Pentecost +19 – Sermon

Pentecost XIX
October 20, 2019
Jeremiah 31 :27-34 II Timothy 3 :14- 4 :5 Luke 18 :1-8

Nobody likes a complainer, and very few people like having to complain. But I’m sure I’m correct in thinking that everyone here has been in a situation of having to complain about incompetent service: (banks, phone companies, insurance firms to name but three…). Apparently, there are successful ways to complain and unsuccessful ways to complain. Here’s how you’re supposed to do it: Complain about one thing at once. Focus on the thing that is really important to you. Practice what you’re going to say. Identify the person who can act on your complaint. There’s no point in talking to the wrong person. Identify your goal. What do you want them to do? Control your anger before you start. If you don’t, the person listening will focus on your anger rather than on helping you. Start with a compliment, state your grievance, finish with something that motivates: “I’ve been a customer for five years, and I’ve been happy with your service. Last month I noticed a charge for something I didn’t order, and I want it removed. I’d really appreciate your help with this.” If any part of the problem is your mistake, admit it, and don’t be afraid to compliment them if they respond well.

Perhaps if the Persistent Widow had had the benefit of this advice, she wouldn’t have needed to keep banging on the Judge’s door to obtain the justice she sought! I’m sure that some of these tips are helpful when we need to complain, but Jesus tells us that his parable is intended to teach us how to pray rather than how to complain. But in many ways, prayer can be quite similar to making a successful complaint. Firstly, our prayers should be more focused. It’s a good thing to examine what we want and to ask for it. We have no problem in identifying the person who can act on our complaint (God), and our prayers are often clear about what we would like (healing, a resolution to a problem etc.). There is absolutely no reason why we shouldn’t be angry with God – if we can’t be angry with God, who can we be angry with? God doesn’t need buttering up either, though a lot of the content of our prayers can be a bit like that; “Lord, I know you can do everything, your power fills the universe etc. etc.….” and we’re not shy about admitting that some of the problems we face are of our own making: that’s what repentance is about.

Having said that we can learn a lot about prayer from how we complain, how helpful is this parable in teaching us how to pray? For those of us who try to figure out who ‘God’ is in the parables, this one presents a few difficulties. If God is the Unjust Judge who eventually responds to a poor woman seeking justice simply because she keeps knocking on his door, we’re not left with a very positive image of God. And if the prayer is for justice, surely God is supposed to respond straight away? Isn’t justice something that God wants as fast as possible? Luke says at the end of the parable: “if this judge eventually responded to the widow, how much faster will your heavenly Father respond to you!”, but this seems a rather lame way to justify using an Unjust Judge to teach us how to pray.

Here are some of the ways that people have tried to explain God’s reticence in answering the widow’s request for justice, and what such reticence has to do with our prayers. By being slow to answer, God is teaching us that it is our duty to pray. It isn’t optional: we have to do it regularly and often. By being slow to answer, God is teaching us how to pray. We need practice to pray as we should, and if we got what we needed the first time, we would never learn how to pray properly. By being slow to answer, God is teaching us persistence. We live in a world where persistence is crucial if we are to get anywhere. By being slow to answer, God is teaching us patience. We shouldn’t be impatient in our demands. We have to wait on God patiently for an answer to our prayers. By being slow to answer, God is teaching us not to take answers to prayer for granted.

I’m not sure I like this way of seeing the parable. In some ways, it amounts to God teaching us how to be an irritating pest. Elsewhere in the New Testament, when sick people implore Jesus to heal them, he mostly acts straight away – he doesn’t tell them to keep pestering him. Perhaps it’s helpful to remember what the widow’s prayer is for. It is for justice, and we all know that justice is a hard thing to get in this world: justice for the poor, for the oppressed, for the defenseless and the wrongly accused. Of course, such prayers won’t be answered straight away. We need persistence, patience, determination and commitment to the cause of right. We can’t take it for granted. If we are not pests for the sake of justice, the world will forever exploit the weak with impunity.

Finally, what if God wasn’t the Judge in this parable, but the Widow? What if the Unjust Judge is actually us; slow to work for fairness in the world, and turning our back on the needy? God never stops knocking on our door; and opening our hearts to God’s knocking is never easy. Perhaps it is only God’s sheer persistence that will succeed in eventually overcoming our stubborn refusal to answer.

NJM

 

Le dix-neuvième Dimanche après la Pentecôte                                         le 20 octobre 2019

Personne n’aime les gens qui se plaignent, et très peu de gens aiment se plaindre. Mais je suis sûr que j’ai raison de penser que tout le monde ici a été contraint à se plaindre face à un service incompétent : (une banque, une compagnie téléphonique ou d’assurances, etc.). Apparemment, il existe des moyens efficaces de se plaindre et des moyens infructueux de se plaindre. Voici comment vous êtes censé le faire : se plaindre d’une chose à la fois. Concentrez-vous sur ce qui est vraiment important pour vous. Entrainez-vous quant à ce que vous allez dire. Identifiez la personne qui peut y faire quelque chose. Ça ne sert à rien de parler à la mauvaise personne. Identifiez votre objectif. Que voulez-vous que cette personne fasse ? Contrôlez votre colère avant de commencer. Si vous ne le faites pas, la personne qui vous écoute se concentrera sur votre colère plutôt que de vous aider. Commencez par un compliment, énoncez votre grief, et terminez par quelque chose de motivant : « Je suis client depuis cinq ans et je suis satisfait de votre service. Le mois dernier, j’ai remarqué des frais pour quelque chose que je n’avais pas commandé, et je voudrais que cela soit rectifié. J’apprécierais vraiment votre aide. » Si une partie du problème est votre erreur, admettez-la, et n’ayez pas peur de complimenter la personne si elle répond bien.

Peut-être que si la veuve persistante avait bénéficié de ce conseil, elle n’aurait pas eu besoin de frapper sans cesse à la porte du juge pour obtenir la justice qu’elle cherchait ! Je suis sûr que certains de ces conseils sont utiles lorsque nous devons nous plaindre, mais Jésus nous dit que sa parabole a pour but de nous apprendre à prier plutôt que de nous plaindre. Mais à bien des égards, la prière peut être assez similaire à une plainte réussie. Premièrement, nos prières devraient être plus ciblées. C’est une bonne chose d’examiner ce que nous voulons et de le demander. Nous n’avons aucun problème à identifier la personne qui peut y faire quelque chose (Dieu), et nos prières sont souvent claires sur ce que nous voudrions (guérir, résoudre un problème, etc.) Il n’y a absolument aucune raison pour que nous ne puissions pas nous fâcher contre Dieu – si nous ne pouvions pas le faire, contre qui pourrions-nous nous fâcher ? Dieu n’a pas non plus besoin qu’on lui passe de la pommade, bien qu’une grande partie du contenu de nos prières puisse être un peu comme ça ; « Seigneur, je sais que tu peux tout faire, ton pouvoir remplit l’univers, etc. » et nous n’hésitons pas à admettre que certains des problèmes auxquels nous sommes confrontés sont de notre faute : c’est la raison pour laquelle nous nous repentons.

Donc, puisque nous pouvons en apprendre beaucoup sur la prière selon comment nous nous plaignons, dans quelle mesure cette parabole nous aide-t-elle à nous apprendre à prier ? Pour ceux d’entre nous qui tentons de déterminer qui est « Dieu » dans les paraboles, celle-ci présente quelques difficultés. Si Dieu est le juge injuste qui répond enfin à une femme pauvre qui demande justice simplement parce qu’elle frappe sans cesse à sa porte, nous n’avons pas une image très positive de Dieu. Et si la prière est pour la justice, surement Dieu est censé y répondre immédiatement ? La justice n’est-elle pas quelque chose que Dieu veut le plus rapidement possible ? À la fin de la parabole, Luc dit : « Si ce juge répond finalement à la veuve, votre Père céleste vous répondra plus vite ! », mais cela semble être un moyen plutôt bancal de justifier le recours à un juge injuste pour nous apprendre à prier.

Voici certaines des manières dont les gens ont essayé d’expliquer la réticence de Dieu à répondre à la demande de justice de la veuve et ce qu’elle a à voir avec nos prières. En étant lent à répondre, Dieu nous apprend qu’il est de notre devoir de prier. Ce n’est pas facultatif : nous devons le faire régulièrement et souvent. En étant lent à répondre, Dieu nous apprend à prier. Nous avons besoin de pratique pour prier comme nous le devrions et si nous obtenions ce dont nous avons besoin la première fois, nous n’apprendrions jamais comment prier correctement. En étant lent à répondre, Dieu nous enseigne la persistance. Nous vivons dans un monde où la persistance est cruciale si nous voulons avancer. En étant lent à répondre, Dieu nous enseigne la patience. Nous ne devrions pas être impatients dans nos revendications. Nous devons attendre patiemment que Dieu réponde à nos prières. En étant lent à répondre, Dieu nous apprend à ne pas considérer les réponses à la prière comme un dû.

Je ne suis pas sûr d’aimer cette façon de voir la parabole. À certains égards, cela revient à Dieu nous apprenant à être des casse-pieds. Ailleurs dans le Nouveau Testament, lorsque des personnes malades implorent Jésus de les guérir, il agit généralement tout de suite – il ne leur dit pas de continuer à le harceler. Peut-être est-il utile de se rappeler la demande de la prière de la veuve. C’est pour la justice, et nous savons tous que la justice est une chose difficile à obtenir dans ce monde : justice pour les pauvres, pour les opprimés, pour les sans défense et pour les accusés injustement. Bien sûr, on ne répondra pas immédiatement à de telles prières. Nous avons besoin de persévérance, de patience, de détermination et d’engagement pour la cause de ce qui est juste. Nous ne pouvons pas considérer cela comme acquis. Si nous ne sommes pas des parasites dans l’intérêt de la justice, le monde exploitera à jamais les faibles en toute impunité.

Enfin, et si Dieu n’était pas le juge dans cette parabole, mais c’était la veuve ? Et si le juge injuste était réellement nous ? Lents à oeuvrer pour l’équité dans le monde en tournant le dos aux nécessiteux ? Dieu ne cesse jamais de frapper à notre porte ; et ouvrir nos cœurs aux frappements de Dieu n’est jamais chose facile. Peut-être que c’est seulement la persistance de Dieu qui réussira à vaincre notre refus obstiné de répondre.

NJM Ver. Fr. FS

Pentecost +18 – Sermon

Eighteenth Sunday after Pentecost
October 13, 2019
Jeremiah 29:1, 4 –7 II Timothy 2:8-15 Luke 17:11-19

In 597 BC, a calamity befell the southern Jewish state of Judah. About one hundred and thirty years before, the Assyrians conquered the northern state of Israel and dispersed its people forever. In 597 BC, the Babylonian king besieged and destroyed the city of Jerusalem and took its king and its leading citizens into exile in Babylon. The prophet Jeremiah was the greatest prophet and theologian active at this time. In his prophecies and lamentations, he speaks movingly of this great tragedy. Jeremiah did not join the Jewish exiles in Babylon. He was left behind in Jerusalem, but wrote a letter to them to comfort them. The contents of that letter formed today’s reading. “Build houses and live in them. Plant gardens and eat of their fruit.” Being something of an amateur gardener, this instruction to the exiles to plant gardens in Babylon intrigued me. It isn’t easy making a garden in a country or a climate that you don’t know very well. I can’t tell you how many plants I’ve managed to kill in my roof garden in New York City. A gardener knows that you can’t make a sun-loving plant bloom in the shade. If I want a good garden, I have not only to know what my plants are, but also the place in the garden where they will grow best. It’s a bit like being a pastor!

When some preachers preach on this passage, they urge their hearers to ‘bloom where you are planted’. Sometimes, just like the Babylonian exiles, we have no choice about where we end up. Every one of us has to pass through experiences that threaten to overwhelm us. We are exiles in a strange country. We are obliged to face up to political, economic, social, or personal problems that are not our fault. Just like the Babylonians, we simply have to make the most of a bad lot – we are forced to ‘bloom where we are planted’.

If God is the gardener in this story, why did he transplant the Jews in a strange land? And how were the Jewish exiles in Babylon supposed flourish in a land that wasn’t their own? It is clear that initially they reacted in the same way as we would react in similar circumstances. Firstly, there were the false optimists. They tried to convince themselves that the situation was purely temporary. They thought that the exile was only going to last for two years at the most. After two years, they told themselves, they would be back home in Jerusalem and the whole episode would seem like a bad dream. Their optimism was misplaced; the exile would last for over sixty years. Secondly, there were those who reacted with fury. They wanted to find someone to blame for what had happened. It is important to remember that not all the Jews were taken into exile. The Babylonians took away only those Jews who fell into two categories: those who were considered politically dangerous (like the king and his court) and those who were useful to the Babylonian empire (like the craftsmen and technicians). The poor were left behind. They thought that the Babylonian invasion had been precipitated by the arrogant and irresponsible rich – who therefore deserved to be taken prisoner for their arrogance and irresponsibility.

Jeremiah refused to fall into the trap of false optimism or impotent rage. In his letter he doesn’t tell the exiles to rise up in revolt and overthrow their captors. He doesn’t tell them to simply resign themselves to the situation and sit down and wait for something better to happen. He does not want them to spend their whole time complaining or to fall into a horrible depression. He tells them to build houses; to marry and to plant gardens. He insists that they can still be a blessing to those around them. They were told to pray for Babylon and its prosperity. And this is the heart of Jeremiah’s optimistic message.

Through the Babylonian exile, the Jews learned that theirs was not a tribal God. God was as present in Babylon as he was in Jerusalem. It is a lesson we still need to learn today. We call out “God bless America!” and forget to say “God bless everyone.” We pray for ourselves, but seldom pray for our enemies. If the exiled and suffering Jewish people were encouraged to pray for prosperity of those who had defeated them, how can we learn to pray for our enemies in our turn?

But I don’t want to end on that note, because Jeremiah did not end there either. He reassures both the exiles and those who had stayed behind: “I know the plans I have for you, says The Lord. Plans for your welfare, and not for harm; to give you a future with hope.” Whatever you are facing, God says the same thing to you. If God has planted you here, the Great Gardener will surely know how to make you bloom.

NJM

 

Dix-huitième dimanche après la Pentecôte                                              le 13 octobre 2019

En 597 avant JC, une calamité s’est abattue sur l’État juif du sud, la Judée. Environ 130 ans auparavant, les Assyriens avaient conquis l’État d’Israël situé dans le nord et avaient disséminé son peuple pour toujours. En 597 avant JC, le roi babylonien assiège et détruit la ville de Jérusalem et exile son roi et ses principaux citoyens vers Babylone. Le prophète Jérémie était le plus grand prophète et théologien actif à cette époque. Dans ses prophéties et ses lamentations, il parle avec émotion de cette grande tragédie. Jérémie n’a pas rejoint les exilés juifs à Babylone. Il est resté à Jérusalem, mais il leur a écrit une lettre pour les réconforter. Le contenu de cette lettre a formé la lecture d’aujourd’hui. « Construisez des maisons et habitez-les, plantez des jardins et mangez-en les fruits ! » En tant que jardinier amateur, cette instruction aux exilés de planter des jardins à Babylone m’a intrigué. Il n’est pas facile de créer un jardin dans un pays ou un climat que vous ne connaissez pas très bien. Je ne peux pas vous dire le nombre de plantes que j’ai réussi à tuer dans mon jardin new-yorkais sur le toit. Un jardinier sait qu’il est impossible de faire fleurir à l’ombre une plante qui aime le soleil. Si je veux un bon jardin, je dois non seulement savoir quelles sont mes plantes, mais aussi l’endroit dans le jardin où elles pousseront le mieux. C’est un peu comme être Pasteur !

Lorsque certains prédicateurs prêchent sur ce passage, ils exhortent leurs auditeurs à « fleurir là où vous êtes plantés ». Parfois, à l’instar des exilés babyloniens, nous n’avons pas le choix quant à notre destination. Chacun de nous doit vivre des expériences qui menacent de nous submerger. Nous sommes des exilés dans un pays étranger. Nous sommes obligés de faire face à des problèmes politiques, économiques, sociaux ou personnels qui ne sont pas de notre faute. Tout comme les Babyloniens, nous devons simplement tirer le meilleur parti d’un mauvais sort : nous sommes obligés de « fleurir là où nous sommes plantés ».

Si Dieu est le jardinier dans cette histoire, pourquoi a-t-il transplanté les Juifs dans un pays étranger ? Et comment les exilés juifs à Babylone étaient-ils supposés s’épanouir dans un pays qui n’était pas le leur ? Il est clair qu’au début, ils ont réagi de la même manière que nous le ferions dans des circonstances similaires. Premièrement, il y avait les faux optimistes. Ils ont essayé de se convaincre que la situation était purement temporaire. Ils pensaient que l’exil ne durerait que deux ans au maximum. Ils se disaient que deux ans plus tard, ils seraient de retour chez eux à Jérusalem et que toute cette histoire serait un mauvais rêve. Leur optimisme était mal placé ; l’exil durera plus de soixante ans. Deuxièmement, il y avait ceux qui ont réagi avec fureur. Ils voulaient trouver quelqu’un à blâmer pour ce qu’il s’était passé. Il est important de se rappeler que tous les Juifs n’ont pas été exilés. Les Babyloniens n’ont exilé que les Juifs appartenant à deux catégories : ceux considérés comme politiquement dangereux (comme le roi et sa cour), et ceux utiles à l’empire babylonien (tels que les artisans et les techniciens). Les pauvres ont été laissés sur place. Ils pensaient que l’invasion babylonienne avait été précipitée par des riches arrogants et irresponsables – qui méritaient donc d’être faits prisonniers pour leur arrogance et leur irresponsabilité.

Jérémie a refusé de tomber dans le piège du faux optimisme ou de la rage impuissante. Dans sa lettre, il ne dit pas aux exilés de se révolter et de renverser leurs ravisseurs. Il ne leur dit pas de simplement se résigner à la situation et de s’asseoir et d’attendre que quelque chose de mieux se produise. Il ne veut pas qu’ils passent tout leur temps à se plaindre ou à sombrer dans une horrible dépression. Il leur dit de construire des maisons ; de se marier et de planter des jardins. Il insiste sur le fait qu’ils peuvent toujours être une bénédiction pour ceux qui les entourent. On Il leur a été dit de prier pour Babylone et sa prospérité. Et c’est le cœur du message optimiste de Jérémie.

À travers l’exil babylonien, les Juifs ont appris que leur Dieu n’était pas un Dieu tribal. Dieu était aussi présent à Babylone qu’à Jérusalem. C’est une leçon qu’il nous reste à apprendre aujourd’hui. Nous exclamons « God bless america ! », et nous oublions de dire « God bless everyone ! » Nous prions pour nous-mêmes, mais rarement pour nos ennemis. Si le peuple juif exilé et souffrant était encouragé à prier pour la prospérité de ceux qui l’avaient vaincu, comment pourrions-nous apprendre à prier pour nos ennemis à notre tour ?

Mais je ne veux pas terminer sur cette note, parce que Jérémie ne s’est pas arrêté là non plus. Il rassure à la fois les exilés et ceux qui sont restés : « je connais les projets que je forme pour vous, déclare l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. » Quoi que vous fassiez, Dieu vous dit la même chose. Si Dieu vous a plantés ici, le Grand Jardinier saura sûrement vous faire fleurir.

NJM Ver. Fr. FS

Pentecost +17 – Oktoberfest

Oktoberfest 2019
October 6, 2019
Lamentations1:1-6  II Timothy 1:1-14  Luke 17:5-10

There’s something oddly appropriate about a mustard seed appearing in the Gospel on the day when we celebrate Oktoberfest. What would German cuisine be without its Senf? The mustard plant belongs to the same family of everyday vegetables as cabbage, broccoli and swede. In years gone by, it was thought that mustard possessed extraordinary medical properties. It was used to treat chest congestion, arthritis and digestive problems. A grain of mustard contains a high amount of protein, vitamins A and C, and traces of sulphur.  In India and the Middle East, it was used to as a culinary spice. The Romans spread the use of mustard throughout all the lands they conquered. They sowed seeds of the ordinary brown mustard plant in the fields around Dijon in France. The foundation of the Dijonaise mustard industry in the eighteenth century owed much to the pioneering efforts that the Romans had made in that area almost two thousand years before.

But Jesus didn’t evoke a mustard seed in his response to the disciples’ request to increase their faith in order to extol the culinary virtues or the medical benefits of the plant. Jesus – here in Luke as elsewhere in Mark and Matthew – spoke of the smallness of the seed compared with the rampant plant that germinates from it. Now that we know a bit more about the mustard plant, we are better able to explain why Jesus compares our little faith to a mustard seed as opposed to the cone of a cedar tree or a grape-pip from which much more seemingly useful or impressive plants can grow. It is true that the mustard plant grows into quite a large vegetable from a very small seed. The faith of the children of the Kingdom of God is of a similar nature.  We may feel that our faith is tiny, that we are always struggling, that our faith has little chance of succeeding; let alone bringing forth any fruit or being capable of uprooting a mulberry tree. Jesus’ words call us to take heart; big things can grow from small beginnings. If someone told me twenty-five years ago that the church would increase in numbers, I don’t think I would have believed them. Much as I loved the people who were members of St. Esprit at that time, the smallness of my own faith and my anxiety about my own abilities filled me more with dread than hope!

But there is more to Jesus’ example of the mustard seed than this. Just like the mustard plant, the Kingdom of God erupts everywhere. It is both humble and ubiquitous. It is just as likely to take root in the humble kitchen gardens of the poor as it is in the vast wheat fields of the wealthy landowners. If the plant is left to run to seed, it becomes ineradicable. It will spring up every single year in places where you probably don’t want it. A cedar tree is dependent on rarefied mountain air and deep underground water sources. Vines have to be carefully and skillfully tended in order to produce grapes. But the mustard plant flourishes in any old bit of soil. You will sometimes hear people say that faith is such a frail thing; that it has to have exactly the right conditions to germinate and grow. Jesus flatly contradicts that view. The mustard plant was considered almost as a nuisance (a sort of glorified weed) precisely because it was capable of growing anywhere. Our faith and our calling have the same characteristics. Our vocation as priests, deacons or lay people is stronger than we think. If you feel that your faith is weak or fragile, take heart from Jesus’ words! Our faith isn’t so easily discouraged as that. The seed is ineradicable once sown. It will not be stamped out; however small or unlikely it may appear to be. Thanks be to God; you are stronger and more resilient than you think.

Big things often start from the smallest of origins. Here are a few examples. Unfortunately, the little lies we tell about unimportant things often pave the way for bigger lies that we tell about much more important things. Nobody sets out to create the most corrupt government a country has ever experienced – that transformation takes time.  It starts with the slow infiltration of half-truths, until the day dawns when we are part of a culture where corruption is the norm. It can be very hard for us to forgive others and forget the harm they have done to us. We tend to ruminate over the harsh comment that someone made, or the wrong they did to us. But all it takes is a tiny little step in the direction of the person who has hurt us, and suddenly, without our realizing exactly how, we have planted a seed of faith which will eventually be able to uproot the deepest of our resentments. Sometimes it is difficult to hold on to hope; and yet a short prayer or the earnest desire to cultivate the seed of hope might well lead to our being able to uproot our despair and cast it into the sea. If it is true that the slightest little thing can germinate corruption or a depressive mood, why shouldn’t the opposite be true too? Why can’t the slightest little thing eventually bring about a huge sense of hope or of joy? When it comes to us human beings, both good and evil germinate from the smallest of seeds.

Looking back over twenty-five years of ministry at St. Esprit I’m deeply grateful that God planted me in this unlikely field. I hope you don’t consider me a nuisance or a weed. I have a long way to go before my faith can be compared to the grain of mustard of which Jesus spoke. But this beloved community is a place where I have grown in ways I could never have hoped or anticipated, and where – just like you – I hope to continue to grow even more. Thank you!

NJM

Oktoberfest 2019

C’est vraiment approprié de voir apparaître une graine de moutarde dans notre lecture de l’Évangile alors que nous nous apprêtons à célébrer Oktoberfest. Que serait la cuisine allemande sans sa Senf ? La plante de moutarde appartient à la même famille que des plantes communes comme le chou, le brocoli et le rutabaga. Il y a longtemps, on pensait que la graine de moutarde possédait des vertus médicinales extraordinaires. On s’en servait pour traiter des congestions, l’arthrite et les problèmes digestifs. Une graine de moutarde contient beaucoup de protéines, de vitamines A et C, et des traces de sulfure. En Inde et au Moyen-Orient, on s’en servait comme un ingrédient culinaire. Les romains ont propagé son utilisation à travers toutes les terres qu’ils ont conquises. Ils ont planté des graines de moutarde dans des champs près de Dijon. La création de l’industrie de la moutarde de Dijon au 18ème siècle doit beaucoup à l’effort innovant entrepris par les romains dans cette région presque 2000 ans auparavant.

Mais Jésus n’a pas évoqué la graine de moutarde dans sa réponse aux disciples quant à leur requête d’augmenter leur foi afin de louer les vertus culinaires ou les vertus médicinales de la plante. Jésus – ici selon Luc et ailleurs selon Marc et Matthieu – parlait de la petitesse de la graine en rapport à la plante effrénée qui en jaillit. Maintenant que nous en savons plus sur la plante de la moutarde, nous pouvons expliquer plus facilement pourquoi Jésus compare notre petite foi à une graine de moutarde en opposition avec le cône d’un cèdre ou un pépin de raisin dont ce qui en germe est bien plus impressionnant ou utile. Il est vrai que la plante de moutarde est un légume qui pousse très vite et devient très grand en comparaison avec sa graine. La foi des enfants du Royaume de Dieu est d’une nature similaire. Nous pouvons ressentir que notre foi est très petite, que nous luttons sans cesse, que notre foi a peu de chance de réussir ; encore moins de porter des fruits ou d’être capable de déraciner un mûrier. Les mots de Jésus nous appellent à puiser son courage ; de grandes choses peuvent jaillir de petits départs. Si quelqu’un m’avait dit il y a 25 ans que le nombre des membres de l’église augmenterait, je ne crois pas que je l’aurais cru. Tout autant que j’aimais les membres de Saint-Esprit de cette époque, la petitesse de ma foi et mon anxiété sur mes propres capacités me remplissaient plus que l’espérance !

Mais il y a plus dans l’exemple de la graine de moutarde que cela. Tout comme celle-ci, le Royaume de Dieu entre en éruption partout. Il est autant humble qu’omniprésent. Il peut tout autant prendre racine dans un pot sans prétention sur la fenêtre de la cuisine des pauvres que dans les vastes champs de blé des riches propriétaires. Si on laisse la plante créer ses graines, elle devient indéracinable. Elle repoussera tous les ans à des endroits où vous n’en voulez peut-être pas vraiment. Un cèdre dépend de l’air raréfié des montagnes et de vastes ressources souterraines d’eau. La vigne doit être soignée avec habileté et précautions pour produire du raisin. Mais la plante de moutarde prospère dans n’importe quel vieux bout de terre. Vos entendrez parfois les gens dire que la foi est une chose tellement fragile ; qu’elle doit être maintenue exactement dans les bonnes conditions pour pouvoir germer et grandir. Jésus contredit cela catégoriquement. La plante de moutarde était presque considérée comme nuisible (une sorte de mauvaise herbe glorifiée) précisément parce qu’elle était capable de pousser partout. Notre foi et notre vocation ont les mêmes caractéristiques. Notre vocation de prêtre, diacre ou chrétien est plus forte que nous le pensons. Si vous pensez que votre foi est faible ou fragile, prenez réconfort dans les mots de Jésus ! Notre foi ne se décourage pas aussi facilement. La graine est indéracinable une fois plantée. Elle ne sera pas écrasée ; aussi petite ou invraisemblable qu’elle soit. Dieu soit loué ; vous êtes plus forts et plus résistants que vous ne le pensez.

De grandes choses tirent souvent leurs origines des plus petites. Voici quelques exemples : Malheureusement, les petits mensonges que nous disons à propos de choses sans importance donnent souvent lieu à de plus grands mensonges que nous disons à propos de choses bien plus importantes. Personne n’entreprend de créer le gouvernement le plus corrompu qu’un pays n’ai jamais connu – cette transformation prend du temps. Elle commence avec l’infiltration lente de demi-vérités, jusqu’à ce que le jour arrive où nous faisons partie d’une culture ou la corruption est la norme. Il peut être très dur pour nous de pardonner aux autres et d’oublier le mal qu’ils nous ont fait. Nous avons tendance à ruminer les commentaires déplaisants que quelqu’un nous a faits, ou le mal qu’on nous a causé. Mais tout ce que cela nécessite est de faire un tout petit pas vers la personne qui nous a fait du mal, et tout à coup, sans même réaliser comment, nous avons planté la graine de la foi qui sera un jour capable de déraciner le plus profond de nos ressentiments. Parfois il est difficile de s’accrocher à l’espérance ; et pourtant une petite prière ou le plus honnête désir de cultiver la graine de celle-ci pourra bien nous mener à être capables de déraciner notre désespérance et de la jeter à la mer. S’il est vrai que de la plus petite des choses peut germer la corruption ou des sentiments dépressifs, pourquoi ne pourrait-il pas en être de même de l’opposé ? Pourquoi est-ce que la plus petite des choses de pourrait-elle pas apporter un jour un énorme sentiment d’espérance ou de joie ? En ce qui concerne les êtres humains, le bien tout autant que le mal germe de la plus petite des graines.

Quand je repense à mes 25 ans de ministère à Saint-Esprit, je suis profondément reconnaissant envers Dieu de m’avoir planté dans ce champ improbable. J’espère que vous ne me considérez pas comme une nuisance ou une mauvaise herbe. J’ai beaucoup de chemin à faire avant que ma foi ne puisse être comparée à la graine de moutarde dont Jésus parlait. Mais cette communauté chérie est un endroit où j’ai poussé de façons que je n’aurais jamais espérée ou anticipées, et où – tout comme vous – j’espère continuer de pousser encore plus. Merci !

NJM Ver. Fr. FS

St. Michael – Pentecost +16

St. Michael and All Angels
September 29, 2019
Genesis 28 :10-17   Revelation 12 :7-12    John 1 :47-51

Jacob’s ladder is probably one of the best-known dream stories in the whole Bible. It might even be one of the best-known dream stories in the world’s literature. It has inspired the imagination of story writers, poets, artists and scientists throughout the ages. The image of the ladder that reaches from heaven to earth and on which those angels climb and descend has given its name to all sorts of concepts and objects in our culture. A Jacob’s Ladder is a wooden toy that makes blocks move in what looks like perpetual motion. It is the name for a pattern in a game played with a loop of string by many peoples. (Cat’s Cradle in English, jeu de ficelle in French). It is the name of a creeping plant. It is the name of an electrical apparatus in which sparks fly between two tall wires set in a block of wood. The sparks remind people of bright angels. There are many geological formations and place names that go by the name of Jacob’s Ladder. It has been used as a name to describe everything from an exercise treadmill to the mysterious and beautiful form of the human genome.

Perhaps it isn’t surprising that Christian theologians through the centuries have interpreted the story of Jacob’s dream in many different ways. There are those who say that it gives us an insight into the story of the angels who fell from heaven at the beginning of creation – they are the ones who are descending the ladder. The angels who are ascending are the messengers of God who continue to intervene to protect God’s children in our fallen world. For other theologians, the ladder with its many rungs is a symbol of the mystical journey that our soul has to undertake in order to be re-united with God. These Christian mystics have given names to each rung of that ladder: the first rung is humility, the second repentance, the third prayer – and so on up the ladder until the final rung that symbolizes mystical union with God. For others the ladder is a symbol of the Virgin Mary, through whose body Christ descended to earth. Mary the mother of Jesus is sometimes depicted on icons holding a ladder in her hand. Medieval theologians thought that the ladder was a symbol of the mystical exchange that takes place in Holy Communion. Protestants have sometimes thought of the ladder as a symbol of the cross. They suggest that in contrast with the story of the Tower of Babel (in which human beings try to build a sort of ladder to reach heaven), Jacob’s Ladder shows us that the only way we can reach God is by God first reaching down to us.  Here are the basics of the story in the Bible: Jacob sets off on a dangerous journey to find a wife from a tribe of which his father approves. He is travelling through the wilderness when the sun sets. Being surprised by nightfall, he finds a comfortable looking stone on which to lay his head, and he falls asleep. While he is sleeping, he has an extraordinary dream. The dream is accompanied by a message from God. When he wakes up, he exclaims, “Surely the Lord was in this place, and I did not know it!”

It’s an extraordinary cry. Jacob has suddenly seen something that in fact was there all the time. It just took a flash of inspiration for him to see it. Jacob had this experience in an unlikely place: the no-man’s land of the wilderness with only a stone for a pillow. Perhaps we know this place better than we might at first think. Our stone pillows can be made of fear or anxiety, insecurity, or a feeling that we don’t deserve any better than our lot in life. They can be the stone pillows of anger, disappointed hopes, loneliness, frustration, or a feeling that we are trapped with no hope of escape. Those stone pillows are made out of the conditions of our jobs, our relationships with our families, friends or colleagues or spouses. All these stone pillows that we are obliged to lay our head on have three things in common. Firstly, just like Jacob, we have chosen them for lack of anything better. Secondly, these pillows give us dreams. If we are lucky, the dreams we dream will show us a way out of the hardships that we find ourselves in, and set us free from our bondage to fear, anger, loneliness, frustration or despair. We will wake up with the same cry, “Surely the Lord is in this place, and I did not know it!”

Finally, in the years I’ve been a priest, it’s very often the wilderness places in peoples’ lives (the places where they seem to have nothing but a stone on which to lay their head) that have led them to a discovery of God and of God’s love. We really have no choice. We can’t be anyone except ourselves; the child that God has made. We are forced to lie down where we find ourselves. But that place is full of angels. Angels live in God’s dimension, free from the constrictions of the limited dimensions in which we find ourselves. The angels live in the fifth dimension: the dimension in which God is always hiding, and always ready to be discovered by those who have the courage to lie down in the middle of their journeys and sleep in the wilderness to dream a dream that is peopled with the radiant messengers of God.

NJM

 

Le seizième dimanche après la Pentecôte – le 29 septembre 2019

L’échelle de Jacob est probablement l’un des récits de songes les plus connue de la Bible. C’est même peut-être le récit de songes le plus connu de la littérature entière. Il a inspiré l’imagination d’écrivains, de poètes, d’artistes et scientifiques à travers les âges. L’image de l’échelle qui relie la terre aux cieux sur laquelle les anges montent et descendent a donné son nom à toutes sortes de concepts et objets de notre culture. Une échelle de Jacob est un jouet en bois qui fait bouger des blocs dans un mouvement qui semble perpétuel. C’est le nom d’un motif dans un jeu qui a beaucoup d’adeptes où l’on fait des boucles avec une corde (Cat’s Cradle en anglais et jeux de ficelle en français). C’est le nom d’une plante grimpante. C’est le nom d’un appareil électrique qui produit des étincelles entre deux grand fils mis en place dans un bloc de bois. Les étincelles rappellent aux gens les anges lumineux. Il y a beaucoup de formations géologiques et d’endroits qui utilisent ce nom. Ce nom a été utilisé pour tout, du tapis de course à la forme mystérieuse et magnifique du génome humain.

Peut-être que ce n’est pas surprenant que les théologiens chrétiens à travers les siècles aient interprété l’histoire du songe de Jacob de bien des façons. Il y a ceux qui disent qu’elle nous donne un aperçu de l’histoire des anges qui sont tombés du ciel au début de la création – ce sont ceux qui descendent de l’échelle. Les anges qui montent l’échelle sont les messagers de Dieu qui continuent d’intervenir pour protéger les enfants de Dieu dans notre monde déchu. Pour d’autres théologiens, l’échelle avec ses nombreux barreaux est un symbole de l’aventure mystique que notre âme doit entreprendre afin d’être réunie avec Dieu. Ces mystiques chrétiens ont nommé chaque barreau de l’échelle : le premier est l’humilité, le deuxième le repenti, le troisième la prière – et ainsi jusqu’au dernier barreau en haut de l’échelle qui symbolise l’union mystique avec Dieu. Pour d’autres l’échelle est un symbole de la Vierge Marie, dont le corps a été le vaisseau du corps du Christ sur terre. Marie la mère de Jésus est parfois dépeinte sur des icones en train de tenir une échelle dans sa main. Les théologiens médiévaux pensaient que l’échelle était un symbole de l’échange surnaturel qui se déroule lors de la Sainte Communion. Les protestants ont parfois pensé à l’échelle comme à un symbole de la Croix. Ils suggèrent qu’en contraste avec l’histoire de la tour de Babel (où les humains ont essayé de construire une tour pour atteindre les cieux), l’échelle de Jacob nous montre que la seule façon de pouvoir atteindre Dieu aux cieux est si Dieu commence par tendre le bras pour nous atteindre ici-bas. Voici les bases de l’histoire de la Bible : Jacob se lance dans une aventure dangereuse pour trouver une femme d’une tribu que son père approuve. Il voyage à travers le désert lorsque le soleil se couche. Surpris par la tombée de la nuit, il trouve une pierre qui semble confortable pour y poser sa tête, et il s’endort. Pendant qu’il dort, il fait un rêve extraordinaire. Le rêve s’accompagne d’un message de Dieu. Lorsqu’il se réveille il s’exclame « C’est certain, l’Éternel est dans cet endroit et moi, je ne le savais pas ! »

C’est un cri exceptionnel. Jacob a vu soudainement ce qui en fait était là depuis le début. Il lui a juste fallu un éclair d’inspiration pour qu’il le voit. Jacob a fait cette expérience dans un endroit peu probable : les terres inhabitées du désert avec seulement une pierre comme oreiller. Peut-être que nous connaissons cet endroit mieux que nous pouvons le penser aux premiers abords. Notre oreiller de pierre peut être fait de peur ou d’anxiété, d’insécurité, ou d’un sentiment que nous ne méritons pas mieux que le sort de nos vies. Ils peuvent être les oreillers de la colère, des espoirs perdus, de la solitude, de la frustration, ou d’un sentiment que nous sommes prisonniers sans espoir de pouvoir nous échapper. Ces oreillers de pierre sont faits des conditions de notre travail, nos relations avec nos familles, nos amis, nos collègues ou nos époux. Tous ces oreillers de pierre sur lesquels nous sommes obligés de poser nos têtes ont trois choses en commun. Premièrement, tout comme Jacob, nous les avons choisis par manque de mieux. Deuxièmement, ces oreillers nous offrent des rêves. Si nous avons de la chance, ces rêves que nous faisons nous montreront une façon de nous sortir des adversités dans lesquelles nous nous trouvons, et ils nous libèreront de la servitude de la peur, la colère, la solitude, la frustration ou la désespérance. Nous nous réveillerons en exclamant de la même façon : « C’est certain, l’Éternel est dans cet endroit et moi, je ne le savais pas ! »

Enfin, durant les années pendant lesquelles j’ai été prêtre, c’est souvent les endroits de désert dans la vie des gens (les endroits où ils semblent n’avoir qu’une pierre sur laquelle poser leur tête) qui les ont menés à la découverte de Dieu et de son amour. Nous n’avons vraiment pas le choix. Nous ne pouvons être personne d’autre que nous même ; l’enfant que Dieu a fait. Nous devons nous étendre là où nous nous trouvons. Mais cet endroit est plein d’anges. Les anges vivent dans la dimension de Dieu, libre des constrictions de la dimension limitée dans laquelle nous nous trouvons. Les anges vivent dans la cinquième dimension : la dimension dans laquelle Dieu se cache toujours, et est toujours prêt à être découvert par ceux qui ont le courage de s’allonger au milieu de leur aventure et de dormir dans le désert pour faire un rêve rempli de message rayonnant de Dieu.

NJM Ver. Fr. FS

Pentecost +15 – Sermon

Pentecost XV
September 22, 2019
Jeremiah 8:18 – 9:1  I Timothy 2:1-7   Luke 16 :1-13

Over the past decades, it has become the vogue amongst those who study the growth and development of parishes to describe each parish in terms of its size and ministry. There are supposed to be four or five stages of growth in the life of a parish. The Chapel – where only Sunday services are celebrated; The Family Parish – where membership increases and a few programs or activities are arranged by the minister; The Pastoral Parish – where members are involved in arranging activities and the minister is responsible for the pastoral care of the members; The Program Parish – ¬where program directors cope with attendance that can sometimes be over one thousand people, and finally The Corporate Parish – a name which probably speaks for itself. Each stage in a Parish’s life is accompanied by its own difficulties and opportunities. I am not sure where a unique parish like St. Esprit fits on this scale. Perhaps we are more of a Pastoral Parish than a Family Parish – though this has not always been the case. As we settle into our identity of a Pastoral Parish, we need to make sure that we do not lose the best aspects of our identity of a Little Village Church in the heart of Manhattan. We must also make sure that a small number of people do not bear the largest share of the burden in the increased responsibilities that our Parish growth has necessitated.

As the years have gone by, we have gradually increased the number of projects and programs at St. Esprit. They have grown and developed to meet the exciting challenges of a growing and developing congregation. Not only do we have our regular Sunday services, we have special services, receptions and celebrations all the way through the year. We enjoy our Taizé service on Thursdays, our French lessons, concerts, plays, the weekly Bible study and midweek communion, the Wine Tastings, and many other activities that the church arranges during the year. None of these would be possible without the hard-working staff of the church, and the wonderful work of our committees, members and volunteers.

The church has become so busy that we have set aside this time of year to celebrate our rededication to the year’s cycle of activities. This gives everyone an opportunity to discover what happens in the church, and how best their gifts can be offered to make what we do even better. As with any well-organized and enjoyable event, a lot of the hard work that goes into its preparation remains invisible. On these Sundays in September, we are trying to make some of those tasks a little more visible, so that those of you who would like to lend a hand will be able to volunteer for the task that will use your abilities to best advantage. Fred has made this process so much easier by posting volunteer sheets and information about volunteer opportunities on line.

Our Gospel reading reminds us that there are no small tasks for which it is impossible to volunteer. The smallest tasks are indicators of our capacity to play a full role in the Kingdom of God. “There are no small roles, only small actors,” said Louis Jouvet, director of the Comédie française in the ‘thirties and ‘forties. Whatever we do, we do for the glory of God, knowing that we are playing our part in the Body of Christ. I do not want anyone to feel that their volunteer work at St. Esprit is a horrible burden. For many years I hesitated to ask for help, because I was afraid to put people off – perhaps people were not quite ready to take on those sorts of responsibility? Perhaps people just wanted a break from their responsibilities on a Sunday? But our church has grown not only in numbers, but in maturity and wisdom. We have also grown in our sense of belonging: not only to our beloved church, but to each other. The sad news of the death of Anne Cadoret has highlighted how much each one of us is appreciated, and how much we would be missed if we were no longer here. Each one of you is here for a reason, and each one of you has a special gift to offer.

To close, I want to draw your attention to the parable of the unjust steward from the Gospel of Luke. Many people view God in the light of the Master in that parable. According to them, God is the great Moral Account Keeper. He sees everything we do, and forgets nothing. The Last Judgment will be the Job Review to end all Job Reviews. Jesus challenges that cramped and limited view of discipleship. He calls us to view things differently. Jesus is not the Great Moral Comptroller. Just like the steward of the parable, we have not been a very good steward of what God has given to us. All we can do is to throw ourselves on God’s mercy, and count on him to rip up that account book and forgive our debts. That is precisely what Jesus was on his way to do on the cross. Our account-book is clean. Love keeps no record of wrongs. The Rentrée is precisely that: a coming home to the loving arms of the God who gave his all that we might glorify him forever.

NJM

 

Quinzième dimanche après la Pentecôte – le 22 septembre 2019

Au cours des dix dernières années, c’est devenu la mode au sein de ceux qui étudient la croissance et le développement des paroisses de décrire chaque paroisse en utilisant comme dénominateur leur taille et leur ministère. Il y aurait trois ou quatre étapes de croissance dans la vie d’une paroisse. Il y a la chapelle – où l’on ne célèbre que l’office dominical ; la paroisse familiale – où les adhésions augmentent et le ministre organise quelques programmes et activités ; la paroisse pastorale – où les membres sont en charge d’organiser les activités et le ministre est responsable du rôle de soutien et de conseil de ses membres ; la paroisse à programmes – où les directeurs des programmes font face à une assistance qui va parfois au-delà de mille personnes ; et enfin la paroisse d’entreprise – un nom qui parle surement de lui-même. Chaque étape dans la vie d’une paroisse s’accompagne de ses propres difficultés et opportunités. Je ne suis pas certain de la place qu’une paroisse unique comme Saint-Esprit occupe sur cette échelle. Peut-être que nous somme plus une paroisse pastorale qu’une paroisse familiale – bien que cela n’ait pas toujours été le cas. Et pendant que nous nous installons dans notre identité d’église pastorale, nous devons nous assurer que nous ne perdons pas les meilleurs aspects de notre identité de petite église de village au cœur de Manhattan. Nous devons aussi nous assurer que ce n’est pas un petit nombre de gens qui prend en charge la part du lion du fardeau des responsabilités grandissantes que la croissance de notre paroisse a entrainées.

Au cours des années, nous avons graduellement augmenté le nombre de projets et programmes à Saint-Esprit. Ils ont grandi et se sont développés pour s’accorder avec les défis passionnants d’une assemblée grandissante et en développement. Non seulement nous avons notre office régulier du dimanche, nous avons aussi des offices spéciaux, des réceptions et des célébrations toute l’année. Nous apprécions nos offices Taizé le jeudi, nos cours de français, nos concerts, nos pièces de théâtre, l’étude de la Bible et la communion de mi-semaine, les dégustations de vin, et bien d’autres activités que l’église organise au cours de l’année. Rien de cela ne serait possible sans le personnel de l’église qui travaille dur, et le merveilleux travail des comités, des membres et des volontaires.

L’église est devenue tellement animée que nous avons mis de côté ce moment de l’année pour célébrer à nouveau notre engagement au cycle des activités de l’année. Cela donne à tout le monde une opportunité de découvrir ce qu’il se passe dans l’église, et comment leurs dons peuvent être utilisés au mieux pour rendre ce que nous faisons encore meilleur. Comme pour toutes activités bien organisée et agréable, beaucoup de travail acharné nécessaire à sa préparation reste invisible. Ces dimanches du mois de septembre, nous essayons de rendre ces tâches un peu plus visibles, afin que ceux d’entre vous qui voudraient aider et se rendre utiles puissent se porter volontaires pour les tâches qui utilisent vos dons au mieux. Ce procédé est maintenant tellement plus simple grâce au formulaire en ligne grâce auquel vous pouvez vous renseigner sur les opportunités et vous y porter volontaires.

Notre lecture de l’Évangile nous rappelle qu’il n’existe pas de petites tâches pour lesquelles nous ne pouvons pas nous porter volontaire. Les plus petites tâches sont les indicateurs de notre capacité à jouer un rôle complet dans le Royaume de Dieu. Louis Jouvet, directeur de la comédie française dans les années 30 et 40, disait : « Il n’y a pas de petit rôle, que des petits acteurs. » Quoi que nous fassions, nous le faisons à la gloire de Dieu, sachant que nous jouons notre rôle dans le Corps du Christ. Je ne veux pas que quiconque ressente son travail à Saint-Esprit comme un horrible fardeau. Pendant bien des années, j’ai hésité à demander de l’aide, parce que j’avais peur de décourager les gens – peut-être qu’ils n’étaient pas complètement prêts à supporter ce type de responsabilités ? Peut-être qu’ils voulaient prendre congé de leurs responsabilités le dimanche ? Mais notre église a grandi non seulement en nombre, mais aussi en maturité et en sagesse. Nous avons aussi grandi dans notre sentiment d’appartenance : non seulement à notre église bien-aimée, mais les uns les autres. La triste nouvelle du décès d’Anne Cadoret a surligné à quel point chacun d’entre nous est apprécié, et à quel point nous serions regrettés si nous n’étions plus là. Chacun d’entre vous est ici pour une raison, et chacun d’entre vous a un don spécial à offrir.

Pour finir, je voudrais attirer votre attention vers la parabole de l’intendant infidèle de l’Évangile de Luc. Beaucoup de gens voient Dieu dans le rôle du maître dans cette parabole. Selon eux, Dieu est le grand Comptable de la Morale. Il voit tout ce que nous faisons, et n’oublie rien. Le Jugement Dernier sera un Entretien d’Évaluation pour mettre fin à tous les Entretiens d’Évaluation. Jésus remet en cause cette façon exigüe de voir l’apostolat. Il nous appelle à voir les choses différemment. Jésus n’est pas le Grand Contrôleur Générale des Morales. Tout comme l’intendant de cette parabole, nous n’avons pas été des très bons intendants de ce que Dieu nous a donné. Tout ce que nous pouvons faire est d’implorer sa miséricorde, et de compter sur lui pour déchirer ce livre de compte et d’effacer notre dette. C’est précisément la direction que Jésus prenait en se dirigeant vers la croix. Notre livre de compte est épuré. L’amour ne tient aucun compte du mal. La rentrée c’est précisément ça : un retour chez soi dans les bras aimants du Dieu qui s’est donné pleinement afin que nous puissions le glorifier pour toujours.

NJM Ver. Fr. FS

Pentecot +14 – Sermon

Fourteenth Sunday after Pentecost                    September 15, 2019

Jeremiah 4: 11-12, 22-28

I Timothy 1:12-17

Luke 15:1-10

One of my favorite aspects of the changing of the seasons from summer to autumn is the necessity of going through my wardrobe to find coats or trousers more suitable for the change in the weather. I have to confess that I don’t like the job itself since I am not by nature a terribly organized person; but I love to go through the pockets of clothes I last wore in April to see what I can find. I have often come across theatre or cinema tickets to shows I really can’t remember having seen, pens or documents I thought I had lost, and occasionally, if I am very lucky, a twenty dollar bill. For some reason it seems to me to be quite wrong to use the money discovered in this way for some prosaic purpose like purchasing washing-up liquid or potatoes. The crumpled and forgotten bill suddenly becomes a passport to pleasure – the excuse to have a drink with a friend or to buy a few oysters.

Now, I can’t imagine the woman Jesus tells us about in the parable of the lost coin ever misplacing money in this fashion. Jesus paints a picture of someone who is very organized. She has a sum of money amounting to ten silver pieces – the equivalent of ten days’ wages for a farm laborer. She is well aware that she has lost one of those coins, lights all the lamps in the house and sets to with a brush until she finds it. There is nothing inherently surprising in this. You or I would do exactly the same thing if we had lost a whole day’s wages somewhere in the house. It is what the woman in the parable does next that is interesting and illustrates the meaning at the heart of the story that Jesus tells. As soon as she finds the coin, she does not hoard it away with the other coins with a prudent promise to be more careful in the future. She calls her friends and neighbors together for a party to spend what she has found. It is one thing to be profligate with a twenty dollar bill which one rediscovers by chance in the bottom of a coat pocket. It is quite another to be profligate with a treasured amount of money one had lost and which has now been found. There is a similar surprising element to the parable of the lost sheep. The shepherd abandons ninety-nine sheep in the wilderness in order to go looking for just one of the sheep which has carelessly wandered away.

How are we to interpret these parables which have perhaps become so familiar to us that they have lost some of their power to surprise us? We think we know them so well: they are about God’s love for his special chosen people whom he singles out to receive the benefits of the saving death and resurrection of Christ. Perhaps we read them with a little historical sophistication. They are about the early church’s attempt to establish the credentials of the Gentiles whom God had come out to seek in preference to the ninety-nine saved sheep of the House of Israel. But let us take a moment to look a little more carefully at these parables in order to see what else we can find in them.

It is instructive to look at the context in which Jesus tells these parables, and at the nature of his audience. He is surrounded by the scribes and Pharisees who are telling each other in shocked whispers that a so called reputable Rabbi is eating and drinking with the scum of society. God’s love embraces the extremes — it leaves behind the boring sheep that clump together for conformity in order to seek out the stray and the lost. Do you remember the fate of the church in Laodicea in the Book of Revelation? “You are neither cold nor hot. Would that you were cold or hot! Because you are lukewarm and neither cold nor hot, I will spew you out of my mouth!” (Revelation 3:15-16)

God’s love is also impulsive — it really cannot help itself. The shepherd recklessly leaves the ninety-nine sheep in order to search for the one that is lost. His love is as abundant and as irresponsible as our urge to live itself. God is love — he can do no other than to seek out the lost and forgotten. There is no rational explanation for this love; it is simply what God is. God’s love is also profligate. We need to remember that Jesus tells these parables in the context of a party which was sufficiently degenerate to attract the disapproving comments of the scribes and the Pharisees. We also need to remember that both parables conclude with a reference to a party – a party of shepherds in the first instance, and a party of housewives in the second. The shepherd and the housewife throw parties to celebrate what they have found, and in so doing they give away more than their labors have recovered. Finally, God’s love is creative. It has the side effect of inspiring love and generosity in those who come to partake in the celebration through the overflow and excess of its abundance.

A love which is extreme, impulsive, profligate and creative. It is not surprising that the scribes and Pharisees wander away pouring scorn on Jesus at the conclusion of his parables. They had everything to lose and we have everything to gain by being caught up in the exuberance of God’s love.

 NJM

 

Le 14ème dimanche après la pentecôte | le 15 septembre 2019

Un des aspects que je préfère dans le passage de l’été à l’automne est la nécessité de parcourir ma garde-robe pour trouver des manteaux ou des pantalons plus adaptés au temps changeant. Je dois avouer que je n’aime pas cette corvée en elle-même car je ne suis pas, par nature, une personne terriblement organisée ; mais j’aime fouiller dans les poches des vêtements que j’ai portés en avril pour voir ce que je peux y trouver. Je suis souvent tombé sur des billets de théâtre ou de cinéma pour des films ou spectacles que je ne me souviens vraiment pas avoir vus, des stylos ou des documents que je pensais avoir perdus, et parfois, si j’ai beaucoup de chance, un billet de vingt dollars. Pour une raison quelconque, je ne pense pas qu’il soit convenable d’utiliser l’argent découvert de cette manière à des fins prosaïques, telles que l’achat de liquide vaisselle ou de pommes de terre. Le billet froissé et oublié devient tout à coup un passeport vers le plaisir – un prétexte pour prendre un verre avec un ami ou pour acheter quelques huîtres.

Maintenant, j’ai du mal à imaginer la femme dont Jésus nous parle dans la parabole de la pièce perdue perdre de l’argent de cette façon. Jésus dépeint une image de quelqu’un qui est très organisé. Elle a une somme qui représente dix pièces d’argent – l’équivalent de dix jours de salaire pour un ouvrier agricole. Elle est bien consciente d’avoir perdu l’une de ces pièces, elle allume toutes les lampes de la maison et en balaye tous ses recoins jusqu’à ce qu’elle la trouve. Cela n’a rien de surprenant en soi. Vous ou moi ferions exactement la même chose si nous avions perdu le salaire d’une journée entière quelque part dans la maison. C’est ce que fait ensuite la femme dans la parabole qui est intéressant et illustre le sens au cœur de l’histoire que Jésus raconte. Dès qu’elle trouve la pièce, elle ne l’accumule pas avec les autres pièces en faisant la promesse prudente de faire plus attention à l’avenir. Elle appelle ses amis et ses voisins à la rejoindre pour faire la fête et utilise ce qu’elle a trouvé. C’est une chose d’être dépensier avec un billet de vingt dollars qu’on redécouvre par hasard au fond de la poche d’un manteau. C’est une toute autre chose que de l’être avec une somme reed’argent précieuse perdue et retrouvée. Il y a un élément surprenant et similaire à la parabole de la brebis perdue. Le berger abandonne quatre-vingt-dix-neuf brebis dans le désert pour partir à la recherche d’une seule qui s’est négligemment égarée.

Comment interpréter ces paraboles qui nous sont peut-être devenues si familières qu’elles ont perdu un peu de leur pouvoir de nous surprendre ? Nous pensons les connaître si bien : elles parlent de l’amour de Dieu pour son peuple spécial choisi qu’il a désigné pour bénéficier des avantages de la mort salvatrice et de la résurrection du Christ. Peut-être les lisons-nous avec un peu de sophistication historique. Elles parlent de la tentative de l’Église primitive d’établir la justification des païens que Dieu était venu chercher plutôt que les quatre-vingt-dix-neuf brebis sauvées de la Maison d’Israël. Mais prenons un moment pour regarder un peu plus attentivement ces paraboles afin de voir ce que nous pouvons y trouver.

Il est instructif de regarder le contexte dans lequel Jésus raconte ces paraboles et la nature de son auditoire. Il est entouré de scribes et de pharisiens qui se disent, à voix basse, qu’un soi-disant rabbin réputé mange et boit avec l’écume de la société. L’amour de Dieu embrasse les extrêmes – il laisse derrière lui les brebis ennuyeuses qui s’assemblent pour se joindre dans la conformité afin de rechercher les errants et les égarés. Vous souvenez-vous du destin de l’église de Laodicée dans le livre de l’Apocalypse ? « Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Si seulement tu étais froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche. » (Apocalypse 3: 15-16)

L’amour de Dieu est aussi impulsif – il ne peut vraiment pas en être autrement. Le berger laisse imprudemment les quatre-vingt-dix-neuf brebis afin de rechercher celle qui est perdue. Son amour est aussi abondant et aussi irresponsable que notre envie de vivre. Dieu est amour – il ne peut faire autre chose que de rechercher les perdus et les oubliés. Il n’y a aucune explication rationnelle à cet amour ; c’est simplement ce que Dieu est. L’amour de Dieu est également débordant. Nous devons nous rappeler que Jésus énonce ces paraboles dans le contexte d’une fête suffisamment perverse pour attirer les commentaires désapprobateurs des scribes et des pharisiens. Nous devons également nous rappeler que les deux paraboles se terminent par une référence à une fête – une fête de bergers en premier lieu et une fête de femmes au foyer en second lieu. Le berger et la ménagère organisent des fêtes pour célébrer ce qu’ils ont trouvé. Ce faisant, ils donnent plus que leur travail ne leur a permis de récupérer. Enfin, l’amour de Dieu est créatif. Il a pour effet secondaire d’inspirer l’amour et la générosité de ceux qui viennent participer à la célébration par le débordement et l’excès de son abondance.

Un amour extrême, impulsif, prodigue et créatif. Il n’est pas surprenant que les scribes et les pharisiens s’éloignent en méprisant Jésus à la fin de ses paraboles. Ils avaient tout à perdre et nous avons tout à gagner à être entraînés dans l’exubérance de l’amour de Dieu.

NJM Ver. FR. FS

Pentecost +13 – Sermon

Thirteenth Sunday after Pentecost

8th September 2019

Jeremiah 18:1-11 Philemon 1-21 Luke 14:25-33

There was a curious piece of publicity being shown on the television which was intended to advertise an investment or an insurance company – I forget precisely which. It showed two people at a table sitting across from each other. An older woman dispensed advice to a younger woman, who appeared to be a younger version of herself. She spoke of the direction her life would take; counseling her on decisions concerning investments and the complexities of her emotional life. The advertisement concluded with the words: “Wouldn’t it be nice to speak to an older, wiser version of yourself?”

Now, on one level, such a thing would be a dream come true. We would all love someone to tell us what to do. It would be even better if that someone was a more perfect and informed version of ourselves. It would be a wonderful thing if we could take a shortcut around all the pain which comes from learning from our mistakes. I know many people who have attempted to something very like this through consulting a clairvoyant or a tarot card reader. Clairvoyants are sometimes able to tell us things which prove to be uncannily accurate, revealing facets of our characters of which we might have been hitherto unaware. They appeal to an authority which they believe to be rightly theirs by virtue of their ability miraculously to see into the future. But I feel that one thing that clairvoyants cannot do is bestow upon us a certain beauty which consists in the wisdom born from personal experience.

It is not just clairvoyants who peddle advice of a fatalistic or dictatorial nature. The Church has a share of that market too. We are very familiar with people in authority in the church who want to lay down the law about what we should or we should not do. “If you obey these laws,” they say, “You will be happy. If not, you will come to regret it. I know because I have the authority to say so.” People in authority in the Church are also sometimes liable to deprive us of the chance of developing an inner beauty and strength which comes from learning from our own mistakes.

Now, if we were to make a list of all the people in the New Testament whom we thought likely to appeal to their absolute authority as a disciple or apostle, I assume that Paul would be at the top of most of our lists. In many ways we would be right to put him there. He starts nearly all of his letters with the words “I Paul, an Apostle of Jesus Christ by the will of God.” He does so most of all in those letters which deal with weighty matters of Church administration or doctrine, in which an appeal to this sort of ultimate authority is perhaps understandable. But the Letter to Philemon which we heard read today is an exception. In his letter he is trying to give a piece of personal advice to another Christian concerning the matter of Philemon’s escaped slave who had ended up in the household of Paul. He could very easily have appealed to his authority as an apostle and laid down a course of action for Philemon and told him exactly what his duty was. But he prefers to treat Philemon as a responsible human being on whose love he can rely.

It is very easy in giving advice to people to lay down the law and to make them feel as if they have no minds of their own. This is especially true when people are passing though difficulties in their lives, and they lack confidence in their ability to make up their own minds. But Paul’s letter to Philemon teaches us that the starting point for helping others is to treat them as real people who can be trusted. The process of coming to a decision on a course of action is often just as important as the decision itself. We must trust each other with that responsibility, and not reproach ourselves for failing to tell them exactly what to do if things happen to turn out badly.

Let us return for a moment to the advertisement I referred to earlier. The world is loud with advice. We are bombarded with it constantly, about our spiritual, physical and mental health, on the best products to buy, on the best methods of crafting our own particular ‘lifestyle’. If we want to hear the voice of a wiser version of ourselves, we have to do two things. Firstly, we must attempt to shut out the constant noise of advice with which we are bombarded every day. We must not be afraid of waiting in silence to hear the still, small voice that is already speaking within us. Secondly, I think that it is important to seek the help of a friend or of someone we trust. That person can sometimes encourage us to think more clearly and help us to build on our strengths and recognize our weaknesses. Our path to wisdom and maturity cannot be dictated by others. It is our own responsibility and has as its aim a perfect love which is able to cast out all fear.

NJM

 

Le treizième Dimanche après la pentecôte                                            le 8 septembre 2019

Il y avait une curieuse publicité à la télévision qui visait à faire la promotion d’une compagnie d’assurance ou d’investissement – j’oublie précisément laquelle. Elle commençait avec deux personnes assises face à face autour d’une table. Une femme âgée offrait ses conseils à une femme qui semblait être une version plus jeune d’elle-même. Elle parlait de la direction que prendrait sa vie, la conseillant sur les décisions concernant ses investissements et les complexités de sa vie émotionnelle. La publicité se terminait par les mots suivants : « N’aimeriez-vous pas discuter avec une version plus âgée et plus sage de vous-mêmes ? »

D’un côté, cela serait un rêve devenu réalité. Nous aimerions tous que quelqu’un nous dise quoi faire. Ce serait encore mieux si cette personne était une version meilleure et mieux informée de nous-mêmes. Ce serait une chose merveilleuse si nous pouvions prendre un raccourci contournant toute la douleur résultant de l’apprentissage de nos erreurs. Je connais beaucoup de gens qui ont tenté quelque chose de très similaire en consultant un voyant ou en se faisant lire le tarot. Les clairvoyants sont parfois capables de nous dire des choses qui se révèlent étrangement exactes, révélant des facettes de nos caractères dont nous n’aurions peut-être pas été conscients jusqu’à présent. Ils font appel à une autorité qui, à leur avis, leur appartient à juste titre en raison de leur capacité à envisager le futur par miracle. Mais j’estime qu’une chose que les clairvoyants ne peuvent pas faire, c’est de nous offrir la certaine beauté que confère la sagesse née de l’expérience personnelle.

Ce ne sont pas seulement les clairvoyants qui colportent des conseils de nature fataliste ou dictatoriale. L’Église a également une part de ce marché. Nous connaissons très bien les personnes de pouvoir dans l’église qui veulent légiférer sur ce que nous devrions ou ne devrions pas faire. « Si vous obéissez à ces lois », ils disent : « Vous serez heureux. Sinon, vous allez le regretter. Je le sais parce que j’ai l’autorité de le dire. » Les personnes de pouvoir dans l’Église risquent aussi parfois de nous priver de la chance de développer une beauté intérieure et une force résultant de l’apprentissage de nos propres erreurs.

Maintenant, si nous devions faire une liste de toutes les personnes du Nouveau Testament que nous pensions susceptibles de faire appel à leur autorité absolue en tant que disciple ou apôtre, je suppose que Paul serait au sommet de la plupart de celles-ci. À bien des égards, nous aurions raison de le placer là. Il commence presque tous ses Épitres par les mots « De la part de Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu ». Il le fait surtout dans ses Épitres qui traitent de questions importantes relatives à l’administration ou à la doctrine de l’Église, Épitres dans lesquels un appel lancé à ce genre d’autorité ultime est peut-être compréhensible. Mais l’Épitre à Philémon que nous avons entendu aujourd’hui est une exception. Dans celui-ci, il tente de donner un conseil personnel à un autre chrétien. Ce conseil concerne l’esclave échappé de Philémon qui s’était retrouvé dans la maison de Paul. Il aurait très facilement pu faire appel à son autorité d’apôtre et décider de la marche à suivre pour Philémon et lui dire exactement quel était son devoir. Mais il préfère traiter Philémon en tant qu’être humain responsable, dont il peut compter sur l’amour.

Il est très facile de conseiller les gens, de légiférer, et de les faire se sentir comme s’ils n’avaient pas de capacité à penser. Cela est particulièrement vrai lorsque les gens traversent des difficultés dans leur vie et manquent de confiance en leur capacité à se faire leur propre idée. Mais l’Épitre de Paul à Philémon nous enseigne que le point de départ pour aider les autres est de les traiter comme de vraies personnes en qui on peut avoir confiance. Le processus permettant de prendre une décision et de définir un plan d’action est souvent tout aussi important que la décision elle-même. Nous devons nous faire mutuellement confiance avec cette responsabilité et ne pas nous reprocher de ne pas leur avoir dit exactement quoi faire si les choses tournaient mal.

Revenons un instant à la publicité dont j’ai parlé plus tôt. Le monde est bruyant, plein de conseils. Nous en sommes constamment bombardés, au sujet de notre santé spirituelle, physique et mentale, des meilleurs produits à acheter, des meilleures méthodes pour élaborer notre propre « mode de vie ». Si nous voulons entendre la voix d’une version plus sage de nous-mêmes, nous devons faire deux choses. Premièrement, nous devons tenter d’éviter le bruit constant des conseils avec lesquels nous sommes bombardés tous les jours. Nous ne devons pas avoir peur d’attendre en silence de pouvoir entendre la petite voix calme qui parle déjà en nous. Deuxièmement, je pense qu’il est important de demander l’aide d’un ami ou d’une personne de confiance. Cette personne peut parfois nous encourager à penser plus clairement et à nous aider à renforcer nos forces et à reconnaître nos faiblesses. Notre voie vers la sagesse et la maturité ne peut pas être dictée par les autres. C’est notre propre responsabilité, et elle a pour but un amour parfait capable de chasser toute peur.

NJM Ver. Fr. FS

Pentecots +12 – Sermon

Pentecost +12

September 1st, 2019

Jeremiah 2:4-13 Hebrews 13:1-8 Luke 14:1-14

I am always puzzled by the programs that public television chooses to show during a fund-drive.  In order to solicit contributions from viewers, the managers of the stations concerned invariably air some guru or other who tells us how we can change our lives for the better.  I am puzzled because I am not sure what sort of reaction this technique is intended to provoke.  Are the viewers supposed to think, “What excellent and informative programming this station has!  I must send them money straight away!” ?   Or, “Oh no!  Not this again!  I’d better send them money straight away to avoid two weeks of this nonsense!” ?

Whatever reaction such programming produces in us, it gives us an informative glimpse into the sort of subjects with which our society is preoccupied.  Over the years there have been specials on how to avoid aging by eating fruit or undergoing plastic surgery.  There have been lectures on how to become successful entrepreneurial millionaires by augmenting one’s killer business instinct.  There have been tours around people’s houses by experts in Feng- Shuei who have told us that our lack of success in love or money is entirely attributable to the position in which we have placed our sofas.   We have been treated to discourses on everything that affects our health, our money, our psychology and our souls.  These smiling gurus who have revealed their secret keys to personal success have one thing in common.  Unlike public television stations, they know that the best way into our bank accounts is a direct and shameless appeal to our vanity, our egotism and our sense of personal insecurity.

The teachings of Christ – especially those we heard from the Gospel of Luke today – seem to be in direct contrast to this need to enhance our egos and our images of ourselves whatever it may cost.  We heard about compassion shown to a diseased outcast in front of the powerful and rich religious leaders, despite strict religious rules of what it was lawful to do on the Sabbath.  We heard of an invitee to a banquet who put humility before self-aggrandizement.  We heard of the host of a party who put generosity before impressing others, and fairness to the disadvantaged before the furthering of his own social standing.  It all seems perfectly clear.  Jesus appears to be telling us that if we wish to be God’s children, we must put others before ourselves.  Unfortunately, we think we know the type.  Such people are often pushed by the secret resentment of the so-called martyr.  They give up what they really want, in the expectation that others will think them kind and good.  They don’t tell you what they would really like to do because they have a precious image of themselves as the givers – the self-sacrificing people who make the world go round, without whom everything would degenerate into dispute and chaos.  But are these vignettes the result of the pure gestures of simple souls who look no further than to efface themselves in lives lived for others?

When we look again at those vignettes in Luke chapter 14, we see that this martyr complex is the last thing that Jesus is advocating.  The invitee humbles himself, but he is rewarded by a public recognition of his status when he is asked to move higher up the table.  The host of the banquet invites the poor and the disabled, because he knows he will be repaid at the greater heavenly banquet that is to come.  Jesus describes to us a topsy-turvy world in which the values of self-worth are one and the same as the act of self-sacrifice.  It is by helping others and sharing what we have with them that we discover who we really are.  For the so called martyr, those very same acts are a means of whitewashing selfishness with the name of generosity, and conforming to an image of holiness which Jesus would repudiate as pharisaical.

What sort of holiness is Jesus advocating in his teachings?  Firstly, the sort of holiness which seeks for justice.  Such holiness is driven by the desire to feed the hungry, to clothe the naked and to honor the outcast.  Secondly, the sort of holiness that has nothing to do with self pity.  In his parables, he does not present us with heroes who lament that their acts of giving are misunderstood by the ignorant or the selfish.  Thirdly, the sort of holiness that begins and ends in love.  We are generous, honest and kind because we want to be – because it is now in our nature as children of God to wish to resemble the generous God of love who has adopted us as his own.

NJM

 

Le douzième dimanche après la pentecôte                                         le 1er septembre 2019

Je suis toujours perplexe devant les programmes que la télévision publique choisit de diffuser lors d’une collecte de fonds. Afin de solliciter les contributions des téléspectateurs, les responsables des chaînes concernées offrent l’antenne invariablement à des gourous qui nous disent comment nous pouvons améliorer nos vies. Je suis perplexe car je ne sais pas quel type de réaction cette technique est censée provoquer. Les téléspectateurs sont-ils supposés penser : « Quelle programmation excellente et informative par cette chaîne ! Je dois leur envoyer de l’argent tout de suite ! Ou bien : « Oh non ! Pas ça encore ! Je ferais mieux de leur envoyer de l’argent tout de suite pour éviter deux semaines de ces bêtises ! » ?

Quelle que soit votre réaction face à ce type de programmations, celles-ci nous donnent un aperçu informatif du type de sujets qui préoccupent notre société. Au fil des années, il y a eu des promotions sur la façon d’éviter le vieillissement en mangeant des fruits ou en ayant recours à la chirurgie esthétique. Il y a eu des formations sur la façon de devenir des entrepreneurs millionnaires en augmentant l’instinct de l’entreprise. Des experts du Feng-Shuei ont effectué des visites guidées dans les maisons de gens qui disent que notre manque de succès en amour ou en argent est entièrement imputable à la position dans laquelle nous avons placé nos canapés. Nous avons eu droit à des discours sur tout ce qui affecte notre santé, notre argent, notre psychologie et nos âmes. Ces gourous souriants qui ont révélé leurs clés secrètes du succès personnel ont un point commun. Contrairement aux chaînes de télévision publiques, ils savent que le meilleur moyen d’accéder à nos comptes bancaires consiste à lancer un appel direct et sans scrupule à notre vanité, à notre égoïsme et à notre sentiment d’insécurité personnelle.

Les enseignements du Christ – en particulier ceux que nous avons entendus dans l’évangile de Luc aujourd’hui – semblent être en contradiction directe avec ce besoin d’améliorer notre ego et nos images de nous-mêmes à tout prix. Nous avions entendu parler de compassion manifeste envers une paria malade devant les chefs religieux puissants et riches, malgré les règles religieuses strictes quant à ce qu’il était légal de faire le jour du sabbat. Nous entendons parler d’un invité à un banquet qui mettait l’humilité avant l’agrandissement personnel. Nous avons entendu parler de l’hôte d’une fête qui plaçait la générosité avant la volonté d’impressionner les autres et l’équité envers les défavorisés avant l’amélioration de son statut social. Tout semble parfaitement clair. Jésus semble nous dire que si nous voulons être les enfants de Dieu, nous devons placer les autres avant nous-mêmes. Malheureusement, nous pensons connaître des gens comme ça. Ils sont souvent poussés par le ressentiment secret du soi-disant martyr. Ils abandonnent ce qu’ils veulent vraiment, dans l’espoir que les autres les trouvent gentils et bons. Ils ne vous disent pas ce qu’ils aimeraient vraiment faire parce qu’ils ont une image précieuse d’eux-mêmes, celle où ils sont ceux qui se sacrifient et qui font bouger le monde, sans lesquels tout dégénérerait en conflit et en chaos. Mais ces portraits dans l’Évangile représentent-ils des gestes purs d’âmes simples qui ne cherchent qu’à s’effacer dans des vies vécues pour les autres ?

En revoyant ces portraits du chapitre 14 de Luc, nous voyons que ce complexe du martyr est la dernière chose que préconise Jésus. L’invité s’humilie, mais il est récompensé par une reconnaissance publique de son statut lorsqu’il lui est demandé de se mettre en avant à table. L’hôte du banquet invite les pauvres et les handicapés, car il sait qu’il lui sera rendu la pareille lors du grand banquet céleste à venir. Jésus nous décrit un monde à l’envers, dans lequel les valeurs de confiance en soi sont identiques à l’acte du sacrifice de soi. C’est en aidant les autres et en partageant ce que nous avons avec eux que nous découvrons qui nous sommes vraiment. Pour le prétendu martyr, ces mêmes actes sont un moyen de blanchir son égoïsme sous une prétention de générosité et de lui donner une image de sainteté que Jésus répudierait comme pharisaïque.

Quelle sorte de sainteté Jésus préconise-t-il dans ses enseignements ? Premièrement, le genre de sainteté qui demande justice. Une telle sainteté est motivée par le désir de nourrir les affamés, de vêtir ceux qui sont nus et d’honorer les exclus. Deuxièmement, le genre de sainteté qui n’a rien à voir avec la pitié de soi-même. Dans ses paraboles, il ne nous présente pas de héros qui déplorent que leurs actes de générosité soient mal compris par les ignorants ou les égoïstes. Troisièmement, le genre de sainteté qui commence et finit par l’amour. Nous sommes généreux, honnêtes et gentils parce que nous voulons l’être – car il est maintenant dans notre nature, en tant qu’enfants de Dieu, de vouloir ressembler au Dieu d’amour généreux qui nous a adoptés comme les siens.

NJM Ver. Fr. FS

Pentecost +11 – Sermon

Pentecost XI

August 25, 2019

Jeremiah 1:4-10 Hebrews 12:18-29 Luke 13:10-17

In the town where I grew up, Sunday was a day for going to church, eating a long lunch around the table with the extended family, and refraining from shopping (the stores were all closed anyway). If possible, all tedious work-related tasks were to be avoided. My family wasn’t particularly religious: it was the culture of market-town England that made Sunday what it was. I’m sure that things have changed enormously: churches aren’t as full as they used to be, more shops are open, and people’s work-schedules often require them to work at the weekend. But Sunday remains a different sort of day. Look around you in the streets near St. Esprit on a Sunday and you will see that they appear almost deserted in comparison with any other day of the week.

Even before the introduction of the notion of a special day of the week devoted to worship and rest, all the cultures of the world followed calendars that included regular feast-days devoted to worship, the sharing of food and refraining from all but the most vital daily tasks. Human beings aren’t designed to be work-machines; every one of us needs time to reflect on who we are, and why we do what we do. Perhaps that is why the idea of a Sabbath Day has provoked such controversy in the church. The controversies range from which day of the week it is supposed to be (Friday? Saturday? Sunday?) to what you are allowed to do on that day. The Sabbath has become a litmus test by which some Christians judge whether or not you are a ‘true Bible-believing Christian’. The Ligue du dimanche, the Lord’s Day Alliance and similar organizations are clear about what you can and can’t do on the Sabbath. They campaign against the opening of stores or factories. No movie theatres. Children’s playgrounds in Scotland used to have signs prohibiting their use on Sundays. No drinking, no card games, no reading of secular literature, no travel. It is certainly not a day of pleasure. It is a day for worship, the reading of the bible and spiritual reflection. It is a day that – more than any other day of the week – belongs to God, not to you.

There is nothing new about these controversies, as we saw from Luke’s gospel. At first, we read it as a story about Jesus being kind. On the Sabbath day, and despite the formal objections of the self-righteous members of the synagogue, he heals a woman who had been crippled for eighteen years. But there is more to this story than meets the eye. The sabbath day has always been associated with the ways in which our bodies and our minds work together. What are our bodies for exactly? Do our minds and souls ‘occupy’ them, or are they so enfolded with us that we can’t really separate them?   In Jesus’ eyes, the woman should not have to endure a moment’s more bodily suffering. The sabbath and its association with healing and rest are what count in his eyes. What day could be more perfect than the sabbath to be given relief from eighteen years of pain and suffering? Through Jesus’ action, this nameless woman becomes a sign that in God’s true sabbath the body is honored and cherished; not as a clumsy housing for the soul, nor as an income-producing machine nor as a thing to be disciplined or controlled, but as a gift from God. Our bodies are to be respected and enjoyed. We should listen to them, and we should learn from them.

WE think of ourselves as ‘using’ our bodies for all sorts of things. We fuel it with food and exercise it so that we can use it to make money and perform our daily tasks. We discipline it to best bring into effect the decisions that our minds make. But the sabbath is there to turn these ideas on their head. A day of rest gives us an opportunity to truly be where our bodies are: something we find hard to do. I’m writing this sermon in Maine overlooking a bay, and I’m reminded that very often, however beautiful our surroundings are, we don’t let our bodies be completely present in them. We let our minds wander to our worries and cares instead. By letting our bodies lead our minds for a moment, we will truly experience them as a gift from God.

Even in a secular society like ours, I’d like the sabbath day to be more observed. Not just because it would free up more people to come to church. Our culture tends to treat the body either as a health and beauty challenge or as a means of capitalist production. We have an uneasy relationship with our bodies as a result. Many in our city have hard physical jobs: cleaning, looking after children or the elderly, delivering heavy packages. Some in our city are the victims of human trafficking in which the body is reduced to a commodity. In these cases, Christian insistence on a sabbath is a moral necessity and not a sign of a ‘Bible-believing Christian’. The sabbath isn’t primarily a day of recovery from hard work, or a day to prove your spiritual credentials by going to church. It is an opportunity to be fully who you are: body, soul and spirit. A creature of God’s making who, through this weekly observance, is offered a foretaste of what our sabbath rest will be like when all our labors here are done.

NJM

 

Le onzième Dimanche après la Pentecôte                                                        le 25 août 2019

Dans la ville où j’ai grandi, le dimanche était une journée où on allait à l’église, on passait un long déjeuner autour de la table avec toute la famille et on s’abstenait de faire des achats (les magasins étaient fermés de toute façon). Si possible, toutes les tâches fastidieuses liées au travail devaient être évitées. Ma famille n’était pas particulièrement religieuse : les dimanches étaient ce qu’ils étaient parce que c’était la culture des bourgs anglais. Je suis sûr que les choses y ont énormément changé : les églises ne sont plus aussi pleines qu’autrefois, il y a plus de magasins ouverts et les horaires de travail obligent souvent les gens à travailler le week-end. Mais le dimanche reste un jour différent. Regardez autour de vous dans les rues près de Saint-Esprit un dimanche et vous verrez qu’elles semblent presque désertes par rapport à tout autre jour de la semaine.

Même avant l’introduction de l’idée d’un jour spécial de la semaine consacré au culte et au repos, toutes les cultures du monde suivaient un calendrier qui comprenait des fêtes régulières consacrées au culte, au partage de la nourriture et à l’abstention de toute tâche qui n’étaient pas des tâches quotidiennes vitales. Les êtres humains ne sont pas conçus pour être des machines de travail ; Chacun de nous a besoin de temps pour réfléchir à qui nous sommes et pourquoi nous faisons ce que nous faisons. C’est peut-être pourquoi l’idée d’un jour de sabbat a provoqué une telle controverse dans l’église. Ces controverses vont du jour de la semaine (vendredi ? samedi ? dimanche ?), à ce que vous êtes autorisé à faire ce jour-là. Le sabbat est devenu un test décisif par lequel certains chrétiens déterminent si vous êtes ou non un « vrai chrétien qui croit en la Bible ». La Ligue du dimanche, la Lord’s Day Alliance et d’autres organisations similaires expliquent clairement ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire le jour du sabbat. Ils font campagne contre l’ouverture des magasins ou des usines. On ne peut pas aller au cinéma. En Écosse, les terrains de jeux pour enfants comportaient des panneaux interdisant leur utilisation le dimanche. Pas d’alcool, pas de jeu de cartes, pas de lecture de littérature laïque, pas de voyage. Ce n’est certainement pas un jour de plaisir. C’est une journée d’adoration, de lecture de la Bible et de réflexion spirituelle. C’est un jour qui – plus que tout autre jour de la semaine – appartient à Dieu, pas à vous.

Il n’y a rien de nouveau dans ces controverses, comme nous l’avons vu dans l’évangile de Luc. Au début, nous lisons cela comme une histoire où Jésus est gentil. Le jour du sabbat, et malgré les objections formelles des membres pieux de la synagogue, il guérit une femme handicapée depuis dix-huit ans. Mais cette histoire ne se limite pas à ce que l’on voit. Le jour du sabbat a toujours été associé à la manière dont notre corps et notre esprit travaillent ensemble. A quoi servent nos corps exactement ? Est-ce que nos esprits et nos âmes les ‘occupent’ ou sont-ils tellement entremêlés que nous ne pouvons pas vraiment les séparer ? Aux yeux de Jésus, la femme ne devrait pas avoir à continuer d’endurer des souffrances corporelles. Le sabbat et son association avec la guérison et le repos sont ce qui compte à ses yeux. Quel jour pourrait être plus parfait que le sabbat pour soulager quelqu’un de dix-huit ans de douleur et de souffrance ? Par l’action de Jésus, cette femme sans nom devient un signe que lors du vrai sabbat de Dieu, le corps est honoré et chéri ; et non pas considéré comme un logement maladroit pour l’âme, ni comme une machine générant des revenus, ni comme une chose à discipliner ou à contrôler, mais comme un cadeau de Dieu. Nos corps doivent être respectés et appréciés. Nous devrions les écouter et apprendre de leurs expériences.

NOUS pensons que nous ‘utilisons’ notre corps pour toutes sortes de choses. Nous l’alimentons avec de la nourriture et l’exerçons afin de pouvoir l’utiliser pour gagner de l’argent et effectuer nos tâches quotidiennes. Nous le disciplinons pour que les décisions prises par notre esprit soient appliquées au mieux. Mais le sabbat est là pour inverser ces idées. Un jour de repos nous donne l’occasion d’être vraiment présent là où se trouve notre corps : une tâche difficile à réaliser. J’écris ce sermon alors que je suis dans le Maine avec une vue surplombant une baie et je me rappelle que très souvent, aussi beau que soit notre environnement, nous ne laissons pas notre corps y être complètement présent. Au lieu de cela, nous laissons nos esprits vagabonder vers nos soucis et nos inquiétudes. En laissant nos corps guider notre esprit un instant, nous en ferons vraiment leur expérience comme le don de Dieu qu’ils sont.

Même dans une société laïque comme la nôtre, j’aimerais que le jour du sabbat soit plus observé. Pas simplement parce que cela libérerait plus de gens pour venir à l’église. Notre culture a tendance à traiter le corps soit comme un défi de santé et de beauté, soit comme un moyen de production capitaliste. En conséquence, nous avons une relation difficile avec celui-ci. Beaucoup dans notre ville ont des tâches physiques pénibles : nettoyer, s’occuper des enfants ou des personnes âgées, livrer des colis lourds. Certains dans notre ville sont victimes de la traite des êtres humains dans laquelle le corps est réduit à une marchandise. Dans ces cas, l’insistance chrétienne sur un sabbat est une nécessité morale et non une affirmation que vous êtes un « chrétien qui croit en la Bible ». Le sabbat n’est pas principalement une journée de récupération après un dur travail, ni une journée pour prouver vos références spirituelles en allant à l’église. C’est une opportunité d’être pleinement ce que vous êtes : corps, âme et esprit. Une créature de Dieu qui, à travers cette observance hebdomadaire, se voit offrir un avant-goût de ce que sera notre repos de sabbat lorsque tous nos travaux ici seront terminés.

NJM Ver. Fr. FS

Pentecost +10 – Sermon

Pentecost X
August 18, 2019
Isaiah 5:1-7   Hebrews 11:29 – 12:2   Luke 12:49-56

As we studied the gospels of the New Testament this last spring, we discovered that the four gospels are not really ‘biographies’ of Jesus. Unlike most modern biographies of famous people, they don’t explore Jesus’ psychological development or the key moments of his life that shaped his mission. The gospels are more like stories about what he did, or passages of his teaching collected together by Matthew, Mark, Luke and John. Jesus shows emotion only very rarely: weeping at his friend Lazarus’ tomb or driving out the money changers in the temple for instance. He seems to move through his life at a stately and calm pace: facing his challenges with an equanimity that ultimately leads him to forgive even those who are nailing him to a cross.

Given this general impression, our passage from Luke comes as a bit of a surprise. Jesus sounds distressed. “How great is my distress until this is accomplished!” The fire that he speaks about has to be kindled in order for his mission to be accomplished, and when it is accomplished it is going to bring division on the earth. What has happened to the Jesus we thought we knew? Isn’t he supposed to be gentle, mild-mannered, even-tempered, compassionate, courteous and lovable? Perhaps he was a bit intense at times: but intense in a nice way. This passage of hard sayings disturbs our pious impressions of what Jesus was like; and even worse, it disturbs our impressions of what our churches or communities should look like if we are to model ourselves on him. “I came to cast a fire on earth, and would that it were already kindled! I have a baptism to be baptized with, and how great is my distress until it is accomplished! Do you think that I have come to give peace on earth? No, I tell you, but rather division!”

But what is this fire? We probably think that it must be something to do with judgement, because that is how Christians have interpreted it. My great-grandmother used to say, “You be careful! Last time God destroyed the earth it was with water, but next time it will be with fire!” But Jesus never tells us what this fire is. It is true that the Bible often refers to the purifying power of fire; a fire that destroys the world’s illusions and leaves only the truth of God remaining. In this sense, fire is indeed a sort of judgment.

But fire has another purpose and meaning in the Bible too: it brings light into darkness. As we hear at Christmas time, the fire is burning in the world in the person of Jesus, and the darkness can’t put it out. The fire that Jesus brings will enable us to see things for what they really are. No wonder that such a revealing fire causes division in the world! People are bound to react in anger when their selfish motives are exposed; when their exploitation of others is shown for what it is; when their disregard for the planet is shown up as thoughtlessness, greed and avarice; when their abuse of the stranger, the refugee and the exile is unmasked and shown to be selfish monopolization of resources that they themselves didn’t create.

Images of fire and a sword are very violent ones to use; but sometimes they are the closest images we can find to describe our life experience. Jesus says he is ‘bringing’ fire and sword to the earth, not wielding fire and sword against others. Some Christians have wanted to read the passage this way: they think it gives them the right to set out to burn and slaughter those whom they consider to be enemies of Jesus. But when we live as Jesus lived, the fire and the sword will be used against us. If you live as Jesus lived, you make it more likely than less likely that you will die as Jesus died. Jesus lived in a way that attracted the attention of violent and powerful men: that is why he is urging his followers to interpret the signs of the times. The more they teach and heal in the name of love and preach against the powers and authorities that wanted to control them, the more danger they put themselves in. These hard sayings are in Luke’s Gospel to remind us that if we live by love, we will be living in dangerous times.

The people who look after our national forests will tell you that fire is also a creative force. After a forest fire, dormant seeds will pop open and germinate in the ashy soil. Without fire, new life couldn’t burst open from the earth. Jesus urges us to stand in the fire that can burn, but will never destroy. The next time we feel ourselves burnt by the heat of our experience, when we think that the smoke around us is too thick to find our way, remember this strange fire that Jesus evokes in Luke’s gospel. The ashes that are left behind will be a starting point for new life. God is already kneeling beside you to encourage that growth. In the entrance of Holy Cross Monastery there is a plaque that reads: “Love must act, as light must shine, as fire must burn.” Fire, light and love: all three transform us into the likeness of Christ.

NJM

 

Dixième dimanche après la Pentecôte                                                                    le 18 août 2019

Pendant que nous étudiions les évangiles du Nouveau Testament au printemps dernier, nous avons découvert que les quatre évangiles ne sont pas vraiment des ‘biographies’ de Jésus. Contrairement à la plupart des biographies modernes de personnages célèbres, ils n’explorent pas le développement psychologique de Jésus ni les moments clés de sa vie qui ont façonné sa mission. Les évangiles ressemblent plutôt à des histoires sur ce qu’il a fait ou à des passages de son enseignement assemblés par Matthieu, Marc, Luc et Jean. Jésus ne montre que très rarement des émotions : quand il pleure devant la tombe de son ami Lazare ou chasse les changeurs d’argent du temple, par exemple. Il semble traverser sa vie à une allure sobre et calme : affrontant ses défis avec une sérénité qui l’amène finalement à pardonner même ceux qui le clouent à la croix.

Compte tenu de cette impression générale, notre passage de Luc est un peu surprenant. Jésus a l’air angoissé. ‘Quelle angoisse pour moi jusqu’à ce qu’il soit accompli !’ Le feu dont il parle doit être allumé pour que sa mission soit accomplie et, lorsqu’elle sera accomplie, il apportera la division sur la terre. Qu’est-il arrivé au Jésus que nous pensions connaître ? N’est-il pas supposé être doux, modéré, tempéré, compatissant, courtois et adorable ? Peut-être qu’il était un peu vif parfois : mais vif d’une manière agréable. Ce passage avec ces paroles dures trouble nos impressions pieuses de ce à quoi Jésus ressemblait ; et pire encore, cela perturbe nos impressions de ce à quoi nos églises ou nos communautés devraient ressembler si nous voulons suivre son modèle. « Je suis venu jeter un feu sur la terre ; combien je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Il y a un baptême dont je dois être baptisé, et quelle angoisse pour moi jusqu’à ce qu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais la division. »

Mais quel est ce feu ? Nous pensons probablement que cela doit avoir un rapport avec le jugement, puisque c’est ainsi que les chrétiens l’ont interprété. Mon arrière-grand-mère disait : « Faites attention ! La dernière fois que Dieu a détruit la terre, c’était avec de l’eau, mais la prochaine fois, ce sera avec le feu ! » Mais Jésus ne nous dit jamais ce qu’est ce feu. Il est vrai que la Bible fait souvent référence au pouvoir purificateur de celui-ci ; un feu qui détruit les illusions du monde et ne laisse que la vérité de Dieu. En ce sens, le feu est vraiment une sorte de jugement.

Mais le feu a également un autre but et un autre sens dans la Bible : il apporte la lumière dans les ténèbres. Comme nous l’entendons au moment de Noël, le feu brûle dans le monde en la personne de Jésus et les ténèbres ne peuvent l’éteindre. Le feu que Jésus apporte nous permettra de voir les choses pour ce qu’elles sont réellement. Pas étonnant qu’un tel feu révélateur provoque la division dans le monde ! Les gens sont destinés à réagir avec colère lorsque leurs motivations égoïstes sont exposées ; quand leur exploitation des autres est montrée pour ce qu’elle est ; quand leur indifférence pour la planète est révélée pour leur absence de pensée, leur cupidité et leur avarice ; quand ils abusent de l’étranger, du réfugié et de l’exilé, et qu’ils sont démasqués et que leur monopolisation égoïste des ressources qu’ils n’ont pas créées devient apparente.

Les images du feu et de l’épée sont très violentes ; mais ce sont parfois les images les plus proches que nous puissions trouver pour décrire notre expérience de la vie. Jésus dit qu’il ‘apporte’ le feu et l’épée sur la terre, pas qu’il brandit le feu et l’épée contre les autres. Certains chrétiens ont voulu lire le passage de cette façon : ils pensent que cela leur donne le droit de brûler et de massacrer ceux qu’ils considèrent comme des ennemis de Jésus. Mais quand nous vivons comme Jésus a vécu, le feu et l’épée seront utilisés contre nous. Si vous vivez comme Jésus a vécu, vous augmentez vos chances de mourir comme Jésus. Jésus a vécu d’une manière qui a attiré l’attention d’hommes violents et puissants : c’est pourquoi il exhorte ses disciples à interpréter les signes du temps. Plus ils enseignent et guérissent au nom de l’amour et prêchent contre les puissances et les autorités qui veulent les contrôler, plus ils se mettent en danger. Ces paroles dures sont dans l’évangile de Luc pour nous rappeler que si nous vivons par amour, nous vivrons dans des temps dangereux.

Les personnes qui s’occupent de nos forêts nationales vous diront que le feu est aussi une force créatrice. Après un feu de forêt, les graines dormantes vont s’ouvrir et germer dans le sol en cendres. Sans feu, la nouvelle vie ne pourrait pas éclater de la terre. Jésus nous exhorte à rester dans le feu qui peut brûler mais ne détruira jamais. La prochaine fois que nous nous sentons brûlés par la chaleur de notre expérience, lorsque nous pensons que la fumée qui nous entoure est trop épaisse pour nous frayer un chemin, souvenez-vous de cet étrange feu que Jésus évoque dans l’Évangile de Luc. Les cendres laissées seront un point de départ pour une nouvelle vie. Dieu est déjà à genoux à vos côtés pour encourager cette croissance. À l’entrée du monastère de la Sainte-Croix (Holy Cross Monastery) se trouve une plaque sur laquelle il est écrit : « L’amour doit agir, tout comme la lumière doit briller, et le feu doit brûler ». Feu, lumière et amour : tous les trois nous transforment pour ressembler au Christ.

NJM Ver. Fr. FS