Sermon – Easter II

Easter II
April 11, 2021
Acts 4:32:35    I John 1:1-2:2    John 20:19-31

“If beauty delights you, the dust shall shine as the sun. If you enjoy that speed, strength and freedom of the body that nothing can withstand, then you shall be like the angels of God. If you delight in any pleasure that is not impure but pure, you shall drink from the torrent of the pleasures of God.”  St. Anselm

Most people don’t automatically associate the idea they have of religion with the quest to seek for beauty in their lives. Religion and beauty are two words that are not often heard together. People are more likely to associate religion with a sort of rigid morality or a cut and dried belief – what we are supposed to DO and what we are supposed to BELIEVE. Fundamentalists of every religion use morality and belief as weapons against what they consider to be a hostile and encroaching Godless secularism. Those who think that religion or faith concern themselves only with actions and beliefs terrorize others if they don’t espouse their favorite social, political or personal causes. The idea that one’s spiritual life can be motivated by a pursuit of the beautiful would be a very strange idea indeed to those who think that the aims of religion can be accomplished through political or social channels alone. For these people, the Easter season is all about getting the facts of the resurrection story straight and then simply forcing yourself to believe them.

For other Christians – those who lived in the early Christian and Medieval worlds for instance – Easter has a much deeper significance. God hasn’t just given us minds and bodies. God has given us hearts that long for Him. For those who have eyes to see, Easter kindles our longing to be transformed by the power of God’s beauty. Faith isn’t just about right actions or right beliefs. It has its beginning and its end in longing and desire. As Paul said, “If I understand all mysteries and all knowledge, and if I have all faith so as to remove mountains, but have not love, I am nothing. If I give away all I have and deliver my body to be burned, but have not love, I gain nothing.” (I Corinthians 13:2-3)

Joris sang the words of the Exultet for us on Easter Eve last week. The words of that ancient Christian hymn call on all Christians to wake up to the force of this love, to the power of forgiveness and the fulfilment of longing. Something new has broken into our world. After the opening greeting of the Exultet, these words are sung: “Sound the trumpet of

salvation!” In the ancient world, the trumpet was used as a wake-up call and a rallying cry. The rallying cry of Easter is simply this: what was old has been made new. Our sins are forgiven. Our pain and our brokenness have been healed, and we have been restored to our original beauty through the resurrection of Christ from the dead. God loves us. God desires us. Our longing and our desire find their fulfillment in loving God in return. Evil, sin and death do not have the last word. The last word belongs to Christ himself. “Greetings! Have no fear!” he says to Mary in the garden. “Peace be with you!” he says twice to the disciples gathered in the upper room – once without Thomas being there, and again in Thomas’ presence.

We all long for a more beautiful world. During the past year of the pandemic, I’ve often heard people saying that beauty has helped them through some of the darkest days: the view from their window, the flowers in church, the beautiful gestures and prayers of those engaged in the holy task of healing. All of this is an expression of our longing of our souls to be beautiful and to resemble more closely the beauty of the God whom we seek. So many things conspire against our being able to find that beauty in our lives. We are oppressed by illness, poverty or depression. We are oppressed by the greed or the stupidity of others. We grieve over missed opportunities or talents unrealized; especially in a time of confinement. We mourn those whom we love but see no longer. Yet in the middle of all these things, we still yearn for the beauty that we sometimes mistakenly believe to be beyond our grasp. Easter restores that beauty to us. That beauty returns to us precisely through our experience of love; even with all its frustrations or disappointments. By his suffering, death and resurrection, Christ showed us that no human experience is alien to him or outside the realm of the beautiful. Our suffering, our tragedies; even our death itself are all made beautiful through that love.

This congregation, understood as the risen body of Christ, becomes a sign of God’s intention to re-shape the whole of human life. Love, both divine and human, works for good in the middle of the inevitable suffering we experience in the world. Through that love we are transfigured into images and likenesses of God. Easter has turned us all into God’s children, and we all bear a family likeness to the One in whose name we were baptized. Have no fear. Christ is risen. Long for God; just as God longs for you. And may your Easter season be a joyful and beautiful one.

NJM

 

Le deuxième dimanche de Pâques                                                                         le 11 avril 2021

« Si vous appréciez la beauté, la poussière brillera comme le soleil. Si vous appréciez cette vitesse, cette force et liberté du corps auxquels rien ne résiste, alors vous serez comme les anges de Dieu.  Si vous vous réjouissez de plaisirs qui ne sont pas impurs mais purs, vous boirez du torrent des plaisirs de Dieu. » Saint Anselme de Cantorbéry

La plupart des gens n’assimilent pas automatiquement leur idée de la religion avec la quête de la recherche de la beauté dans leur vie. La religion et la beauté sont deux mots qui ne sont pas souvent employés ensembles. Les gens ont plutôt tendance à associer la religion avec une sorte de moralité rigide ou une croyance toute faite – ce que nous sommes censés FAIRE et ce que nous sommes censés CROIRE. Les fondamentalistes dans toutes les religions utilisent la moralité et la croyance comme des armes contre ce qu’ils considèrent un sécularisme athée hostile et envahissant. Ceux qui pensent que la religion ou la foi ne s’intéressent qu’à des actions ou des croyances terrorisent les autres si celles-ci n’adhèrent pas à leur causes personnelles, politiques ou sociales préférées. L’idée que la vie spirituelle de quelqu’un puisse être motivée par la poursuite de la beauté serait effectivement une idée très étrange pour ceux qui pensent que le but de la religion peut être atteint seulement par des voies politiques et sociales. Pour ces gens, la saison de Pâques signifie purement et simplement de recevoir les faits de l’histoire de la résurrection pour enfin ne se forcer qu’à y croire.

Pour d’autres chrétiens – ceux qui ont vécu dans le monde du christianisme primitifs et le monde médiéval par exemple – Pâques a une signification bien plus profonde. Dieu ne nous a pas seulement donné un corps et une tête. Dieu nous a donné un cœur pour le désirer ardemment. Pour ceux qui ont des yeux pour voir, Pâques enflamme notre désir d’être transformés par le pouvoir de la beauté de Dieu. La foi ne tourne pas seulement autour des bonnes actions ou des bonnes croyances. Elle commence et finit dans l’attente et le désir. Comme Paul l’a dit : « Je pourrais transmettre des messages reçus de la part de Dieu, posséder toute la connaissance et comprendre tous les mystères, je pourrais avoir la foi capable de déplacer des montagnes, si je n’ai pas d’amour, je ne suis rien ! Je pourrais distribuer tous mes biens aux affamés et même livrer mon corps aux flammes, si je n’ai pas d’amour, cela ne me sert à rien ! » (I Corinthiens 13 :2-3)

Joris a chanté pour nous l’Exsultet la veille de Pâques la semaine dernière. Les paroles de cet ancien cantique chrétien appellent tous les chrétiens à s’éveiller à la force de cet amour, au pouvoir du pardon et à l’accomplissement du désir. Quelque chose de nouveau a pénétré notre monde. Après l’invitatoire de l’Exsultet, ces paroles sont chantées : « Sonnez la trompette du Salut ! » Dans le monde antique, la trompette était utilisée comme un signal d’alarme et un cri de ralliement. Le cri de ralliement de Pâques est simplement celui-ci : ce qui était vieux a été renouvelé. Nos péchés sont pardonnés. Notre peine et notre état brisé ont été guéris, et nous avons été rétablis à notre beauté originelle à travers la résurrection du Christ. Dieu nous aime. Dieu nous désire. Notre attente et notre désir trouvent leur accomplissement dans l’amour rendu à Dieu. Le mal, le péché et la mort n’ont pas le dernier mot. Le dernier mot appartient au Christ. Il dit à Marie dans le jardin : « Marie ! N’aies pas peur ». Il dit deux fois aux disciples dans la pièce du haut : « La paix soit avec vous ! » – une fois en l’absence de Thomas, puis une fois quand il est là.

Nous attendons tous avec impatience un monde plus beau. Durant cette dernière année ‘covidée’, j’ai souvent entendu les gens dire que la beauté les a aidés à traverser certains des jours les plus sombres : la vue de leur fenêtre, les fleurs de l’église, les beaux gestes et prières de ceux engagés dans les tâches saintes de guérison. Tout cela est une expression de notre désir de voir nos âmes ressembler de plus près à la beauté de Dieu. Tellement de choses cherchent à nous empêcher de trouver cette beauté dans nos vies. Nous sommes opprimés par la maladie, la pauvreté, la dépression. Nous sommes opprimés par l’avidité ou la stupidité des autres. Nous pleurons les opportunités ratées ou les talents non réalisés ; en particulier en temps de confinement. Nous pleurons ceux que nous aimons mais ne voyons plus. Cependant, au milieu de tout cela, nous désirons toujours ardemment cette beauté que nous imaginons parfois par erreur comme hors de portée. Pâques rétablit cette beauté pour nous. Cette beauté nous revient précisément à travers notre expérience de l’amour ; même avec toutes ses frustrations et déceptions. Par sa souffrance, mort, et résurrection, le Christ nous a montré qu’aucune expérience humaine ne lui est étrangère ou externe au royaume de la beauté. Notre souffrance, nos tragédies ; même notre mort sont toutes rendues belles à travers cet amour.

Cette congrégation, comprises comme le corps ressuscité du Christ, devient un signe de l’intention de Dieu de remodeler l’intégralité de la vie humaine. L’amour, tout autant divin qu’humain, œuvre pour le bien au milieu des souffrances inévitables dont nous faisons l’expérience dans le monde. À travers cet amour nous sommes transfigurés dans une image et une similitude avec Dieu. Pâques nous a tous transformés en enfants de Dieu, et nous avons tous un air de parenté avec Celui au nom duquel nous avons été baptisés. N’ayez pas peur. Le Christ est ressuscité. Désirez Dieu ; tout comme Dieu vous désire. Et que votre saison de Pâques soit joyeuse et belle.

NJM Ver. Fr. FS

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