September 13th, 2020    
Exodus 14:19-30    Romans 14:1-12   Matthew 18:21-35

It was a Friday afternoon in late October when I made my first official visit to a Mosque as the Bishop of London’s Consultant on interfaith dialogue. Even though a friend had invited me to join the study group at the little mosque in the East End of London, I still felt a little nervous about the afternoon ahead. I hoped that I would not commit a faux-pas, or say something ignorant or silly. I was welcomed with real hospitality, and we sat down to pray and to read together. On leaving, I was presented with a copy of the Qu’ran as a gift, which the donor carefully wrapped in paper before I was allowed to carry it outside. We stood in the small hallway of the mosque, with its rack for shoes attached to the wall. I soon realized that I could not tie my shoe-laces and hold on to the Qur’an at the same time. What was I to do? For one dreadful moment, I contemplated resting my gift in the shoe rack. Here was the opportunity for that dreadful faux-pas that I was so anxious not to make. After a moment’s hesitation, I passed the gift back to its donor while I put on my shoes.

It is all too easy to insult or offend others without realizing what has happened. We might be uneducated about their traditions, or unsure of how such traditions are to be honored. Sometimes our ignorance is deliberate, sometimes our good intentions to respect those who differ from us is undermined by our arrogance or our pride. Sometimes our own cultural presuppositions blind us completely to the sensibilities of others.

This is what had happened to the Church in Rome, to which Paul addresses his letter. The church was arguing over customs and habits that had been exaggerated into places of fundamental and deep division. There were two specific areas which were causing problems.

  1. Were former Pagans, now converted to Christianity, allowed to take holidays on Pagan feast days? Some said: “Yes! Why not?” Taking a day of rest on a pagan feast day does not automatically honor the god in whose name the holiday is granted. Others took a harder line, believing that such a practice indicated that no real conversion had taken place.
  2. Were Christians permitted to eat meat that had not been slaughtered in conformity with the Jewish dietary laws? Were they allowed to eat meat that had been sacrificed to idols? Those who said “Yes” argued that if these gods did not exist anyway, what harm could be done by eating meat laid before a lifeless statue? Those who said “No” insisted that eating such meat showed respect to those who had sacrificed it.

The divisions over those two seemingly trivial questions had become so bitter that the unity of the Roman church was threatened. Outward practices had become the defining mark of the inward beliefs one was taken to hold. Paul sternly warns church members against criticizing one another. He is more concerned to see that the majority and the minority live together as brothers and sisters in the church than he is to persuade the minority to change their mind. Where God does not judge or condemn, neither group should pass judgment on the other. Paul insists that both groups are only servants in God’s household. Fellow servants have no right to judge one another. They are supposed to abide by the decision of their master, who is the final arbiter on any question. Paul tells us that God has already approved of those in both groups, and there should therefore be no cause for division.

What does any of this have to do with us? What are the issues in our day that correspond to those which threatened to divide the Church in Rome? Our opinions on abortion, contraception, divorce, human sexuality, pacifism, nationalism, the merits of vegetarianism or abstention from alcohol, our adherence (within the bounds of Christian charity) to one or another political party (especially in an election year), should not be issues that divide us. There are already too many Christians willing to judge their brothers and sisters over these very questions; and by so doing they jeopardize the love that should characterize the body of Christ. By all means, we are permitted to disagree on these matters, but the final arbiter is God alone. We are only his servants, and if God has accepted us, who are we to exclude our fellow Christians from the church?

No doubt the debate over some of these issues – particularly the justification for wars or the role of immigration in America or the nature of Patriotism – will become more heated as time passes. But the anniversary of the events of September 11, 2001 which we observed last Friday, serves to remind us of what happens when one group of human beings loses respect for another. We must listen carefully to each other. We must educate ourselves in the ways in which we differ from others, without losing an ounce of respect for them. We must not be too quick to take offense at another’s faux-pas. Above all, we should learn the hard lesson that Jesus taught us in today’s gospel. The judgment you pass on others will be the judgment that God passes on you. Learn to forgive, as you yourself have been forgiven.



Le quinzième dimanche de la pentecôte                                                   Dimanche 13 septembre 2020

J’ai visité une mosquée de façon officielle pour la première fois en tant que consultant sur le dialogue œcuménique pour l’évêque de Londres un vendredi après-midi. Bien qu’un ami m’ait invité à rejoindre son groupe d’étude à la petite mosquée de la frontière est de Londres, j’étais un peu nerveux quant à l’après-midi à venir. J’espérais ne pas commettre de faux-pas, ou dire quelque chose d’ignorant ou de stupide. J’y ai été reçu avec une vraie hospitalité, et nous nous sommes assis pour prier et lire ensemble. Au moment de partir, j’ai reçu une copie du Coran en cadeau, et celui qui me l’a offert l’a emballé avec soin dans du papier avant que je ne puisse l’emporter dehors avec moi. Nous étions dans le petit couloir de la mosquée, avec ses étagères aux murs pour y déposer nos chaussures. Je me suis vite rendu compte que je ne pouvais pas faire mes lacets et tenir le Coran en même temps. Que devais-je faire ? Pendant une seconde épouvantable, j’ai imaginé poser mon cadeau sur l’étagère à chaussures. C’était là l’opportunité de faire ce faux-pas que j’appréhendais avec anxiété. Après une légère hésitation, j’ai tendu le cadeau à la personne qui me l’avait offert pour que je puisse mettre mes chaussures.

C’est bien trop facile d’insulter ou d’offenser les autres sans s’en rendre compte. Il se peut que nous ne connaissions pas leurs traditions, ou que nous ne soyons pas certains de comment ces traditions doivent être honorées. Parfois, notre ignorance peut être délibérée, parfois nos bonnes intentions et notre volonté de respecter ceux qui sont différents de nous sont ébranlées par notre arrogance ou notre fierté. Parfois, nos propres préjugés culturels nous aveuglent complètement face aux sensibilités des autres.

C’est ce qu’il s’est passé dans l’Église de Rome, à qui Paul a adressé son Épitre. L’Église se disputait sans cesse à propos des coutumes et des habitudes qui avait créé par leur mise en place exagérée des divisions profondes et fondamentales. Il y avait spécifiquement deux sujets qui créaient des problèmes :

  1. Est-ce que les anciens païens maintenant chrétiens pouvaient se reposer les jours de fêtes païennes ? Certains disaient : « Oui ! Pourquoi pas ? » Se reposer le jour d’une fête païenne n’honore pas forcement le Dieu pour qui ce jour est désigné. D’autres étaient plus durs. Ils croyaient qu’une telle pratique indiquait que la conversion n’avait pas vraiment pris racine.
  2. Est-ce que les chrétiens pouvaient manger de la viande qui n’avait pas été abattue conformément aux lois alimentaires juives ? Pouvaient-ils manger de la viande qui avait été sacrifiée pour des idoles ? Ceux qui disaient « oui » expliquaient que si ces dieux n’existaient pas, il n’y avait aucun mal à manger de la viande sacrifiée devant une statue sans vie. Ceux qui disaient « non » insistaient que manger une telle viande démontrait un respect pour ceux qui l’avait sacrifiée.

Les divisions sur ces questions qui nous semblent triviales étaient devenues si amères que l’unité de l’Église de Rome était menacée. Les pratiques externes étaient devenues le signe définissant des croyances internes que l’on attribuait à quelqu’un. Paul met sévèrement en garde ceux qui critiquent les autres. Il est plus important pour lui que la majorité et la minorité vivent comme des frères et sœurs plutôt que de convaincre la minorité de changer d’avis. Là où Dieu ne juge pas et ne condamne pas, aucun des groupes ne devrait juger l’autre. Paul insiste que les deux groupes ne sont que des serviteurs dans la maison de Dieu. Les serviteurs n’ont aucun droit de juger les autres serviteurs. Ils sont censés suivre la décision de leur maître, qui est le seul à pouvoir définitivement être l’arbitre de toutes les questions. Paul nous dit que Dieu a déjà approuvé les membres de ces deux groupes, et il ne devrait donc pas y avoir de raison d’être divisés.

Quel est le rapport avec nous ? Quels sont les problèmes d’aujourd’hui qui correspondent à ceux qui menaçaient de diviser l’Église de Rome ? Nos opinions sur l’avortement, la contraception, le divorce, la sexualité, le pacifisme, le nationalisme, les mérites d’un régime végétarien ou sans alcool, notre adhérence (dans les limites de la charité chrétienne) à un parti politique ou à un autre (surtout lors d’une année d’élections), ne devraient pas être des problèmes qui nous divisent. Il y a déjà trop de chrétiens prêts à juger leurs frères et sœurs sur ces questions ; et en faisant cela, ils mettent en jeu l’amour qui devrait caractériser le corps du Christ. Évidemment, nous avons le droit de ne pas être d’accord sur ces sujets, mais Dieu seul est l’arbitre final. Nous ne sommes que ses servants, et si Dieu nous a accepté, qui sommes-nous pour exclure nos frères chrétiens de l’Église ?

Il n’y a aucun doute que le débat sur ces points – particulièrement la justification des guerres ou le rôle de l’immigration aux États-Unis ou la nature du patriotisme – deviendra de plus en plus animé au fur du temps. Mais l’anniversaire des événements du 11 septembre que nous avons commémoré ce vendredi, peut nous rappeler ce qu’il se passe lorsqu’un groupe d’humains perd son respect pour un autre. Nous devons tous nous écouter attentivement. Nous devons nous éduquer sur ce qui nous différencie des autres, sans perdre un gramme de respect pour eux. Nous ne devons pas nous offenser trop vite du faux-pas d’un autre. Au-dessus de tout, nous devrions apprendre la leçon difficile que Jésus nous a enseignée dans la lecture de l’Évangile d’aujourd’hui. Le jugement que vous porterez sur les autres sera le jugement que Dieu portera sur vous. Apprenez à pardonner, comme vous-mêmes avez été pardonnés.

NJM – Ver. Fr. FS