sermons

Easter V
May 3, 2026
Acts 7:55-60      I Peter 2:19-25     John 10:1-10

Our little community has lived in many “dwellings” in New York since the first communion service in French in 1628. None of these buildings survived New York’s urban development or the demographics tides of our congregation. In fact, we have already been at this address for 86 years, and if you compare that to the time we spent in each of our seven previous locations, it is high time we moved on!

I don’t know if you, like our church, have moved many times in your life. Fortunately for me, until recently, I didn’t have much to carry. But even with very little, moving has always been a time of discernment, anxiety, but also liberation. There is often a stage where you weigh what you want to keep or leave behind. It’s not just because things take up space or cost more in luggage fees, but because certain objects (and sometimes certain relationships) are no longer truly a part of our lives. If you move as a family, it’s about far more than furniture: it’s the entire family, social, and professional dynamic that is transformed and reshaped in the process.

In the Gospel, Jesus speaks to us about his next “move,” so to speak, and ours as well. As a human being, he is alluding to his departure toward the Eternal Father through his death and passion. But he also speaks to his disciples (who don’t quite grasp the magnitude of it) about his return: he will come back for them, for us, to take us with him so that we may be where he is. If we imagine this in strictly real estate or individualistic terms: God on the top floor, us on the ground floor, and Jesus acting like an elevator in the shaft, we miss the richness of the image and what it means for us today.

We often think of this as the Second Coming, but I believe Jesus is primarily speaking about his Resurrection and Ascension, and how these events are truly cosmic in scale and relate to us. For when he returns to life, he draws us into his life as well, sealing this alliance by carrying our human flesh (his own) into the presence of God. Through these images of houses and rooms where one comes and goes, Jesus tells us that he himself (as God-human) is the passage that turns these dwellings into a common home, where his truth and life abide. 

Through him, the Risen One, we are already part of God’s eternal home. Because Jesus passed through death and came out alive, we have a home in God. Through him, we can also find his life and truth among us, in our world, and within our sometimes-troubled families and churches.

Today is our church’s Annual General Meeting, the day when we discern and choose the direction and vision of our community together. We do this specifically by electing members of the Consistoire/Vestry from among you. These members meet each month not just to talk, but to act alongside the clergy, ensuring our community serves Christ through financial health, wise stewardship of our shared assets, and the maintenance of peace and fraternal love: the very hallmarks of his disciples. By participating in church governance, you are responding to God’s plan to have us share in his glory through the Body of Christ and, as Christ himself said, to accomplish even “greater things” as a church than he did.

Don’t worry, I don’t believe a real-estate move is on the agenda for today’s meeting! But what is certain is that from today and in the years to come, the Holy Spirit (who blows where he wills) will continue to build new homes through you and in you. To move is as much about shifting locations as it is about building a new home and renewing one’s social or inner life. We are invited (even while staying put) to let our entire inner and communal being be reshaped by Christ, who is our way, our truth, and our life. As the Epistle of Peter says, we ourselves are called to be built up as new homes for God and for all those around us who seek to enter the Father’s house: “Like living stones, let yourselves be built into a spiritual house, to be a holy priesthood, to offer spiritual sacrifices acceptable to God through Jesus Christ.”

JFAB

5ème Dimanche de Pâques     3 mai 2026     Actes 7 :55-60 | 1 Pierre 2 :19-25 | Jean 10 : 1-10

Notre petite communauté a eu beaucoup de “demeures” à New York depuis le premier service de communion en français en 1628. Aucun de ces édifices n’a survécu au développement urbain de New York ni aux aléas démographiques de notre congrégation. D’ailleurs, cela fait déjà 86 ans que nous sommes à cette adresse, et si on compare avec le temps qu’on a passé dans chacun de nos 7 autres lieux de culte précédents, il est déjà grand temps de repartir !

Je ne sais pas si, comme notre église, vous avez beaucoup déménagé dans votre vie. Heureusement pour moi, jusqu’à récemment je n’avais pas grand-chose à déménager, mais même avec pas grand chose, mes déménagements ont été des périodes de discernement, d’anxiété et même de libération. Il y a souvent une étape où l’on estime ce qu’on veut garder ou laisser. Et ce n’est pas seulement parce que ça prend de la place et que ça coûte cher en bagage, mais parce que certaines choses, et parfois certaines personnes, ne font déjà plus vraiment partie de notre vie. Si vous déménagez en famille, c’est bien plus qu’une histoire de meubles : c’est souvent toute la logistique familiale, amicale et professionnelle qui, dans le déménagement, se transforme et se recompose.

Dans l’Évangile, Jésus nous parle de son prochain déménagement, si je puis dire, et des nôtres aussi. En tant qu’être humain, il fait allusion à son départ vers le Père éternel à travers sa mort et sa passion. Mais il parle aussi à ses disciples (qui ne comprennent pas grand-chose) de son retour : il reviendra pour eux, pour nous, afin de nous prendre avec lui et que nous soyons là où il sera.  Si on imagine cela en termes très immobiliers et individualistes — le bon Dieu à l’étage, nous au rez-de-chaussée, et Jésus qui fait la navette dans l’escalier pour nous monter comme un ascenseur, on manque toute la richesse de l’image et ce qu’elle nous dit aujourd’hui.

On pense souvent ici à la seconde venue du Christ, mais je crois que Jésus nous parle surtout de sa résurrection et de son ascension et de comment ces événement son véritablement cosmique qui se rapporte à nous. Car quand il reprend vie, il nous entraîne aussi dans sa vie et scelle cette alliance en portant notre chair humaine (la sienne) auprès de Dieu. Ce que Jésus nous dit à travers ces images de maison, de demeures où l’on entre et sort, c’est qu’il est lui-même, homme-Dieu, le passage qui fait de ces lieux de résidence une maison commune, ou sa vérité et sa vie habitent. Par lui, le Ressuscité, ensemble nous faisons déjà partie de la demeure éternelle de Dieu. Grâce à Jésus, qui a traversé la mort vivant, nous avons un foyer en Dieu. Par lui, nous pouvons aussi trouver sa vie et sa vérité parmi nous, dans notre monde, et au sein de nos familles et de nos églises parfois troublées.

Aujourd’hui, c’est l’assemblée générale de notre église, le jour où, tous ensemble, nous discernons et choisissons les directions et la vision que prend notre communauté. Cela se fait notamment en élisant parmi vous des membres du Consistoire. Ces membres se retrouvent chaque mois pour discuter, mais surtout pour agir, avec le clergé, afin que notre communauté puisse servir le Christ grâce à une bonne santé financière, une gestion sage de nos biens communs, et maintiennent la paix et l’amour fraternel qui sont les signes auxquels on reconnaît ses disciples. En participant à la gouvernance de l’Église, vous répondez au projet de Dieu de nous faire participer, par le corps du Christ, à sa gloire, et, comme le dit le Christ lui-même, d’accomplir en Église des choses encore plus grandes que lui.

Alors rassurez-vous, je ne crois pas qu’il y ait de déménagement à l’ordre du jour de l’Assemblée générale. Mais ce qui est sûr, c’est que dès aujourd’hui et dans les années à venir, le Saint-Esprit qui souffle où il veut continuera à bâtir par vous et en vous de nouvelles demeures. Déménager, c’est autant bouger de lieu que se former un nouveau foyer, renouveller sa vie sociale ou intérieure. Nous sommes invités (même en restant ici) a ce que comme dans tout déménagement toute notre être intérieure et commun se recompose grâce au Christ qui est notre chemin, notre vérité, notre vie. C’est nous-mêmes, dit l’épître de Pierre, qui sommes appelés à être bâtis comme de nouveaux foyers pour Dieu et pour tous ceux qui nous entourent et veulent entrer chez le Père : « Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, laissez-vous édifier pour former une maison spirituelle, une communauté de prêtres saints, afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ. »​​​​​​​​​​​​​​​​

JFAB