Sermon – Pentecost +9

Pentecost 9

11th August 2019

Genesis 15:1-6  Hebrews 11:1-16  Luke 12:32-40

Nobody really knows who the author of the book of Hebrews was. It was certainly not Paul; the book dates from a later period, and its main purpose is to inform the Christian communities all over the Greco-Roman world of their Hebrew origins. After exhorting his readers to remember the example of some of the greatest figures in the Old Testament from Adam to Abraham, the author of the book of Hebrews writes one of the most haunting phrases in the whole of the Bible: “These all died in faith, not having received what was promised, but having seen it and greeted it from afar, and having acknowledged that they were strangers and exiles on the earth.” (Hebrews 11:13) He seems to capture the essence of what it means to experience a sense of alienation from one’s surroundings; a certain rootlessness and longing which is part and parcel of our experience in a fragmented and changing world.

I suppose that this sense of rootlessness is most palpable in the world’s great airports. Nobody knows anyone else; everyone is uprooted and in transit, bound together only by the common experience of being en route to somewhere else.  Those great figures mentioned by the author of Hebrews are also bound together by the fact that their lives all featured a journey that for each one of them was uprooting and frightening. Adam and Eve were banished from paradise; Enoch was taken to heaven in a fiery chariot; Noah was tossed about on the waters of the flood, and God commanded Abraham to leave Ur and embark on a journey whose final destination was yet to be revealed to him. The Book of Hebrews is full of such references to travelers, strangers and exiles. Indeed, one of its most famous verses concerns exactly this theme: “Remember to show hospitality, there are some who by so doing have entertained angels unawares.”  (Hebrews 13:2) Perhaps the author has such a strong feeling for the nature of exile because he was writing his letter to the worldwide Hebrew – Christian church, scattered as it was throughout the Roman Empire. Those communities were bound together not because they all lived in the same town, but because scattered as they were, they shared a common story: the story of Jesus of Nazareth.

His emphasis on the nature of exile and strangeness is tempered by a strong sense of belonging which runs through the Book of Hebrews. Though we are all strangers and exiles, we are also bound together by our kinship in Christ. This was not an empty sense of camaraderie based on sentiment alone. Christians at that time were bound together because they were all misunderstood by their neighbors, and even persecuted by the authorities. They possessed secret codes and symbols by which they could recognize one another, such as the sign of the fish or the cross. Perhaps today we have lost some of the sense of urgency that they possessed. Very often when we speak of the worldwide Christian family we do so with a certain complacency. Our warm feelings are often based on nothing more than a common interest in a sub-culture of like-minded people; whether we are Episcopalians, Catholics or Reformed. Our sense of belonging and our common story told through Jesus of Nazareth demands more of us than that; and it will sometimes be painful if our relationships with each other are to deepen and grow.

But the Book of Hebrews knows nothing of this easy camaraderie. There is something about being a stranger and an exile which is disturbing and difficult. How much do we truly know about each other, about the new countries or towns where we have been transplanted, about God or about ourselves? Our estrangement from God and from each other runs very deep. We are constantly making wrong judgments and needing to mend our errors. We can never fully know the mind of another person by analyzing them and processing the information which we think we’ve gathered. We are forever in movement, greeting each other from afar, just as the heroes of the Old Testament mentioned in the Book of Hebrews stumbled towards the light which they knew would one day be within their reach.

There is another important aspect to this business of being a traveler, a stranger or an exile. We are constantly in the position of being a guest. Imagine being a guest in someone else’s home. You will be as careful as you can to show your gratitude for their hospitality by respecting their home and treating it with care. The book of Hebrews sees the earth as our ‘exile’ home. Whatever we think of this way of seeing things, it should urge us to treat our planet with all the care and respect with which a guest would treat their host’s belongings. The earth is not ours to despoil.

If we are to take our Christian vocation seriously, every one of us has to embark on the journey of faith and love which Jesus began for us, for “faith gives substance to our hopes, and makes us certain of realities which we do not yet see.”

NJM

 

Neuvième dimanche après la Pentecôte                                                                  le 11 août 2019

Personne ne sait vraiment qui était l’auteur de l’Épitre aux Hébreux. Ce n’était certainement pas Paul ; L’Épitre date d’une période ultérieure et son objectif principal est d’informer les communautés chrétiennes du monde gréco-romain de leurs origines hébraïques. Après avoir exhorté ses lecteurs à se souvenir de l’exemple de certains des plus grands personnages de l’Ancien Testament, d’Adam à Abraham, l’auteur de l’Épitre aux Hébreux écrit l’une des phrases les plus obsédantes de la Bible : « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir reçu les biens promis, mais ils les ont vus et salués de loin, et ils ont reconnu qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. » (Hébreux 11:13). Il semble capturer l’essence de ce que signifie de faire l’expérience d’un sentiment d’aliénation dans son environnement ; un certain déracinement et un désir ardent qui font partie intégrante de notre expérience dans un monde fragmenté et en mutation.

Je suppose que ce sentiment de déracinement est le plus manifeste dans les grands aéroports du monde. Personne ne connaît personne ; tout le monde est déraciné et en transit, liés uniquement par l’expérience commune d’être en route vers un autre lieu. Ces grands personnages mentionnés par l’auteur de l’Épitre aux Hébreux sont également liées par le fait que chacune de leurs vies a été marquée par un voyage déracinant et effrayant. Adam et Eve ont été bannis du paradis ; Hénoch a été emmené au ciel dans un char de feu ; Noé a été ballotté sur les eaux du déluge et Dieu a ordonné à Abraham de quitter Ur et de se lancer dans un voyage dont la destination finale devait encore lui être révélée. L’Épitre aux Hébreux regorge de ce type de références aux voyageurs, aux étrangers et aux exilés. En effet, l’un de ses verset les plus célèbres concerne précisément ce thème : « N’oubliez pas l’hospitalité, car en l’exerçant certains ont sans le savoir logé des anges. » (Hébreux 13: 2). Peut-être que l’auteur avait un sens aussi aigu de la nature de l’exil parce qu’il écrivait son Épitre à l’intention de l’église mondiale hébraïque-chrétienne, dispersée dans l’Empire romain. Ces communautés étaient liées non pas parce qu’elles vivaient dans la même ville, mais parce qu’autant qu’elles étaient dispersées, elles partageaient une histoire commune : l’histoire de Jésus de Nazareth.

Son accent sur la nature de l’exil et de l’étrangeté est tempéré par un fort sentiment d’appartenance qui traverse l’Épitre aux Hébreux. Bien que nous soyons tous des étrangers et des exilés, nous sommes également liés par notre parenté en Christ. Ce n’était pas un sentiment de camaraderie vide fondé sur le seul sentiment. Les chrétiens de cette époque étaient liés parce qu’ils avaient tous été mal compris par leurs voisins et même persécutés par les autorités. Ils possédaient des codes secrets et des symboles grâce auxquels ils pouvaient se reconnaître, tels que le signe du poisson ou la croix. Peut-être avons-nous aujourd’hui perdu une partie de leur sentiment d’urgence. Très souvent, lorsque nous parlons de la famille chrétienne mondiale, nous le faisons avec une certaine complaisance. Nos sentiments chaleureux ne sont souvent basés que sur un intérêt commun dans une sous-culture de personnes partageant les mêmes idées ; que nous soyons épiscopaliens, catholiques ou réformés. Notre sentiment d’appartenance et notre histoire commune racontée par Jésus de Nazareth nous demandent plus que cela ; et cela sera parfois douloureux si nous voulons que nos liens communs s’approfondissent et se développent.

Mais l’Épitre aux Hébreux ne connait absolument pas cette camaraderie facile. Être étranger et exilé a quelque chose de perturbant et de difficile. Que savons-nous vraiment l’un de l’autre, des nouveaux pays ou villes où nous avons été transplantés, de Dieu ou de nous-mêmes ? Notre éloignement de Dieu et les uns des autres est très profond. Nous faisons constamment des erreurs de jugement et avons besoin de réparer nos erreurs. Nous ne pourrons jamais connaître complètement l’esprit d’une autre personne en l’analysant et en traitant les informations que nous pensons avoir recueillies. Nous sommes toujours en mouvement, nous saluant les uns les autres de loin, tout comme les héros de l’Ancien Testament mentionnés dans l’Épitre aux Hébreux se sont dirigés en trébuchant vers la lumière, lumière qu’ils savaient serait un jour à leur portée.

Il y a un autre aspect important dans le fait d’être un voyageur, un étranger ou un exilé. Nous sommes constamment en position d’invités. Imaginez être un invité chez quelqu’un d’autre. Vous ferez tout votre possible pour exprimer votre gratitude pour leur hospitalité en respectant leur domicile et en traitant celui-ci avec soin. L’Épitre aux Hébreux considère la Terre comme notre maison d’exil. Quoi que nous pensions de cette façon de voir les choses, cela devrait nous inciter à traiter notre planète avec tout le soin et le respect avec lesquels un invité traiterait les possessions de son hôte. Il ne nous appartient pas de piller la Terre.

Si nous voulons prendre notre vocation chrétienne au sérieux, chacun d’entre nous doit s’engager dans le chemin de la foi et de l’amour que Jésus a commencé pour nous, car « la foi, c’est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas. »

NJM Ver. Fr. FS

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