Sermon – Pentecost XII

Twelfth Sunday after Pentecost

August 23, 2020

Exodus 1:8 – 2:10 Romans 12:1-8 Matthew 16:13-20

Modern Western society seems to have an obsession with the concept of time. Our personal computers have to be precisely calibrated in order to function properly. Modern watches keep accurate time down to the millisecond. Almost every gadget in our apartments has a built-in clock – from video machines to microwave ovens and air conditioners. Modern science has calibrated the passing of time with astonishing accuracy, using crystals which emit particles precisely once per second, or using the regular rhythms of a pulsar situated billions of miles away in space. Time is clearly something that can be measured in precise units and divided into a succession of precise moments. Without that ability to measure the passing of time with precision, modern science would not exist.

While Scientists are generally agreeing on how to measure the passage of time, Philosophers could not be more divided on the issue. For them, time has more to do with emotions and feelings than with the emissions of a tiny crystal. Modern French philosophers even assure us that there is no such thing as the “now moment”. It is certainly true that we are conscious of the passing of time, even though our bodies or our minds don’t measure the passage of time with the fanatical accuracy of a digital watch or a professional scientist. We are apt to measure the passage of time with our emotions. In the widest sense, we are aware of the passing of the decades and of the years. More immediately, we are aware that another summer is almost over, and it is almost time for us to start new things and new projects. More immediately still, we are aware of the passing of the hours and the minutes. We have appointments to be kept and places to be. Zoom and YouTube wait for no one!

Our emotions and our minds tell us that we are living in time, but we are not entirely comfortable with it. Time’s length seems very dependent on how we are feeling. We are apt to say, “How time flies!” or, “It seems like only yesterday!” or, “It’s an eternity since I saw you last!” Some moments seem to last forever, while others go by all too quickly. The traditional Christian interpretation of this phenomenon is that time was created after the Fall: that is to say time is not the normal or natural condition for humanity to exist in. We are like fish trying to live out of water. We notice time because it is an unnatural or strange element for us; unlike the air we breathe or the water we drink. We have difficulty in understanding time because we were created for eternity. That idea sometimes induces panic because we see eternity as the endless succession of hours and minutes. But the biblical view of eternity is very different. Eternity has nothing to do with the quantity of time, but with its quality. Most of us see time in terms of past, present and future; what was, what is, and what will be. But God holds all these three together at once – in one moment. Paul was striving to say this in the epistle to the Romans: “From him and through him and to him are all things. To him be glory forever! Amen.” (Romans 11:36) The liturgy reminds us of this every time we celebrate Holy Communion. It is the mystery of faith: “Christ has died. Christ is risen. Christ will come again.” We are invited by Christ into an eternal and beautiful present, filled only by love.

Nothing is permanent unless divine. The rest is smoke. Everything around us changes, our families, our friends, our jobs, our homes, the cities we live in. One day, even Covid 19 will be a distant memory; though at the moment it feels as if time is going as slowly as it possibly could as day succeeds to day. In the midst of all this, we are called to take comfort in the eternal moment in which we already live. Nothing is lost, because if it is lovely, it exists forever in God. Our external circumstances are only a vehicle for God’s justice and love to be made manifest. We must seize the moment in which we live as if it were our last – that is the only way in which to taste its divinity. We must take comfort in the fact that we were created for eternity, that one great moment in which we will know as we are known, and understand as we are understood. “For all things will be well, and all manner of things shall be well.” (Mother Julian of Norwich).

NJM

 

 

Le douzième dimanche après la Pentecôte                                         le 23 août 2020

La société occidentale moderne semble être obsédée par le concept du temps. Nos ordinateurs personnels doivent être calibrés avec précision pour fonctionner correctement. Les montres modernes affichent l’heure exacte à la milliseconde. Presque tous les gadgets de nos appartements disposent d’une horloge intégrée – des appareils vidéo aux fours à micro-ondes en passant par les climatiseurs. La science moderne a calibré le passage du temps avec une précision étonnante, en utilisant des cristaux qui émettent des particules précisément une fois par seconde, ou en utilisant les rythmes réguliers d’un pulsar situé à des milliards de kilomètres dans l’espace. Le temps est clairement quelque chose qui peut être mesuré en unités précises et divisé en une succession de moments précis. Sans cette capacité à mesurer le temps qui passe avec précision, la science moderne n’existerait pas.

Alors que les scientifiques sont généralement d’accord sur la façon de mesurer le passage du temps, les philosophes ne pourraient être plus divisés sur la question. Pour eux, le temps a plus à voir avec les émotions et les sentiments qu’avec les émissions d’un minuscule cristal. Les philosophes français modernes nous assurent même que le « moment présent » n’existe pas. Il est certainement vrai que nous sommes conscients du temps qui passe, même si notre corps ou notre esprit ne mesure pas le passage du temps avec la précision fanatique d’une montre numérique ou d’un scientifique professionnel. Nous sommes susceptibles de mesurer le passage du temps avec nos émotions. Au sens le plus large, nous sommes conscients du passage des décennies et des années. D’une façon plus immédiate, nous sommes conscients qu’un autre été est presque terminé et qu’il est presque temps pour nous de commencer de nouvelles choses et de nouveaux projets. De façon encore plus immédiate encore, nous sommes conscients du passage des heures et des minutes. Nous avons des rendez-vous à tenir et des lieux où nous devons être. Zoom et YouTube n’attendent pas !

Nos émotions et nos esprits nous disent que nous vivons dans le temps, mais nous ne sommes pas tout à fait à l’aise avec cela. La durée du temps semble très dépendante de la façon dont nous nous sentons. Nous avons tendance à dire : « Comme le temps passe vite ! » ou, « C’est comme si c’était hier ! » ou, « ça fait une éternité que je ne vous ai pas vu ! » Certains moments semblent durer éternellement, tandis que d’autres passent trop vite. L’interprétation chrétienne traditionnelle de ce phénomène est que le temps a été créé après la Chute : c’est-à-dire que le temps n’est pas la condition normale ou naturelle dans laquelle l’humanité devrait exister. Nous sommes comme des poissons essayant de vivre hors de l’eau. Nous remarquons le temps parce que c’est un élément contre nature ou étrange pour nous ; contrairement à l’air que nous respirons ou à l’eau que nous buvons. Nous avons du mal à comprendre le temps parce que nous avons été créés pour l’éternité. Cette idée induit parfois la panique car nous voyons l’éternité comme une succession interminable d’heures et de minutes. Mais la vision biblique de l’éternité est très différente. L’éternité n’a rien à voir avec la quantité de temps, mais avec sa qualité. La plupart d’entre nous voyons le temps en termes de passé, présent et futur ; ce qui était, ce qui est, et ce qui sera. Mais Dieu contient ces trois éléments à la fois – en un instant. Paul s’efforçait de dire ceci dans l’épître aux Romains : « C’est de lui, par lui et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles ! Amen ! » (Romains 11:36) La liturgie nous le rappelle chaque fois que nous célébrons la Sainte Communion. C’est le mystère de la Foi » « Christ est mort, Christ est ressuscité, Christ reviendra. » Nous sommes invités par le Christ dans un présent éternel et beau, rempli uniquement d’amour.

Rien n’est permanent à moins que cela soit divin. Le reste est de la fumée. Tout autour de nous change, nos familles, nos amis, nos emplois, nos maisons, les villes dans lesquelles nous vivons. Un jour, même le Covid 19 sera un lointain souvenir ; bien qu’en ce moment on ait l’impression que le temps passe aussi lentement qu’il le peut, au fur et à mesure que les jours se succèdent. Au milieu de tout cela, nous sommes appelés à trouver du réconfort dans le moment éternel dans lequel nous vivons déjà. Rien n’est perdu, car si c’est beau, cela existe pour toujours en Dieu. Nos circonstances extérieures ne sont qu’un véhicule pour que la justice et l’amour de Dieu se manifestent. Nous devons saisir le moment dans lequel nous vivons comme si c’était notre dernier – c’est la seule manière de goûter à sa divinité. Nous devons être réconfortés par le fait que nous avons été créés pour l’éternité, ce grand moment dans lequel nous saurons de la façon dont nous sommes connus et que nous comprendrons de la façon dont nous sommes compris. « Tout finira bien. Toutes choses, quelle qu’elles soient, finiront bien. » (Julienne de Norwich).

NJM Ver. Fr. FS

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