Sermon – Sixth Sunday of Epiphany

Sixième dimanche après l’Épiphanie                                                                              16 février 2020

Au sommet de l’Arc de Triomphe à Paris se trouve une sculpture monumentale en bronze doré représentant la Paix installée sur un char triomphal tiré par quatre chevaux de front. C’est parfaitement conforme au style classique qui s’harmonise avec l’Arc lui-même. Dans la mythologie classique – d’où est tirée l’inspiration pour cette statue – le chariot était conduit par un dieu se tenant debout. Apollon conduisait ce char attelé de quatre chevaux à travers les cieux, pour donner au monde la lumière et chasser la nuit. A l’origine, l’Arc de Triomphe était surmonté de quatre chevaux qui avaient été volés par Napoléon dans la Basilique St. Marc à Venise lors de sa campagne contre l’Empire austro-hongrois en 1789. Après la bataille de Waterloo, la France les a rendus à la Ville de Venise – une des clauses du traité de paix qui avait été signé. La Ville de Venise avait, en fait, acquis ces chevaux de la même manière que Napoléon : les Vénitiens les avaient volés lors du pillage de Constantinople en 1204 durant la quatrième croisade.

Ce char tiré par quatre chevaux de front a inspiré bon nombre de sculpteurs et artistes car il était le symbole du pouvoir et une arme de guerre dans la période classique. Vous trouverez des statues similaires à celles de Venise et de l’Arc de Triomphe dans des villes du monde entier : au sommet de la Porte Brandebourg à Berlin (également dérobée par Napoléon) ; en haut du Théâtre Bolchoï à Moscou, et ici, à New York en haut de l’Arc sur la Place de la Grande Armée à Brooklyn – sauf que là, nous avons deux chevaux et non pas quatre. Dans la période classique, le char était appelé un quadrige et a donné son nom à une méthode d’interprétation de la Bible.

Le quadrige était extrêmement difficile à conduire. Les quatre chevaux devaient obéir au même instant à la commande du conducteur. Si l’un des chevaux était trop lent ou trop rapide, le char se renversait. Chaque cheval jouait un rôle crucial dans la stabilité et la rapidité du char. Le quadrige m’est venu à l’esprit alors que je pensais à la lecture d’aujourd’hui tirée du Sermon sur la Montagne dans l’Évangile de Matthieu. « Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le… si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la. » Il vaut mieux aller au ciel avec une seule main qu’en enfer avec les deux. Si l’on prend la Bible à la lettre, Jésus est en train de prescrire la loi de la Charia en ce qui concerne le vol.

Mais le sens littéral de la Bible n’est que l’un des chevaux qui nous tirent vers l’avant pour comprendre la signification ou le sens d’un de ses passages. Les chrétiens fondamentalistes affirment souvent que de prendre la Bible au pied de la lettre est la seule façon de l’interpréter. Ils disent qu’on ne peut pas faire confiance à celui qui ne pense pas que la Bible est une vérité littéraire car il ne peut pas interpréter ce que Dieu (ou Jésus) veut dire. Ils oublient que, lorsque Jésus compare les membres de l’église à des brebis, cela ne veut pas dire que nous devions manger de l’herbe. Quand il se décrit lui-même comme la Vigne, il ne suggère pas que l’on devrait l’arroser ou lui donner de l’engrais. Si le cheval du sens littéral était le seul à tirer le char, il se renverserait bien vite et il ne pourrait aller nulle part.

Les étudiants au Moyen-Âge récitaient un petit poème qui leur rappelait les quatre façons d’interpréter la Bible : « Littera gesta docet, quid credas allegoria / Moralis quid agas, quo tendas anagogia. » Voici la traduction grosso modo de ce petit poème : « La lettre nous montre ce que Dieu et nos ancêtres ont fait, l’allégorie nous montre ce que l’on doit croire, la morale nous donne les règles à suivre chaque jour, et l’anagogie nous montre où nous allons. » Les quatre façons de lire les passages de la Bible sont faciles à comprendre. D’abord, le sens littéral ou le sens du texte à la surface. Que s’est-il passé ? Qui a dit ou fait quoi ? Et de quelle façon leur culture a-t-elle affecté ce qu’ils ont dit ou fait ? Deuxièmement, quelle est la morale du texte ? Comment doit-on agir quand on a affaire à autrui ? Ensuite, quelle est la signification ‘spirituelle’ de ce qui a été dit ? Comment cela interfère-t-il avec ce que nous devons croire ? Et finalement, quand nous mettons ensemble ces trois interprétations, quel en est le sens définitif ? Que dévoile-t-il au sujet de notre avenir – au sujet du mystère qui est caché en Dieu ?

Comment utiliser ces quatre méthodes lors de notre lecture d’aujourd’hui ? D’abord, Jésus a prononcé exactement ces mots quand il a enseigné à ses disciples cette nouvelle loi. Ensuite, du côté de la morale, nous devrions couper tout lien avec notre désir de faire quelque chose de mal et prendre des dispositions pour ne plus le faire. Notre imagination peut facilement nous conduire à agir, et Jésus nous rappelle que si nous voulons agir suivant la morale, nous devons y prêter attention et agir en fonction. Du côté spirituel, les mots de Jésus nous montrent que la Loi n’est pas suffisante. Dieu nous donne la grâce de pouvoir transformer non seulement notre comportement, mais aussi nos pensées, d’une façon qui entraîne une guérison et une société plus juste. Finalement, les mots de Jésus nous montrent ce qui est à venir : un monde dans lequel les règles n’ont plus de raison d’être dans le royaume parfait où Dieu seul règne sur nos cœurs.

NJM Ver. Fr. FS

 

Sixth Sunday of Epiphany

February 16, 2020

Deuteronomy 30:15-20 I Corinthians 3:1-9 Matthew 5:21-37

On the top of the Arc de Triomphe in Paris there stands an enormous sculpture in gilded bronze depicting peace riding in a triumphal chariot pulled by four horses. It is very much in the classical style, in keeping with the arch itself. In classical mythology – the inspiration for this statue – the chariot was driven by a standing figure of a god. Apollo drove a four-horse chariot across the heavens, to dispense daylight and to chase away the night. The Arc de Triomphe was originally topped by four horses that had been looted by Napoleon from St. Mark’s Basilica in Venice in his campaign against the Austro-Hungarian Empire in 1789. After the battle of Waterloo, France returned the horses to the city of Venice as part of the peace treaty that was signed. The City of Venice had actually come by these ancient bronze horses in a manner identical to the way in which they were seized by Napoleon: the Venetians had stolen them following the looting of Constantinople in 1204 during the fourth Crusade.

The chariot pulled by four horses has been an inspiration to many sculptors and artists since it was used as a symbol of power and a weapon of war in the Classical world. You can find statues like the ones in Venice and atop the Arc de Triomphe in cities all over the world: on the Brandenburg Gate in Berlin (also seized at one time by Napoleon), on the Bolshoi Theatre in Moscow, and here in New York City on the Arch at Grand Army Plaza in Brooklyn – only here we have two horses and not four. In classical times, the chariot was called the Quadriga, and gave its name to a method of interpreting the Bible.

The Quadriga was notoriously difficult to drive. All four horses had to operate together under one single driver. If one horse ran too fast or two slow, the chariot would topple over. It was crucial that each horse play its part in keeping the chariot stable and on course. The quadriga came to mind as I was thinking about today’s reading from the Sermon on the Mount in the Gospel of Matthew. If your right eye causes you to sin, pluck it out. If your right hand causes you to sin, chop it off. It is better to go to heaven with one hand than to go to hell with both. If we take the Bible to be literally true, Jesus is prescribing Sharia Law for theft.

But the literal meaning of the Bible is only one of the four horses that pull us towards arriving at the meaning or significance of any of its statements. Christian Fundamentalists often claim that to interpret the Bible literally is the only way to read it. They say that anyone who does not believe that the Bible is literally true can’t be trusted to interpret what God (or Jesus) is saying. They forget that when Jesus describes the members of the church as sheep, he isn’t suggesting that we eat grass. When he describes himself as the Vine, he isn’t suggesting that we should water or fertilize him. If the literal horse was the only one pulling the chariot, it would soon topple over and go nowhere.

Medieval students had a little rhyme to remind them of the four ways of interpreting the Bible. “Littera gesta docet, quid credas allegoria / Moralis quid agas, quo tendas anagogia.” Loosely translated, the little poem means: The letter shows us what God and our ancestors did, the allegory shows us what to believe, the moral meaning gives us the rule of daily life, the analogy shows us where we are going. The four ways of reading any passage are easy to understand. Firstly, the literal meaning, or surface meaning of the text. What happened? Who said or did what, and how did their culture affect what they said or did? Secondly, what does the text mean morally? How are we to act on it when we deal with our neighbors? Thirdly, what is the ‘spiritual’ significance of what is being said? What does it say about what we should believe? And finally, when we put these three parts together, what is the totality of its meaning? What does it say about our future – about the mystery that is hidden in God?

How do we apply these four methods to today’s reading? Firstly, Jesus literally spoke these words when he was teaching his disciples about the new law. Secondly, morally speaking we should attempt to sever the connection that exists between our desire to do a bad thing, and our taking steps to act it out. Our imagination can easily lead to action, and Jesus is reminding us that if we wish to act morally, we should be aware of that connection and behave accordingly. Spiritually speaking, the words of Jesus show us that the Law is not enough. God gives us the grace to transform not just our behavior, but also our thoughts, in ways that bring about healing and a just society. Finally, Jesus’ words point us to what is to come: a world in which rules are no longer necessary in the perfect kingdom where God alone rules our hearts.

NJM

Fifth Sunday after Epiphany

February 9,2020

Isaiah 58:I-12 I Corinthians 2:I-16 Matthew 5:13-20

In the early 1600’s, the Puritan colonists of New England thought very highly of themselves indeed. One of their leading lights was the preacher John Winthrop, who preached a sermon in 1630 entitled “A Model of Christian Charity.” He warned his congregation that the world would be watching them, because they would be like ‘a city upon a hill’. He drew on the imagery of salt and light taken from the Sermon on the Mount, which is today’s reading from Matthew’s Gospel.

“We must consider that we shall be as a city upon a hill. The eyes of all people are upon us. So that if we shall deal falsely with our God in this work we have undertaken, and so cause Him to withdraw His help from us, we shall be made a story and a byword through the world… We shall shame the faces of many of God’s worthy servants, and cause their prayers to be turned into curses upon us, till we will be consumed out of the good land whither we are going.”

John Winthrop reminded his hearers that they were nothing less than God’s last best hope to represent Him on earth; and that the American colonies were the place where this great demonstration of God’s righteousness and sovereignty would take place. He believed that the colony should survive and thrive economically and morally; and that if it didn’t it would bring shame on God himself.

The Puritan community didn’t always practice the love towards one another that Winthrop was trying to recommend. Those same Puritans are not usually remembered for being particularly charitable or tolerant towards those who believed differently than they did. Perhaps it is a good thing that we no longer live in a society that sees itself as a Christian utopia in the making; although there are still many Christians who long for it, or lobby the government in Washington to bring it back. And so the debate the Puritans started continues in our day. Does anyone have the right to establish a universal Christian society by passing laws that are imposed on other people? Should our so-called Christian morality be a legal mandate, or only a recommendation?

I think that is one of the questions that make this passage so hard to preach about. When we hear Jesus telling us that we are the salt and light of the world, we are tempted – just like Winthrop – to believe that he is calling us to become a sort of blueprint for a perfected humanity. Even more dangerously, people who read the passage in this way would maintain that we alone have the capacity or the right to be that blueprint, because Jesus has called us – and no one else – to do that job. After all, in the same passage he tells us that our righteousness should exceed the righteousness of the Pharisees (the religious and legal authority of the day); so we are in fact called to be better than anyone else.

Perhaps we end up reading the passage in this way because we read it independently and not as a part of the sayings that come before it. The Bible was not divided into verses until the early 1500’s, and one of the problems that results from this division is that we tend to see passages in isolation instead of part of a flow. Just before today’s reading, Jesus has been talking about persecution – not about moral triumphalism. When he formulates the beatitudes, he does not say; “Blessed are the morally pure.” He does not say, “Blessed are the financially successful”. He equates those who are the salt and light of the world with the humble and with people in mourning. He says that the salt of the earth are the people who thirst to do what is right. He describes those who are the light of the world as the people who are merciful and pure in heart; the people who seek after peace. He tells us that if we are the salt and light of the world, we will be persecuted: “Blessed are you when people insult you and persecute you, and falsely say all kinds of evil against you because of me. Rejoice and be glad, for your reward in heaven is great; for in the same way they persecuted the prophets who were before you.

Many people have seen Christians as interfering do-gooders, and perhaps our reputation is well deserved. But it is not what Jesus meant when he called us the salt and light of the world. We try to remain faithful to the light that Jesus has kindled in our hearts. That faithfulness occasionally means that we end up throwing light on good and evil in a world where both exist side by side. We sometimes have to bring out the flavor of goodness or evil in a world that contains both. Both of these sayings underline the fact that the church should not be in the business of judging the world. Jesus reminded us in the Sermon on the Mount that we are here not to judge the world but to serve it.

NJM

 

Cinquième dimanche après l’Épiphanie                                                                                  9 février 2020

Au début des années 1600, les colons Puritains de la Nouvelle Angleterre avaient plutôt une haute opinion d’eux-mêmes. Une de leurs figures phares était le prêcheur John Winthrop qui a prêché en 1630 un sermon intitulé « Un Modèle de Charité Chrétienne ». Il y avertissait sa congrégation que le monde aurait les yeux sur elle, car elle serait comme « une ville au sommet d’une colline ». Il s’est servi de l’image du sel et de la lumière que nous retrouvons aujourd’hui dans la lecture de l’Évangile de Matthieu, et qui est tirée du Sermon sur la Montagne.

« Nous devons considérer que nous serons une ville au sommet d’une colline. Les yeux de tous seront sur nous. Et si, dans cette tâche que nous avons entreprise, nous ne faisons pas correctement notre part pour notre Dieu et qu’alors Il nous abandonne et nous ôte son appui, nous serons la risée et l’opprobre de tous dans le monde… Nous ferons honte à bien des dignes serviteurs de Dieu dont les prières se transformeront en malédictions contre nous, jusqu’à ce que nous soyons dépossédés de toute bonne terre là où nous nous rendons. »

John Winthrop a rappelé à son auditoire qu’ils n’étaient rien moins que le meilleur espoir pour Dieu de Le représenter sur cette terre et que les colonies américaines étaient l’endroit où seraient le mieux démontrées la droiture et la souveraineté de Dieu. Il était sûr que leur colonie allait survivre et prospérer économiquement et moralement ; et que, si par malheur ce n’était pas le cas, Dieu lui-même en serait couvert de honte.

La communauté puritaine ne montrait pas toujours cet amour pour les autres que Winthrop recommandait. On ne se souvient guère de ces Puritains comme étant particulièrement charitables et tolérants envers ceux qui avaient des croyances différentes des leurs. Peut-être est-il mieux que nous ne vivions pas dans une société qui se voit comme une utopie chrétienne en train de se créer. Quoique de nombreux chrétiens en ont encore la nostalgie et font pression sur le gouvernement à Washington pour la faire revenir. Ainsi le débat que les Puritains ont entamé à l’origine continue encore de nos jours. Qui a le droit d’établir une société chrétienne universelle en faisant passer des lois qui sont imposées à d’autres personnes ? Notre soi-disant moralité chrétienne doit-elle être un mandat légal ou simplement une recommandation ?

Voilà bien l’une des questions qui rend ce passage si difficile à prêcher. Quand nous entendons Jésus nous dire que nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde, nous sommes tentés – tout comme Winthrop – de croire qu’il nous appelle à être une sorte de modèle pour une humanité accomplie. Et, ce qui serait encore plus dangereux, que ceux qui lisent ce passage pourraient alors dire que nous sommes les seuls à être capables ou à avoir le droit d’être ce modèle, parce que Jésus nous a appelés – et personne d’autre – pour faire cette tâche. Après tout, dans ce même passage, il nous dit que notre vertu devrait même dépasser celle des Pharisiens (l’autorité légale et religieuse de ce temps-là). D’où l’on peut estimer que nous valons mieux que n’importe qui d’autre.

Peut-être est-ce là la façon de comprendre ce passage quand on le lit de façon isolée et non pas comme une partie de ce qui précède. La Bible n’a pas été découpée en versets avant le début des années 1500 et l’un des problèmes qui en résulte est que nous avons tendance à lire des passages isolés au lieu de les prendre comme une suite ininterrompue. Juste avant la lecture d’aujourd’hui Jésus parlait de la persécution – et non pas d’un triomphalisme moral. Quand il évoque les Béatitudes, il ne dit pas : « Heureux ceux qui sont purs moralement » ou bien « Heureux ceux qui réussissent financièrement ». En fait ceux qui sont le sel et la lumière du monde sont ceux qui sont humbles et qui ont le cœur triste. Il dit que le sel de la terre c’est ceux qui sont avides de faire ce qui est juste. Il décrit ceux qui sont la lumière du monde comme des gens généreux et purs de cœur ; ceux qui recherchent la paix. Et il nous dit que si nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde, alors nous serons persécutés : « Heureux serez-vous quand les hommes vous insulteront et vous persécuteront, lorsqu’ils répandront toutes sortes de calomnies sur votre compte à cause de moi. Oui, réjouissez-vous alors et soyez heureux, car une magnifique récompense vous attend dans les cieux. Car vous serez ainsi comme les prophètes d’autrefois : eux aussi ont été persécutés avant vous de la même manière. »

Beaucoup voient les chrétiens comme des bien-pensants plutôt gênants et peut-être cette réputation est-elle méritée. Mais ce n’est pas ce que Jésus voulait dire lorsqu’il nous appelait le sel et la lumière du monde. Nous essayons de demeurer fidèles à la lumière que Jésus a allumée dans nos cœurs. Cette fidélité peut faire en sorte que parfois nous jetions la lumière à la fois sur le bien et sur le mal dans un monde où tous deux existent côte à côte. Nous devons parfois mettre en évidence la saveur de ce qui est bon ou mal dans un monde qui contient les deux. Ces deux affirmations ne font que souligner le fait que l’Église ne devrait pas se préoccuper de juger le monde. Jésus nous a rappelé dans le Sermon sur la Montagne que nous ne sommes pas ici pour juger le monde mais pour le servir.

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – La Chandeleur (Candlemas)

Candlemas                            February 2, 2020

Malachi 3:1,-4 Hebrews 2:1,4-18 Luke 2:22-40

Major feasts of the church calendar have a far more ancient history than we might suppose. They are based on the holy days – or the sacred days – of the pagan calendars that pre-dated Christianity. Christmas takes place near the winter solstice. The Feast of John the Baptist takes place at the summer solstice. The date of Easter is based on the spring equinox, and the date of All Angels is based on the autumn equinox. The quarter days (that is, the days that lie half way between the equinoxes and the solstices) are also of liturgical significance. Today we are celebrating the quarter day between the winter solstice and the spring equinox. In the medieval period, this was the moment for the blessing of the seeds that would be sown in spring. It was when the first lambs were born: the very first taste of spring after the winter. In Rome this quarter day was celebrated with a procession named the Amburbale: a circuit of the city carrying lighted candles in honor of Juno Februata. It was a day dedicated to the Celtic goddess Brigid, during which the yuletide greens were finally removed from the house and burned. Today the general public has forgotten the origin of Candlemas. It has become known as “Groundhog Day” – the day when Punxsutawney Phil comes out of the ground to see if he can spot his shadow.

Candlemas in English, Feuermess in German, La Chandeleur in French. Why all this emphasis on fire and light? Here is a description of the festival by an Anglo-Saxon bishop writing in the eighth century: “We, on this day, bear our lights to church, and let them there be blessed. We go afterwards with the light amongst God’s houses and sing the hymns that are appointed. Though some of the men cannot sing, they can nevertheless bear the light in their hands. For on this day was Christ, the true light, borne into the temple, who redeemed us from darkness and brings us into eternal light.” Today, in many Roman Catholic regions, the candles blessed on this day are believed to possess marvelous powers: they are kept and lighted in times of storm or sickness. In Sicily, people light them in time of earthquake or when someone is dying.

At Candlemas we commemorate the day when Christ was carried into the temple by his mother to undergo the rite of purification. It is the day when the prophet Simeon sang “A light to lighten the Gentiles, and the glory of your People, Israel.” In the tradition of the Old Testament prophets, Malachi gives us a terrifying picture of the coming of the Messiah to the temple. He speaks of judgment and purification, and his coming is certainly something to be feared. “He is like a refiners fire, and like fuller’s soap.” The arrival of the Messiah will purge the temple of all evil, and eliminate corruption and sin. Malachi uses images of the forger’s fire and the clay that fullers use to cleanse wool of impurities. The earth-shattering and traumatic nature of the event requires the most graphic of imagery to convey how dramatic it will be.

The visit of God’s messiah to the temple which Malachi prophesied is recorded in Luke 2:22- 40. Instead of reading about a fierce prophet with fire in his eyes, we are presented with a little baby lying in his mother’s arms. The incident is completely unexpected, and it is recounted by Luke with some irony. It overturns everyone’s expectations. It is as far away from images of fire and acid as it is possible to imagine. Jesus is not welcomed by the high priests or the temple officials, but by and old man and an old woman who frequent the temple. How can we reconcile the prophecy of Malachi with the events recounted by Luke?

Our reading from Hebrews tells us that God’s Messiah is not some terrifying and superhuman prophet who will come to whip people into shape, whether they like it or not. He is someone of flesh and blood, just like us. And as someone of flesh and blood who shares our nature, he will also share our death. “He had to be made like his brethren in every respect, so that he might become a merciful and faithful high priest in the service of God to make expiation for the sins of the people.”

He has done this in order that our fear of judgment and death can be banished. He has overturned our expectations of judgment, because he has passed them himself. He purifies people not by threats, but by the power of love. I don’t want this to sound sentimental or trite. Love can be as painful and as traumatic as judgement. It cuts us to the quick. Love is a purifying fire that lays bare our deepest fears, our hopes and our desires, and throws a sharp light on our relationships with our family and our friends. Jesus refines and purifies us through the fires of his love. Through the power of his love, Jesus shared our temptations, our suffering, and even our death. Like Simeon and Anna, the two elderly worshippers in the Temple who took Jesus into their arms, we no longer need to fear death or judgement. Like Simeon and anna, for a brief moment during communion we can hold in our hands the little child that the prophets foretold. Candlemas reminds us that our long winter of judgement and fear is over. Spring is not so far away. Christ has entered the temple and kindled our hearts with the warmth of his love.

NJM

 

Le Chandeleur                                                                                       Dimanche 2 février 2020

Les fêtes religieuses majeures ont un passé bien plus ancien que l’on ne peut le penser. Elles sont basées sur le jours saints – ou les jours sacrés – du calendrier païen qui précède le christianisme. Noël est proche du solstice d’hiver. La fête de Jean le Baptiste est proche du solstice d’été. La date de pâques est basée sur l’équinoxe de printemps, et celle de la Toussaint sur l’équinoxe d’automne. Les jours de terme (c’est à dire les jours qui se trouvent entre les équinoxes et les solstices) ont aussi une signification liturgique. Aujourd’hui, nous célébrons le jour de terme entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps. Au moyen-âge, c’était le moment où l’on bénissait les graines que l’on planterait au printemps. C’était quand les premiers agneaux naissaient : le tout premier goût de printemps après l’hiver. À Rome, ce jour de terme était célébré par une procession appelée Amburbale : un circuit à travers la ville où l’on portait des bougies allumées en l’honneur de Juno Februata. C’était un jour dédié au dieu celte Brigit durant lequel les arbres de Noël étaient enfin retirés des maisons et brulés. Aujourd’hui le grand public aux États-Unis a oublié l’origine de la Chandeleur. Celle-ci y est maintenant connue sous le nom de “Groundhog Day” – le jour où Phil de Punxsutawney sort de son trou pour voir s’il peut apercevoir son ombre.

Candlemas en anglais, Feuermess en allemand, la chandeleur en français. Pourquoi insiste-t-on tant sur le feu et la lumière ? Voici une description du festival écrite au dix-huitième siècle par un Évêque anglo-saxon « En ce jour, nous portons nos lumières à l’église, et les y laissons afin d’être bénies. Nous allons ensuite avec la lumière au sein de la maison de Dieu et chantons les cantiques convenus. Bien que certains des hommes ne puissent chanter, ils peuvent néanmoins porter la lumière dans leurs mains. Car en ce jour fût Christ, la vraie lumière, porté au sein du temple, celui qui nous a racheté de l’obscurité et qui nous ramène vers la lumière éternelle. » Aujourd’hui. Dans beaucoup de régions catholiques, on croit que les bougies bénies en ce jour possèderaient des pouvoirs merveilleux : elles sont-gardées et allumées en temps de tempête ou de maladie. En Sicile, les gens les allument lors de tremblements de terre ou quand quelqu’un meurt.

À la chandeleur nous commémorons le jour où le Christ a été porté dans le temple par sa mère afin d’y procéder au rite de purification. C’est le jour où le prophète Siméon a chanté « Lumière pour éclairer les nations, en gloire d’Israël, ton peuple. » Dans la tradition des prophètes de l’Ancien Testament, Malachie nous dépeint un portait terrifiant de la venue du Messie au temple. Il parle de jugement et de purification, et sa venue est pour sûr quelque chose à craindre. « Car il sera semblable au brasier du fondeur, au savon de potasse des blanchisseurs. » L’arrivée du Messie purgera le temple de tout mal, et éliminera la corruption et le péché. Malachie utilise les images du brasier du fondeur et du savon de potasse que les blanchisseurs utilisaient afin de nettoyer les impuretés de la laine. La nature bouleversante et traumatisante de cet événement nécessite des images des plus graphiques afin de transmette à quel point celui-ci sera dramatique.

La venue du messie de Dieu au temple prophétisée par Malachie est mentionnée dans Luc 2:22-40. Au lieu d’y voir un prophète sauvage au regard enflammé, on nous y montre un petit enfant allongé dans les bras de sa mère. L’incident est complètement inattendu, et il est raconté par Luc avec une certaine dose d’ironie. Il renverse toutes les attentes. On ne pourrait pas imaginer être plus loin des images de feu et d’acide. Jésus n’est pas accueilli par le grand prêtre ou bien par les représentants du temple, mais par un vieil homme et une vieille femme qui fréquentent le temple. Comment pouvons-nous réconcilier la prophétie de Malachie avec les événements relatés dans Luc ?

Notre lecture de l’Epître aux hébreux nous dit que le Messie de Dieu n’est pas une sorte de prophète surhomme terrifiant qui viendra modeler ses gens à coups de fouet, que ça leur plaise ou non. Il est fait de chair et de sang, tout comme nous. Et comme toute personne faite de chair et de sang qui partage notre nature, il partagera aussi notre mort. « Voilà pourquoi il devait être rendu, à tout égards, semblable à ses frères afin de devenir un grand-prêtre plein de bonté et digne de confiance dans le domaine des relations de l’homme avec Dieu, en vue d’expier les péchés de son peuple. »

Il a fait cela afin que notre peur du jugement et de la mort puisse être bannie. Il a renversé nos attentes de jugement, parce qu’il en a fait l’expérience lui-même. Il purifie les gens, non pas par la force ou à l’aide de menaces, mais par le pouvoir de l’amour. Je ne veux-pas que cela ait l’air sentimental ou d’une grande platitude. L’amour peut être aussi douloureux et traumatisant que le jugement. Il est coupant et profond. L’amour est un feu purifiant qui dévoile nos peurs les plus profondes, nos espoirs et nos désirs, et lance une lumière aiguisée sur nos liens avec notre famille et nos amis. Jésus nous raffine et nous purifie à travers le feu de son amour. À travers le pouvoir de son amour, a partagé nos tentations, nos souffrances, et même notre mort. Comme Siméon et Anne, les deux fidèles âgés du temple qui ont pris Jésus dans leurs bras, nous n’avons plus peur de la mort et du jugement. Comme Siméon et Anne durant un bref moment pendant communion nous pouvons tenir dans nos mains le petit enfant que les prophètes ont annoncé. La chandeleur nous rappelle que notre long hiver de jugements et de peurs est fini. Le printemps n’est pas loin. Le Christ est rentré dans le temple et a allumé nos cœurs de la chaleur de son amour.

NJM Ver. Fr. FS

 

Epiphany III – Sermon

Third Sunday of Epiphany

Sunday, January 26 2020

Isaiah 9:1-4 I Corinthians l:10-18 Matthew 4:12-23

There was a time – and not so long ago – when most people who described themselves as Christians also identified themselves as belonging to a particular denomination. They were first and foremost Catholics, Methodists, Baptists, Episcopalians, Congregationalists etc, and didn’t move from denomination to denomination as the whim struck them. Church leaders occasionally met together for Ecumenical Discussions, in which the great aim was to unite two groups of Christians and enable them to share leadership positions and communion together. Since that time, the world seems to have become much smaller. While Christian leaders were meeting together to consider how some of these denominational barriers between them could be taken down, ordinary Christians in the pews were working and living alongside people from other denominations, attending their baptisms, weddings and funerals, and generally seeing much more of each other’s religious traditions than the Priests and Ministers who were engaged in the official talks. Nowadays it seems that everyone is in the Ecumenical movement, and that is certainly true of our little church of Saint Esprit. We come from many different religious traditions, and we share profoundly together without consciously thinking of ourselves as Ecumenical pioneers.

In our reading from Paul’s first letter to the Corinthians, we can see that this mutual understanding has not always been the case. The Christians in Corinth debated passionately about their baptismal differences: some said they ‘belonged’ to Paul, others to Peter (Cephas), and still others to a person identified as Apollos. The debate reminds us that even today, in some countries the call to belong to the Church is very far from a personal preference. It can be a matter of life or death in places where Christians are persecuted. Our own church of St. Esprit was founded by those who may well have described themselves as ‘belonging’ to Calvin rather than the Pope. We can be happy that for us, those days are long gone. But there is a downside to this change in atmosphere. In our society we are told that we belong to nobody. We belong to ourselves. Everyone deserves what they have; Self-Esteem is the order of the day. You are master or mistress of your own destiny, you deserve your rights and your possessions. You even deserve a gun if you want one (but not universal health-care or fair access to the legal system).

In our desperate attempt to assert our individuality and self-esteem, we become easy prey to the cult of celebrity. We ‘identify’ with certain people and take them as models for ourselves. The celebrity cult makes heroes out of singers and entertainers, politicians, rich business people, religious workers and even criminals. For someone who idolizes another individual, the object of their adoration can do no wrong. They live vicariously through them, and see their own individuality as linked to the talents or the fate of another. Of course, others can inspire us, but they should never become the primary way in which we define ourselves.

This is not just a modern phenomenon. In the time of Paul, the greatest celebrities were the traveling teachers or Rhetoricians. They traveled from city to city persuading people of the truth of a particular philosophy or religion through their eloquence and knowledge. The Corinthian Christians considered those who spoke about Jesus of Nazareth as rhetoricians, and that is why they are arguing about who is the better teacher and preacher. Paul is stern in his condemnation of their mistake. He tells them that he is a slave and a steward – he is no celebrity. We are not to judge the message based on the skill of the messenger or the force of their powers of persuasion. The church is not in the celebrity

business. Our personal identity is unique, and gifted to us by God. Christ heals us of our obsession with worldly values, and gives us back our dignity as the children of God. We meet in churches to build one another up in the light of the crucifixion and resurrection of Christ – not to celebrate the cult of a personality. Your testimony is uniquely yours. It may have been shaped by an encounter with a person that you consider to be an exemplary Christian, but that person may have been struggling in private ways that you could never see. They would be horrified to think that you consider yourself their ‘disciple’. We are disciples of Christ alone.

As a preacher, I need to be reminded of this truth every time I write a sermon. Preaching isn’t about the skillful manipulation of phrases. It is a means of reminding us of what our new community should look like. The preacher isn’t there to make people feel guilty or to build up their sense of ‘self-esteem’, a preacher is there to remind us of the primacy and supreme love of Christ.

NJM

 

Troisième Dimanche après l’Épiphanie                                                                                        26 janvier 2020

Il existait un temps – mais il n’y a pas si longtemps que cela – où ceux qui se disaient Chrétiens trouvaient leur identité dans l’appartenance à une dénomination spécifique. D’abord et avant tout, ils étaient catholiques, méthodistes, baptistes, épiscopaliens, congrégationalistes, etc. et ne changeaient pas de dénomination au gré de leurs humeurs. Les dirigeants ecclésiastiques se retrouvaient parfois pour des discussions œcuméniques dont le but principal était de réunir deux groupes de chrétiens afin de leur permettre de partager leur façon de diriger et la communion. Depuis, le monde semble être devenu plus petit. Alors que les dirigeants chrétiens se rencontraient pour déterminer de quelle façon les barrières qui s’élevaient entre eux pourraient être abattues, les chrétiens ordinaires travaillaient et vivaient à côté d’autres chrétiens de dénominations différentes, assistaient à leurs baptêmes, mariages et funérailles, et, en général, observaient les traditions les uns des autres, bien plus que les prêtres et ministres qui s’adonnaient à ces discussions officielles. De nos jours, il semble que nous appartenons tous à ce mouvement œcuménique et il en est certainement de la sorte pour notre petite église du Saint Esprit. Nous venons de diverses traditions religieuses et nous partageons cette richesse sans penser particulièrement que nous sommes des pionniers œcuméniques.

Dans la lecture tirée de la première lettre de Paul aux Corinthiens, nous pouvons voir que cette compréhension mutuelle n’a pas toujours été là. Les chrétiens de Corinthe argumentaient avec passion quant à leurs différences baptismales : certains disaient ‘appartenir’ à Paul ; d’autres à Pierre (Cephas) et d’autres encore à quelqu’un nommé Apollos. Ce débat nous rappelle que, même aujourd’hui, dans certains pays, l’appartenance à une Église est bien loin d’être un choix personnel. Dans les endroits où les Chrétiens sont persécutés, cela peut être un cas de vie ou de mort. Notre église du St. Esprit a été fondée par ceux qui pouvaient proclamer ‘appartenir’ à Calvin plutôt qu’au Pape. Nous pouvons être heureux que ces temps soient loin de nous. Mais il y a un mauvais côté dans ce changement d’attitude qui fait que, dans notre société, nous n’appartenons à personne. Nous appartenons à nous-mêmes. Chacun mérite ce qu’il a ; la Bonne Opinion de Soi est à l’ordre du jour. Vous êtes le maître (ou la maîtresse) de votre destinée, vos droits et vos possessions sont méritées. Vous avez le droit de posséder une arme si vous le désirez (mais, par contre, vous n’avez pas accès à un système universel de santé publique ou à des services légaux équitables).

Dans nos efforts désespérés d’établir notre individualité et notre amour propre, nous sommes une proie facile au culte de la célébrité. Nous nous ‘identifions’ à certaines personnes et les prenons pour modèles. Le culte de la célébrité fait des héros de chanteurs ou d’artistes de music-hall, de politiciens, de riches hommes d’affaires, religieux ou même de criminels. Pour ceux qui idolâtrent un autre individu, l’objet de leur adoration ne peut avoir tort. Ils vivent par procuration à travers celui-ci et voient leur propre individualité liée aux talents ou au sort de cette personne. Naturellement, on peut être inspiré par autrui, mais pas au point de n’être soi-même défini qu’à travers la personne en question.

Ce n’est pas seulement un phénomène actuel. Au temps de Paul, les célébrités étaient les érudits ou rhéteurs itinérants qui prodiguaient leurs enseignements. Ils passaient de ville en ville afin de persuader le plus grand nombre d’habitants de la vérité contenue dans une philosophie ou une religion particulière et ce, grâce à leur éloquence et à leur savoir. Les chrétiens de Corinthe estimaient que ceux qui parlaient de Jésus de Nazareth étaient des rhétoriciens et argumentaient pour déterminer lequel était le meilleur enseignant ou prêcheur. Paul corrige leur erreur avec âpreté. Il leur déclare qu’il est un esclave et un intendant, mais certainement pas une célébrité. Nous ne devons pas juger de la teneur du message en se basant sur la personnalité du messager ou sur ses pouvoirs de persuasion. L’église n’est pas liée au domaine de la célébrité. Notre identité personnelle est unique et nous est accordée par Dieu. Le Christ nous guérit de notre obsession pour les biens de ce monde et nous rend notre dignité d’enfants de Dieu. Nous sommes dans les églises pour nous soutenir dans la lumière de la crucifixion et de la résurrection du Christ – et non pas pour célébrer un culte de la personnalité.  Votre témoignage vous appartient. Il peut avoir été façonné par une rencontre avec quelqu’un que vous considérez comme un chrétien exemplaire, mais cette personne peut subir des luttes internes dont vous ne serez jamais témoin. Elle serait horrifiée à la pensée que vous vous considérez comme son ‘disciple’. Nous sommes les disciples du Christ uniquement.

En tant que prêcheur, il faut que je me souvienne de cette vérité à chaque fois que j’écris un sermon. Prêcher, ce n’est pas une utilisation adroite de mots ou de phrases. C’est une façon de nous rappeler ce à quoi notre nouvelle communauté devrait ressembler. Le prêcheur n’est pas là pour rendre les gens coupables mais pour développer dans chacun l’estime de soi ; il est là pour nous rappeler la prépondérance de l’amour suprême du Christ.

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – Epiphany II

Second Sunday of Epiphany

January 19, 2020

Isaiah 49:1-7 I Corinthians 1:1-9 John 1:29-42

It is strangely comforting to know that we are not the first generation to find the apostle Paul difficult. Many people today accuse him of being dogmatic, authoritarian, sexist, racist (in his letter to Titus he calls all Cretans imbeciles) and homophobic – in short, nothing short of a rabid wide-eyed Bible basher. It may surprise you to know that the problems that the Corinthian church had with the apostle Paul were of a different order. Paul’s letters to the Corinthians show us that the Christians in that city thought that he was ineffective at converting people, that he created cliques, and that he was a clumsy public speaker. Their criticisms did not stop there. The Corinthians accused Paul of insincerity – he flattered people and too often said one thing and did another. They accused him of behaving in a manner unbecoming to an Apostle, and claimed that he did not show enough miraculous powers to be a true disciple of Jesus. To sum up, the Corinthians questioned Paul’s claim to speak with any authority.

If the Christians in Corinth had a problem with Paul, it is equally true that Paul had a problem with them. He is about to write them a very stiff letter indeed. He is unhappy with their sexual mores. They are suing each other in the courts. They are confused about everything from marriage to the resurrection of the dead. They are arguing amongst themselves about what constitutes idolatry, the role of women in the church, and the use of miraculous spiritual gifts. In the first nine verses of his letter, Paul is introducing the mother of all complaints letters.

Nobody likes writing such letters. I myself hate having to complain about things. English people as a whole have difficulties with complaining in a clear and constructive way. They generally begin by saying, “I’m terribly sorry, but…” and end up giving the impression that the problem is all their fault. I have noticed that Americans are rather less shy of asserting their rights. The art of complaining is a talent very few of us has. Money Magazine has just devoted an entire issue to the subject – entitled How to Complain. According to them, there are three key elements to making a successful complaint.

1) Always be polite: no matter what happens. Treat the other person as a human being.

2) Don’t just moan. Always be constructive, and above all know what you want done.

3) Wherever possible, don’t speak to a minion; go to the very top of the organization.

How does poor old Paul measure up to the professional standards set by a twenty-first century cutting edge business magazine? Is he good at writing a complaints letter?

Is he polite? Well, yes. Perhaps he is a little ironic at times in his opening address, but he calls his readers saints. He thanks God for them; he admires their gifts, and blesses them in the name of the God whom they all serve together. All of this may well have made uncomfortable reading for a group of people who had put all their energy into criticizing Paul. Paul certainly does not judge them, patronize them, or begin by shouting at them.

Is he constructive? Most certainly. He points them to God’s grace and His ability to enable us to overcome all difficulties. He reminds the Corinthian Christians of God’s power to sustain us to the very end. He tells them that it is in the name of this faithful God that all the difficulties of the church will be resolved.

Does he make his appeal to the head of the organization? In the opening nine verses of his letter to the Corinthians, Paul mentions God six times, and Jesus eight times. It could not be more clear. Their disputes are not about Paul or his authority. They are about God’s authority and God’s ability to resolve their differences. The question that should be put is not “Can Paul be trusted?”, but “Can God be trusted?” Paul is a minion. God is in control.

Therein lies the power of Paul’s opening appeal. He puts everything into perspective. He does not set out to defend himself; neither does he set out to make himself popular. The same must go for our own disputes, whatever they are. We follow Paul’s instructions; the instructions which Money Magazine thinks that it has discovered in the name of good modern business practice. Firstly, we recognize each other’s dignity – not as consumers, nor even as fellow human beings, but as God’s chosen children; his saints. Secondly, we give thanks to God for each other, and our respective gifts. Thirdly, we bless each other in the name of the God whom we serve. Finally, we recognize that we all serve the same God; he is the God who is faithful to his promises and will not let his people down. When it comes to our shared life in the Body of Christ, Paul wants us all, himself included, to find our call, our purpose and our identity in the power and the grace of God.

NJM

 

DEUXIÈME DIMANCHE DE L’ÉPIPHANIE                                                       19 janvier 2020

Il est rassurant de savoir que nous ne sommes pas les premiers à éprouver des difficultés quand il s’agit de déchiffrer la personnalité de Paul. De nos jours, pas mal de gens le trouvent dogmatique, autoritaire, chauvin, raciste (dans sa lettre à Tite il traite d’imbéciles les habitants de l’île de Crète) et homophobe – bref, une espèce de tête brûlée qui se sert de la Bible comme d’un marteau. Vous serez donc surpris d’apprendre que les difficultés qu’éprouvaient les chrétiens de Corinthe à l’égard de Paul étaient d’un autre ordre. Les lettres de Paul aux Corinthiens nous démontrent clairement que les chrétiens de cette ville étaient d’avis que Paul était complètement inefficace dans sa façon de convertir les gens, qu’il avait formé des cliques qui se détestaient les unes les autres, et qu’il était un piètre orateur. Ses détracteurs ne se sont pas arrêtés là. Ils sont allés jusqu’à l’accuser de manquer de franchise. Paul flattait les gens et trop souvent disait une chose et en faisait une autre. Ces mêmes détracteurs disaient de lui qu’il se comportait d’une façon qui ne convenait pas à un apôtre. Ils étaient d’avis qu’il ne démontrait pas les pouvoirs miraculeux propres à un vrai disciple de Jésus. En résumé, ils ne le croyaient pas capable d’exercer une autorité quelconque.

Si les Corinthiens étaient montés contre Paul, il est aussi vrai que Paul de son côté avait un problème avec les Corinthiens. Le voilà sur le point de leur adresser une lettre dans laquelle il ne mâche pas ses mots. Il n’apprécie aucunement leurs pratiques sexuelles. Les Corinthiens ne cessent pas d’entamer des procès les uns contre les autres. Ils se trompent du tout au tout : depuis la question du mariage, jusqu’à la résurrection des morts. Ils se disputent entre eux sur la question de l’idolâtrie, sur le rôle des femmes dans l’église, et sur l’usage des dons spirituels miraculeux. Les neuf premiers versets de cette épître de Paul sont une introduction à toutes les objections qu’il nourrit à l’égard des Chrétiens de Corinthe.

Personne ne se plaît à écrire des lettres qui ne consistent qu’en reproches. Moi-même, je déteste me plaindre à propos de quelque chose qui ne va pas comme je le veux. On dit que les Anglais, d’une manière générale, ne réussissent pas à formuler leurs plaintes d’une façon directe. Ils tournent autour du pot, et débutent en disant quelque chose comme « Je suis désolé, mais… » et ils finissent ainsi par donner l’impression que le problème est de leur faute. J’ai remarqué que les Américains sont moins timides quand il s’agit de faire valoir leurs droits. L’art de se plaindre est un talent qui n’est pas donné à tout le monde. Money Magazine a consacré un article à ce sujet, intitulé How to Complain (Comment se plaindre). Selon cet article, il y a trois éléments clefs qui garantissent le succès :

1) Soyez toujours poli – quelles que soient les circonstances. Traitez la personne avec qui vous parlez comme un être humain.

2) Retenez-vous de geindre. Soyez toujours positifs et surtout exprimez clairement ce que vous voudriez.

3) Si possible, ne vous adressez pas à un subalterne ; mais adressez-vous directement au chef de l’organisation.

Comment ce pauvre Paul peut-il être à la hauteur des attentes fixées par un magazine d’affaires pointu du vingt-et-unième siècle ? Est-il doué dans l’art de rédiger ses plaintes ?

Est-il poli ? Oui, certainement. Il lui arrive d’être parfois un peu ironique au début de ses lettres lorsqu’il appelle ses lecteurs des saints. Il remercie Dieu pour leur existence, il admire les dons que Dieu leur a accordés, et il les bénit au nom de ce même Dieu qu’ils servent en commun. Tout cela a dû mettre mal à l’aise ceux à qui la lettre était adressée, puisque ces derniers s’étaient employés à le critiquer. Paul se refuse de les réprimander, de les traiter avec condescendance et de les juger.

Est-il positif ? Assurément. Il leur fait valoir la grâce de Dieu, et sa capacité de nous aider à surmonter toutes nos difficultés. Il leur dit que Dieu est toujours fidèle à ses promesses, et qu’il les soutiendra jusqu’à la fin des temps. C’est en son nom que les difficultés de l’Église se ressouderont.

Paul s’adresse-t-il directement au chef de l’organisation, comme recommandé ? Dans les premiers versets de sa lettre, Paul fait référence à Dieu six fois, et au Christ au moins huit fois. Il ne peut pas être plus clair. Il ne fait pas référence à lui-même ou à sa propre autorité, mais à l’autorité de Dieu, et à la capacité de Dieu de résoudre les problèmes. La question qui se pose est celle-ci : « Pouvons-nous placer notre confiance en Dieu ? » et non pas « Pouvons-nous placer notre confiance en Paul ? » Paul est un subalterne, c’est Dieu qui règne.

C’est là que réside le pouvoir de l’ouverture de la lettre Paul. Il met tout en perspective. Il n’a pas l’intention de se défendre ; il ne cherche pas non plus à se rendre populaire. Il en va de même pour nos propres différends, quels qu’ils soient. Nous devons suivre les instructions de Paul, ces instructions que Money Magazine pense avoir découvert au nom des pratiques efficaces des affaires modernes. Tout d’abord, nous devons reconnaître la dignité de chacun – non pas en tant que consommateurs, ni même en tant qu’êtres humains, mais en tant qu’enfants de Dieu – des saints. Ensuite, il nous faut rendre grâce à Dieu pour chacun d’entre nous et pour nos dons particuliers. Puis nous devons nous bénir les uns les autres au nom du Dieu que nous servons. Enfin, nous reconnaissons que nous servons tous le même Dieu, ce Dieu qui est éternellement fidèle à ses promesses et ne nous abandonnera pas. Lorsqu’il s’agit de notre vie partagée dans le Corps du Christ, Paul veut que nous tous, lui inclus, puissions trouver notre vocation, notre but et notre véritable identité dans la puissance et la grâce de Dieu.

NJM Ver. Fr. FS

 

 

Epiphany I – Sermon

Epiphany I

January 12, 2020

Isaiah 42:1-9    Acts 10:34-43    Matthew 3:13-17

After all the excitement and color of the Christmas season, the season of Epiphany (which lasts from January 6 until the first day of Lent) can seem a bit dull in comparison. In Greek, Epiphany means ‘to shine upon’, and it refers to Jesus’ shining upon – or becoming known to – those whom he first meets. During the next few weeks we will hear about the start of his public ministry when he is baptized by John, his first miracle of turning water into wine, his presentation in the temple when he is forty days old (Candlemas), the call of the first disciples by the sea of Galilee and his Transfiguration on the mountaintop.

After all of these spectacular manifestations or ‘epiphanies’ it may come as a bit of a surprise to hear that halfway through Matthew’s Gospel, when Jesus asks his disciples the question “Who do people say that I am?”, they give a whole variety of answers. Nobody is quite sure. Maybe he’s John the Baptist reincarnated? Maybe Elijah or one of the other prophets? So, Jesus asks the question more bluntly. He says, “Who do you say that I am?” And Peter replies, “You are the Christ. The Son of the Living God.” In our reading from Matthew today, we heard that long before the moment of Peter’s recognition, Jesus had known who he was. After his baptism, Jesus alone sees the dove descending, and hears God’s voice declaring, “You are my beloved son, with whom I am well pleased.”

In the thirteen intervening chapters, Jesus has been walking through the countryside – including through his own home town – aware of his true identity but unrecognized even by his closest disciples. He remains something of a stranger to those who love him. In fact, in Mark’s gospel, it is only the demons who call him by his true name and recognize him for who he really is. I suppose that this is a fairly common literary device; a character who knows his true identity but doesn’t declare it openly. Think of Odysseus, or Clark Kent who is really Superman, or Severus Snape in the Harry Potter books. The literary device is popular because we can all sometimes feel like this. We might not be conventional superheroes, but every one of us from time to time feels that our true identity is hidden – that we are not fully known as ourselves even by the people who love us the most.

Perhaps this is most keenly felt when someone gives you a compliment and you brush it aside saying, “No, really, it was nothing….”, or when someone criticizes you and you don’t recognize yourself in that criticism at all. We can veer between thinking that if people really knew who we are deep down inside they would embrace us and love us and admire our bravery: and then on other days feeling that if they really knew who we are they would turn away from us in disgust. There are even days when the only ones who seem to know us properly are our own little demons. They are the inner voices that tell us that we are not worthy of anything, that we are full of self-doubt, hemmed in by our inadequacies and worries.

If you have ever felt like this, the celebration of Jesus’ baptism today should give you hope and reassurance. Jesus’ baptism takes place in a river, not in a static and self-contained pond or bath. The water is flowing; it is in a constant state of movement, just like love itself. It never stands still and it is always open to new possibilities and new ways of making itself known. We are baptized into the flow of that love. And just like Jesus, we too hear God’s words, “You are my beloved child, in whom I am well pleased.”  In our baptism, we become one with Jesus, and we are re-born in him. We have nothing to be ashamed of, and we have nothing to hide. We are nothing less than daughters and sons of God.

Once we begin to understand this, those voices of self-doubt, those fears of our own inadequacy and those worries that hem us in will all begin to shrink in size. Instead of being trapped in place, we will enter into the ceaseless flow of God’s love. Those demons whom we trusted will be recognized for who they really are; liars that are trying to immobilize us in fear and stop us from seeing ourselves as God sees us.

Our baptism is not just a one-off event. Mine happened a very long time ago in a church on the top of a hill in England. Just like the flowing river, our baptism is an ongoing and dynamic commitment. At the start of a new year we can recommit ourselves to the promises that were made by us or our parents and godparents when we were baptized: To continue in the breaking of the bread and in prayer, to resist evil, to proclaim the good news of God in Christ, to seek and serve Christ in all persons, to love our neighbor as ourselves, to strive for justice and peace among all people and to respect the dignity of every human being. If we let ourselves be carried along by that river, our New Year will truly be a happy one.

NJM

 

Le premier Dimanche après l’Épiphanie                                                           Le 12 janvier 2020

Après toutes les excitations et couleurs de la saison de Noël, la saison de l’Épiphanie (qui dure du 6 janvier au premier jour du Carême) peut sembler assez fade en comparaison. En Grec Épiphanie veut dire « briller sur quelque chose », et cela fait référence à Jésus qui brille sur – ou devient connu par – ceux qu’il rencontre pour la première fois. Durant les prochaines semaines nous allons entendre parler du commencement de son ministère publique quand il est baptisé par Jean, son premier miracle lorsqu’il transforme l’eau en vin, sa présentation au Temple quand il a 40 jours (la Chandeleur), l’appel des premiers disciples près de la Mer de Galilée, et sa transfiguration au sommet de la montagne.

Après toutes ces manifestations spectaculaires ou « épiphanies » cela peut être surprenant d’apprendre qu’au milieu de l’Évangile de Matthieu, lorsque Jésus demande à ses disciples : « Qui dit-on que je suis ? », ils donnent des réponses différentes. Personne ne sait vraiment. Peut-être est-il la réincarnation de Jean le Baptiste ? Peut-être Elie ou un des autres prophètes ? Alors Jésus pose la question plus directement. Il dit : « Qui dites-vous que je suis ? » Et Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Dans notre lecture de Matthieu aujourd’hui, nous entendons dire que bien avant sa reconnaissance par Pierre, Jésus avait appris qui il était. Après son baptême, Jésus seul voit la colombe descendre et il entend : « Tu es mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. »

Dans le XIIIe chapitre que je viens de mentionner, Jésus marchait à travers la campagne – y compris sa ville de naissance – au courant de sa vraie identité mais non-reconnu, et ce même par ses disciples les plus proches. Il reste une sorte d’étranger pour ceux qui l’aiment. En fait, dans l’Évangile de Mark, ce n’est que les démons qui l’appellent par son vrai nom et reconnaissent qui il est vraiment. Je suppose que c’est une figure de style assez commune ; un personnage connait sa vraie identité mais ne la déclare pas ouvertement. Pensez à Ulysse, ou Clark Kent qui est réellement Superman, ou Severus Rogue dans Harry Potter. Cette figure de style est populaire parce que nous pouvons tous nous y retrouver. Nous ne sommes peut-être pas des superhéros conventionnels, mais chacun de nous de temps en temps se sent comme si notre vraie identité était cachée – que nous ne sommes pas réellement reconnus comme nous-mêmes, et ce même par ceux qui nous aiment le plus.

Peut-être que cela est ressenti le plus ardemment lorsque quelqu’un vous fait un compliment et que vous le refusez poliment en disant : « Non vraiment, ce n’est rien… », ou lorsque quelqu’un vous critique et vous ne vous reconnaissez pas dans le portrait de vous qui y est fait. Nous pouvons à un moment penser que si les gens nous connaissaient vraiment au plus profond de nous-mêmes ils nous accepteraient et nous aimeraient et admireraient notre bravoure ; puis à un autre ressentir que s’ils savaient réellement qui nous étions ils s’enfuiraient dans le dégoût. Il y a même des jours où il semble que les seuls qui semblent vraiment savoir qui nous sommes sont nos propres petits démons. Ce sont les petites voix intérieures qui nous disent que nous ne valons rien, que nous sommes pleins de doutes sur nous-mêmes, pris au piège par nos insuffisances et nos soucis.

Si vous vous êtes déjà sentis comme cela, la célébration du baptême de Jésus aujourd’hui devrait vous donner de l’espérance et vous rassurer. Le baptême de Jésus s’est déroulé dans un fleuve, pas dans une bassine ou dans un bain où l’eau est contenue. L’eau coule ; elle est constamment en mouvement, tout comme l’amour. Elle ne reste jamais figée et reste toujours ouverte à de nouvelles possibilités et de nouvelles façons de se faire connaitre. Nous sommes baptisés dans l’écoulement de cet amour. Et tout comme Jésus, nous entendons aussi la voix de Dieu qui dit : « Vous êtes mes enfants bien-aimés, en qui j’ai mis toute mon affection. » Lors de notre baptême, nous devenons un avec Jésus, et nous sommes nés à nouveau en lui. Il n’y a aucune raison d’avoir honte, et nous n’avons rien à cacher. Nous ne sommes que les filles et fils de Dieu.

Lorsque nous commençons à comprendre cela, ces voix de doutes sur nous-mêmes, ces peurs de notre propre insuffisance, et ces soucis qui nous emprisonnent vont tous rétrécir. Au lieu de se sentir coincés dans un endroit, nous entrerons dans l’écoulement incessant de l’amour de Dieu. Ces démons à qui nous faisions confiance seront reconnus pour qui ils sont vraiment ; des menteurs qui tentent de nous immobiliser dans la peur et de nous empêcher de nous voir comme Dieu le fait.

Notre baptême n’est pas un évènement ponctuel. Le mien s’est déroulé il y a très longtemps dans une église en haut d’une montagne en Angleterre. Tout comme le courant du fleuve, notre baptême est un engagement continu et dynamique. Au début d’une nouvelle année nous pouvons nous réengager à tenir les promesses qui ont été faites par nous-mêmes, nos parents, ou nos parrains et marraines lorsque nous avons été baptisés : de continuer de partager le pain et de prier, de résister au mal, de proclamer la bonne nouvelle de Dieu en Christ, de chercher et de servir le Christ en toute personne, d’aimer notre prochain comme nous-mêmes, de s’efforcer de faire la justice et la paix avec tous et de respecter la dignité de tout être humain. Si nous nous laissons emporter par le fleuve, notre nouvelle année sera réellement heureuse.

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – Epiphany

Epiphany Sunday

January 5, 2020

Isaiah 60:1-6 Ephesians 3:1-12 Matthew 2:1-12

There is something that has always troubled me about these so-called “Wise Men” or Magi. If they were so wise, why did they go to Jerusalem first instead of Bethlehem? In their defense it may be said that Bethlehem is only nine miles away from Jerusalem; not such a long distance since tradition tells us that the Magi may have been from India, a country over one thousand miles away. Perhaps the Magi were expecting the king of the country where the Messiah was born to know about the earth-shattering event that had taken place in his own back yard. That would explain why they went to King Herod to ask him where the child was. Whatever the reason; their detour to Jerusalem and their meeting with Herod had some very serious consequences. On the basis of the testimony of the wise men, and on their failure to return to him after visiting the child, Herod ordered the massacre of every male child aged two and under in the region of Bethlehem. The birth of the Savior was soon followed by the massacre of the innocents – all thanks indirectly to these Magi.

Despite the colorful nature of these figures – their traditional robes and crowns and their exotic gifts – we must always try to remember this darker side to their story. Unlike the humble shepherds, or the simple figures of Mary and Joseph, the Magi are portrayed with all the accoutrements of worldly power. They were representatives of ancient civilizations. They knew exactly how to gain an audience with a king, and how to behave when they were admitted into his presence. It is precisely this savoir-faire that makes them so potentially dangerous. Herod would never have believed that a powerful king had been born from a nonentity in a backwoods town had he not been told so by a group of people whom he respected.

What are we to make of the ambiguity at the heart of this story? Was it a good or a bad thing that the Magi visited Jesus at his birth? The key to the answer to this question can be found in the nature of the revelation that they were seeking by following the star. The incarnation of Christ cannot be forced into our cramped conception of the morally good or the morally bad. It is a bit like the crucifixion. Some people wonder why Judas was condemned, since it was necessary for Jesus to be betrayed by someone. These revelations go beyond the limits of human rationality, because they strain to reveal the greatness of divine love.

Such revelations all come with a cost: often with the death of something that we have hitherto held to be crucial or unchangeable. Perhaps you too are looking for such a revelation (or Epiphany) in your own life. You may be willing to move heaven and earth in order to find it; just like the Magi did. But they found it in the place they least expected – not in the luxurious royal court of Herod in Jerusalem, but in a lowly stable in Bethlehem. What they saw transformed them so much that they abandoned Herod and returned home incognito. They must have known what a dangerous move this was. Had Herod’s soldiers found them, they would have been tortured and executed. The Bible tells us that they abandoned the trappings of worldly power and glory and became anonymous journeymen on the dusty roads of Palestine.

Just like the Magi, we sometimes look for God in the wrong places. We are often misled by what we think God should be doing, or by whom we think God is. We want him to appear in predictable places, based on our own research or our so-called wisdom. The consequences of our false expectations are often dire; just like they were for the Magi. The Epiphany teaches us to let go of those expectations, and simply let God be God. Tradition tells us that there was a happy ending for the Magi. They returned to India, where the apostle Thomas later found them. He did not reproach them for their ‘mistake’. He simply baptized them all, and then ordained them leaders in the first Indian church. Far from being remembered as useless politicians who unwittingly provoked the massacre of the innocents, they are remembered throughout the world as the first Gentiles who recognized the Christ for who he was.

NJM

 

Le dimanche de l’Épiphanie                                           dimanche 5 janvier 2020

Il y a quelque chose qui m’a toujours dérangé à propos de ces soi-disant « hommes sages », le nom des Rois Mages en anglais (Wise Men). S’ils étaient si sages, pourquoi est-ce qu’ils sont allés d’abord à Jérusalem avant de se rendre à Bethléem ? On doit quand même leur accorder que Bethléem n’est qu’à un peu moins de 15 kilomètres de Jérusalem ; ce n’est pas une très longue distance quand on considère que la tradition nous apprend que les Mages venaient d’Inde, un pays à des milliers de kilomètres. Peut-être qu’ils s’attendaient à ce que le roi du pays où le messie était né soit au courant de l’évènement bouleversant qui venait de se dérouler dans son arrière-cour. Cela expliquerait pourquoi ils seraient venus voir le Roi Hérode afin de lui demander où était l’enfant. Quelle qu’en soit la raison ; leur détour par Jérusalem et leur rencontre avec Hérode a eu de sérieuses conséquences. Sur la base du témoignage des Mages, et du fait qu’ils ne soient pas retournés le voir après avoir rendu visite à l’enfant, Hérode ordonna de massacrer tous les petits garçons de moins de deux ans de la région de Bethléem. La naissance du Sauveur fut rapidement suivie par le massacre des innocents – indirectement à cause des Mages.

En dépit de la nature colorée de ces personnages – leur robes et couronnes traditionnelles ainsi que leurs cadeaux exotiques – nous devons toujours essayer de nous rappeler le côté sombre de leur histoire. Contrairement aux bergers humbles, ou aux personnages simples qu’étaient Marie et Joseph, les Mages sont représentés avec tous les attirails du pouvoir terrestre. Ils représentaient les anciennes civilisations. Ils savaient exactement comment être reçus par un Roi, et comment se tenir lorsqu’une audience leur était accordée. C’est précisément ce savoir-faire qui les rend potentiellement dangereux. Hérode n’aurait jamais cru qu’un roi puissant était né d’une personne insignifiante dans une zone rurale s’il ne l’avait pas appris d’un groupe de personnes qu’il respectait.

Que devons-nous comprendre de l’ambiguïté au cœur de cette histoire ? Était-ce une bonne ou une mauvaise chose que les Mages rendent visite à Jésus lors de sa naissance ? L’élément clé pour trouver la réponse à cette question est la nature de la révélation qu’ils cherchaient en suivant l’étoile. L’incarnation du Christ ne peut pas être forcée à l’intérieur de notre conception étroite de ce qui est moralement bon ou mauvais. C’est un peu comme la crucifixion. Certains se demandent pourquoi Judas a été condamné, puisqu’il était nécessaire que Jésus soit trahi par quelqu’un. Ces révélations vont au-delà des limites de la rationalité humaine, parce qu’elles ont du mal à révéler la grandeur de l’amour divin.

Ce genre de révélations viennent toutes à un prix : souvent la mort de quelque chose que nous avons considéré jusqu’à présent comme crucial ou immuable. Peut-être que vous aussi cherchez ce type de révélations (ou épiphanie) dans vos vies. Vous êtes peut-être prêts à mouvoir ciel et terre afin de les trouver ; tout comme les Mages l’ont fait. Mais ils ont trouvé cette épiphanie là où ils s’y attendaient le moins – non pas dans la cour royale luxurieuse du Roi Hérode à Jérusalem, mais dans une humble étable à Bethléem. Ce qu’ils ont vu les a tant transformés qu’ils abandonnèrent le Roi Hérode et rentrèrent chez eux incognitos. Ils devaient savoir à quel point il était dangereux de faire cela. Si les soldats d’Hérode les avaient trouvés, ils auraient été torturés puis exécutés. La Bible nous dit qu’ils abandonnèrent les pièges du pouvoir terrestre et de la gloire et devinrent des voyageurs anonymes sur les vieilles routes palestiniennes.

Tout comme les Mages, nous cherchons parfois Dieu au mauvais endroit. Nous sommes souvent induis en erreur par ce que nous pensons que Dieu devrait faire, ou qui nous pensons qu’Il est. Nous voulons qu’Il apparaisse dans des endroits prévisibles, basés sur nos propres recherches ou notre soi-disant sagesse. Les conséquences de nos fausses attentes sont souvent terribles ; tout comme pour les Mages. L’Épiphanie nous apprend à nous libérer de ces attentes, et à simplement laisser Dieu être Dieu. La tradition nous dit que les Mages ont connu une fin heureuse. Ils retournèrent en Inde, où l’apôtres Thomas les retrouva plus tard. Il ne leur reprocha pas leur ‘erreur’. Il les baptisa simplement, puis les ordonna en tant que ministres de la première église indienne. Loin d’être reconnus comme des politiciens inutiles qui ont provoqué sans le vouloir le massacre des innocents, on se souvient d’eux à travers le monde comme des premiers Gentils qui ont reconnu le Christ pour qui Il était.

NJM Ver. Fr. FS

Sermon – First Sunday after Christmas

The First Sunday after Christmas Day

December 29, 2019

Isaiah 61 :10 – 62 :3 Galatians 3 : 23-25, 4 :4-7 John I :l-18

The great market square in Marrakech, the Djemaa el Fna, is the largest town square on the African continent. As the sun sets, it becomes more and more crowded with people in search of refreshment and entertainment. The most popular attractions are not the orange juice sellers, or the snake charmers, the magicians or the sellers of traditional medicines. The largest crowds of local people gather around the storytellers. These storytellers have no props; apart from perhaps a drum. The only things they offer are their voice, and the extraordinary stories they have stored up in their memory.

There is nothing like a good story. From our youngest age when an adult would read to us, to our first faltering steps in reading for ourselves, to the age when we are first able to lose ourselves in a good book, stories are our companions, our friends and even our mentors. Stories develop our imagination, they teach us about the use of language, how to interact (or not to interact!) with others, and how to live moral lives. Story telling between an adult and a child creates a bond of trust. Children love to hear their parents drawing on their own experience to make up stories. It is through these stories that they realize that they are not alone in the world. It is through these stories that they see visions of what they themselves can become.

The church understands the power of stories; especially those stories we tell about other Christians who have lived extraordinary lives. Each year, on the first Sunday in November, we celebrate All Saints Day, when we remember that such lives have the power to transform our own lived experience. On that day we remember that we are called to tell our own stories too. When we gather together it is our stories that unite us and deepen the bonds of affection between us. Of all the stories in the Bible, it is perhaps the story of Christ’s birth that is the best known. The stable, the angels, the shepherds, the Wise Men, Mary and Joseph; all these elements are familiar to us, perhaps even from a very young age. The Incarnation of Christ is the greatest story ever told. Like other stories, it possesses the power to instruct and inspire. It teaches us how to interact or not to interact with others. It teaches how to live moral lives.

But more than this; the Incarnation is the story of the Word itself made flesh. This remarkable event is perfectly described in today’s reading from the Gospel of John; “And the Word became flesh and dwelt among us, full of grace and truth; we have beheld his glory, glory as of the only Son from the Father.” (Jn. l:14) The man is the story; the story is the man. In Christ, God himself is telling a story to his creation; just as the parent reads to the child.

This story creates a bond of trust between God and us – His children. Through this story we realize that we are not alone in the world. Through this story, we obtain a vision of what we ourselves will one day become. Once again in these twelve days of Christmas, when we examine our own lives, we rediscover a remarkable thing. God his telling His story of the triumph of love through the unfolding of our own lives. The triumph of that love is seen through the incarnation, life, death and resurrection of our Savior. This story knows no end, and every year it is born in us anew.

Happy Christmas to you all, and a healthy and blessed New Year!

NJM

 

Le premier Dimanche après le jouir de Noël                           le 29 décembre 2019

La grande place du marché de Marrakech, la place Djemaa el Fna, est la plus grande place urbaine sur le continent africain. Au coucher du soleil, elle devient de plus en plus encombrée de gens en quête de rafraîchissement et de divertissement. Les attractions les plus populaires ne sont pas les vendeurs de jus d’orange, ni les charmeurs de serpents, les magiciens ou les vendeurs de remèdes traditionnels. Les foules les plus nombreuses de la population locale se rassemblent autour des conteurs. Ces conteurs n’ont aucun accessoire ; à part peut-être un tambour. Les seules choses qu’ils offrent sont leur voix et les histoires extraordinaires du répertoire de leur mémoire.

Il n’y a rien de tel qu’une bonne histoire. De notre plus jeune âge où un adulte nous faisait la lecture, à nos premiers pas hésitants où nous nous y lancions nous-mêmes, à l’âge où nous arrivons à nous perdre dans un bon livre pour la première fois, les histoires sont nos compagnons, nos amis et même nos mentors. Les histoires développent notre imagination, elles nous enseignent l’utilisation du langage, comment interagir (ou ne pas interagir !) avec les autres, et comment vivre une vie morale. Raconter une histoire entre un adulte et un enfant crée un lien de confiance. Les enfants adorent entendre leurs parents s’inspirer de leur propre expérience pour inventer des histoires. C’est à travers ces histoires qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont pas seuls au monde. C’est à travers ces histoires qu’ils entrevoient ce qu’ils peuvent devenir eux-mêmes.

L’église comprend le pouvoir des histoires ; en particulier ces histoires que nous racontons sur d’autres chrétiens qui ont vécu des vies extraordinaires. Chaque année, le premier dimanche de novembre, nous célébrons la Toussaint, lorsque nous nous souvenons que de telles vies ont le pouvoir de transformer notre propre expérience vécue. Ce jour-là, nous nous souvenons que nous sommes aussi appelés à raconter nos propres histoires. Lorsque nous nous réunissons, ce sont nos histoires qui nous unissent et approfondissent les liens d’affection entre nous. De toutes les histoires de la Bible, c’est peut-être l’histoire de la naissance du Christ qui est la plus connue. L’étable, les anges, les bergers, les mages, Marie et Joseph ; tous ces éléments nous sont familiers, peut-être même dès le plus jeune âge. L’incarnation du Christ est la plus grande histoire jamais racontée. Comme d’autres histoires, elle possède le pouvoir d’instruire et d’inspirer. Elle nous apprend à interagir ou non avec les autres. Elle enseigne comment vivre une vie morale.

Mais plus que cela ; l’Incarnation est l’histoire du Verbe lui-même fait chair. Cet événement remarquable est parfaitement décrit dans la lecture d’aujourd’hui de l’Évangile de Jean ; « Et la Parole s’est faite homme, elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père. » (Jean 1:14) L’homme est l’histoire ; l’histoire est l’homme. En Christ, Dieu lui-même raconte une histoire à sa création ; tout comme le parent lit à l’enfant.

Cette histoire crée un lien de confiance entre Dieu et nous – ses enfants. À travers cette histoire, nous réalisons que nous ne sommes pas seuls au monde. A travers cette histoire, nous obtenons une vision de ce que nous deviendrons un jour. Encore une fois en ces douze jours de Noël, lorsque nous examinons notre propre vie, nous redécouvrons une chose remarquable. Dieu raconte son histoire du triomphe de l’amour à travers le déroulement de nos propres vies. Le triomphe de cet amour se voit à travers l’incarnation, la vie, la mort et la résurrection de notre Sauveur. Cette histoire ne connaît pas de fin, et chaque année elle renaît en nous.

Joyeux Noël et une bonne et heureuse année à tous !

NJM Ver. Fr. FS

Advent IV – Sermon

Advent IV

December 22, 2019

Isaiah 7:10-17, Romans 1:1-7 Matthew 1:18-25

Dreams play a major role in the nativity stories. It seems as if every key moment in the conception, birth and early childhood of Jesus was accompanied by a dream. When I think about my own dreams, they sometimes reveal my worst fears, and sometimes reveal my deepest hopes and joys. I have a recurring dream of standing in front of a congregation desperately leafing through a Bible or prayer book trying to find my place. I sometimes dream of all sorts of wonderful people I have known; some of whom are now no longer alive.

Early church theologians had two important beliefs about sleep and dreams. They believed that sleep was given to us toiling humans to give us rest, but also to remind us of death. They also believed that sleep reminded us of our total dependence on God: God alone is the only being that never sleeps. But what is the reason for our dreams?

Today’s gospel is about a dream: the dream of Joseph. Joseph’s dream was wonderful. He dreamed that God was going to enter the world. God was going to be born into the world through his future wife. I suppose that the dream was as shocking as it was wonderful. It certainly meant that Joseph was in the very difficult position of having to trust Mary. The revelation of pregnancy under such conditions is far from a normal event!

This is why Joseph’s dream is so important. He dreamed of the salvation of the world. And the salvation of the world depended on his ability to trust someone else. Perhaps that is true for us too. We have to trust that God is working through our family members, our friends, our colleagues or those whom we love who currently live far away from us. We are far more likely to worry about them than we are to trust that God is working through them, just as he has promised to work through us. Joseph reminds us of the vital importance of this ability to trust in God’s working through other people; even if that work appears as strange or unlikely as an unexpected pregnancy.

People often ask “Why is such trust necessary? Why doesn’t God just speak directly? Why doesn’t he send an angel, just like he seems to have done in days gone by?” I think that we ask this question because we are apt to forget that there is a vital link between discerning God’s voice and learning how to love others as God loves us. We tend to remember the spectacular appearance of the angel Gabriel to announce the news to Mary, and forget that the angel appeared to Joseph as well. In the Bible, the annunciation doesn’t just occur to Mary, it occurs to Joseph as well. The annunciation took a different form: it came through a dream, and it required an enormous amount of trust. And this means that God does continue to appear to us, if we pay attention to our dreams and the dreams of those around us.

The greatest Christmas gift you can give this year is to believe in someone’s dreams. The greatest gift you can give is to have faith in someone else; and to believe in their dreams. Believe in the dreams of the person you love. Believe in the dreams of your children. Our church is full of people who are here because they followed their dreams. Our community is made up of those who have been supported by others who believed in those dreams, and continue to believe in them. Joseph shows us that it is a holy task to believe in the dream of your hero, your leader or your friend.

I know that some people don’t sleep very well. I’m one of them sometimes. And the Christmas holidays are a prime time for poor sleep. There is too much worry. People tend to eat and drink too much. Find time to rest, and in that time, find time to dream. Rabelais once joked: “I never sleep comfortably except when I am at a sermon.” Well, if this is the only time you can dream, use it well! We sleep in order to dream. We share our dreams with those who are close to us so that they can believe in our dreams too. And God works through all of these relationships. At Christmastime, God works both through Mary and Joseph. He works through a young woman, and her husband believes her and trusts her. That miracle is still possible today. Believe in the dreams of the person you love. If you believe in dreams this Christmas, Jesus will be born again in us. Sleep well, and may your dreams become as true as the dream of Joseph.

NJM

 

Avent IV                                                                                                   22 décembre 2019

Dans tous les récits de la Nativité, les rêves jouent un rôle essentiel. Que ce soit le moment de la conception, de la naissance ou de l’enfance de Jésus, un rêve l’accompagne. Quand je pense à mes propres rêves, certains révèlent mes peurs les plus intenses, d’autres mes joies et espoirs les plus profonds. J’ai un rêve qui revient souvent : Me voilà en train de feuilleter désespérément une Bible ou un livre de prières dans l’espoir de trouver la page adéquate. Mais parfois, je rêve de toutes les personnes merveilleuses que j’ai eu l’occasion de connaître; certaines d’entre elles ne sont déjà plus de ce monde.

Les premiers théologiens avaient deux croyances principales en ce qui concerne le sommeil et les rêves. Pour eux, le sommeil nous octroyait le repos après nos tâches quotidiennes, mais nous rappelait aussi que la mort existe. Le sommeil nous démontre également notre complète dépendance envers Dieu : Dieu étant la seule entité qui ne dort jamais. Par contre, quelle était la raison d’être des rêves?

L’Évangile d’aujourd’hui se réfère à un rêve : le rêve de Joseph. C’était un rêve magnifique. Il rêva que Dieu allait venir au monde. Il allait naître par l’intermédiaire de sa future femme. C’était un rêve aussi choquant qu’extraordinaire, et cela signifiait que Joseph devait avoir une confiance totale en Marie. La révélation de sa grossesse dans des circonstances aussi curieuses n’est pas quelque chose de très ordinaire !

C’est pourquoi le rêve de Joseph est si important. Il s’agissait du salut du monde qui ne pouvait avoir lieu que dans la mesure où Joseph faisait confiance à une tierce personne. Peut-être est-ce vrai pour nous également? Nous devons croire que Dieu agit à travers les membres de notre famille, nos amis, nos collègues ou ceux que nous aimons et qui vivent loin de nous. Nous sommes souvent inquiets à leur sujet au lieu de penser que Dieu agit en eux, tout comme il agit en nous.

Joseph nous remet en mémoire combien vitale est cette confiance en Dieu et dans son action à travers les hommes, même si cette action donne des résultats aussi étranges ou invraisemblables qu’une naissance inattendue.

Les gens demandent souvent : “Pourquoi avoir une telle confiance? Pourquoi Dieu ne s’exprime-t-il pas directement? Pourquoi n’envoie-t-il pas un ange comme il le faisait autrefois?” Je pense qu’on se pose ces questions parce que nous oublions qu’il y a un lien direct entre être à l’écoute de la voix de Dieu et apprendre à aimer les autres de la même façon que Dieu nous aime. Nous nous souvenons de la spectaculaire apparition de l’Ange Gabriel annonçant à Marie la nouvelle de la naissance et nous oublions qu’il apparut aussi à Joseph. L’annonce prit la forme d’un rêve et demanda une confiance inébranlable. Cela veut dire que Dieu continue à apparaître si nous y prêtons attention, dans nos propres rêves et dans les rêves de ceux qui nous entourent.

Le plus grand cadeau de Noël que vous puissiez faire est de croire dans les rêves de ceux qui vous entourent. Le cadeau le plus important est d’avoir foi en quelqu’un d’autre et de soutenir ses rêves. Croire aux rêves de ceux que vous aimez. Croire aux rêves de vos enfants. Notre église est pleine de gens qui sont ici parce qu’ils ont suivi leurs rêves. Notre communauté est faite de personnes qui ont été soutenues par d’autres qui croyaient en leurs rêves et continuent à y croire. Joseph nous démontre que c’est une tâche sacrée que de croire dans les rêves de vos héros, vos dirigeants ou vos amis.

Je sais que certaines personnes ont du mal à dormir. Cela m’arrive parfois. Les vacances de Noël sont souvent un moment où l’on dort mal. On s’inquiète de tout et n’importe quoi; on mange et on boit trop. Trouvez un moment pour vous reposer et, surtout, pour rêver. Rabelais dit une fois en plaisantant: “Je ne dors jamais si bien que lorsque j’écoute un sermon.” Eh! Bien, si c’est le seul moment où vous pouvez dormir, profitez-en maintenant! Nos rêves viennent pendant notre sommeil; nous les partageons avec ceux qui nous sont proches afin qu’ils y croient, eux aussi. Et Dieu est là, au milieu de tous ces liens. Lors de Noël, Dieu agit à travers Marie et Joseph. Il agit en une toute jeune femme et son époux la crut et lui fit confiance. Ce miracle est encore possible de nos jours. Croyez dans les rêves de celui ou celle que vous aimez. Si vous faites cela pendant cette saison de Noël, alors Jésus naîtra à nouveau. Dormez bien, et puissent vos rêves devenir aussi vrais que le fut celui de Joseph.

NJM Ver. FR : FS

Avent II – Sermon

Advent II

December 8, 2019

Isaiah 11:1-10  Romans 15:4-13   Matthew 3:1-12

 

It is hard for us to understand today, but there have been times when the Middle East was at peace. In fact, centuries have gone by without the area knowing any conflict at all. The period from about 825 BC until 730 BC was such a time for the little kingdoms of Israel and Judah. In 722 BC all of this changed. When Tiglath-Pileser III became king of Assyria in about 745 BC, he destabilized the entire region and brought all the surrounding nations under the threat of Assyrian dominance. He was intent on conquering all the land to his south and west: including the prosperous little kingdom of Israel. The northern kingdom of Israel fell in 722 BC. Its cities were destroyed and a vast number of its citizens were dispersed. (We now know them as the so-called ‘lost tribes of Israel’).

Isaiah the prophet was writing in the southern kingdom of Judah when all of this was going on. His situation was no less perilous, and the future of the Davidic dynasty that ruled from Jerusalem was very much in doubt. Would Judah fall to the Assyrians, just as their neighbors to the north and south had fallen? What would become of God’s promises if that should happen? The fall of their neighbors and the threat of extinction led to a huge sense of insecurity for the king in Jerusalem and for the citizens of Judah. Under such circumstances, you would expect the prophet to issue dire warnings to the king and the people: “Mend your ways, or disaster will strike! Repent, trust in God and not in kings or armies so that you will be spared!”

Instead of such dire warnings, Isaiah speaks about hope and reassurance. He addresses the people with words of security and promise, and speaks of a future filled with hope. Whatever happens, God will be faithful to the Davidic kingdom. And whatever happens to the current king, God will still be king over them. Even if the family tree of the house of David is cut down, its roots will remain and a new branch will spring up from the tree that is hewn down. This time, the kingship will not be exercised by someone like the faithless king Ahaz of Judah, but by a king who will exercise the seven gifts of kingship that Isaiah names in our passage: wisdom, understanding, authority, strength, justice and righteousness; all bound together by the crowning seventh gift, the Spirit of God that will rest on such a ruler. The needy, the poor and the disenfranchised will be championed, and the wicked will be judged. Isaiah describes a utopian state of affairs, in which paradise is restored and the wolf and the lamb lie down together. All of this will take place in Jerusalem; the holy mountain of God. All nations – even the dreaded enemy Assyria – will be drawn to it.

Some of the most beautiful language in the Bible was produced at a time of catastrophe: quite a contrast with the language used in our media and our public discourse today. Advent is a time when we clear our minds of such counsels of despair. We need to learn the language of hope. During Advent we recall the titles and attributes of the king that Isaiah described and apply them to Jesus. The hymn ‘O come; o come Emmanuel’ contains these images: “O wisdom! O Lord! O root of Jesse! O key of David! O dayspring from on high! O King of the nations! O Emmanuel!”

With Jesus’ coming, the Kingdom of God becomes visible. As Jesus himself said, his lordship is not ‘of this world’, and Jesus exercises authority in a way that is vastly different from the way in which authority is exercised by the rulers of the nations today. He causes fresh green shoots to spring up in places where we thought that all life had departed. He opens doors of love and forgiveness that we thought were locked to us forever. He shines light in places in our lives we thought would always have to stay in the deepest darkness. The titles of the Messianic King described by Isaiah to a nation living in fear continue to bring us hope and courage. In the middle of political uncertainty, a climate crisis and the transformation of society in unpredictable and unsettling ways, God stays constant. Whatever befalls us, God will still be our guide and our ruler; just as he was for the Kingdom of Judah when it, in its turn was defeated and destroyed by the Babylonians in 586 BC.

By nurturing our hope and by remembering the stories of those who have emerged from disaster, we come to experience the peace that Christmastime is supposed to bring us. We long for peace in our nation, we long for peace between the nations, peace in our city, peace in our families and within ourselves. In describing his vision of God’s reign, Isaiah uses images of animals who are normally antagonistic to each other lying down in peace. He reminds us of the Garden of Eden in Genesis 1-2. When the Prince of Peace finds a place in our lives, peace will flow from us, just as peace flowed from God’s holy mountain in Isaiah’s vision. That sense of peace will lead us to right relationships with our neighbors and fairness in our dealings with others. Just as violence begets violence, peace begets peace. At Jesus’ birth, the angels sang “Glory to God in the Highest, and peace on earth!” May that be our song too as we prepare to celebrate the birth of the Prince of Peace this Christmas.

NJM

 

 

Le deuxième dimanche de l’Avent                                                                  le 8 décembre 2019

 

Il est difficile pour nous de le comprendre aujourd’hui, mais il y a eu des moments où le Moyen-Orient était en paix. En fait, des siècles se sont écoulés sans que la région ne connaisse aucun conflit. La période d’environ 825 avant JC à 730 avant JC était une telle période pour les petits royaumes d’Israël et de Judée. En 722 avant JC, tout cela a changé. Lorsque Tiglath-Pileser III est devenu roi d’Assyrie vers 745 avant JC, il a déstabilisé toute la région et a exposé toutes les nations environnantes à la menace de la domination assyrienne. Il avait l’intention de conquérir toutes les terres à son sud et à son ouest : y compris le petit royaume prospère d’Israël. Le royaume du nord d’Israël est tombé en 722 av. JC. Ses villes ont été détruites et un grand nombre de ses citoyens ont été dispersés. (Nous les connaissons maintenant comme les « tribus perdues d’Israël »).

Ésaïe le prophète écrivait dans le royaume du sud de Judée quand tout cela se passait. Sa situation n’était pas moins périlleuse et l’avenir de la dynastie davidique qui régnait de Jérusalem était très incertain. La Judée tomberait-elle aux mains des Assyriens, tout comme leurs voisins du nord et du sud étaient tombés ? Que deviendraient les promesses de Dieu si cela se produisait ? La chute de leurs voisins et la menace d’extinction ont créé un énorme sentiment d’insécurité pour le roi de Jérusalem et pour les citoyens de Judée. Dans de telles circonstances, vous vous attendriez à ce que le prophète envoie des avertissements désastreux au roi et au peuple : « Changez vos manières, ou un désastre frappera ! Repentez-vous, faites confiance à Dieu et non aux rois ou aux armées afin que vous soyez épargnés ! »

Au lieu de ce type d’avertissements pressants, Ésaïe parle d’espoir et de réconfort. Il s’adresse aux gens avec des mots de sécurité et de promesse, et parle d’un avenir rempli d’espérance. Quoi qu’il arrive, Dieu sera fidèle au royaume davidique. Et quoi qu’il arrive au roi actuel, Dieu sera toujours leur roi. Même si l’arbre généalogique de la maison de David est coupé, ses racines resteront et une nouvelle branche en jaillira. Cette fois, la royauté ne sera pas exercée par quelqu’un comme le roi infidèle Achaz de Judée, mais par un roi qui exercera les sept dons de royauté qu’Ésaïe nomme dans notre passage : sagesse, compréhension, autorité, force, justice et vertu ; toutes liées par le septième don du couronnement avec l’Esprit de Dieu qui reposera sur un tel dirigeant. Les nécessiteux, les pauvres et les démunis seront défendus, et les méchants seront jugés. Ésaïe décrit un état des choses utopique, dans lequel le paradis est restauré et le loup et l’agneau s’allongent cote à cote. Tout cela aura lieu à Jérusalem ; la sainte montagne de Dieu. Toutes les nations – même l’ennemi redouté de l’Assyrie – y seront attirées.

Certaines des plus belles phrases de la Bible ont été produites à une époque de catastrophe : un contraste assez important avec le langage utilisé dans nos médias et nos discours publics aujourd’hui. L’Avent est un moment où nous nous effaçons ces conseils désespérants de nos esprits. Nous devons apprendre la langue de l’espérance. Pendant l’Avent, nous nous rappelons des titres et des attributs du roi qu’Esaïe a décrits et nous les appliquons à Jésus. L’hymne ‘O come; o come Emmanuel’ contient ces images : ‘O wisdom! O Lord! O root of Jesse! O key of David! O dayspring from on high! O King of the nations! O Emmanuel!’

Avec la venue de Jésus, le Royaume de Dieu devient visible. Comme l’a dit Jésus lui-même, son règne n’est pas « de ce monde », et Jésus exerce son autorité d’une manière très différente de la manière dont cette autorité est exercée par les dirigeants des nations aujourd’hui. Il fait pousser de nouvelles pousses vertes dans des endroits où nous pensions que toute vie avait disparu. Il nous ouvre des portes d’amour et de pardon que nous pensions verrouillées pour toujours. Il éclaire des endroits de notre vie que nous pensions voués à l’obscurité éternelle la plus profonde. Les titres du roi messianique décrits par Ésaïe à une nation vivant dans la peur continuent de nous apporter espoir et courage. Au milieu de l’incertitude politique, d’une crise climatique et de la transformation de la société de manière imprévisible et troublante, Dieu reste constant. Quoi qu’il nous arrive, Dieu sera toujours notre guide et notre souverain ; tout comme il l’était pour le royaume de Judée lorsqu’il fut, à son tour, vaincu et détruit par les Babyloniens en 586 av.

En nourrissant notre espérance et en se souvenant des histoires de ceux qui se sont sortis d’un désastre, nous arrivons à vivre la paix que Noël est censé nous apporter. Nous aspirons à la paix dans notre nation, nous aspirons à la paix entre les nations, la paix dans notre ville, la paix dans nos familles et en nous-mêmes. Pour décrire sa vision du règne de Dieu, Ésaïe utilise des images d’animaux normalement opposés les uns aux autres, allongés en paix. Il nous rappelle le jardin d’Eden dans la Genèse 1-2. Lorsque le Prince de la paix trouvera une place dans nos vies, la paix coulera de nous, tout comme la paix coulait de la montagne sainte de Dieu dans la vision d’Ésaïe. Ce sentiment de paix nous conduira à de bonnes relations avec nos voisins et à l’équité dans nos relations avec les autres. Tout comme la violence engendre la violence, la paix engendre la paix. À la naissance de Jésus, les anges ont chanté « Gloire à Dieu au plus haut, et paix sur terre ! ». Que ce soit aussi notre chanson alors que nous nous préparons à célébrer la naissance du Prince de la paix ce Noël.

NJM Ver. Fr. FS