Pentecots +12 – Sermon

Pentecost +12

September 1st, 2019

Jeremiah 2:4-13 Hebrews 13:1-8 Luke 14:1-14

I am always puzzled by the programs that public television chooses to show during a fund-drive.  In order to solicit contributions from viewers, the managers of the stations concerned invariably air some guru or other who tells us how we can change our lives for the better.  I am puzzled because I am not sure what sort of reaction this technique is intended to provoke.  Are the viewers supposed to think, “What excellent and informative programming this station has!  I must send them money straight away!” ?   Or, “Oh no!  Not this again!  I’d better send them money straight away to avoid two weeks of this nonsense!” ?

Whatever reaction such programming produces in us, it gives us an informative glimpse into the sort of subjects with which our society is preoccupied.  Over the years there have been specials on how to avoid aging by eating fruit or undergoing plastic surgery.  There have been lectures on how to become successful entrepreneurial millionaires by augmenting one’s killer business instinct.  There have been tours around people’s houses by experts in Feng- Shuei who have told us that our lack of success in love or money is entirely attributable to the position in which we have placed our sofas.   We have been treated to discourses on everything that affects our health, our money, our psychology and our souls.  These smiling gurus who have revealed their secret keys to personal success have one thing in common.  Unlike public television stations, they know that the best way into our bank accounts is a direct and shameless appeal to our vanity, our egotism and our sense of personal insecurity.

The teachings of Christ – especially those we heard from the Gospel of Luke today – seem to be in direct contrast to this need to enhance our egos and our images of ourselves whatever it may cost.  We heard about compassion shown to a diseased outcast in front of the powerful and rich religious leaders, despite strict religious rules of what it was lawful to do on the Sabbath.  We heard of an invitee to a banquet who put humility before self-aggrandizement.  We heard of the host of a party who put generosity before impressing others, and fairness to the disadvantaged before the furthering of his own social standing.  It all seems perfectly clear.  Jesus appears to be telling us that if we wish to be God’s children, we must put others before ourselves.  Unfortunately, we think we know the type.  Such people are often pushed by the secret resentment of the so-called martyr.  They give up what they really want, in the expectation that others will think them kind and good.  They don’t tell you what they would really like to do because they have a precious image of themselves as the givers – the self-sacrificing people who make the world go round, without whom everything would degenerate into dispute and chaos.  But are these vignettes the result of the pure gestures of simple souls who look no further than to efface themselves in lives lived for others?

When we look again at those vignettes in Luke chapter 14, we see that this martyr complex is the last thing that Jesus is advocating.  The invitee humbles himself, but he is rewarded by a public recognition of his status when he is asked to move higher up the table.  The host of the banquet invites the poor and the disabled, because he knows he will be repaid at the greater heavenly banquet that is to come.  Jesus describes to us a topsy-turvy world in which the values of self-worth are one and the same as the act of self-sacrifice.  It is by helping others and sharing what we have with them that we discover who we really are.  For the so called martyr, those very same acts are a means of whitewashing selfishness with the name of generosity, and conforming to an image of holiness which Jesus would repudiate as pharisaical.

What sort of holiness is Jesus advocating in his teachings?  Firstly, the sort of holiness which seeks for justice.  Such holiness is driven by the desire to feed the hungry, to clothe the naked and to honor the outcast.  Secondly, the sort of holiness that has nothing to do with self pity.  In his parables, he does not present us with heroes who lament that their acts of giving are misunderstood by the ignorant or the selfish.  Thirdly, the sort of holiness that begins and ends in love.  We are generous, honest and kind because we want to be – because it is now in our nature as children of God to wish to resemble the generous God of love who has adopted us as his own.

NJM

 

Le douzième dimanche après la pentecôte                                         le 1er septembre 2019

Je suis toujours perplexe devant les programmes que la télévision publique choisit de diffuser lors d’une collecte de fonds. Afin de solliciter les contributions des téléspectateurs, les responsables des chaînes concernées offrent l’antenne invariablement à des gourous qui nous disent comment nous pouvons améliorer nos vies. Je suis perplexe car je ne sais pas quel type de réaction cette technique est censée provoquer. Les téléspectateurs sont-ils supposés penser : « Quelle programmation excellente et informative par cette chaîne ! Je dois leur envoyer de l’argent tout de suite ! Ou bien : « Oh non ! Pas ça encore ! Je ferais mieux de leur envoyer de l’argent tout de suite pour éviter deux semaines de ces bêtises ! » ?

Quelle que soit votre réaction face à ce type de programmations, celles-ci nous donnent un aperçu informatif du type de sujets qui préoccupent notre société. Au fil des années, il y a eu des promotions sur la façon d’éviter le vieillissement en mangeant des fruits ou en ayant recours à la chirurgie esthétique. Il y a eu des formations sur la façon de devenir des entrepreneurs millionnaires en augmentant l’instinct de l’entreprise. Des experts du Feng-Shuei ont effectué des visites guidées dans les maisons de gens qui disent que notre manque de succès en amour ou en argent est entièrement imputable à la position dans laquelle nous avons placé nos canapés. Nous avons eu droit à des discours sur tout ce qui affecte notre santé, notre argent, notre psychologie et nos âmes. Ces gourous souriants qui ont révélé leurs clés secrètes du succès personnel ont un point commun. Contrairement aux chaînes de télévision publiques, ils savent que le meilleur moyen d’accéder à nos comptes bancaires consiste à lancer un appel direct et sans scrupule à notre vanité, à notre égoïsme et à notre sentiment d’insécurité personnelle.

Les enseignements du Christ – en particulier ceux que nous avons entendus dans l’évangile de Luc aujourd’hui – semblent être en contradiction directe avec ce besoin d’améliorer notre ego et nos images de nous-mêmes à tout prix. Nous avions entendu parler de compassion manifeste envers une paria malade devant les chefs religieux puissants et riches, malgré les règles religieuses strictes quant à ce qu’il était légal de faire le jour du sabbat. Nous entendons parler d’un invité à un banquet qui mettait l’humilité avant l’agrandissement personnel. Nous avons entendu parler de l’hôte d’une fête qui plaçait la générosité avant la volonté d’impressionner les autres et l’équité envers les défavorisés avant l’amélioration de son statut social. Tout semble parfaitement clair. Jésus semble nous dire que si nous voulons être les enfants de Dieu, nous devons placer les autres avant nous-mêmes. Malheureusement, nous pensons connaître des gens comme ça. Ils sont souvent poussés par le ressentiment secret du soi-disant martyr. Ils abandonnent ce qu’ils veulent vraiment, dans l’espoir que les autres les trouvent gentils et bons. Ils ne vous disent pas ce qu’ils aimeraient vraiment faire parce qu’ils ont une image précieuse d’eux-mêmes, celle où ils sont ceux qui se sacrifient et qui font bouger le monde, sans lesquels tout dégénérerait en conflit et en chaos. Mais ces portraits dans l’Évangile représentent-ils des gestes purs d’âmes simples qui ne cherchent qu’à s’effacer dans des vies vécues pour les autres ?

En revoyant ces portraits du chapitre 14 de Luc, nous voyons que ce complexe du martyr est la dernière chose que préconise Jésus. L’invité s’humilie, mais il est récompensé par une reconnaissance publique de son statut lorsqu’il lui est demandé de se mettre en avant à table. L’hôte du banquet invite les pauvres et les handicapés, car il sait qu’il lui sera rendu la pareille lors du grand banquet céleste à venir. Jésus nous décrit un monde à l’envers, dans lequel les valeurs de confiance en soi sont identiques à l’acte du sacrifice de soi. C’est en aidant les autres et en partageant ce que nous avons avec eux que nous découvrons qui nous sommes vraiment. Pour le prétendu martyr, ces mêmes actes sont un moyen de blanchir son égoïsme sous une prétention de générosité et de lui donner une image de sainteté que Jésus répudierait comme pharisaïque.

Quelle sorte de sainteté Jésus préconise-t-il dans ses enseignements ? Premièrement, le genre de sainteté qui demande justice. Une telle sainteté est motivée par le désir de nourrir les affamés, de vêtir ceux qui sont nus et d’honorer les exclus. Deuxièmement, le genre de sainteté qui n’a rien à voir avec la pitié de soi-même. Dans ses paraboles, il ne nous présente pas de héros qui déplorent que leurs actes de générosité soient mal compris par les ignorants ou les égoïstes. Troisièmement, le genre de sainteté qui commence et finit par l’amour. Nous sommes généreux, honnêtes et gentils parce que nous voulons l’être – car il est maintenant dans notre nature, en tant qu’enfants de Dieu, de vouloir ressembler au Dieu d’amour généreux qui nous a adoptés comme les siens.

NJM Ver. Fr. FS

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