Sermon – Lent V

Le cinquième dimanche du Carême                                                                       le 21 mars 2021

Le poète et théologien écossais George McDonald (1824-1905) a dit un jour qu’il pensait que c’était un bien meilleur compliment d’être considéré fiable que d’être aimé. À première vue, j’ai pensé que sa déclaration semblait un peu froide. Préféreriez-vous être considéré comme une personne de confiance ou une personne aimante ? Préféreriez-vous agir envers quelqu’un par amour ou par confiance ? Nous avons tendance à confondre les deux, à cause de la compétence des gens qui sont payés pour nous vendre des produits : que ces produits soient des produits de consommation ou bien des célébrités. Il suffit de regarder les emballages des produits que nous achetons pour en être convaincus. Les publicités verbeuses essaient toujours de nous inciter à faire confiance à ce qu’ils disent d’eux-mêmes, puis à compter sur notre « amour » du produit pour nous fidéliser à la marque. Notre incapacité à faire la distinction entre les deux peut parfois nous conduire à faire de tristes erreurs. Toutes sortes de personnes sont capables d’inspirer notre amour sans être particulièrement dignes de notre confiance. Des gens beaux, riches, des gens influents comme des politiciens, des membres de la royauté ou des personnes dans les affaires ont souvent inspiré les gens à les aimer, pour ensuite abuser de la confiance qu’ils leur accordent. Les manières dont nous décrivons l’amour et la confiance sont si différentes que nous pourrions penser que les deux sentiments ont peu en commun. En théorie, on peut faire confiance à un partenaire commercial sans l’aimer, et on peut aimer un ami sans toujours lui faire confiance. Vous pouvez tomber amoureux de quelqu’un. Il est même possible de tomber amoureux dès le premier regard. Mais vous ne tombez jamais en confiance avec quelqu’un, et il est en effet très rare de faire confiance à quelqu’un de but en blanc. Dans le meilleur de tous les mondes, ces deux sentiments iraient de pair. Si nous étions tous des êtres humains parfaits, nous ferions confiance à ceux que nous aimons et aimerions ceux en qui nous faisons confiance. Je pense que beaucoup d’entre nous ont eu des relations comme celle-ci, mais elles sont rares et devraient être chéries. Ne les abandonnez pas facilement ! Nous devons être profondément reconnaissants envers ceux en qui nous avons confiance et que nous aimons. Ils peuvent nous montrer à quel point Dieu doit nous faire confiance et nous aimer. Et voici comment.

Si nous nous posons la question : « Dieu préfère-t-il notre confiance ou notre amour ? » la réponse serait sûrement : « Les deux également et en même temps ! » La Bible utilise souvent le mot alliance pour unir les mots amour et confiance en un seul sentiment. Nous avons tendance à penser au mot en termes plutôt secs et abstraits, comme s’il s’agissait d’un synonyme de « contrat » : si vous faites cela, alors je le ferai… mais ce n’est vraiment pas le sens du mot. La Bible elle-même est une longue histoire sur l’alliance – ou plus précisément les alliances – que Dieu a établies entre Lui-même et son peuple tout au long de l’histoire humaine. Le mot « Testament » dans le titre français et anglais des deux parties de la Bible est simplement un autre mot pour l’Alliance. Nous faisons différentes sortes d’alliances dans notre vie quotidienne : avec notre banque pour s’occuper de notre argent, avec nos employeurs qui promettent de nous payer en échange de notre travail, avec nos politiciens élus qui promettent de veiller sur nos intérêts. Nos relations humaines les plus importantes sont parfois scellées par une alliance formelle. La cérémonie du mariage est une alliance entre deux personnes qui exige la confiance mutuelle et l’amour mutuel dans une égale mesure.

C’est peut-être le dernier exemple qui se rapproche le plus de la description du type d’alliances que Dieu fait avec nous. Traditionnellement, il y en a sept : l’alliance avec Noé et la création, l’alliance avec Abraham et ses descendants, l’alliance avec Moïse, l’alliance avec la maison de David, l’alliance avec ceux qui reviennent de l’exil babylonien, l’alliance avec l’humanité par la mort et la résurrection du Christ, et enfin la nouvelle alliance que Dieu fait avec toute la création : que celle-ci sera restaurée dans la gloire quand le ciel et la terre seront refaits.

Dans chacune de ces sept alliances, l’amour sans faille et la patience infinie de Dieu sont évidents. Ce n’est pas comme si Dieu nous avait abandonnés dès le premier signe de notre infidélité, de notre manque de confiance ou de notre amour chancelant. Dieu n’a rompu aucune de ces alliances. De plus, contrairement à l’alliance entre deux personnes qui se marient, les alliances que Dieu établit avec nous sont entièrement à sens unique. Les sept alliances sont toutes des alliances fondées sur la grâce éternelle de Dieu. Bien que nous n’ayons pas réussi à vivre à la hauteur de « notre » côté de l’alliance, l’amour de Dieu s’est révélé maintes et maintes fois inconditionnel. Chaque alliance est un avant-goût de la grâce et de l’amour de Dieu qui nous est offert en la personne du Christ, rompu et répandu pour nous sur la croix. Toutes ces alliances inspirent notre amour et notre confiance dans une égale mesure. Peu importe combien de fois nous échouons ; peu importe combien de fois notre confiance en Dieu disparaît, Dieu reste fidèle à sa promesse. Dieu pourvoira. L’échec, la trahison, le rejet sont des caractéristiques de certaines relations humaines, mais avec Dieu nous n’avons rien à craindre.

Lorsque les Grecs expriment le désir de voir Jésus, c’est cette grâce et cet amour qui les poussent à le chercher. À travers son expérience de l’alliance divine de notre point de vue humain, nous voyons l’amour fidèle de Dieu à l’œuvre. Quiconque voit Jésus – qui connaît Jésus à l’œuvre dans sa vie – a vu le Dieu de l’Alliance. Cette alliance est maintenant inscrite dans nos cœurs. Nous sommes appelés à vivre en paix dans le royaume céleste. Nous allons maintenant aimer ce en quoi nous avons confiance et faire confiance à ce que nous aimons.

NJM Ver. Fr FS

Lent V
March 21, 2021
Jeremiah 31:31-34    Hebrews 5:5-10    John 12:20-33

The Scottish poet and theologian George McDonald (1824-1905) once said that he thought it a much better compliment to be trusted than to be loved. At first sight, I thought his claim sounded a bit cold. Would you rather be known as a trustworthy person or a loving person? Would you rather act towards someone out of love or out of trust? We tend to confuse the two, thanks to the skill of people who are paid to market products to us: whether those products are consumables or celebrities. We only need to look at the packaging on the things we buy to be convinced of that. The wordy advertisements always try to inspire us to trust what they say about themselves, and then rely on our ‘love’ of the product to lead to brand loyalty. Our inability to distinguish between the two can sometimes lead to our making sad mistakes. All sorts of people are able to inspire our love without being particularly worthy of our trust. Beautiful people, rich people, influential people like politicians, royalty or businesspeople have often inspired people to love them, only to go on to abuse the trust that they have placed in them. The ways in which we describe love and trust are so different that we might think that the two feelings have little in common. In theory, we can trust a business partner without loving them, and we can love a friend without always trusting them. You can fall in love with someone. It is even possible to fall in love at first sight. But you never fall in trust with someone, and it is very rare indeed to trust someone at first sight. In the best of all worlds, these two feelings would go together. If we were all perfect human beings, we would trust those whom we love, and love those whom we trust. I think many of us have had relationships like this, but they are rare and should be cherished. Don’t give up on them easily! We should be deeply thankful for those whom we both trust and love. They can show us something of how much God must trust and love us. And here is how.

If we ask ourselves the question: “Does God prefer our trust or our love?” the answer would surely be, “Both equally, and at the same time!” The bible often uses the word covenant to unite the words love and trust in one feeling. We tend to think of the word in rather dry and abstract terms, as if it were a synonym of ‘contract’: If you do this, then I will do that……but this is really not the sense of the word. The Bible itself is one long history of the covenant – or more precisely the covenants – that God has established between himself and his people throughout the long course of human history. The word “Testament” in the French and English title of the two parts of the Bible is simply another word for Covenant. We make various sorts of covenants in our daily lives: with our bank to look after our money, with our employers who promise to pay us in return for our work, with our elected officials who promise to look after our interests. Our most important human relationships are sometimes sealed with a formal covenant. The marriage service is a covenant between two people which requires mutual trust and mutual love in equal measure.

It’s perhaps the last example which comes closest to describing the sort of covenants that God makes with us. Traditionally, there are seven of them: the covenant with Noah and creation, the covenant with Abraham and his descendants, the covenant with Moses, the covenant with the House of David, the covenant with those who return from the Babylonian exile, the covenant with humanity through the death and resurrection of Christ, and finally the new covenant that God makes with the whole of creation: that it will be restored in glory when heaven and earth are made anew.

In each one of these seven covenants, God’s unfailing love and infinite patience are plain to see. It isn’t as if God has abandoned us at the first sight of our infidelity, our lack of trust or our faltering love. God didn’t break a single one of those covenants. What is more, unlike the covenant between two people who get married, the covenants that God establishes with us are entirely one-sided. All seven covenants are covenants based on God’s never-failing grace. Though we failed to live up to ‘our’ side of the covenant, God’s love proved itself again and again as unconditional. Each covenant is a foretaste of the grace and love of God that is offered to us in the person of Christ, broken and poured out for us on the cross. All of these covenants inspire our love and trust in equal measure. No matter how many times we fail; no matter how many times our trust in God disappears, God remains faithful to his promise. God will provide. Failure, betrayal, rejection are characteristics of some human relationships, but with God we have nothing to fear.

When the Greeks express a desire to see Jesus, it is this grace and love that is drawing them to seek him out. Through his experiencing the divine covenant from our human perspective, we see the faithful love of God at work. Anyone who sees Jesus – who knows Jesus at work in their lives – has seen the God of the Covenant. That covenant is now inscribed on our hearts. We are called to live in peace in the heavenly kingdom. We will now love what we trust, and trust what we love.

NJM

 

 

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