Sermon – Easter IV

Easter IV   May 3, 2020
Acts 2:42-47 I Peter 2:19-25 John 10:1-10

The first funeral I took at St. Esprit took place two months after my arrival. It was for a former member of the Vestry of the church, and the scion of a prestigious New York family. He had had rather a colorful life; his three marriages and his adventurous use of family resources had restricted his available finances. He had retired to a cottage in Maine, and four times a year St. Esprit’s Vestry paid for him to come to the city to attend meetings and read the lesson on Sundays. On one occasion in the early 1980’s (so the story goes), his visit coincided with the reading we heard from the book of Acts, describing the life of the early followers of the Jesus movement who sold everything they had and shared their resources in common. The Rector of the church at that time, Tom Wile, asked him to read the passage. “I’m not reading that,” he said. “It’s Communist.” I was told that Tom looked him in the eye and replied, “We pay for your transport and your accommodation. You’ll read what I ask you to read!”

Today, this story reads like a vignette of a time – or of several times – that have long since disappeared. As church members today, we don’t sell everything we have and hold our possessions in common. Neither do we think that the members of the earliest Christian communities must have been Communists. Today’s vestry members at St. Esprit would certainly not pay four times a year for one of their members to take a first-class train ticket from Maine and put them up in the Union Club for three weeks so that they could attend a Vestry meeting. Hearing this story today in the light of our current circumstances, we might feel a little jealous or at least a little wistful: thinking of times when people could live together without restrictions being placed on their association, enjoy free travel wherever they wanted to go, and come together in the church for a celebratory service and reception.

It is true that we are living in strange times. We heard this week that Bishop Andy has suspended public worship for another eight weeks – until the first week in July (God willing). Despite these challenges and disappointments, we are discovering new ways to be the church and to be together in worship, fellowship and service. Through the hard work of our staff, we are able to meet together virtually at least twice a day to pray, meditate and learn. And this is only the tip of the iceberg. You would be amazed to hear about the cards and the offerings and emails we are receiving, in appreciation of your continuing work. You would be moved to hear of all the telephone calls and emails between our members who are looking after each other in the middle of all this uncertainty. Friendships and fellowship forged in happier times are taking us through a period of isolation and uncertainty. We are seeing how love – just as it always was – will remain the guiding light for us in our shared future.

And this is not all. Though it is still to early to draw lasting lessons from our experience; let alone to lay down concrete plans for tomorrow, we are starting to observe how God is waking us up to some realities that we had ignored while we were living in our consumerist trance. In a society that had become used to instant gratification and getting anything it wanted in double-quick time, we are learning to be patient and to wait. In a society that had become used to dealing in absolutes and in certainties, we are learning to live with ambiguity. In a society that had become seduced by celebrity and wealth, we have had our eyes opened to the value of workers that we had consigned to the margins and shadows; considering them – if we considered them at all – to be mere cogs in the machine of our consumerist culture.

Of course we are going to read that lesson from the book of Acts differently today than it was read all those decades ago in the time of the Rev. Thomas Wile. There is little point in being nostalgic about a time that was far from perfect. What we can hold onto and draw comfort from is this: the same Spirit that inspired those first disciples to pool their resources and live in common is still guiding us today. Our paschal candle is still burning brightly, and we have just celebrated the death and resurrection of our savior. Wherever the future takes us, the resurrection will still be proclaimed. The Bible will still be read. The sacraments will still be celebrated. We will continue to pray and to sing, to lament and to rejoice together. We will continue to model ourselves on Jesus: the one who said to us, “By this shall all people know that you are my disciples: that you have love for one another.” That is why his first followers shared what they had in common. That is why we are supporting each other today. That is what makes the church the church. And no matter what happens, no virus will stop us from following in Jesus’ footsteps.

NJM

 

Le quatrième Dimanche de Pâques                                                                            le 3 mai 2020

Les premières funérailles que j’ai célébrées à Saint-Esprit ont eu lieu deux mois après mon arrivée. C’était celles d’un ancien membre du consistoire de l’église et le descendant d’une prestigieuse famille new-yorkaise. Il avait eu une vie plutôt haute en couleur ; ses trois mariages et son utilisation aventureuse des ressources familiales avaient limité ses finances. Il avait pris sa retraite dans un chalet du Maine, et quatre fois par an, le consistoire de Saint-Esprit payait pour qu’il vienne en ville assister à leurs réunions et lire la leçon le dimanche. Une fois, au début des années 1980 (d’après ce qu’on m’a dit), sa visite a coïncidé avec la lecture que nous avons entendue du livre des Actes, décrivant la vie des premiers disciples du mouvement de Jésus qui ont vendu tout ce qu’ils avaient et mis leurs ressources en commun. Le recteur de l’époque, Tom Wile, lui a demandé de lire le passage. « Je ne lis pas ça », a-t-il dit, « C’est communiste. » On m’a dit que Tom l’a regardé dans les yeux et a répondu : « Nous payons votre transport et votre logement. Vous lirez ce que je vous demande de lire ! »

Aujourd’hui, cette histoire se lit comme une vignette tirée d’une époque – ou de plusieurs – qui ont depuis longtemps disparu. En tant que membres d’une église aujourd’hui, nous ne vendons pas tout ce que nous avons pour mettre nos biens en commun. Nous ne pensons pas non plus que les membres des premières communautés chrétiennes aient dû être communistes. Les membres du consistoire d’aujourd’hui à Saint-Esprit ne paieraient certainement pas quatre fois par an pour que l’un de leurs membres prenne le train du Maine en première classe, puis qu’il s’installe à l’Union Club pendant trois semaines afin qu’ils puissent assister à leur réunion. En entendant cette histoire aujourd’hui à la lumière de nos circonstances actuelles, nous pourrions nous sentir un peu jaloux ou du moins un peu mélancoliques : penser à des moments où les gens pouvaient vivre ensemble sans que des restrictions soient imposées à leur association, profiter de voyages gratuits partout où ils voulaient aller, et se réunir dans l’église pour un office de célébration et une réception.

Il est vrai que nous vivons à une époque étrange. Nous avons appris cette semaine que l’Évêque Andy a suspendu le culte public pendant huit semaines supplémentaires – jusqu’à la première semaine de juillet (si Dieu le veut). Malgré ces défis et ces déceptions, nous découvrons de nouvelles façons d’être l’Église et d’être ensemble dans l’adoration, la communion et le service. Grâce au travail acharné de notre personnel, nous sommes en mesure de nous réunir pratiquement au moins deux fois par jour pour prier, méditer et apprendre. Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Vous seriez stupéfaits par le nombre de cartes, de dons et de courriels que nous recevons en reconnaissance de votre travail continu. Vous seriez émus par tous les appels téléphoniques et courriels entre nos membres qui prennent soin les uns des autres au milieu de toute cette incertitude. Les amitiés et la camaraderie forgées dans des temps plus heureux nous font traverser une période d’isolement et d’incertitude. Nous voyons comment l’amour – comme il l’a toujours été – restera la lumière directrice dans notre avenir commun.

Et ce n’est pas tout. Bien qu’il soit encore trop tôt pour tirer des leçons durables de notre expérience ; sans parler d’établir des plans concrets pour demain, nous commençons à observer comment Dieu nous éveille à certaines réalités que nous avions ignorées pendant que nous vivions dans notre transe consumériste. Dans une société qui s’était habituée à la gratification instantanée et à obtenir tout ce qu’elle voulait en vitesse, nous apprenons à être patients et à attendre. Dans une société habituée à concevoir les choses en absolus et certitudes, nous apprenons à vivre dans l’ambiguïté. Dans une société qui avait été séduite par la célébrité et la richesse, nos yeux se sont ouverts face à la valeur des travailleurs que nous avions placés en marge et dans l’ombre ; considérés avant – si nous leur offrions même de la considération – comme de simples rouages ​​de la machine de notre culture consumériste.

Bien sûr, nous allons lire cette leçon du livre des Actes différemment aujourd’hui que lorsqu’elle a été lue il y a plusieurs décennies à l’époque du révérend Thomas Wile. Il ne sert à rien d’avoir de la nostalgie pour une époque loin d’être parfaite. Ce à quoi nous pouvons nous accrocher et qui peut nous réconforter est ceci : le même Esprit qui a inspiré ces premiers disciples à mettre leurs ressources en commun et à vivre en commun nous guide encore aujourd’hui. Notre bougie pascale brûle toujours vivement et nous venons de célébrer la mort et la résurrection de notre Sauveur. Où que l’avenir puisse nous mener, la résurrection sera toujours proclamée. La Bible sera toujours lue. Les sacrements seront toujours célébrés. Nous continuerons à prier et à chanter, à nous lamenter et à nous réjouir ensemble. Nous continuerons à suivre l’exemple de Jésus : celui qui nous a dit : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » C’est pourquoi ses premiers disciples ont mis ce qu’ils avaient en commun. C’est pourquoi nous nous soutenons aujourd’hui. C’est ce qui fait l’Église, l’Église. Et quoi qu’il arrive, aucun virus ne nous empêchera de suivre les pas de Jésus.

NJM Ver. Fr. FS

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