host that they have better plans on that day. Jesus has invited us to be his guests. The invitation is not based on any inherent merit that we have. We’ve not been invited because we are respectable, because we are a good ethnic mix, because we have good qualifications, a noble ancestry, or even because we have suffered more than other people. We are invited because God has chosen to invite us – that is all we know.

But we are still left with the strange case of the inappropriately dressed invitee who is thrown out of the banqueting hall. How many of us watching on Youtube are still in pajamas? Would we all dress differently if we were on Zoom? Many people who preach on the themes of inclusivity in the church will tell you that when you’ve been invited to God’s feast, it really doesn’t matter what you think or how you behave. Your unworthiness is irrelevant: the invitation is enough. That is only partly true. Once we receive our invitation, Jesus tells us that we are to clean up and make ourselves ready for a wonderful party. He does not want us to stay as we were when he found us on the highways and byways. When he found us, we were troubled, confused, sinful, sick or in deep distress. Perhaps we still are. But God loves us so much that he will not leave us unchanged. He wants none of us to remain in the gutter: just as the host of the party wanted his invitees to put off their old clothes and put on their wedding robes. Unless we are willing to take off the ragged clothes of despair, anger, arrogance, resentment, self-righteous pride or false modesty and to replace them with the wedding garments of faith, hope and love, we are not treating God’s invitation with the honor or respect that it deserves.

Two other brief points. From The Urban Dictionary:

“Rando def. a random person or thing. ex. Jane: How was the party last night? John: Ah, pretty good, but there were a bunch of randos there.”

Sometimes I find it helpful to remember that I am one of the rando riff-raff who is on the second tier of the invite list. I’m not here for my skill, my intelligence, my connections or my good looks. I’m a guest of a generous host – just as we all are. The ‘B’ list has become the ‘A’ list only because we have chosen to show up. And I’m comforted knowing that I should expect to hang out with all sorts of riff-raff at this same party, since I myself am one of the riff-raff invited at the last minute. I don’t expect my fellow invitees to behave impeccably. The Church is a profound disappointment to people who are expecting to find a group of perfect people gathered in it. We are all a bunch of randos – but a bunch of randos that God loves.

From an Internet etiquette site:

  1. Dear Maralee, People not responding to my invitations frustrate me. What is the etiquette of RSVP? Should I write on the invitation “Regrets only,” or should people call to let me know either way?
  2. I’m with you! People’s insensitivity and rudeness to the efforts of someone extending hospitality to them is a top etiquette irk of mine.
  3. How quickly should we respond?
  4. Within 24 hours.
  5. Wow that’s fast, Maralee! What’s the hurry?
  6. Well, a prompt response signals that you’re excited to be included in the event. Think of it this way. If I held up a $100 bill and asked if you wanted it or not, I doubt if you would wait two weeks (or forget completely!) to let me know if you would like to accept. Instead, you would very quickly probably say, “Thank you, Maralee! I’d love to accept!” That’s the same enthusiasm and quickness that is nice of us to show when responding to invitations. Our timely response is our outward expression of our inward consideration! Let’s just keep repeating, “Within 24 hours! Within 24 hours!”

The invitation to the party went out to everyone. God would love for you to be there. Get back to him as soon as you can. And don’t worry about the new clothes. The very fact that you are worried about what you might wear is a sign that you are already properly dressed. Welcome to the party, and when we’re back together again in person, remember to leave the pajamas at home!

NJM



Le dix-neuvième dimanche de la Pentecôte                                                                     Le 11 octobre 2020

Quelle parabole déroutante nous venons d’entendre dans l’Évangile de Matthieu ! Il y a deux choses qui m’y importunent en particulier. Premièrement, le roi charge ses esclaves d’inviter les gens de haute-naissance du royaume. Lorsque ceux-ci refusent l’invitation – parfois violemment – le roi envoie ses soldats afin de les tuer. Je suis heureux que les invitations que j’ai dû refuser dans le passé n’aient pas engendré ce genre de réactions sévères ! Deuxièmement, à première vue, la conclusion de l’histoire ne semble pas bien aller avec le reste. La parabole nous dit que beaucoup de gens ont été invités, et de ce fait, beaucoup de gens sont venus – la grande salle de mariage était pleine. Seulement une personne a été renvoyée parce qu’elle ne portait pas les bons vêtements. Nous attendons que Jésus finisse cette déclaration, “beaucoup sont invités, et seulement un est renvoyé ; la plupart profitera du festin de mariage.” Mais au lieu de ça, Jésus dit “beaucoup sont invités, mais peu sont choisis.”

Comment donner un sens à ces deux éléments curieux et troublants dans la parabole ? Le contexte de la parabole dans l’Évangile de Matthieu nous donne un indice. Plus Jésus se rapproche de Jérusalem, plus ses commentaires sur les autorités religieuses juives sont durs. En voici un exemple: “Malheur à vous, spécialistes de la loi et pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un converti et, quand il l’est devenu, vous en faites un fils de l’enfer deux fois pire que vous.” (Matthieu 23:15) Lorsque nous lisons la parabole dans ce contexte, Jésus semble dire que les gens initialement invités au banquet de Dieu (le peuple choisi) ont été ignorés à cause de leur obstination et de leur maltraitance de Ses messagers. Les invitations qu’ils ont rejetées ont été transférées aux canailles, qui ont été invitées lorsque le peuple choisi ne s’est pas présenté. Alors que cette explication nous donne un contexte historique, elle ne réduit pas la dureté du jugement que nous trouvons dans la parabole. Nous sommes les canailles. Nous sommes ceux qui ont été invités au festin de mariage lorsque tous les autres invités ont dit à l’hôte qu’ils avaient mieux à faire ce jour-là. Jésus nous a invités à être ses convives. L’invitation n’est pas basée sur notre mérite intrinsèque. Nous n’avons pas été invités parce que nous sommes respectables, parce que nous possédons le bon mélange ethnique, parce que nous avons de bonnes qualifications, de nobles ancêtres, ou même parce que nous avons souffert plus que d’autres. Nous sommes invités parce que Dieu a choisi de nous inviter – c’est tout ce que nous savons.

Mais il nous reste toujours à expliquer cet étrange cas de l’invité qui ne portait pas les bons vêtements et s’est retrouvé jeté hors de la grande salle du banquet. Combien d’entre nous sont en train de regarder l’office sur YouTube en pyjama ? Est-ce qu’on s’habillerait différemment si nous étions sur Zoom ? Beaucoup de gens qui prêchent sur le thème de l’inclusion dans l’église vous diront que lorsque vous avez été invité au festin de Dieu, ce que vous pensez ou la façon dont vous vous comportez n’a pas d’importance. Votre indignité est hors de propos : l’invitation suffit. Ce n’est vrai qu’en partie. Une fois que nous avons reçu l’invitation, Jésus nous dit qu’il faut que nous nous nettoyions et que nous nous préparions pour une fête fabuleuse. Il ne veut pas que nous restions comme nous étions lorsqu’il nous a trouvé ici ou là-bas. Quand il nous a trouvé, nous étions troublés, perdus, pécheurs, malades ou en grande détresse. Peut-être le sommes-nous encore. Mais Dieu nous aime tellement qu’il ne nous laissera pas inchangés. Il ne veut qu’aucun de nous ne reste dans le caniveau : de la même façon que l’hôte de la fête voulait que ses convives enlèvent leurs anciens vêtements et portent leurs habits de mariage. Si nous ne sommes pas prêts à retirer les guenilles du désespoir, de la colère, de l’arrogance, du ressentiment, de l’hypocrisie moralisatrice ou de la fausse modestie, pour les remplacer avec les habits de mariage de la Foi, de l’espérance et de l’amour, nous ne traitons pas l’invitation de Dieu avec l’honneur ou le respect qui lui est dû.

Deux autres points, brièvement. On peut trouver dans un dictionnaire urbain l’utilisation du terme marseillais “payot”, défini comme quelqu’un qui n’a pas une personnalité très marquée, qui n’a pas un look particulier et se contente de s’habiller avec ce qu’il trouve dans sa penderie. En contexte : Jean – “Comment était la soirée hier ?” Jeanne – “Plutôt pas mal, mais il y avait un tas de payots là-bas” Parfois, je trouve qu’il est utile de me souvenir que je suis l’un de ces payots, l’une de ces canailles sur la deuxième partie de la liste des invités. Je ne suis pas ici grâce à mes compétences, mon intelligence, mes connections ou mon apparence. Je suis l’invité d’un hôte généreux – comme nous le sommes tous. La liste secondaire est devenue la liste principale seulement parce que nous avons décidé de venir. Et je suis réconforté de savoir que je peux espérer passer cette fête avec toutes sortes de canailles, puisque je suis moi-même une canaille invitée à la dernière minute. Je n’attends pas des autres invités qu’ils se comportent impeccablement. L’Église est une profonde déconvenue pour ceux qui s’attendent à y trouver rassemblé un groupe de gens parfaits. Tous, nous sommes un tas de payots – mais un tas de payots que Dieu aime.

Tiré d’un site sur la bienséance:

Q – Chère Maralee, les gens qui ne répondent pas aux invitations me frustrent. Quelle est la bienséance pour répondre à celles-ci ? Devrais-je écrire sur les invitations “merci de ne répondre que si vous voulez envoyer vos regrets”, ou les gens devraient-ils m’appeler quelle que soit leur réponse ?

R – Je vous comprends ! L’insensibilité et l’impolitesse des gens envers les efforts que quelqu’un met en oeuvre quand il offre son hospitalité est l’une des fautes de savoir-vivre qui m’agacent le plus.

Q – Quel est le délai de réponse approprié ?

R – Sous vingt-quatre heures.

Q – Cela semble très rapide Maralee ! Quelle est l’urgence ?

R – Et bien, une réponse rapide montre que vous êtes impatient de participer à l’évènement. Voyez la chose de cette façon. Si je mettais un billet de cent dollars sous votre nez et que je vous demandais si vous le vouliez, je doute que vous attendiez deux semaines (ou bien même que vous oubliiez) avant de me faire savoir si vous désirez l’accepter. Au lieu de ça, vous diriez, probablement très rapidement, “merci Maralee ! Je l’accepte avec joie !” C’est le même enthousiasme et la même rapidité qu’il est bienveillant de montrer lorsque nous répondons à des invitations. Notre réponse opportune est l’expression externe de notre estime interne ! Répétons ensemble, “Sous vingt-quatre heures ! Sous vingt-quatre heures !”

Les invitations à la fête ont été envoyées à tout le monde. Dieu serait ravi de votre présence. Répondez-lui aussi vite que vous le pouvez. Et ne vous inquiétez pas pour les nouveaux vêtements. Le simple fait que vous vous souciez de ce que vous allez porter est un signe que vous êtes déjà habillés correctement. Bienvenus à la fête, et lorsque nous nous retrouverons en personne, souvenez-vous de laisser les pyjamas à la maison !

NJM Ver. Fr. FS

Pentecost XVIII

OKTOBERFEST

October 4th, 2020

Exodus 20:1-20 Philippians 3:4-14 Matthew 21:33-46

When I celebrated communion for the first time in St. Esprit on this Sunday in 1994, little did I know that all these years later I would still be here at the same altar celebrating an Oktoberfest! During the course of those years, the world, New York City and our own little parish have lived through some dramatic events and undergone some profound transformations. We are currently living through one of those moments right now. I am glad I am able to be with you on this journey, and I hope to be with you for a long while to come. There was a generation of people in Alsace Lorraine, born in the 1860s and living through the Second World War who changed nationality from French to German and vice-versa five times without ever moving house. They must have had to adapt themselves to those new conditions while remaining true to themselves. As St. Esprit has changed in the last two decades, we have been obliged to re-examine ourselves and find new ways to serve God in our community while remaining true to the Gospel. We might well have changed as we have grown, but our central message stays the same: to welcome the exile and stranger, to find Christ in each person, and to worship God together. Our current challenges don’t make these things any easier, but they bring with them new possibilities that we are only just starting to explore.

When we celebrated an Oktoberfest for the first time nineteen years ago, I knew next to nothing about what the Oktoberfest was about. I had a general impression of foaming beer steins and mountains of sausages, all consumed to the sound of an oompah band playing polka music. After doing a little reading about the festival, I was delighted to discover that it all started with the marriage of Prince Louis of Bavaria and the Princess Theresa Saxe-Hildburghausen. Their nuptials in October 1810 were so successful that they became a yearly event on the Theresienwiese – a place of open fields just outside the city of Munich. It is also the time of year when the great grape harvest festivals are held in Alsace Lorraine.

Because the Oktoberfest coincides with the annual harvest, the celebrations are joined to acts of thanksgiving for the bounty of nature. The marriage theme is particularly appropriate in that context. The Bible tells us that we are to live in a symbiotic relationship with nature – a relationship that is akin to a marriage. God is like the person who gives the bride away at a wedding ceremony. He confides nature to human beings as a sacred trust: not as an article to be exploited or sold. We make promises to be faithful and supportive in that relationship. We are beginning to realize that if the marriage of humanity to nature breaks down, we should expect terrible things to happen in its wake.

One of the reasons why we celebrate an Oktoberfest in a French-speaking church is to remind ourselves of the tolerant spirit of the German nations five hundred years ago. Had it not been for the independent German states of the Rhineland, it is unlikely that many people who founded this little church would have lived to see America. The tragic events of the twentieth century have obscured the fact that for most of the history of Europe, Germany enjoyed the reputation of being among its most tolerant nations. In our election year in the United States, the lessons of European history couldn’t be more relevant. The First World War teaches us that the desire for empire and world supremacy is incompatible with a tolerant spirit. The exercise of our democracy today has seldom been more important. What we often take for granted can so easily be taken away. Those who know nothing of the history of the middle years of the last century are often surprised to learn that France, Germany and England were – in living memory – engaged in a bitterly destructive war, which left the cities of Coventry and Dresden in ruins. An occasion such as this gives us a good opportunity to examine our complacency; not just in our political engagement, but also in our spiritual lives.

If our planet is once again going to resemble God’s vineyard, it is time for us to cease exploiting nature, and to learn to live in peace with those with whom we share our world. This little church is one part of God’s vineyard. As we labor in it together in such a difficult season, let us remember to whom it belongs. Let us also remember at what price it was bought; we are gathered to bring to mind Christ’s love for us on the cross. Finally, let us also pray that the peace we find with each other – diverse as we are – will be an example of what that peace could look like in our world.

NJM

 

Le dix-huitième dimanche de la Pentecôte – Oktoberfest

La première fois que j’ai célébré la communion ce même dimanche en mille-neuf-cent-quatre-vingt-quatorze, j’étais loin de savoir que tant d’années plus tard je me tiendrais ici, à ce même autel : et encore moins en train de célébrer Oktoberfest ! Au cours de ces années, le monde, la ville de New-York, et notre petite paroisse ont connu des événements dramatiques, ainsi que des transformations profondes. Nous vivons en ce moment dans l’une de ces périodes de transformation. Je suis heureux de pouvoir vous accompagner pendant cette période, et j’espère passer de nombreuses années encore avec vous. Certains Alsaciens et Lorrains, nés dans les années mille-huit-cent-soixante et ayant vécu la Seconde Guerre Mondiale, ont changé de nationalité cinq fois, français puis allemands et vice-versa, sans jamais ne déménager. Ils ont dû s’adapter à ces nouvelles conditions tout en conservant leur intégrité. Tout comme Saint-Esprit a changé dans les deux dernières décennies, et nous avons toujours été obligés de nous réexaminer et de trouver de nouvelles façons de servir Dieu dans notre communauté tout en restant fidèles aux Évangiles. Nous avons surement changé tout autant que nous avons grandi, mais notre message général reste le même : accueillir l’exilé et l’étranger, trouver le Christ en chacun, et prier Dieu ensemble. Nos défis actuels ne rendent pas les choses plus faciles, mais ils apportent avec eux de nouvelles possibilités que nous ne venons à peine de commencer à explorer.

Lorsque nous avons célébré Oktoberfest pour la première fois il y a dix-neuf ans, je ne connaissais presque rien de cette fête. J’avais une idée générale, une image qui consistait en choppes de bière mousseuse avec des montagnes de saucisses ingurgitées au rythme de la polka des groupes à flonflon. Mais après quelques recherches sur le festival, j’ai découvert qu’il prenait sa source dans le mariage du Prince Louis De Bavière et de la Princesse Thérèse De Saxe-Hildburghausen. Leurs noces en Octobre mille-huit-cent-dix ont connu un tel succès qu’elles sont devenues un évènement annuel sur la Theresienwiese – une vaste place juste en dehors de Munich. C’est aussi le moment de l’année où la grande fête des vendanges se tient en Alsace-Lorraine.

Parce qu’Oktoberfest coïncide avec la fête de la vendange, ces célébrations sont liées et nous permettent de nous rassembler afin d’exprimer notre gratitude envers les grâces de la nature. Le thème du mariage est particulièrement approprié dans ce contexte. La Bible nous dit que nous devons vivre en symbiose avec la nature – une relation apparentée au mariage. Dieu serait la personne qui accompagne la mariée jusqu’à l’autel le jour de son mariage. Il confit la nature aux êtres humains dans une confiance sacrée : et non comme un article qui peut être exploité ou vendu. Nous faisons des promesses de fidélité et de soutient dans cette relation. Nous commençons à réaliser que si le mariage entre l’homme et la nature se brisait, lors de sa veillé, nous nous attendrions à ce que des choses terribles arrivent.

L’une des raisons pour lesquelles nous célébrons Oktoberfest dans une église francophone est de nous rappeler de l’esprit de tolérance de l’Allemagne d’il y a cinq-cents ans. Si l’état indépendant de la Rhénanie n’avait pas existé, il serait peu probable que la plupart des gens qui ont fondé cette petite église aient vécu et vu les États-Unis. Les évènements tragiques du vingtième siècle ont obscurci le fait que pour la plus grande partie de l’histoire d’Europe, l’Allemagne était réputée comme l’une de ses plus tolérantes nations. Lors de cette année d’élections aux États-Unis, les leçons de l’histoire européenne ne pourrait pas être plus à propos. La Première Guerre mondiale nous apprend que les désirs empiristes et d’être une suprématie mondiale sont incompatibles avec un esprit de tolérance. L’exercice de notre démocratie aujourd’hui n’a jamais été aussi important. Ce que nous considérons souvent comme acquis peut si facilement nous être retiré. Ceux qui ne connaissent rien de l’histoire du milieu du vingtième siècle sont surpris d’apprendre que la France, l’Allemagne, et l’Angleterre étaient – de mémoire d’homme – engagées dans une guerre amèrement destructive, qui a laissé les villes de Coventry et de Dresde en ruines. Une occasion comme celle-ci nous donne une bonne opportunité d’examiner notre complaisance ; non seulement dans notre engagement politique, mais aussi dans nos vies spirituelles.

Si notre planète devait ressembler encore un jour au vignoble de Dieu, il est temps pour nous de cesser d’exploiter la nature, et d’apprendre à vivre en paix avec ceux avec qui nous partageons le monde. Cette petite église est une partie du vignoble de Dieu. Alors que nous la labourons ensemble lors d’une saison si difficile, souvenons-nous à qui elle appartient. Souvenons-nous aussi de son prix ; nous sommes rassemblés pour rappeler l’amour du Christ pour nous sur la croix. Enfin, prions pour que la paix que nous trouvons en chacun de nous – différente comme nous sommes – soit un exemple de l’aspect que la paix pourrait avoir dans le monde.

NJM Ver. FR : FS

Sermon Pentecost XVII

Pentecost XVII / AGM

September 27, 2020

Exodus 17:1-7 Philippians 2:1-13 Matthew 21:23-32

 

Today, we are marking an extraordinary time with an extraordinary General Meeting of the church, postponed from our normal date on the first Sunday in May. Extraordinary times call for extraordinary leadership, and it’s with sorrow that one of the reasons we’re holding this annual general meeting now is to elect a warden to fill the vacancy left by the death of our beloved Marjorie in June. One of the things that has been a source of comfort to us during this pandemic is the fact that the Bible is no stranger to extraordinary times. It owes its very existence to seeming tragedy and defeat – from the Babylonian invasion of Judah to Jesus’ death on the cross. In our morning and evening prayers, in our Sunday services, Taizé services and mid-day services we have recited psalms that were written and sung in situations very like our own.

 

In our reading from the Book of Exodus we hear about an extraordinary leader for an extraordinary time. When we think of the book of Exodus, we probably call to mind the extraordinary scenes of the burning bush, the ten plagues, the dramatic crossing of the Red Sea and the giving of the ten commandments on Mount Sinai. The number ten appears yet again in the book: the Ten Trials (or temptations) that the Hebrew people went through in the wilderness. These stories are not half so vivid as the plagues or the flashing fires of Mount Sinai. They involve a lot of moaning and complaining. There is no food to eat. There is no water to drink. The land is dangerous. The Promised Land is nothing like we imagined it. Moses’ wife is a black woman and not a proper Hebrew.

 

Perhaps people are not so interested in these stories because nobody likes to hear people complain: even if their complaints are justified. The Hebrews seem to be ungrateful and whiny; incapable of trusting God, even though God has miraculously delivered them from slavery. Surely it should be obvious that he won’t let them perish in the wilderness after going to so much trouble with the plagues and the parting of the Red Sea? But perhaps we shouldn’t judge them too harshly. After all, there was no food to eat or water to drink. You can understand why they would bring these facts to the attention of their leader. Throughout most of history, commentators on these passages have criticized the Hebrews for their disrespect. It was simply not done to undermine your elders and betters. Those in authority knew best. They were placed there by God; and if you criticized them, you were criticizing God himself. The same dynamic prevailed in churches. The Pope, the Priest or the Minister was placed on a pedestal. His voice (and it was always a he) was the voice of authority, and woe betide anyone who questioned it. Fortunately, times have changed. Our leaders are frequently criticized; whether they like it or not!

 

St. Esprit used to be like every other church in the past. The Rector was accountable to the Bishop, and the Vestry was accountable to the Rector. People might complain, but power was not theirs to share. Transition to a new way of doing things is never easy. The story of the Hebrew’s wilderness wanderings shows us how difficult it can be. The passage of a people from oppressive and degrading slavery to full dignity as autonomous and empowered children of God will take far more than forty years in the wilderness. Freedom comes at a price. The problem with the Hebrew’s complaints was not the fact that they stated they were hungry and thirsty. It was the fact that they told God and Moses that they would rather be fat slaves than thin and thirsty free people. They want to go back to Egypt. Their moaning is childish. They prefer to give responsibility to someone else so that they can moan if things go wrong.

 

Today is our Annual General Meeting, one of the Sundays in the church’s year when we review our work together and recommit ourselves to participate in the church’s activities in the year ahead; whatever that year may bring. Over the past few years, St. Esprit has grown enormously. At a time when we can’t meet together physically in person, that might not be so obvious. But God has not been idle in this trying time. We might be in a sort of wilderness, but this wilderness is precisely the place where the Hebrews learned about belonging and dignity. The same can be true for us. Our Annual General Meeting is about belonging and dignity. Our church is full of talented and enthusiastic people who are ready to assume responsibility and by so doing help both the church and themselves to grow.

 

The growth might occasionally be painful. It will involve letting go of our selfish dependence. It will involve forgiveness. It will involve transparency and accountability. It will involve the kindness and mutual love of which Paul speaks when he tells the Philippians to behave like Christ, who emptied himself of his divine glory and took the form of a servant. Most of all, let’s not forget where we came from. We were all purchased at a price: freedom does not come cheaply. In an abbey near Charlotte NC, a large piece of granite has been converted into a baptismal font. In the past, it served as an auction block for slaves. The inscription at its base reads: “Upon this rock, men once were sold into slavery. Now upon this rock, through the waters of Baptism, men become free children of God.” We are all slowly learning how to be free. In the midst of the challenges we face, let us not lose sight of what this freedom is for: God calls us to share his joy, and participate in the extraordinary transformation of this world through his sacrificial love.

NJM

 

Le dix-septième dimanche après la Pentecôte – Réunion annuelle            le 27 septembre 2020

 

Aujourd’hui, nous marquons un moment extraordinaire ; cette Assemblée générale extraordinaire de l’église reportée de notre date normale qui est le premier dimanche de mai. Les périodes extraordinaires exigent des dirigeants extraordinaires, et c’est avec tristesse que l’une des raisons pour lesquelles nous tenons cette assemblée générale annuelle est afin d’élire un gardien pour occuper le poste resté vacant depuis le décès de notre bien-aimée Marjorie en juin. L’une des choses qui nous ont réconfortés pendant cette pandémie est le fait que la Bible n’est pas étrangère aux périodes extraordinaires. Elle doit son existence même à une série d’apparentes tragédies et défaites – de l’invasion babylonienne de la Judée à la mort de Jésus sur la croix. Dans nos prières du matin et du soir, dans nos offices du dimanche, prières de Taizé et office du milieu du jour midi, nous avons récité des psaumes qui ont été écrits et chantés dans des situations très semblables à la nôtre.

 

Dans notre lecture du livre de l’Exode nous entendons parler d’un dirigeant extraordinaire dans une période extraordinaire. Lorsque l’on pense au livre de l’Exode, on se souvient probablement des scènes extraordinaires du buisson ardent, des dix plaies, la traversée dramatique de la mer Rouge et le don des dix commandements sur le mont Sinaï. Le nombre dix apparaît encore dans le livre : les dix épreuves (ou tentations) que le peuple hébreu a dû surmonter dans le désert. Ces histoires ne sont pas aussi frappantes que les plaies ou les feux vifs du mont Sinaï. Il s’agit surtout de plaintes et de pleurnicheries. Il n’y a pas à manger. Il n’y a pas à boire. La terre est dangereuse. La Terre Promise n’est pas du coup comme on l’imaginait. La femme de Moise est noire et elle n’est pas de la bonne tribu.

 

Peut-être que le gens ne sont pas tellement intéressés par ces histoires parce que personne n’aime entendre les gens se plaindre : et ce même si leurs plaintes sont justifiées. Les hébreux semblent ingrats et pleurnichards ; incapables de faire confiance à Dieu, bien que Dieu les ait miraculeusement délivrés de l’esclavage. Surement, cela devait être évident qu’Il ne les laisserait pas périr dans le désert après avoir pris la peine de jeter les plaies et séparer la mer Rouge ? Mais peut-être que nous ne devrions pas les juger si hâtivement. Après tout, il n’y avait ni à manger ni à boire. Vous pouvez comprendre pourquoi ils ont fait remarquer ces faits à leur dirigeant. À travers la plupart de l’histoire, les commentateurs sur ces passages ont critiqué les hébreux pour leur manque de respect. Cela ne se faisait pas de saper l’autorité de ceux qui étaient plus âgés et au-dessus de vous. Ceux qui sont au pouvoir sont les plus avisés. Dieu les y avait placé ; et si vous les critiquiez, vous critiquiez directement Dieu. Cette même dynamique prévalait dans les églises. Le Pape, le prêtre ou le Ministre était placé sur un piédestal. Sa voix (et c’était toujours celle d’un homme) était la voix de l’autorité, et malheur à celui qui la remettait en cause. Heureusement, les temps ont changé. Nos dirigeants sont souvent critiqués ; qu’ils aiment cela ou non !

 

Saint-Esprit était comme toutes les autres églises dans le passé. Le Recteur rendait des comptes à l’Évêque, et le Consistoire rendait des comptes au Recteur. Les gens pouvaient se plaindre, mais le pouvoir n’était pas partagé avec eux. La transition vers une nouvelle façon de faire les choses n’est jamais chose facile. L’histoire des hébreux errants dans le désert nous montre à quel point cela peut être difficile. Le passage pour un peuple d’un esclavage oppressant et dégradant à une dignité pleine en tant qu’enfants de Dieu autonomes et indépendants prendra bien plus que quarante ans dans le désert. La liberté à un prix. Le problème avec les plaintes des hébreux n’était pas le fait qu’ils faisaient remarquer qu’ils avaient faim et soif. C’était le fait qu’ils disaient à Dieu et Moise qu’ils préféraient être des gros esclaves plutôt que des êtres libres maigres qui avaient faim et soif. Ils veulent retourner en Égypte. Leurs pleurnicheries sont enfantines. Ils préfèrent reléguer la responsabilité à quelqu’un d’autre afin de pouvoir pleurnicher si les choses tournent mal.

 

Aujourd’hui est notre réunion annuelle, l’un des dimanches dans le calendrier de l’église ou nous revoyons ensemble notre travail et nous réengageons à participer aux activités de l’église dans l’année à venir ; quoi que cette année apporte. Durant les dernières années, Saint-Esprit a connu une énorme expansion. En ce moment, où nous ne pouvons pas nous rencontrer face à face cela peut paraître moins évident. Mais Dieu n’a pas été fainéant durant cette période éprouvante. Il se peut que nous soyons dans une sorte de désert figuré, mais ce désert est précisément l’endroit où les hébreux ont appris ce qu’est l’appartenance et la dignité. Il peut en être de même pour nous. L’appartenance et la dignité définissent notre réunion annuelle. Notre église est pleine de gens talentueux et enthousiastes qui sont prêts à assumer la responsabilité, et en le faisant ils aident l’église ainsi qu’eux-mêmes à croître.

 

La croissance peut parfois être douloureuse. Elle impliquera que l’on laisse derrière nous nos dépendances égoïstes. Elle impliquera le pardon. Elle impliquera la transparence et la responsabilité. Elle impliquera la bonté et l’amour réciproque dont Paul parle quand il dit aux Philippiens de se conduire comme le Christ, qui s’est dépouillé de sa gloire divine et a pris la forme d’un servant. Plus que tout, n’oublions pas d’où nous venons. Nous avons tous été achetés à un prix : la liberté n’est pas bon marché. Dans une abbaye près de Charlotte en Caroline du Nord, une pierre en granit a été convertie en un font baptismal. Dans le passé, cette pierre servait aux enchères sur le marché aux esclaves. L’inscription sur la base est la suivante : « Sur ce rocher, les hommes étaient autrefois vendus en esclavage. Or, sur ce rocher, à travers les eaux du baptême, les hommes deviennent des enfants libres de Dieu. » Tous, nous apprenons doucement à être libres. Au milieu des défis auxquels nous faisons face, ne perdons pas de vue le but de cette liberté : Dieu nous appelle à partager sa joie, et à participer à la transformation extraordinaire de ce monde à travers l’amour sacrificiel.

NJM Ver. FS

Sermon – Pentecost XVI

Pentecost XVI – Rentrée Sunday
September 20, 2020
Exodus 16:2-15
Philippians 1:21-30
Matthew 20:1-16

I suppose of all of Jesus’ parables, the parable of the laborers in the vineyard is one of the most appropriate for today: Rentrée Sunday of our French classes, and the Sunday before our Annual General Meeting. It is also an appropriate reading for late September, the traditional height of the vendange season in France. The vendange season in the Levant is usually somewhat earlier, so those who heard Jesus’ story probably imagined it taking place in the heat of the months of July and early August. In this parable, a farmer notices that his grapes are ready for picking, and he goes to the marketplace of the village to hire day laborers for the task. As the day goes on, he realizes (not just once but twice) that he doesn’t have enough workers to finish the task. At the end of the day he pays everyone the same amount, whether they’ve worked ten hours or two. He doesn’t cheat anyone. The wage he pays to those who have worked the longest is the wage those workers thought fair at the start of the day. It’s just that those who have worked longer feel cheated when they compare themselves to others.

The parable is disturbing at a number of levels. We are so used to associating hard work with reward that we are scandalized by the behavior of the landowner who pays his workers seemingly without reference to the hours they have put in. We are so used to comparing ourselves to others that we feel indignant on behalf of the people who worked a longer time for exactly the same pay – especially since they worked through the heat of the day. The concluding statement, “The last will be first and the first will be last” is the final barb in this little story. And what of the landowner himself? Not only is his pay-scale eccentric, he appears to be a rather incompetent farmer. Surely, he knew how many grapes there were to harvest? Why did he twice miscalculate the number of workers he needed to do the job? Were the first people he hired simply lazy and didn’t work fast enough? Were there more grapes to be harvested than he first believed? The parable does exactly what Jesus intended it to do; it confounds our expectations. It makes us think.

People have interpreted the parable in a number of ways through the ages. It is possible that the congregations for which Matthew’s Gospel was written were composed of both Jews and converted Gentiles. The laborers who worked the longest were perhaps interpreted as the Jewish converts who believed that their ancestors had labored in the vineyard for longer than the recently converted Gentiles. They had also suffered longer ‘in the heat of the day’ through persecution or exile. The parable was supposed to lay this sort of envious comparison to rest. Jew or Gentile, we are all working in the same vineyard, and God’s love is not measured in terms of ‘more’ or ‘less’. Others see the parable as referring to God’s grace, shown to us in the love of Christ. God does not reward us according to the amount of time we have put in. Someone who has followed Jesus all their lives is loved just as much as someone who made that decision only a few moments ago. God has no favorites; and neither should we. The economy of God’s love does not operate in the same way as the world’s economy. God’s love is absolute – it gives all and forever – it is not measured in hours or by merit.

So what does the parable have to say about our Rentrée Sunday? Our vineyard is certainly very full, perhaps even more full than we realize; especially at the moment when the physical church looks empty, but our attendance online is even larger. I’m not just talking about our French classes and the laborers who have so generously agreed to work with our students. I’m talking about our worship and the many activities of the church. Remember the pre-Covid days when I opened the church for cleaning and decorating at Christmas and Eastertide, or when I arranged the back garden for our summer receptions? I’ve cheered the first arrivals with the enthusiasm of a fresh day. At the end of those occasions when the decorations have to come down and the bottles are empty, the helpers who came later are appreciated and loved just as much as those who were here from the start. Early or late, your contribution brings in the harvest, and you make this community what it is. Secondly, it is never a good idea to compare ourselves to others. There are no ‘more’ or ‘less’ valuable people in the church, and if we start to compare ourselves with others, we will only be disappointed. The ‘visible’ staff in the church during our services are no more loved or more valuable than those of you who are joining us electronically. The building is closed, but the grapes still need harvesting! I’ve now been ordained for thirty years, and I’m sometimes tempted to cast a jealous eye on the enthusiasm and seemingly boundless energy of those who are just starting out on this road. Why can’t God give me a bit of their stamina? Comparisons are invidious, and lead to resentment and bad feelings. Finally, what is our salary? The salary received is being in God’s presence, with all the peace, the hope and the love that this entails. There are no second prizes when it comes to God’s love. There is no silver or bronze medal awarded. When that final harvest is gathered in, we will understand the boundless and inexhaustible generosity of God’s love. There is no room for resentment when our satisfaction and fulfilment is complete, when our fears are no more and our desire to love and to be loved is reciprocated by the one who gave all for us; our savior Jesus Christ.

NJM

 

Le seizième dimanche de la Pentecôte – Le dimanche de la rentrée
Le 20 septembre 2020 – Exode 16:2-15 Philippiens 1:21-30 Matthieu 20:1-16

J’imagine que, de toutes les paraboles de Jésus, celle des ouvriers de la vigne est l’une des plus appropriée pour ce jour : le dimanche de la rentrée des classes de français, et le dimanche qui précède notre assemblée générale. C’est aussi une lecture appropriée pour la fin septembre, l’apogée de la saison des vendanges en France. Les vendanges dans le Levant (Proche-Orient) se déroulent d’habitude un peu plus tôt, donc ceux qui ont entendu l’histoire de Jésus l’ont probablement imaginée se déroulant dans la chaleur des mois de juillet et d’août. Dans cette parabole, un maître de maison se rend compte que son raisin est prêt à être cueilli, et il se rend à la place du marché du village afin de louer des ouvriers pour accomplir cette tâche. Au fur et à mesure du jour, il se rend compte (non seulement une fois, mais deux fois) qu’il n’a pas assez d’ouvriers pour finir le travail. À la fin de la journée, il paie tout le monde la même somme, qu’ils aient travaillé dix heures, ou deux heures. Il ne trompe personne. Ce qu’il a payé aux ouvriers qui ont travaillé le plus longtemps est le salaire qu’ils avaient considéré juste au début du jour. Il se trouve seulement que ceux qui ont travaillé le plus longtemps se sentent lésés lorsqu’ils se comparent aux autres ouvriers.

Cette parabole est troublante à plusieurs niveaux. Nous sommes tellement habitués à associer le travail acharné avec la récompense, que nous sommes scandalisés par le comportement du maître de maison qui paie de toute évidence ses ouvriers sans prêter attention au nombre d’heures qu’ils ont passé à travailler. Nous sommes tellement habitués à nous comparer aux autres que nous sommes indignés pour ceux qui ont travaillé plus longtemps et reçu le même salaire – en particulier lorsqu’ils ont enduré la fatigue et la chaleur du jour. La phrase de conclusion, “les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers” est la dernière pique de cette petite histoire. Et qu’en est-il du maître de maison ? Non seulement son échelle de paiement est excentrique, mais il semble aussi qu’il ne soit pas très compétent à sa tâche. Il devait certainement connaître la quantité de raisin à récolter ? Pourquoi s’est-il trompé deux fois quant au nombre d’ouvriers dont il aurait besoin pour ce travail ? Est-ce que les premiers ouvriers qu’il avait employés étaient fainéants et ne travaillaient simplement pas assez vite ? Y avait-il plus de raisin à récolter qu’il ne l’avait imaginé au départ ? La parabole accomplit exactement ce que Jésus voulait qu’elle accomplisse ; elle contrecarre nos prévisions. Elle nous fait penser.

Cette parabole a été interprétée de différentes façons à travers les âges. Il est possible que la congrégation pour laquelle l’Évangile de Matthieu a été écrit ait été composée de Juifs et de Gentils. Les ouvriers qui ont travaillé le plus longtemps étaient peut-être compris comme les Juifs convertis qui croyaient que leurs ancêtres avaient travaillé à la vigne plus longtemps que les Gentils récemment convertis. Ils avaient aussi souffert plus longtemps ‘la fatigue du jour et la chaleur’ à travers la persécution ou l’exile. La parabole était supposée enterrer ces comparaisons jalouses. Juifs ou Gentils, nous travaillons tous à la même vigne, et l’amour de Dieu ne se mesure pas en termes de ‘plus’ ou ‘moins’. D’autres voient la parabole comme une référence à la grâce de Dieu, qui nous est montrée dans l’amour du Christ. Dieu ne nous récompense pas sur une échelle de temps. Quelqu’un qui a suivi Jésus toute sa vie est aimé autant que quelqu’un qui a pris cette décision il y a seulement quelques instants. Dieu n’a pas de favori ; et de la même façon, nous ne devrions pas en avoir. L’économie de l’amour de Dieu n’opère pas de la même façon que l’économie du monde. L’amour de Dieu est absolu – il donne tout et pour toujours – il n’est pas mesuré en heures ou au mérite.

Alors, quel est le rapport entre la parabole et le dimanche de la rentrée ? Notre vigne est certainement très abondante, peut-être même plus abondante que l’on ne peut s’en rendre compte ; surtout en ce moment, alors que le bâtiment de l’église semble vide mais votre présence en ligne est encore plus grande. Je ne parle pas seulement des classes de Français et des volontaires qui ont si généreusement accepté de travailler avec nos étudiants. Je parle de notre pratique religieuse et des nombreuses activités au sein de l’église. Souvenez-vous lorsque j’ouvrais l’église pour son nettoyage et sa décoration à la période de noël ou de Pâques, ou lorsque j’arrangeais l’arrière-cour pour nos réceptions estivales, j’y accueillais les premiers arrivants avec l’enthousiasme d’un jour nouveau. À la fin de ces occasions, lorsque les décorations devaient être retirées, et les bouteilles étaient vides, ceux qui étaient arrivés plus tard et nous aidaient étaient appréciés et aimés tout autant que ceux qui étaient là dès le début. Tôt ou tard, votre contribution amène la vendange, et vous faites de cette communauté ce qu’elle est. Ensuite, ce n’est jamais une bonne idée de se comparer aux autres. Il n’y a pas de gens ‘plus’ ou ‘moins’ importants dans l’église, et si nous commençons à nous comparer les uns les autres, nous serons déçus. Ceux que vous ‘voyez’ dans l’église durant nos offices ne sont pas plus aimés ou plus indispensables que ceux d’entre vous qui nous rejoignent virtuellement. Le bâtiment est fermé, mais le raisin devra être récolté ! Cela fait maintenant trente ans que je suis prêtre, et je suis tenté de temps en temps de regarder avec jalousie l’enthousiasme et l’énergie apparemment sans limite de ceux qui viennent de se lancer sur ce chemin. Pourquoi est-ce que Dieu ne peut pas me donner un peu de leur endurance ? Les comparaisons sont injustes, et elles mènent au ressentiment et mettent mal à l’aise. Enfin, quel est votre salaire ? Le salaire reçu est la présence de Dieu, accompagnée de toute la paix, l’espoir et l’amour que celle-ci entraîne. Il n’y a pas de deuxième prix dans l’amour de Dieu. Il n’y a ni médaille d’argent, ni médaille de bronze. Quand cette dernière récolte se déroulera, nous comprendrons la générosité sans limite et inépuisable de l’amour de Dieu. Il n’y a aucune place pour le ressentiment quand notre satisfaction et notre épanouissement sont complets, quand nos peurs n’existent plus et notre désir d’aimer et d’être aimés sont donnés en retour par celui qui a tout donné pour nous ; notre sauveur Jésus Christ.

NJM Ver. FR : FS

Sermon – Pentecost XV

PENTECOST XV
September 13th, 2020    
Exodus 14:19-30    Romans 14:1-12   Matthew 18:21-35

It was a Friday afternoon in late October when I made my first official visit to a Mosque as the Bishop of London’s Consultant on interfaith dialogue. Even though a friend had invited me to join the study group at the little mosque in the East End of London, I still felt a little nervous about the afternoon ahead. I hoped that I would not commit a faux-pas, or say something ignorant or silly. I was welcomed with real hospitality, and we sat down to pray and to read together. On leaving, I was presented with a copy of the Qu’ran as a gift, which the donor carefully wrapped in paper before I was allowed to carry it outside. We stood in the small hallway of the mosque, with its rack for shoes attached to the wall. I soon realized that I could not tie my shoe-laces and hold on to the Qur’an at the same time. What was I to do? For one dreadful moment, I contemplated resting my gift in the shoe rack. Here was the opportunity for that dreadful faux-pas that I was so anxious not to make. After a moment’s hesitation, I passed the gift back to its donor while I put on my shoes.

It is all too easy to insult or offend others without realizing what has happened. We might be uneducated about their traditions, or unsure of how such traditions are to be honored. Sometimes our ignorance is deliberate, sometimes our good intentions to respect those who differ from us is undermined by our arrogance or our pride. Sometimes our own cultural presuppositions blind us completely to the sensibilities of others.

This is what had happened to the Church in Rome, to which Paul addresses his letter. The church was arguing over customs and habits that had been exaggerated into places of fundamental and deep division. There were two specific areas which were causing problems.

  1. Were former Pagans, now converted to Christianity, allowed to take holidays on Pagan feast days? Some said: “Yes! Why not?” Taking a day of rest on a pagan feast day does not automatically honor the god in whose name the holiday is granted. Others took a harder line, believing that such a practice indicated that no real conversion had taken place.
  2. Were Christians permitted to eat meat that had not been slaughtered in conformity with the Jewish dietary laws? Were they allowed to eat meat that had been sacrificed to idols? Those who said “Yes” argued that if these gods did not exist anyway, what harm could be done by eating meat laid before a lifeless statue? Those who said “No” insisted that eating such meat showed respect to those who had sacrificed it.

The divisions over those two seemingly trivial questions had become so bitter that the unity of the Roman church was threatened. Outward practices had become the defining mark of the inward beliefs one was taken to hold. Paul sternly warns church members against criticizing one another. He is more concerned to see that the majority and the minority live together as brothers and sisters in the church than he is to persuade the minority to change their mind. Where God does not judge or condemn, neither group should pass judgment on the other. Paul insists that both groups are only servants in God’s household. Fellow servants have no right to judge one another. They are supposed to abide by the decision of their master, who is the final arbiter on any question. Paul tells us that God has already approved of those in both groups, and there should therefore be no cause for division.

What does any of this have to do with us? What are the issues in our day that correspond to those which threatened to divide the Church in Rome? Our opinions on abortion, contraception, divorce, human sexuality, pacifism, nationalism, the merits of vegetarianism or abstention from alcohol, our adherence (within the bounds of Christian charity) to one or another political party (especially in an election year), should not be issues that divide us. There are already too many Christians willing to judge their brothers and sisters over these very questions; and by so doing they jeopardize the love that should characterize the body of Christ. By all means, we are permitted to disagree on these matters, but the final arbiter is God alone. We are only his servants, and if God has accepted us, who are we to exclude our fellow Christians from the church?

No doubt the debate over some of these issues – particularly the justification for wars or the role of immigration in America or the nature of Patriotism – will become more heated as time passes. But the anniversary of the events of September 11, 2001 which we observed last Friday, serves to remind us of what happens when one group of human beings loses respect for another. We must listen carefully to each other. We must educate ourselves in the ways in which we differ from others, without losing an ounce of respect for them. We must not be too quick to take offense at another’s faux-pas. Above all, we should learn the hard lesson that Jesus taught us in today’s gospel. The judgment you pass on others will be the judgment that God passes on you. Learn to forgive, as you yourself have been forgiven.

NJM

 

Le quinzième dimanche de la pentecôte                                                   Dimanche 13 septembre 2020

J’ai visité une mosquée de façon officielle pour la première fois en tant que consultant sur le dialogue œcuménique pour l’évêque de Londres un vendredi après-midi. Bien qu’un ami m’ait invité à rejoindre son groupe d’étude à la petite mosquée de la frontière est de Londres, j’étais un peu nerveux quant à l’après-midi à venir. J’espérais ne pas commettre de faux-pas, ou dire quelque chose d’ignorant ou de stupide. J’y ai été reçu avec une vraie hospitalité, et nous nous sommes assis pour prier et lire ensemble. Au moment de partir, j’ai reçu une copie du Coran en cadeau, et celui qui me l’a offert l’a emballé avec soin dans du papier avant que je ne puisse l’emporter dehors avec moi. Nous étions dans le petit couloir de la mosquée, avec ses étagères aux murs pour y déposer nos chaussures. Je me suis vite rendu compte que je ne pouvais pas faire mes lacets et tenir le Coran en même temps. Que devais-je faire ? Pendant une seconde épouvantable, j’ai imaginé poser mon cadeau sur l’étagère à chaussures. C’était là l’opportunité de faire ce faux-pas que j’appréhendais avec anxiété. Après une légère hésitation, j’ai tendu le cadeau à la personne qui me l’avait offert pour que je puisse mettre mes chaussures.

C’est bien trop facile d’insulter ou d’offenser les autres sans s’en rendre compte. Il se peut que nous ne connaissions pas leurs traditions, ou que nous ne soyons pas certains de comment ces traditions doivent être honorées. Parfois, notre ignorance peut être délibérée, parfois nos bonnes intentions et notre volonté de respecter ceux qui sont différents de nous sont ébranlées par notre arrogance ou notre fierté. Parfois, nos propres préjugés culturels nous aveuglent complètement face aux sensibilités des autres.

C’est ce qu’il s’est passé dans l’Église de Rome, à qui Paul a adressé son Épitre. L’Église se disputait sans cesse à propos des coutumes et des habitudes qui avait créé par leur mise en place exagérée des divisions profondes et fondamentales. Il y avait spécifiquement deux sujets qui créaient des problèmes :

  1. Est-ce que les anciens païens maintenant chrétiens pouvaient se reposer les jours de fêtes païennes ? Certains disaient : « Oui ! Pourquoi pas ? » Se reposer le jour d’une fête païenne n’honore pas forcement le Dieu pour qui ce jour est désigné. D’autres étaient plus durs. Ils croyaient qu’une telle pratique indiquait que la conversion n’avait pas vraiment pris racine.
  2. Est-ce que les chrétiens pouvaient manger de la viande qui n’avait pas été abattue conformément aux lois alimentaires juives ? Pouvaient-ils manger de la viande qui avait été sacrifiée pour des idoles ? Ceux qui disaient « oui » expliquaient que si ces dieux n’existaient pas, il n’y avait aucun mal à manger de la viande sacrifiée devant une statue sans vie. Ceux qui disaient « non » insistaient que manger une telle viande démontrait un respect pour ceux qui l’avait sacrifiée.

Les divisions sur ces questions qui nous semblent triviales étaient devenues si amères que l’unité de l’Église de Rome était menacée. Les pratiques externes étaient devenues le signe définissant des croyances internes que l’on attribuait à quelqu’un. Paul met sévèrement en garde ceux qui critiquent les autres. Il est plus important pour lui que la majorité et la minorité vivent comme des frères et sœurs plutôt que de convaincre la minorité de changer d’avis. Là où Dieu ne juge pas et ne condamne pas, aucun des groupes ne devrait juger l’autre. Paul insiste que les deux groupes ne sont que des serviteurs dans la maison de Dieu. Les serviteurs n’ont aucun droit de juger les autres serviteurs. Ils sont censés suivre la décision de leur maître, qui est le seul à pouvoir définitivement être l’arbitre de toutes les questions. Paul nous dit que Dieu a déjà approuvé les membres de ces deux groupes, et il ne devrait donc pas y avoir de raison d’être divisés.

Quel est le rapport avec nous ? Quels sont les problèmes d’aujourd’hui qui correspondent à ceux qui menaçaient de diviser l’Église de Rome ? Nos opinions sur l’avortement, la contraception, le divorce, la sexualité, le pacifisme, le nationalisme, les mérites d’un régime végétarien ou sans alcool, notre adhérence (dans les limites de la charité chrétienne) à un parti politique ou à un autre (surtout lors d’une année d’élections), ne devraient pas être des problèmes qui nous divisent. Il y a déjà trop de chrétiens prêts à juger leurs frères et sœurs sur ces questions ; et en faisant cela, ils mettent en jeu l’amour qui devrait caractériser le corps du Christ. Évidemment, nous avons le droit de ne pas être d’accord sur ces sujets, mais Dieu seul est l’arbitre final. Nous ne sommes que ses servants, et si Dieu nous a accepté, qui sommes-nous pour exclure nos frères chrétiens de l’Église ?

Il n’y a aucun doute que le débat sur ces points – particulièrement la justification des guerres ou le rôle de l’immigration aux États-Unis ou la nature du patriotisme – deviendra de plus en plus animé au fur du temps. Mais l’anniversaire des événements du 11 septembre que nous avons commémoré ce vendredi, peut nous rappeler ce qu’il se passe lorsqu’un groupe d’humains perd son respect pour un autre. Nous devons tous nous écouter attentivement. Nous devons nous éduquer sur ce qui nous différencie des autres, sans perdre un gramme de respect pour eux. Nous ne devons pas nous offenser trop vite du faux-pas d’un autre. Au-dessus de tout, nous devrions apprendre la leçon difficile que Jésus nous a enseignée dans la lecture de l’Évangile d’aujourd’hui. Le jugement que vous porterez sur les autres sera le jugement que Dieu portera sur vous. Apprenez à pardonner, comme vous-mêmes avez été pardonnés.

NJM – Ver. Fr. FS