Sermon – Thanksgiving 2020

Thanksgiving celebration
November 22, 2020

When you read the Bible, it is very hard to avoid the fact that it was written for a society that was far closer to the earth and its seasons than we are. The Old Testament is full of references to harvests and vines, to sheep and to cattle. The Parables of Jesus draw richly on such agrarian images to make their point. God is envisioned as a farmer and a shepherd, but only very rarely as a businessman or a ruler. At one time it was very fashionable to update those stories and make Jesus into an urban Hells Angels or a Punk Rocker. I remember a version of the Parable of the Talents in which God was turned into the Chief Executive Officer of a multinational company. It must be said that those translations were never very successful, and fortunately the trend now seems to have passed.

All through the Bible, we hear references to the harvest, in which God is seen as the farmer who one day will bring in the sheaves, or separate the sheep from the goats. God’s farm is the world and its souls. All of the earth belongs to God, and we are the harvest that is being nurtured into growth. Now, if this is really the case, we have to say that God does not seem to be making a very good job of it. We’re living through a pandemic. The world is full of stories of war, of suffering and of natural disaster. The rich and the powerful all too often triumph over the poor and the vulnerable. The harvest that God is nurturing seems to be in a very sorry shape.

Traditionally, Christians have explained this state of affairs in one of three ways.

  • Firstly, that it is not God’s fault. The fault lies with the devil, who has entered the harvest field and sown chaos and confusion. In this version of the story, God is powerless to do anything about it. The devil has almost free rein, and his power on earth is similar to God’s. There is very little support for this theory in the Bible. The devil is rarely mentioned in its pages, and when he is, God must grant him permission before he sets out to destroy or harm God’s world.
  • Secondly, that the fault lies with us. God has voluntarily tied his own hands. He has given over the harvest of the world to his workers – you and me – who have the free will to act on our own desires. In this explanation of the disorder of the harvest field, God is the owner of the world, but not its farmer. We will one day be judged for the mess we have made of the trust that the true owner of the world has placed in us.
  • Thirdly, there are Christians who consider the chaos of the harvest field to be part of a bigger plan. God’s idea of a good harvest is not ours. We think that happiness lies in universal prosperity and comfort. Everyone should have a three-bedroom home, health insurance, a sports utility vehicle, a dishwasher and two holidays a year; at least those are the secular ideals that we have been trained to admire and pursue. But the world is not simply a pleasure garden to be consumed without any thought but for our own satisfaction. The world is a place where we learn to love. We suffer from the chaos of the world but we also recognize its inherent beauty. It was a beauty that flowed out from God in creation; a beauty expressed through God’s relationship with that creation, and a beauty inhabited by God in the incarnation of Jesus. In this world, our potential to see that beauty and express it through love of God, each other and the universe that God has made has as yet to be fully realized.

Which of these three explanations you prefer is up to you. I prefer the third option, which seems to me to be a more positive and loving way of coping with suffering than either of the first two. Perhaps you have your own theories of why the world is in such a mess which includes elements of all three of these positions.

I suppose that our answer to this question is going to depend on where we look for it. This year, it has been easy for us to lament our condition and mourn the people and the things that we have lost. Their names will always be in our prayers. But today, even if just for a moment, let’s fix our gaze on those things for which we’re thankful. They may be quite small and quite simple. They may be things or people that we have taken for granted. By shifting our gaze and looking around us with eyes of gratitude, we might see things in people or in situations that we’ve not seen before.

The heart of the Christian faith is its insistence that God is faithful to all created things. We believe that God has not abandoned us, but has sent a Savior to bring redemption and healing to everyone and all things – the earth included. Jesus is the fulfillment of the covenant that God made with Abraham for the salvation of all peoples, and the covenant that God made with Noah to spare all of creation. Today, we celebrate the fact that creation is orientated towards the future liberation of all of God’s children, when, in the new heaven and the new earth, pandemics, death, mourning, sadness and pain shall be no more.

NJM

 

Célébration du jour de l’Action de grâce                                                  le 22 novembre 2020

 

Quand vous lisez la bible, il est difficile de ne pas remarquer qu’elle a été écrite pour une société bien plus connectée à la terre et ses saisons que la nôtre. L’Ancien Testament est rempli de références aux moissons et à la vigne, aux moutons et au bétail. Les paraboles de Jésus tirent beaucoup de ce type de références agraires pour marquer leur point. Dieu est imaginé en fermier ou en berger, mais très rarement en homme d’affaire ou en dirigeant. À une époque il a été très à la mode de mettre à jour ces histoires et de transformer Jésus en membre des Hells Angels ou bien d’un groupe de punk rock. Je me souviens d’une version de la parabole des Talents dans laquelle Dieu était transformé en PDG d’une compagnie internationale. Il faut quand même noter que ces traductions n’ont jamais vraiment connu de succès, et cette tendance semble être heureusement maintenant passé.

À travers la Bible, nous entendons parler de la moisson durant laquelle Dieu est imaginé comme le fermier qui un jour récoltera les gerbes de blé, ou séparera les moutons des chèvres. La ferme de Dieu est le monde et ses âmes. Toute la terre appartient à Dieu, et nous sommes la moisson qui est encouragée à se développer. Alors, si tel est vraiment le cas, on devra admettre que Dieu ne semble pas faire un très bon travail. Nous sommes au beau milieu d’une pandémie. Le monde est rempli de récits de guerres, de souffrances et de désastres naturels. Les riches et les puissants bien trop souvent triomphent des pauvres et des vulnérables. La moisson que Dieu cultive semble être en piteux état.

Traditionnellement, les chrétiens ont expliqué cette situation de trois façons.

  • Premièrement, ce ne serait pas la faute de Dieu. La faute revient au diable qui est entré dans le champ et a semé le chaos et la confusion. Dans cette version de l’histoire, Dieu n’a pas le pouvoir de changer les choses. Le diable a presque libre cours, et ses pouvoirs sur terre sont similaires à ceux de Dieu. Il n’y a presque rien qui supporte cette théorie dans la Bible. Le diable n’y est que très peu mentionné dans ses pages. Et quand c’est le cas, Dieu doit lui accorder sa permission avant qu’il ne puisse se mettre à détruire ou faire du mal au monde de Dieu.
  • Deuxièmement, ce serait de notre faute. Dieu s’est lié les mains volontairement. Il a délégué la moisson à ces ouvriers – vous et moi – qui ont le libre arbitre pour agir de nos propres désirs. Dans cette explication du désordre du champ de la moisson, Dieu est le propriétaire du monde, mais Il n’en est pas son cultivateur. Nous serons jugés un jour sur le désordre que nous avons causé dans la confiance que le vrai propriétaire du monde a placé en nous.
  • Troisièmement, il y a des chrétiens qui considèrent que le chaos du champ de la moisson fait partie d’un plan plus élaboré. Ce que Dieu considère une bonne récolte est différent de notre conception. Nous pensons que le bonheur réside dans la prospérité universelle et le confort. Tout le monde devrait avoir une maison avec deux chambres, une assurance santé, un quatre-quatre, un lave-vaisselle et partir en vacances deux fois par an ; du moins ce sont les idéaux séculaires que nous avons appris à admirer et pourchasser. Mais le monde n’est pas un simple jardin des plaisirs qui existe pour être consommé sans penser et pour notre satisfaction personnelle. Le monde est un endroit où l’on apprend à aimer. Nous souffrons du chaos du monde mais nous reconnaissons aussi sa beauté intrinsèque. C’est une beauté qui a tiré sa source de Dieu dans la création ; une beauté exprimée à travers la relation de Dieu avec cette création, et une beauté habitée par Dieu dans l’incarnation de Jésus. Dans ce monde, notre potentiel à voir cette beauté et à l’exprimer à travers l’amour de Dieu, des uns les autres et de l’univers que Dieu a fait reste encore une chose qui reste à réaliser.

Laquelle de ces trois explications vous préférez dépends de vous. Je préfère la troisième, qui me semble une façon plus positive et aimante de surmonter la souffrance que la première ou la deuxième. Peut-être que vous avez vos propres théories sur la raison pour laquelle le monde est dans un état si déplorable qui incluent des éléments de ces trois explications.

Il me semble que notre réponse à cette question dépendra de l’endroit où nous la cherchons. Cette année, il a été facile pour nous de nous lamenter sur notre condition et de pleurer les personnes et les choses que nous avons perdues. Leurs noms seront toujours dans nos prières. Mais aujourd’hui, même si ce n’est que pour un moment, tournons nos regards vers ces choses pour lesquelles nous sommes reconnaissants. Elles peuvent être toutes petites et toutes simples. Il peut s’agir de choses ou de gens que nous avons considérés comme acquis. En tournant nos regards et en regardant autour de nous avec les yeux de la reconnaissance, nous pourrions voir des choses dans les gens ou les situations que nous n’avions jamais vu avant.

Le cœur de la foi chrétienne est son insistance que Dieu est fidèle à toute chose créée. Nous croyons que Dieu ne nous a pas abandonné, mais qu’Il a envoyé un Sauveur pour apporter la rédemption et la guérison à tous et toute chose – la terre inclue. Jésus est l’accomplissement de l’alliance que Dieu a fait avec Abraham pour le salut de tous les peuples, et l’alliance que Dieu a fait avec Noah pour épargner l’ensemble de la création. Aujourd’hui, nous célébrons le fait que la création est orientée vers la libération future de tous les enfants de Dieu, quand, dans le nouveau paradis et la nouvelle terre, les pandémies, la mort, les pleurs, la tristesse et la souffrance ne seront plus.

NJM Ver. Fr. FS

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