Sermon – Lent II

Lent II
February 28, 2021
Genesis 17 :1-16 Romans 4 :13-25 Mark 8 :31-38

We are so used to hearing that the Gospel is Good News, that certain verses in the Bible can take us by surprise. Perhaps this is especially true of today’s gospel reading, “If any want to become my followers, let them deny themselves and take up their cross and follow me. For those who want to save their life will lose it, and those who lose their life for my sake and for the sake of the gospel, will save it.” You’ll look in vain for this sort of good news in the self-help section of an online bookseller. It’s hardly what you might think of as a failsafe recipe for personal fulfillment! It’s comforting that Jesus’ disciples also found his saying troubling; so much so that Jesus reprimands Peter for trying to persuade him to take an easier path instead of going to Jerusalem to face his opponents. They had too much at stake to allow their leader to expose himself to what they considered to be needless danger.

Our recipes for living a fulfilled life that looks like good news to our family, friends and colleagues are often more influenced by the pressures of our secular world than by verses like this from the Bible. Those who love us want to hear about our personal successes, about a wonderful relationship, a great job or new-found financial security. They don’t want to hear us talking about losing our lives in order to find them. The first thing we can observe about this verse when we look at it from a worldly perspective is this: being rich or successful doesn’t invariably lead to your feeling fulfilled; let alone happy. In fact, there is never enough to go around. Not enough power, money, fame, possessions, social media followers or whatever it is you measure your success by.

The second thing we can observe about this verse when we look at it from a worldly perspective is a little harder to explain. It is expressed in the part of the passage I didn’t quote earlier on. “What will it profit them to gain the whole word and forfeit their life?” Most of the measures of what our society calls success involve certain compromises – some of them small, and some of them very large indeed. We bargain, we hedge our bets, we take just the number of risks necessary to get what we want, but no more. And then, often when it is too late, we realize that we have lost our true selves in this process of negotiating with the devil. Perhaps that’s what Jesus is getting at when he tells Peter, “Get behind me Satan!” He’s telling Peter that the compromises and the options for safety that he is suggesting are the way that the world goes about its business, not the way that Jesus has chosen.
Now that we have looked at two rather everyday ways of interpreting these words of Jesus, let’s look at how they shape our lives as followers of Christ. First of all, every one of us is tempted to try to ‘tame’ God. We would rather keep Jesus between the covers of the Bible or tied up in our careful liturgies or our nicely expressed doctrines, where he is safe and sound. We don’t want him wandering into places that put us in danger. If this is our intent, our faith becomes a cage in which we try to imprison or control God, but in the end, we only succeed in imprisoning ourselves. Love doesn’t seek to restrict, imprison or control, even when the one whom we love is called upon to take risks.

Secondly, Jesus’ rebuke of Peter reminds us of the temptations in the wilderness – another story that tells us that Jesus refuses to go along with the compromises of the world. Our discipleship is of the same sort. It is an obedient choice to be one with Christ in a community of fellow believers who are imperfect but redeemed, dying and rising every day to new life, and wholly committed to being the body of Christ where we are. That is what taking up our cross means. The cross doesn’t stand for some difficulty we have to bear, like arthritis or a nagging spouse. It symbolizes the totality of our commitment, even if that commitment entails painful new insights on ourselves. We are not used to embracing those experiences. Our instinct is to flee from them, or at least to respond to criticism or judgment by criticizing and judging others. But Jesus is telling us to embrace those uncomfortable experiences and to face them with courage. Such humbling moments will bring us to a place where we can accept God’s grace, and participate in Christ’s resurrection.

Finally, Jesus calls us to follow him. When we follow someone, we don’t plough on ahead. We wait for their lead. There will be times when Jesus is going to tell us to wait. There will be other times when Jesus will tell us to go. There will be times when he will say, “Get on with it! You know what to do!” And other times when he will say, “Sit down for a while and rest. We don’t need to rush.” Let Jesus do the leading; even if it looks dangerous. It’s only by taking that risk that we will gain everything that we thought we were losing.

NJM

Le deuxième dimanche du Carême le 28 février 2021

Nous avons tellement l’habitude d’entendre que l’Évangile est une bonne nouvelle que certains des versets de la Bible peuvent nous surprendre. Cela est peut-être particulièrement vrai en ce qui concerne la lecture de l’Évangile d’aujourd’hui : « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il s’abandonne lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. En effet, celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. » Vous pourrez chercher en vain ce genre de bonnes nouvelles dans la section « développement personnel » d’une librairie en ligne. C’est loin d’être ce que vous pourriez considérer comme une recette sûre pour votre épanouissement personnel ! Il est réconfortant que les disciples de Jésus aient également trouvé sa parole troublante ; à tel point que Jésus réprimande Pierre lorsqu’il essaie de le persuader de suivre un chemin plus facile plutôt que d’aller à Jérusalem pour y affronter ses adversaires. Il y avait beaucoup trop en jeu pour laisser leur guide s’exposer à ce qu’ils considéraient probablement être un danger inutile.

Nos recettes pour vivre une vie épanouie qui semble être une bonne nouvelle pour notre famille, nos amis et nos collègues sont souvent plus influencées par les pressions de notre monde laïc que par des versets de la Bible comme celui que nous venons d’entendre. Ceux qui nous aiment veulent entendre parler de nos succès personnels, d’une relation merveilleuse, d’un très bon emploi ou d’une nouvelle sécurité financière. Ils ne veulent pas nous entendre parler de la perte de nos vies pour pouvoir les retrouver. La première chose que nous pouvons observer à propos de ce verset lorsque nous l’observons avec une perspective matérielle est la suivante : être riche ou avoir du succès ne conduit pas forcément à un sentiment d’épanouissement ; et encore moins à la joie. En fait, il n’y en a jamais assez pour tout le monde. Pas assez de pouvoir, d’argent, de célébrité, de possessions, d’abonnés aux médias sociaux ou de tout ce que vous pourriez utiliser pour mesurer votre succès.

La deuxième chose que nous pouvons observer à propos de ce verset lorsque nous l’observons d’un point de vue matériel est un peu plus difficile à expliquer. Elle s’exprime dans la partie du passage que je n’ai pas citée plus tôt : « À quoi bon gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? » La plupart des indicateurs de ce que notre société appelle le succès impliquent certains compromis – certains sont petits et d’autres très grands. Nous négocions, nous couvrons nos paris, nous prenons juste le nombre de risques nécessaires pour obtenir ce que nous voulons, mais pas plus. Et puis, souvent quand il est trop tard, nous nous rendons compte que nous avons perdu notre véritable moi dans ce processus de négociation avec le diable. C’est peut-être ce que veut dire Jésus quand il dit à Pierre : « Va-t’en, passe derrière moi Satan ! » Il dit à Pierre que les compromis et les options de sécurité qu’il propose représentent la façon dont le monde entreprend les choses, et non le chemin que Jésus suit.

Maintenant que nous avons observé deux façons matérielles d’interpréter les paroles de Jésus, demandons-nous comment elles façonnent nos vies en tant que disciples de Jésus. Tout d’abord, chacun d’entre-nous est tenté ‘d’amadouer’ Dieu. Nous préférerions que Jésus reste entre les couvertures de la Bible ou attaché à nos liturgies prudentes ou nos doctrines bien exprimées, là où il est sain et sauf. Nous ne voulons pas qu’il aille errer dans des lieux qui pourraient nous mettre en danger. Si telle est notre intention, notre foi devient une cage dans laquelle nous essayons d’emprisonner ou de contrôler Dieu, mais au final, nous n’arrivons qu’à nous emprisonner nous-mêmes. L’amour ne cherche pas à restreindre, à emprisonner ou à contrôler, même quand celui que l’on aime est appelé à prendre des risques.

Deuxièmement, la réprimande que Jésus fait à Pierre nous rappelle les tentations dans le désert – une autre histoire qui nous dit que Jésus refuse d’adopter les compromis du monde. Il en est de même de notre apostolat. C’est un choix obéissant de ne faire qu’un avec le Christ ensemble dans une communauté de croyants qui sont imparfaits mais rachetés, des croyants qui meurent et ressuscitent tous les jours dans une nouvelle vie, et entièrement dévoués à être le corps du Christ là où nous sommes. C’est ce que signifie porter notre croix. La croix ne symbolise pas une espèce de difficulté que nous devons supporter, comme l’arthrite ou un.e conjoint.e casse-pieds. Elle symbolise la totalité de notre engagement, même si cet engagement implique de nouvelles visions dures de nous-mêmes. Nous n’avons pas l’habitude de saisir ces expériences. Notre instinct est de les fuir, ou du moins de répondre aux critiques et aux jugements en critiquant et en jugeant les autres. Mais Jésus nous dit de les étreindre et de leur faire face avec courage. De tels moments de modestie nous mèneront en un lieu où nous pouvons accepter la grâce de Dieu, et participer à la résurrection du Christ.

Enfin, Jésus nous appelle à le suivre. Quand nous suivons quelqu’un, nous ne nous jetons pas la tête la première. Nous attendons leurs instructions. Il y aura des moments où Jésus va nous dire d’attendre. Il y en aura d’autres où Jésus nous dira d’avancer. Il y aura des moments où il dira, « Vas-y ! Tu sais quoi faire ! » Et d’autres où il dira, « Assieds-toi un peu et repose-toi. On n’a pas besoin de se dépêcher. » Laissez Jésus diriger ; même si cela paraît dangereux. Ce n’est qu’en prenant ce risque que nous gagnerons tout ce que nous pensions être en train de perdre.

NJM Ver. Fr. FS

Posted in sermons.