Sermon – Pentecost V 2020

CINQUIEME DIMANCHE APRES LA PENTECOTE                                                         5 juillet 2020 

Il est probable que ce soit le fait de grandir à Chypre qui m’a donné le goût de tout ce qui est “oriental”. Notre passage de la Genèse sur le mariage arrangé d’Isaac et Rébecca est rempli de ces images que les gens qualifient d’orientales. On a l’impression de lire un des contes des Mille et Une Nuits : les chameaux, l’oasis et son puits au milieu du désert, les tentes des nomades, les anneaux dans le nez, les bracelets, les voiles, les jeunes suivantes, et l’incomparable hospitalité orientale y figurent. Tous ces détails nous rappellent une fois de plus – de même que l’histoire du sacrifice d’Isaac la semaine dernière – que nous sommes les témoins d’événements appartenant à un monde très différent du nôtre. Les attitudes et les coutumes de cette histoire sont très loin des nôtres.

Au moins, la vie de famille d’Isaac s’est révélée relativement plus respectable que celles de son père et de ses fils et petits-fils. Isaac n’avait qu’une femme, et aucune concubine. Il est important de mentionner que sa femme était en fait la fille de son cousin germain, et il essaya une fois de la faire passer pour sa sœur afin d’éviter d’être assassiné par un rival potentiel, mais ce n’est rien par rapport aux vies de famille d’Abraham, Jacob et Joseph.

Au moment où cette histoire se déroule, Isaac a quarante ans, et il est célibataire. Son père, Abraham, insiste pour qu’il n’épouse pas une femme de Canaan. Il refuse aussi qu’il s’éloigne de chez eux. C’est pour ça qu’Abraham demande à un domestique en qui il a confiance d’aller chercher une femme pour Isaac à Aram – ville du nord de la Mésopotamie dont Abraham lui-même est originaire. Le domestique revient avec la belle Rébecca, et alors qu’elle approche de la demeure d’Isaac, deux étranges incidents se déroulent, offrant une perspective psychologique profonde à cette histoire qui autrement n’aurait été qu’une simple fable orientale.

Quand Rebecca voit Isaac pour la première fois à travers champs, la version en Hébreu nous dit qu’elle “tomba de son chameau”. Notre traduction française emploie le verbe “sauter”. Beaucoup de traductions anglaises utilisent le verbe “to dismount”. Mais l’Hébreu est sans ambigüité : elle est tombée. Que s’est-il dont passé ? Est-ce que le soulagement d’avoir fini un si long voyage était si fort qu’elle en a perdu le contrôle de sa monture ? A t’elle été frappée par la beauté d’Isaac ? Ou bien Isaac était en train de faire quelque chose de si étrange dans les champs qu’elle en est tombée sous le choc ? Personne ne peut vraiment savoir. Il y a des traducteurs qui analysent ce moment comme une sorte d’apaisement comique. Le mot Isaac signifie “rire”, et les premiers auteurs de cette histoire auront certainement utilisé cet incident pour prouver la justesse de ce nom.

Deuxièmement, que faisait Isaac dans les champs ? Les traductions de la Bible nous disent des choses différentes. Était-il simplement en train de marcher ? Ou était-il en train de prier, ou de méditer ? Ce mot n’apparait qu’une seule fois dans l’Ancien Testament, et il est difficile à traduire. Isaac a traversé une période traumatisante. Il est passé à deux doigts d’être offert en sacrifice. Son père l’a enfermé à la maison et lui a interdit de trouver une femme à Canaan. Sa mère est morte il y a peu de temps, et l’histoire nous dit qu’il vient de revenir d’un puits où son demi-frère Ismaël a été vu pour la dernière fois avant de disparaître dans le désert du Néguev. Il n’est donc pas surprenant de le voir errer et méditer dans les champs à la tombée de la nuit. Ne faisons-nous pas la même chose lorsque nous errons, avec nos masques sans but dans les rues de New York afin “d’éclaircir nos pensées”, ou d’essayer d’offrir une nouvelle perspective à nos vies dans la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Cette histoire est emplie d’émotions. D’un côté, nous avons la fiancée – voyageant loin de sa demeure et de sa famille, sans savoir ce qu’elle va trouver. De l’autre, nous avons l’inconsolable Isaac, dont le nom signifie “rire”, mais dont la vie jusqu’ici n’a pas été drôle. Rebecca nous montre qu’il nous faut peut-être s’en aller pour se trouver chez soit – quelle que soit la difficulté de cette étape. Isaac nous montre que nos vies peuvent changer d’un instant à l’autre, et que Dieu peut nous offrir des joies imprévues au moment où nous nous y attendons le moins. Leur rencontre nous montre que notre quête du bonheur et notre recherche de Dieu souvent s’entremêlent. Sans que vous ne le sachiez, vous êtes peut-être la réponse à la prière de quelqu’un d’autre. Les histoires d’amour ont rarement une fin heureuse, mais cette histoire est l’exception qui confirme la règle. Isaac et Rébecca furent si heureux dans leur mariage que le Livre de la Prière Commune évoque leur relation dans la cérémonie de mariage, en priant pour que le couple qui se marie soit aussi heureux qu’ils le furent.

Où que vous en soyez dans votre parcours d’amour ou d’exil, souvenez-vous que quoi qu’il arrive, vous trouverez la paix en écoutant la voix de Dieu. J’ai réalisé à nouveau jeudi dernier lors des funérailles de Marjorie que la voix de Dieu peut parfois être entendue dans l’humour ; des moments de rires qui ouvrent nos cœurs et nos esprits afin de voir les choses à travers les yeux de Jésus et non les nôtres. La rire est l’un de ces dons de Dieu que Marjorie nous a offert, et dont on a besoin dans ces moments troublants. Le message de Jésus dans notre Évangile ne pourrait pas être plus réconfortant ; et il n’est pas sans humour. Il nous compare à un bœuf qu’il s’apprête à atteler, et se compare à ceux qui poussent ces animaux vers l’avant afin d’accomplir des tâches communes. Mais soyez joyeux. Aussi dure soit la tâche à laquelle nous faisons face, Jésus nous rassure. « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et courbés sous un fardeau, et je vous donnerai du repos. »

Le Révérend Nigel Massey Version française FS

Fifth Sunday after Pentecost
July 5, 2020
Genesis 24:
34-38, 42-49, 58-67
Romans 7:15-25a
Matthew 11: 16-19, 25-30

I suppose that it was growing up on the island of Cyprus that gave me a great love for all things ‘oriental’. Our Genesis reading about the arranged marriage of Isaac and Rebecca is full of images that people think of as Orientalist. It reads like something from the 1001 Nights: camels, watering places in the desert, nomadic tents, golden nose-rings and bangles, veils, handmaidens and the fabled hospitality of the East all figure in the unfolding narrative. All of these details remind us that once again – just as last week in the story of the binding of Isaac – we are witnesses 1628to an incident that belongs to a very different world. The manners and customs of this story are very different from our own.

At least Isaac’s family life turned out to be slightly more respectable than that of his father or of his son and grandsons. – the other Patriarchs of the Old Testament. Isaac had only one wife, and he never took concubines. It has to be said that his wife was in fact the daughter of his first cousin, and he once tried to pass her off as his sister to avoid being murdered by a potential rival, but this is nothing in comparison to the family life of Abraham, Jacob or Joseph.

At the time this story takes place, Isaac is 40 years old and unmarried. Abraham his father is insistent that he doesn’t marry a Canaanite woman. Neither does he give permission to Isaac to travel far from home. Abraham therefore sends a trusted manservant to look for a wife for Isaac back in Aram – the town in northern Mesopotamia from which Abraham himself came. The servant returns with the beautiful Rebecca, and as she approaches Isaac’s home, two strange incidents take place which give us a deep psychological insight into a story that we could otherwise dismiss as an oriental fable.

When Rebecca sees Isaac for the first time as she looks across the fields, the Hebrew tells us that she literally ‘fell off her camel’. Our French translation today says “jumped”. Many English translations say “dismounted”. But the Hebrew is clear. She fell off. What is the point here? Did she lose control because of a sense of relief after a long journey? Was she completely smitten by Isaac’s beauty? Was Isaac actually doing something so odd in the field that she fell off her camel in shock? Nobody can tell for sure. Some interpreters of the passage see it as a moment of comic relief. Isaac’s name literally means ‘laughter’, and the early tellers of this story would have made the most of this incident to testify to the aptness of his nickname.

Secondly, what exactly was Isaac doing in the field? Different translations of the Bible say different things. Was he just walking? Or was he praying or meditating? The word occurs only once in the Old Testament, and it is hard to translate. Isaac has been through a period of great trauma. He narrowly escaped being the victim of human sacrifice. His father kept him at home and forbade him to find a wife in Canaan. His mother had recently died, and the text tells us that he had just returned from visiting a well where his half-brother Ishmael was last seen before disappearing into the Negev desert. It is hardly surprising that he is wandering meditatively in the fields at dusk. We sometimes do the same, as we wander, masked and aimless through the streets or parks of New York to ‘clear our minds’, or to try to gain perspective on our lives and the situation in which we find ourselves.

This is a story charged with emotion. On the one side we have the exile of the bride to be – travelling far from her family and her home and not knowing what she is going to find. On the other hand, we have the disconsolate Isaac, whose name means ‘laughter’, but whose life up to now has not lived up to his name. Rebecca shows us that we may have to leave home to find a home – however difficult that step may be. Isaac shows us that our lives can change in a moment, and God can gift us with unexpected joys when we least expect them. Their meeting shows us that our respective searches for happiness and for God have a habit of very often intersect with each other. You may well be the answer to someone else’s prayer without your knowing it. Lovers’ tales seldom have a happy ending, but this is an exception. They were so happily married that the Book of Common Prayer evokes their relationship in the marriage ceremony, praying that the couple being married will be as happy as they were.

Wherever you are in your own journey in love or in exile, remember that whatever happens, you will find peace by listening for God’s voice. I was reminded at Marjorie’s funeral last Thursday that God’s voice can often be heard through humor; moments of laughter that open our hearts and minds to see things through Jesus’ eyes and not just through our own. Laughter is one of those gifts from God that Marjorie gave us, and one that we are in need of in troubling times.  Jesus’ message to us in our gospel could not be more comforting; and it isn’t without humor. He compares us to oxen that he is about to yoke together, and compares himself to the one who drives those animals forward to accomplish a common task. But be of good cheer. However hard the tasks we face, Jesus reassures us. ““Come to me, all you that are weary and are carrying heavy burdens, and I will give you rest.”

NJM

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