Easter III – Sermon

EASTER III
Sunday, April 26, 2020
Acts 2:14a, 36-41         1 Peter 1:17-23             Luke 24:13-35

I suppose we all possess an item or two that we would describe as ‘keepsakes’; a piece of jewelry, an ornament or even a letter or a card. We save these little objects or letters to remind us of someone or some time in our lives that are still important to us. We might even look at these things, or carry them with us when we feel fragile or unhappy. Some people turn such objects into lucky charms. They would not go to a job interview or a hospital appointment without carrying a particular object with them or wearing a particular item of clothing. Perhaps they are simply a source of comfort. Perhaps we even imbue them with the power to change our circumstances magically. In this case, they become of amulets. They become objects in which we have faith.

If you pay a visit to any of the world’s great museums you will see that amulets and cultic charms feature largely in their collections of ancient cultures. An amulet can be made of any object — a stone, a plant, a piece of jewelry or a piece of writing. Sometimes these were mere chips of semi-precious or precious stones. At other times they were made in the shape of animals or insects, eyes, fingers, or other body parts. The amulet was then suspended from the neck, or tied to any part of the body. Amulets were supposed to counteract poison, cure or prevent disease, ward off the evil eye, aid women in childbirth, deflect calamities and secure good luck in every circumstance. In the ancient world, everyone believed in the power of amulets. The art of medicine was all about how to make amulets, and what to do with them once you had made them. To doubt the power of amulets would be the equivalent of doubting medicine in our own day. The Hebrews were not immune to this instinct. They wore crescent moons to ward off the evil eye, and they attached bells to their clothes to chase away evil spirits. Sometimes Christians regard their crosses or their crucifixes, their rosaries or their bibles as having a special power of their own. Every single one of these amulets tells us how deeply us humans feel the need to control the dangers of the physical and spiritual worlds in which we live. They are objects of sympathetic magic; whereby a physical object that can be possessed or controlled becomes a container for our hopes and fears.

Over the centuries, the church has taught that we do not need to resort to placating human or supernatural enemies by means of amulets or superstitious practices. Christians live in fear of God; we know what price Jesus paid to free us from our enemies, and we celebrated our deliverance on Easter morning. In his first letter to the Church, Peter tells us that perishable things made of gold or silver dominated the previous life of those who now believe in the power of the blood of Christ. “You know that you were ransomed from the futile ways inherited from your ancestors, not with perishable things like silver or gold, but with the precious blood of Christ, like that of a lamb without defect or blemish.”

The magic associated with certain objects has taken on a different form in our consumer society. The so-called hand of the capitalist free market has taken the place of the mystical hand known in Morocco as the Hamsa. Our purchasing power is supposed to protect us. We fool ourselves into thinking that ‘once the market gets going again, everything will go back to normal’, and this is no less magical thinking than that associated in the ancient world with amulets. Why do we think our purchasing power gives us freedom? What do we do with things once we have bought them? Do we truly value them, or was their acquisition more important than the enjoyment we get from them? How much trust can we place in an economy that falls apart as soon as the cycle of ‘buy, buy, buy’ is suspended for a few weeks?

Where, then, do we place our trust? Our freedom – our redemption – does not come from some object or person that can be possessed. “You have been bought anew not with perishable but imperishable seed; with the word of God.” Like love and like life itself, our freedom and our dignity are based on a Word, or on a promise. Our hopes for the life to come are based on the same promise. It’s not magic. It can’t be manipulated. For that reason we sometimes doubt, and we are not convinced that it will work. But we don’t have to manipulate it or work at it. It is God’s promise. He calls us to leave childish things behind, to grow into spiritual maturity. Our current circumstances are slowly teaching us about the things that we really value, and how we might appreciate them, preserve them and help them to flourish. Our possessions – however valuable – are mere toys when compared with the immeasurable and free love of God; shown to us through our families, our friends, our neighbors and the beauty of the world itself. May God continue to protect you under the shadow of that love until we meet in person again.

NJM

 

Le troisième dimanche de Pâques                                                   Dimanche 26 avril 2020
J’imagine que nous avons tous un ou deux objets que nous considérons comme des ‘souvenirs’; un bijou, un objet décoratif ou même une lettre ou une carte. Nous gardons ces petits objets ou ces lettres pour nous souvenir de quelqu’un ou de moments auxquels nous accordons toujours de l’importance. Peut-être même que lorsque nous nous sentons fragiles ou tristes, nous regardons ces objets ou nous les gardons sur nous. Certains font de ces objets des porte-bonheurs. Ils n’iraient pas à un entretien d’embauche ou à un rendez-vous à l’hôpital sans transporter un certain objet sur eux ou bien sans porter un vêtement particulier. Peut-être que ceux-ci sont seulement une source de réconfort. Peut-être même que nous les imprégnons du pouvoir de changer nos situations de façon magique. Dans ce cas, ils deviennent des amulettes. Nous développons une Foi en ces objets.

Si vous visitez n’importe quel grand musée du monde, vous verrez que les amulettes et breloques cultuelles tiennent une place importante dans leurs collections des cultures antiques. On peut faire une amulette de n’importe quel objet – un caillou, une plante, un bijou ou un écrit. Parfois, celles-ci n’étaient qu’un éclat de pierre précieuse ou semi-précieuse. D’autres représentaient des animaux ou des insectes, des yeux, des doigts, ou d’autres parties du corps. Les amulettes se portaient alors en collier, ou bien on les attachait à une autre partie du corps. Elles étaient supposées contrer les poisons, guérir ou empêcher les maladies, éloigner le mauvais œil, aider les femmes lors des accouchements, palier aux désastres et apporter la bonne fortune dans toutes les circonstances. Dans le monde antique, tout le monde croyait au pouvoir des amulettes. L’art de la médecine consistait à savoir faire des amulettes, et à savoir comment s’en servir ensuite. Douter du pouvoir des amulettes aurait été comme douter de la médecine aujourd’hui. Les hébreux n’étaient pas insensibles à cet instinct. Ils portaient des croissants de lune pour repousser le mauvais œil, et ils attachaient des clochettes à leurs vêtements pour chasser les mauvais esprits. Parfois les chrétiens considèrent que leurs croix, leurs crucifix, ou bien leurs chapelets et leurs Bibles détiennent des pouvoirs particuliers. Chacune de ces amulettes nous montre à quel point les êtres humains que nous sommes ont besoin de contrôler les dangers du monde physique et spirituel qui nous entourent. Ce sont des objets de magie compatissante ; où un objet physique que l’on peut posséder ou contrôler devient le réceptacle de nos espoirs et de nos peurs.

À travers les siècles, l’Église nous a appris que nous n’avons pas besoin d’apaiser nos ennemis humains ou supranaturels en utilisant des amulettes ou des méthodes superstitieuses. Les chrétiens vivent dans la peur de Dieu ; nous savons le prix que Jésus a dû payer pour nous libérer de nos ennemis, et nous avons célébré notre délivrance le matin de Pâques. Dans sa première lettre à l’église, Pierre nous dit que les choses périssables faites d’or ou d’argent dominaient les anciennes vies de ceux qui aujourd’hui croient au pouvoir du sang du Christ. « Sachant que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous avez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache. »

La magie associée à certains objets a pris une forme différente dans notre société de consommation. La soi-disant main invisible du marché libre capitaliste a pris la place de la main mystique connue au Maroc sous le nom de Hamsa. Notre pouvoir d’achat est censé nous protéger. Nous nous trompons en pensant qu’une fois que le marché redémarrera, tout reviendra à la normale, et ce n’est pas une pensée moins magique que celle associée dans le monde antique aux amulettes. Pourquoi pensons-nous que notre pouvoir d’achat nous donne la liberté? Que faisons-nous des choses une fois que nous les avons achetées ? Les apprécions-nous vraiment ou leur acquisition était-elle plus importante que le plaisir que nous en retirons ? Dans quelle mesure pouvons-nous faire confiance à une économie qui s’effondre dès que le cycle « acheter, acheter, acheter » est suspendu pendant quelques semaines ?

Alors, où plaçons nous notre confiance ? Notre liberté – notre rédemption – ne viennent pas d’un simple objet ou d’une personne que l’on peut contrôler. « Vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. » Comme l’amour, et comme la vie elle-même, notre liberté et notre dignité sont basées sur un Mot, ou sur une promesse. Nos espoirs pour la vie à venir se basent sur cette même promesse. Ce n’est pas de la magie. On ne peut pas la manipuler. Pour cette raison nous doutons parfois, et nous ne sommes pas convaincus qu’elle se réalisera. Mais nous n’avons pas à la manipuler ou à y travailler. C’est la promesse de Dieu. Il nous appelle à laisser les choses enfantines derrière nous, et à grandir dans une maturité spirituelle. Notre situation actuelle nous enseigne lentement les choses que nous apprécions vraiment, et comment nous pouvons les apprécier, les préserver et les aider à s’épanouir. Nos biens – aussi précieux soient-ils – ne sont que de simples jouets comparés à l’amour incommensurable et gratuit de Dieu ; démontré à travers nos familles, nos amis, nos voisins et la beauté du monde lui-même. Que Dieu continue de vous protéger sous l’ombre de cet amour jusqu’à ce que nous nous rencontrions à nouveau en personne.

NJM – Ver. Fr. FS

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