Pentecost +19 – Sermon

Pentecost XIX
October 20, 2019
Jeremiah 31 :27-34 II Timothy 3 :14- 4 :5 Luke 18 :1-8

Nobody likes a complainer, and very few people like having to complain. But I’m sure I’m correct in thinking that everyone here has been in a situation of having to complain about incompetent service: (banks, phone companies, insurance firms to name but three…). Apparently, there are successful ways to complain and unsuccessful ways to complain. Here’s how you’re supposed to do it: Complain about one thing at once. Focus on the thing that is really important to you. Practice what you’re going to say. Identify the person who can act on your complaint. There’s no point in talking to the wrong person. Identify your goal. What do you want them to do? Control your anger before you start. If you don’t, the person listening will focus on your anger rather than on helping you. Start with a compliment, state your grievance, finish with something that motivates: “I’ve been a customer for five years, and I’ve been happy with your service. Last month I noticed a charge for something I didn’t order, and I want it removed. I’d really appreciate your help with this.” If any part of the problem is your mistake, admit it, and don’t be afraid to compliment them if they respond well.

Perhaps if the Persistent Widow had had the benefit of this advice, she wouldn’t have needed to keep banging on the Judge’s door to obtain the justice she sought! I’m sure that some of these tips are helpful when we need to complain, but Jesus tells us that his parable is intended to teach us how to pray rather than how to complain. But in many ways, prayer can be quite similar to making a successful complaint. Firstly, our prayers should be more focused. It’s a good thing to examine what we want and to ask for it. We have no problem in identifying the person who can act on our complaint (God), and our prayers are often clear about what we would like (healing, a resolution to a problem etc.). There is absolutely no reason why we shouldn’t be angry with God – if we can’t be angry with God, who can we be angry with? God doesn’t need buttering up either, though a lot of the content of our prayers can be a bit like that; “Lord, I know you can do everything, your power fills the universe etc. etc.….” and we’re not shy about admitting that some of the problems we face are of our own making: that’s what repentance is about.

Having said that we can learn a lot about prayer from how we complain, how helpful is this parable in teaching us how to pray? For those of us who try to figure out who ‘God’ is in the parables, this one presents a few difficulties. If God is the Unjust Judge who eventually responds to a poor woman seeking justice simply because she keeps knocking on his door, we’re not left with a very positive image of God. And if the prayer is for justice, surely God is supposed to respond straight away? Isn’t justice something that God wants as fast as possible? Luke says at the end of the parable: “if this judge eventually responded to the widow, how much faster will your heavenly Father respond to you!”, but this seems a rather lame way to justify using an Unjust Judge to teach us how to pray.

Here are some of the ways that people have tried to explain God’s reticence in answering the widow’s request for justice, and what such reticence has to do with our prayers. By being slow to answer, God is teaching us that it is our duty to pray. It isn’t optional: we have to do it regularly and often. By being slow to answer, God is teaching us how to pray. We need practice to pray as we should, and if we got what we needed the first time, we would never learn how to pray properly. By being slow to answer, God is teaching us persistence. We live in a world where persistence is crucial if we are to get anywhere. By being slow to answer, God is teaching us patience. We shouldn’t be impatient in our demands. We have to wait on God patiently for an answer to our prayers. By being slow to answer, God is teaching us not to take answers to prayer for granted.

I’m not sure I like this way of seeing the parable. In some ways, it amounts to God teaching us how to be an irritating pest. Elsewhere in the New Testament, when sick people implore Jesus to heal them, he mostly acts straight away – he doesn’t tell them to keep pestering him. Perhaps it’s helpful to remember what the widow’s prayer is for. It is for justice, and we all know that justice is a hard thing to get in this world: justice for the poor, for the oppressed, for the defenseless and the wrongly accused. Of course, such prayers won’t be answered straight away. We need persistence, patience, determination and commitment to the cause of right. We can’t take it for granted. If we are not pests for the sake of justice, the world will forever exploit the weak with impunity.

Finally, what if God wasn’t the Judge in this parable, but the Widow? What if the Unjust Judge is actually us; slow to work for fairness in the world, and turning our back on the needy? God never stops knocking on our door; and opening our hearts to God’s knocking is never easy. Perhaps it is only God’s sheer persistence that will succeed in eventually overcoming our stubborn refusal to answer.

NJM

 

Le dix-neuvième Dimanche après la Pentecôte                                         le 20 octobre 2019

Personne n’aime les gens qui se plaignent, et très peu de gens aiment se plaindre. Mais je suis sûr que j’ai raison de penser que tout le monde ici a été contraint à se plaindre face à un service incompétent : (une banque, une compagnie téléphonique ou d’assurances, etc.). Apparemment, il existe des moyens efficaces de se plaindre et des moyens infructueux de se plaindre. Voici comment vous êtes censé le faire : se plaindre d’une chose à la fois. Concentrez-vous sur ce qui est vraiment important pour vous. Entrainez-vous quant à ce que vous allez dire. Identifiez la personne qui peut y faire quelque chose. Ça ne sert à rien de parler à la mauvaise personne. Identifiez votre objectif. Que voulez-vous que cette personne fasse ? Contrôlez votre colère avant de commencer. Si vous ne le faites pas, la personne qui vous écoute se concentrera sur votre colère plutôt que de vous aider. Commencez par un compliment, énoncez votre grief, et terminez par quelque chose de motivant : « Je suis client depuis cinq ans et je suis satisfait de votre service. Le mois dernier, j’ai remarqué des frais pour quelque chose que je n’avais pas commandé, et je voudrais que cela soit rectifié. J’apprécierais vraiment votre aide. » Si une partie du problème est votre erreur, admettez-la, et n’ayez pas peur de complimenter la personne si elle répond bien.

Peut-être que si la veuve persistante avait bénéficié de ce conseil, elle n’aurait pas eu besoin de frapper sans cesse à la porte du juge pour obtenir la justice qu’elle cherchait ! Je suis sûr que certains de ces conseils sont utiles lorsque nous devons nous plaindre, mais Jésus nous dit que sa parabole a pour but de nous apprendre à prier plutôt que de nous plaindre. Mais à bien des égards, la prière peut être assez similaire à une plainte réussie. Premièrement, nos prières devraient être plus ciblées. C’est une bonne chose d’examiner ce que nous voulons et de le demander. Nous n’avons aucun problème à identifier la personne qui peut y faire quelque chose (Dieu), et nos prières sont souvent claires sur ce que nous voudrions (guérir, résoudre un problème, etc.) Il n’y a absolument aucune raison pour que nous ne puissions pas nous fâcher contre Dieu – si nous ne pouvions pas le faire, contre qui pourrions-nous nous fâcher ? Dieu n’a pas non plus besoin qu’on lui passe de la pommade, bien qu’une grande partie du contenu de nos prières puisse être un peu comme ça ; « Seigneur, je sais que tu peux tout faire, ton pouvoir remplit l’univers, etc. » et nous n’hésitons pas à admettre que certains des problèmes auxquels nous sommes confrontés sont de notre faute : c’est la raison pour laquelle nous nous repentons.

Donc, puisque nous pouvons en apprendre beaucoup sur la prière selon comment nous nous plaignons, dans quelle mesure cette parabole nous aide-t-elle à nous apprendre à prier ? Pour ceux d’entre nous qui tentons de déterminer qui est « Dieu » dans les paraboles, celle-ci présente quelques difficultés. Si Dieu est le juge injuste qui répond enfin à une femme pauvre qui demande justice simplement parce qu’elle frappe sans cesse à sa porte, nous n’avons pas une image très positive de Dieu. Et si la prière est pour la justice, surement Dieu est censé y répondre immédiatement ? La justice n’est-elle pas quelque chose que Dieu veut le plus rapidement possible ? À la fin de la parabole, Luc dit : « Si ce juge répond finalement à la veuve, votre Père céleste vous répondra plus vite ! », mais cela semble être un moyen plutôt bancal de justifier le recours à un juge injuste pour nous apprendre à prier.

Voici certaines des manières dont les gens ont essayé d’expliquer la réticence de Dieu à répondre à la demande de justice de la veuve et ce qu’elle a à voir avec nos prières. En étant lent à répondre, Dieu nous apprend qu’il est de notre devoir de prier. Ce n’est pas facultatif : nous devons le faire régulièrement et souvent. En étant lent à répondre, Dieu nous apprend à prier. Nous avons besoin de pratique pour prier comme nous le devrions et si nous obtenions ce dont nous avons besoin la première fois, nous n’apprendrions jamais comment prier correctement. En étant lent à répondre, Dieu nous enseigne la persistance. Nous vivons dans un monde où la persistance est cruciale si nous voulons avancer. En étant lent à répondre, Dieu nous enseigne la patience. Nous ne devrions pas être impatients dans nos revendications. Nous devons attendre patiemment que Dieu réponde à nos prières. En étant lent à répondre, Dieu nous apprend à ne pas considérer les réponses à la prière comme un dû.

Je ne suis pas sûr d’aimer cette façon de voir la parabole. À certains égards, cela revient à Dieu nous apprenant à être des casse-pieds. Ailleurs dans le Nouveau Testament, lorsque des personnes malades implorent Jésus de les guérir, il agit généralement tout de suite – il ne leur dit pas de continuer à le harceler. Peut-être est-il utile de se rappeler la demande de la prière de la veuve. C’est pour la justice, et nous savons tous que la justice est une chose difficile à obtenir dans ce monde : justice pour les pauvres, pour les opprimés, pour les sans défense et pour les accusés injustement. Bien sûr, on ne répondra pas immédiatement à de telles prières. Nous avons besoin de persévérance, de patience, de détermination et d’engagement pour la cause de ce qui est juste. Nous ne pouvons pas considérer cela comme acquis. Si nous ne sommes pas des parasites dans l’intérêt de la justice, le monde exploitera à jamais les faibles en toute impunité.

Enfin, et si Dieu n’était pas le juge dans cette parabole, mais c’était la veuve ? Et si le juge injuste était réellement nous ? Lents à oeuvrer pour l’équité dans le monde en tournant le dos aux nécessiteux ? Dieu ne cesse jamais de frapper à notre porte ; et ouvrir nos cœurs aux frappements de Dieu n’est jamais chose facile. Peut-être que c’est seulement la persistance de Dieu qui réussira à vaincre notre refus obstiné de répondre.

NJM Ver. Fr. FS

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